vendredi 16 novembre 2012

Toutes les religions sont-elles également nocives ?




Il y a de la violence dans toute religion comme dans toute société.
Je suis d'accord avec feu Christopher Hitchens pour dire que les religions sont un poison.

Mais certains poisons sont plus virulents que d'autres. Il y a des idéologies violentes dans leur projet même : conquérir le monde et contrôler la totalité des aspects de la vie. Notamment celles dérivées d'Abraham, et l'islam singulièrement.

Ce que j'en pense est bien formulé par Sam Harris :

"Harris critique toutes les religions, mais considère l'islam comme particulièrement dangereux envers la civilisation13. Harris critique la réponse générale de l'Occident aux attentats terroristes, comme les 11 septembre, il critique l'idée de considérer l'islam comme une "religion de paix" tout en déclarant la "guerre contre le 'terrorisme'". Harris voit le premier sentiment comme faux si on l'analyse et le second comme n'ayant pas de sens5p. 31, p. 28.
Au contraire, il demande que la civilisation occidentale reconnaisse qu'elle est en guerre contre l'Islam, qui, selon lui, prône une doctrine de soumission politique et religieuse, et non pas un message de paix. Il observe que le Coran et les hadiths contiennent des incitations à la haine, au meurtre des infidèles et la récompense au paradis (comme les 72 vierges) pour ces actes. Harris considère le jihad, qu'il appelle "métaphysique du martyre", comme une source de danger. Il rejette l'argument qui suggère que de tels comportements soient le résultat de musulmans extrémistes mais pas de la majorité. Il considère que la controverse concernant les caricatures de Mahomet du journal Jyllands-Posten eut lieu non pas parce que les dessins étaient dénigrants mais parce que "la plupart des musulmans croient qu'il est sacrilège de représenter le Prophète ainsi."14 Harris maintient que l'Occident est en guerre contre "précisément la vision de la vie qui est prescrite à tous les musulmans par le Coran, et plus tard élaborée dans la littérature des hadiths."5p. 109-110

Harris reconnaît que des religions autres que l'islam peuvent inspirer et ont inspiré des atrocités. Il discute l'exemple de l'Inquisition et de la chasse aux sorcières dans The End of Faith. Cependant, il pense que l'islam est mieux à même de justifier de tels desseins que la plupart des autres religions. Il résuma cet argument en 2005:
« Quiconque imagine que les problèmes terrestres comptent pour le terrorisme musulman se doit de répondre à des questions de telle manière : Pourquoi n'y a-t-il pas de kamikazes bouddhistes tibétains ? Les Tibétains ont souffert d'une occupation bien plus brutale, et bien plus cynique, que n'importe qui, et que la Grande-Bretagne, les États-Unis ou Israël n'aient jamais imposée au monde musulman. Où sont les foules de Tibétains prêtes à perpétrer des attentats suicides contre des non-combattants Chinois ? Ils n'existent pas. Quelle est la différence qui fait la différence ? La différence est dans les préceptes spécifiques de l'Islam. Cela ne veut pas dire que le bouddhisme ne pourrait pas aider à inspirer la violence suicidaire. Il peut et l'a fait (Japon, Seconde Guerre Mondiale). Mais cela ne concède absolument rien aux apologistes de l'Islam. Quiconque adhère à la vision bouddhiste, par exemple, doit fournir un réel effort pour lui faire justifier un comportement nuisible à autrui. La vision musulmane demande moins d'effort, puisque de tels comportements sont décrits et approuvés dans les textes sacrés de cette religion. La vérité que l'on doit en fin de compte affronter est que l'islam contient des notions spécifiques de martyre et jihad qui expliquent entièrement le caractère de la violence musulmane. »
Harris a appelé les communautés musulmanes à pratiquer la critique ouverte de leur foi et à offrir assistance aux gouvernements occidentaux dans la localisation des extrémistes religieux parmi eux. Il a argumenté sur le fait que les croyants doivent être préparés au profilage religieux comme moyen de combattre le terrorisme si une corrélation était établie de façon sûre entre adhésion à l'islam et comportements terroristes."
Source : Wikipédia

10 commentaires:

Fabien Meyer a dit…

Comment peut-on revendiquer un blog sur la question spirituelle et prôner la guerre contre l'islam?
1/ l'islam authentique n'a rien à voir avec l'image véhiculée dans les médias ( voir confrérie, soufis, tarika,...)
2/ l'islam est l'ennemi quand le catholicisme le fût sous l'inquisition... Crois-tu que les catholiques de l'époques, du moins ceux qui se revendiquaient come tels, furent aimables avec les indiens d'ameriques ou les africains?
Bisous

Hridaya artha a dit…

Un petit bémol par rapport à ce qu'écrit Harris, que j'apprécie par ailleurs.

