vendredi 18 mars 2011

Pas de liberté spirituelle sans libertés

Un (individu) privé d'indépendance dans son existence quotidienne

Ne peut trouver aucun intérêt à la liberté absolue.

Les gens de bien savent donc qu'il faut

Atteindre la liberté dans l'existence mondaine

Avant (de se tourner vers la liberté absolue). 20[1]


Cette (indépendance) est relative au corps, au cœur, à l'intellect,

A un régime politique authentique, à l'argent,

Elle est individuelle, nationale,

Familiale et sociale. 21


Mais parmi ces aspects de la liberté,

Le principal est la liberté de la nation[2],

Car elle est le fondement de toutes les (autres formes de libertés).

En effet, quand une nation dépend d'une autre,

Aucune autre sorte d'indépendance n'est possible. 22


Par conséquent, les sages doivent

Avant tout rendre leur propre nation indépendante.

Une fois obtenue, toutes les autres formes de liberté

Sont d'autant plus aisées à obtenir. 23


Balajinnātha Paṇḍita, Le Miroir de la liberté (Svātantrya-darpaṇaḥ), Munshiram Manoharlal, Delhi, 1993



[1] La réflexion sur la liberté-indépendance prend ici une tournure politique inédite dans la tradition de la Pratyabhijñā. Ce qui prouve que la tradition de la Prtayabhijñā peut s'intéresser au bien commun et qu'elle est capable d'évoluer. Cette réflexion est certes concise, mais elle existe. Nous avons là un exemple précieux d'une réflexion traditionnelle sur la question politique, exprimée en langue sanskrite. La chose est assez rare pour être soulignée. Mais le cas n'est pas unique. Ainsi, le Mahānirvāṇa Tantra, certains textes de Ramana Maharṣi, de Gopināth Kavirāj, et quelques autres. Sans parler, bien entendu, des textes en anglais. Mais ce genre de discours - nous pensons, par exemple, à Vivekānanda et Aurobindo -, ne sont pas imprégnés de l'enseignement d'une tradition indienne. Ils sont davantage nés de la rencontre d'une éducation anglais chrétienne et d'une découverte intuitive de "l'esprit indien". Ce qui n'est pas un jugement de valeur.

[2] Dans ses notes en anglais, l'A. précise que la nation n'est pas seulement géographique. Elle désigne aussi un peuple. Voilà pourquoi, selon l'A., on dit en sanskrit pour désigner la nation indienne "les Indiens". Le peuple fait corps avec le territoire.


L'hymne national indien :




Vande Mataram par ishkan

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