jeudi 13 octobre 2011

Que diront nos enfants ?

"Le monde est un endroit dangereux ; non à cause des gens qui font le mal, mais à cause de ceux qui les laissent faire"
Albert Einstein

Deux livres viennent de paraître, deux livres qui n'ont rien à voir avec l'éveil, la non dualité et autres "pensées positives". Certes. Mais si non dualité rime avec indifférence, si tolérance rime avec lâcheté, je dis "stop"!

Le premier livre dresse un constat. L'islam avance chaque jour en Europe, et avec lui le projet d'un monde entièrement soumis à une théocratie à côté de laquelle les plus sombres heures de l’Église ressembleraient à un "printemps européen". Entrevue avec l'auteur.



Le second est écrit par un Musulman. Et il confirme le premier. A sa façon.
Il confirme surtout comment le relativisme culturel amène de l'eau au moulin de ceux qui rêve d'une Terre soumise tout entière à la charya. Ce relativisme poussé jusqu'à l'extrême consiste à dire que toutes les cultures se valent, que toutes les opinions se valent, que donc ils n'en faut critiquer ("stigmatiser") aucune, que n'importe quel délire prophétique est aussi valide que la démonstration expérimentale d'une hypothèse scientifique, que les Droits de l'Homme ne sont, après tout, qu'une "construction occidentale" - le fait que cette affirmation se contredise elle-même ne choque pas les partisans de ce relativisme. Les histrions de la Tradition et de la charya s'en trouvent ravis. Dieu bénisse la pensée post-moderne ! Nostalgiques de la pré-modernité, il se servent du relativisme postmoderne pour "déconstruire" la modernité. Comprenez : dénigrer la liberté de conscience, les libertés civiles, toutes les libertés.

Certains gauchistes ou altermondialistes vont jusqu'à croire que l'islam est le dernier rempart contre le consumérisme. Sidérante illusion ! Consternante collusion... Car l'islam est, au contraire, la première grande religion de masse, la plus simple, la plus totalitaire, la mieux disposée au mode de vie consumériste, comme en témoigne le succès de ce mode de vie dans des états islamiques comme l'Indonésie ou les Émirats. Le voile intégral est parfaitement compatible avec les weekends passés dans les centres commerciaux. La culture "américaine" est absolument compatible avec l'islamisme le plus radical. Ben Laden ne passait-il pas ses journées à regarder des vidéos débiles ?
"Eloge d'une insoumission à la modernité" : le sous-titre de ce livre sonne comme le titre d'un livre postmoderne, alternatif et dans l'air du temps. Critiquer la modernité est de bon ton. Il est certain que s'en prendre à la démocratie est moins risqué que de dire quelques vérités sur l'islam. Ainsi les extrêmes (traditionalistes adeptes de Guénon, intégristes de tous poils et une partie de la Gauche) se rejoignent pour fantasmer sur la fin d'une modernité qu'ils conspuent pour des raisons différentes, mais dans une collusion parfaite.
Les islamistes jouent en maître de ces faiblesses de la démocratie et de la soi-disant mauvais conscience occidentale. Or, une société tolérante peut-elle tolérer les intolérants ? Il est clair que non, sous peine d'être anéantie par ces intolérants. Faut-il laisser les fanatiques user des libertés pour comploter la fin des libertés ? Des fanatiques, des théocratophiles, il y en a toujours eu. Mais la nouveauté, c'est que personne ne les contredit plus. Aujourd'hui, le "Réseau Voltaire" est un site pro-islamiste ! Plus personne ne combat ces militants sur le terrain intellectuel. Le champ est libre.
D'ailleurs, le premier livre ci-dessus, qui ose critiquer l'islam et l'attitude des Européens face à sa montée en puissance, n'a pas été écrit par un Européen. De fait qui, en France, oserait écrire ainsi ? Non seulement il devrait craindre l'opprobre de tous tous ceux qui défendent l'islam sous couvert de tolérance, mais, en plus, il devrait craindre les Musulmans. Eux, en effet, ne doutent pas. Ils ne tergiversent pas. Quand on assassine au nom de leur "prophète", ils se taisent. Mais quand on insulte leur "prophète", ils frappent, ils insultent, ils menacent. Les démocrates, eux, se taisent, ou pratiquent l'évasion au moyen de quelque sophisme ("Mais on ne peut pas condamner tous les Musulmans !") ou cliché ("Il faut leur laisser le temps"). Un livre comme cet éloge, s'il était écrit au service du christianisme, serait d'emblée étiqueté comme relevant de la littérature d'extrême-droite. Mais écrit par un Musulman, et pour l'islam, pour faire la propagande d'un Occident soumis au Prophète, qui trouvera à y redire ? Pourtant, le livre défend, tranquillement, sans manifester le moindre doute, un projet totalitaire. Mais n'est-ce pas le projet même du Coran ? Notre livre n'essaie même pas de voiler la chose. Le temps de la dissimulation, le temps de la diplomatie est, semble-t-il, passé.
Les professeurs de l’Éducation National sont en première ligne pour constater les progrès de l'"idéologie islamique" dans "les quartiers sensibles". Mais ils sont paralysés par la peur et le silence règne. Et on les comprend. L'un des derniers professeurs à avoir eu le courage de s'exprimer publiquement fût contraint de se cacher, condamné à à la clandestinité (!), protégé (pour combien de temps ?) par ce qu'il reste d'un État démissionnaire.