Depuis février 2009, 74 tibétains se sont donnés la mort par auto-immolation. Ils sont considérés comme des héros et des héroïnes par le peuple tibétain.

Ce ne sont pas des kamikazes dans le sens de mourir avec leurs victimes dans un acte d'assassinat. Mais ce sont des martyrs pour la cause tibétaine. L'auto-immolation est un acte de violence, contre soi-même, contre le peuple tibétain, contre la Chine, contre tous ceux qui en sont témoins... et restent passifs.

C'est un enchaînement de violences qui crée davantage de violence. Il met de la pression (culpabilité) sur tous, dans le sens que ceux qui restent passifs, pourraient se sentir partiellement responsables des auto-immolations à venir, de ne rien faire pour arrêter la vague.

Les martyrs sont des héros, ils ne peuvent donc pas avoir tort. Leur mort ne peut pas être en vain. 74 personnes ne peuvent pas se tromper. Le nombre croissant de héros et héroïnes fait qu'un tibétain ou un sympathisant ne peut plus mettre en doute leur choix ou le bien-fondé de leur acte, sans que son propre patriotisme ou empathie/sympathie ne soit mis en cause.

Le 15 novembre, un moine gélougpa britannique s'est immolé à Lavaur en France... (http://www.ladepeche.fr/article/2012/11/16/1490026-labastide-saint-georges-le-moine-bouddhiste-s-immole-par-le-feu.html).

Une autoviolence qui se propage et qui fait violence à d'autres, dans le sens que ceux-ci sentent une pression à rejoindre le rang des martyrs pour la cause, n'est pas à proprement parler un acte de kamikaze, mais reste une terrible violence.

Dubois David a dit…

Oui Joy. J'y ai pensé, j'allais ajouter un post scriptum (c'est une habitude !) sur les auto-immolations tibétaines.
Mais ce qui me frappe aussi dans cette affaire, c'est la retenue des Tibétains, alors que les textes du Mahâyâna permettraient bien des choses en ce domaine... Les attentats suicides sont-ils du reste absolument mauvais au regard de la doctrine des moyens habiles ? Il semblerait que la possibilité théorique existe ici (par ex. via le Yogâcârabhûmi). L'absence de passages à l'acte est d'autant plus frappant.
Non, la différence avec l'islam et les abrahamistes est ailleurs. Leur projet est, d'emblée, militaro-politique.
Mais cette question à part, j'aimerais réfléchir sur Lama Shang etc. Comment peut-on écrire des choses aussi belles et - semble-t-il - se comporter comme un petit tyran ? Le sujet est passionnant.
Au passage, je remercie Joy pour ses recherches toujours nouvelles et provocantes. Keep going !

Fabien Meyer a dit…

Nul. Très décevant. La religion authentique est un message d'amour point. D'où qu'elle vienne. Et l'Islam en fait partie . Il n'y a qu'à ouvrir le coran.
La politique, qui la récupère est une toute autre question.
Je suis très déçu par votre message qui manque de vision d'ensemble, de recul et de vérité.
Je précise que je ne suis pas musulman mais éleve d'Arnaud Desjardins.

Hridaya artha a dit…

Merci David ! Oui, il y a de la retenue chez les tibétains, principalement à cause du Dalai-Lama, pour l’instant, je crois.

Les textes du Mahāyāna ne permettent pas tant de choses que cela. La pensée dominante est très nettement ahimsa. Non-violence plus l’idée générale que la haine ne s’apaise qu’en soi-même. « ‘Il m'a insulté, il m'a frappé, il m'a humilié, il m'a volé.’ Ceux qui nourrissent de telles pensées n'apaisent point leur haine. » (Dhammapada)

Le concept de moyens habiles (S. upāyakauśalya T. thabs mkhas) a été caricaturisé par la suite. La plupart de gens le comprennent maintenant comme « La fin justifie les moyens ». Il y a quand-même le mot kuśala dedans. L’exemple classique est celui du marchand prévoyant qui tue un futur assassin de 500 marchands sur un navire en plein océan. Il supportera la conséquence de son acte, mais comme il n’y a pas de propagation ou d’escalade de la violence, l’acte est donc « habile ».

Je ne pense pas que les attentats suicides soient un moyen habile, pas du tout même. Pour moi, cela fonctionne exactement sur le registre des attentats suicide et autres actes de martyre. Je n’aime pas les héros militaires, nationaux ou religieux, ni les martyrs.

