dimanche 15 mai 2011

Sur la richesse de l'état de simplicité


L'on dit et écrit ce qu'on ne sait pas, et en le disant et écrivant, on voit que ce sont des choses auxquelles on n'avait jamais pensé. C'est comme une personne qui possède dans son fond un trésor inépuisable, sans qu'elle pense jamais à sa possession, elle ne sait point ses richesses et elle ne les regarde jamais, mais elle trouve dans ce fond tout ce qu'il lui faut quand elle en a affaire, le passé, le présent et l'avenir tout est là en manière de moment présent et éternel, non point comme prophétie qui regarde l'avenir comme chose à venir, mais comme voyant tout dans le présent éternel en Dieu même, sans savoir comme elle le voit ou connaît, ou bien souvent ignorant même si elle le voit ou connaît.

Une certaine fidélité à dire les choses sans retour comme elles sont données sans vue ni retour, sans songer si c'est de l'avenir ou du présent que l'on parle, sans se mettre en peine qu'elles s'accomplissent ou non, d'une manière ou d'une autre.

C'est de ce fond ainsi perdu que sortent les miracles, c'est le Verbe lui-même qui opère ce qu'il dit, dixit et facta sunt sans que l'âme propre sache ce qu'elle dit ou écrit. (...)

Depuis que notre trésor est Dieu même, et que notre cœur et notre volonté est toute sans réserve passée en lui, c'est là où l'on trouve un trésor qui ne s'épuise jamais, plus on en distribue, plus on est riche.

Madame Guyon, La Vie par elle-même, éd. D. Tronc, pp. 425-426

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