Plus dur sera le réveil.

4 commentaires:

Duc Gontran a dit…

C'est pourquoi je pense que l'idée de république qui sépare bien religion et politique, religion et société est le meilleur rempart contre l'obscurantisme.
Il y a cette frénésie de religion qui s'exprime partout (pas que pour l'islam).
Comme si la religion avait apporté quoi que ce soit quelque part un jour...
Je préfère utiliser le terme de spiritualité.
Car après tout c'est de ça dont il s'agit.
Quand on suit les débats politiques actuels (et surtout l'issue ;)) on voit bien la vacuité... d'idées et de réflexions de fond, de contact avec la réalité.
Je plains vraiment les profs (en particulier ceux qui sont dans les "zones" ou ghettos de pauvres).
Mais il ne faut pas oublier une chose. Il y a encore peu c'était à eux de transmettre les valeurs républicaines. Déjà de mon temps (lorsque j'étais à l'école) on ne parlait plus de République ou de démocratie. L'histoire était morcelée, découpée, enseignée dans le désordre. Tout ce que je sais (ayant arrêté en seconde) je l'ai appris seul plus tard.
J'ai réussis à remettre l'histoire de l'homme dans l'ordre chronologique.
Enfin bref il y a aussi un problème avec l'enseignement. Et ça fait longtemps. J'ai 45 ans (pas un perdreau de l'année quoi).
Y'en avait que pour les maths.
Mais c'est la connaissance de l'histoire qui est la base selon moi. L'histoires des sociétés humaines, des philosophies, des guerres de pouvoir, des religions...
Les maths c'est comme la musique c'est une distraction une très intéressant passe temps.
Ou alors l'histoire des maths (la découverte) l'histoire de la musique. L'histoire du langage...

Peter Botté a dit…

David Dubois,

Il y a un énorme malentendu, ou bien nous n’avons pas lu le même livre.

Je ne reviendrai pas sur le ramassis de calomnies et d’approximations proférées dans votre commentaire à l’encontre des musulmans et de la religion islamique, car manifestement la géopolitique du religieux n’est pas votre fort. Je vous proposerai cependant de lire les ouvrages scientifiques sur ces questions complexes, plutôt que de céder aux sirènes alléchantes de votre imagination car ce que vous rapportez relève du pur fantasme.

Pour avoir lu puis critiqué "De l'idéologie islamique française", dans le cadre d’une réunion universitaire, je peux affirmer que l’auteur ne cherche pas à "islamiser" l’occident, contrairement à ce que vous prétendez là. Les hypothèses défendues à travers l'essai sont multiples mais on peut en relever trois fondamentales : l’occident postchrétien a crée lui-même les conditions de sa décadence morale et métaphysique (thèse également défendue par des chercheurs athées, bouddhistes ou catholiques) ; les acteurs de l’islam de France sont à la solde d’une idéologie républicaine totalitaire qui fait de la laïcité une véritable religion étatique; les musulmans dans leur ensemble contribuent à l’islamophobie grandissante en aliénant leurs droits et leurs idéaux.

Sur ce dernier point, Aissam Ait-Yahia se montre sans concession à l’égard des musulmans de tous bords –des plus sectaires (comme les salafo-wahhabites qu’ils qualifient de schizophrènes serviles) aux plus areligieux (comme les soufis, en vogue chez les bourgeois et au cœur du show business). Sur le ton de la satire, l'auteur expose sérieusement les contradictions des uns et des autres, tout en appelant à leurs responsabilités respectives.

Le fait que Ait-Yahia préconise l’abstentionnisme au scrutin ne doit pas vous choquer car c’est l’acte de résistance politique le plus pacifique. De plus, les pays arabo-musulmans certes tyranniques que vous évoquez, ne sont, eux aussi, pas épargnés dans sa diatribe ! Dans tous les cas, l'auteur n’impose pas de solutions miracles et encore moins dogmatiques mais nous exhorte à une réflexion franche et commune.

Ce nouveau penseur est probablement musulman pratiquant mais n’est-ce pas son droit le plus absolue ?(Pour ma part, le fait que je sois protestant convaincu ne délégitime point ma prise de parole sur les phénomènes de sociétés liés à l’évangélisme). Il faut savoir qu’à aucun moment il ne traite de questions purement théologiques en tombant dans les travers d’un prosélytisme sauvage. Sa démarche de déconstruction est plutôt rationnelle car solidement argumentée et jalonnée de références académiques. Son érudition est ambitieuse mais accessible néanmoins à un large public d’initiés, c’est pourquoi notre bibliothèque s’est enquise de l’ouvrage, à l’instar de nos collègues de Columbia :

http://newarrivals.cul.columbia.edu/catalog/8974487

Enfin, la malhonnêteté intellectuelle ne crispe plus personne, du moins sur le web, à l'image du racisme ambiant qui sévit en France. Si vous avez un minimum de conscience morale, vous prendrez désormais la peine et le temps de lire les livres cités avant de vous prononcez aussi facilement, quand bien même l’essai ferait près de 550 pages.

Un peu d’instruction ne tue personne.

Best regards,

Peter Botté.

David Dubois a dit…

Très intéressant.

Merci !

Elise a dit…

"une idéologie républicaine totalitaire qui fait de la laïcité une véritable religion étatique;"

Ben voyons !

Vous avez raison David, et nous avons du mouron à nous faire...

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