L’héroisme est un acte individuel et ad hoc. Il ne s’inscrit pas dans une stratégie et ce n’est pas un statut. L’idée qu’on peut réussir sa vie en se donnant la mort intentionnellement me déplaît. Et elle déplaît aussi aux chefs religieux tibétains, je pense et j'espère, mais qui par leur double casquette (spirituelle et nationaliste) semblent en effet opter pour l’approche moyen habile. Au niveau purement spirituel, ils auraient peut-être eu la même réaction que le Bouddha, après que 500 moines s’étaient donnés la mort suite à son enseignement sur l’impureté du corps. Il avait condamné cet acte. Au départ, « le suicide » était autorisé ou toléré pour les arhats, par autocombustion (sans essence !). Il fallait donc être arhat et capable d’autocombustion.

Dans le bouddhisme tibétain, le suicide est un acte grave qui entrainerait 500 (encore ce chiffre) existences malheureuses. Les tibétains croient à la réincarnation, et je pense que cela peut être une raison pour la différence en le type de martyre. Certes, le corps humain est précieux, mais un beau jour, ils en auront un autre. Et vu l’indulgence (l’admiration ? « héros et héroïnes ») silencieuse de leurs chefs religieux, ils pensent peut-être obtenir de l’amnistie, tout comme les martyrs musulmans espèrent gagner une place au paradis.

Justement Lama Zhang. C’est la caricature de l’idée de moyen habile par les tantras, en tout ce qu’ils ont de magique. On se protège par des mantras et on attaque les autres à coup de mantras (et, si le résultat escompté n’est pas là, manu militari), le tout en étant convaincu que l’on est du côté du bien (absolu), et qu’au niveau absolu on reste dans la pureté. Voir Brian Victoria. Et aussi en croyant en son rôle de leader, sa destinée de guide séculier et spirituel. Le Dzogchen et la Mahāmudrā, mis entre les mains d’un bodhisattva gentleman vieux style (Gampopa et ses neveux), c’est parfait. Mis entre les mains d’un néo-siddha ou d’un leader charismatique avec une mission, c’est de la dynamite. Voir aussi les combats magiques ou militaires au Tibet entre les différentes chapelles, tous convaincus d’avoir la justice absolue et leur Dharmapala de leur côté. Pourquoi tant de Dharmapalas différents ? Combien de Dharma y a-t-il ?

Tu dis « keep going », mais là il faut que je m’arrête ;-) Une dernière chose. Si la méthode tibétaine a du succès (ce que je ne pense pas), d’autres pourront avoir la même idée pour d’autres causes de moins en moins nobles. Quant à l’efficacité. On avait déjà la grève de la faim. Rappelles-toi 1981, les 10 irlandais (tous morts de faim) et Margaret Thatcher « We are not impressed… ». On l’appelait la dame de fer, mais la Chine c’est encore quelques niveaux au-dessus !

Dubois David a dit…

Un bon post sur les moyens habiles :
http://huayanzang.blogspot.fr/2012/11/flexible-mahayana-ethics.html
A par ça Joy, ce serait utile de proposer un recensement de tous les textes peu ou prou apparentés à la Mahâmudrâ, avec dates (à + ou - mille ans !) et petits résumés/portraits, signalant au passage les traductions existantes. Une sorte de biblio-manuscrito-graphie, en somme. Au moins pour la période qui va jusqu'au XIIe inclus.
Pour le Dzogchen, les choses sont relativement plus claires. Pour la Mahâmudrâ, en revanche, j'ai eu beau lire tout ce qui existe en anglais, je suis dans le brouillard. Je n'ai, comme tous le monde je suppose, que l'image de quelques textes genre Les Instructions du Gange et les Souhaits de Rangjung Dorjé. Je dis cela aussi parce que je travaille à une anthologie des textes sanskrits sur le sujet.

Dubois David a dit…

Au final, il faudrait inventer une Mahâmudrâ theravâda, un zen tantrique... un genre de dzogchen quaker. La sensualité du Sud et la sobriété du Nord. Un Hollandais vivant sous le soleil de la Méditerranée n'est-il pas la personne idéale pour cela ? :)

dimdomy a dit…

Cette question est vraiment intéressante, effectivement la religion qui en général demande l'adhésion de ses fidèles à des doctrines pour la plupart invérifiables encourage en fait l'ignorance. L'ignorance est une condition nécessaire à l'établissement d'une armée, d'un groupe de terroristes, de mains fanatiques; on peut donc le reprocher à l'Islam c'est vrai, mais tout autant aux autres religions qui demandent d’emblée à leurs suiveurs d'accepter leurs thèses, elles encouragent toutes l'ignorance et ne favorisent pas l'exercice du discernement. Je pense que c'est là le facteur principal qui fait courir un risque à la civilisation.
Quant à l'exercice de style qui prétend que l'incitation à la haine est plus forte dans l'Islam que dans les autre religions et que c'est ce qui explique sa dangerosité ça ressemble à une tartuferie, car dans un système où on encouragerai la créativité personnelle, le discernement et finalement l'émancipation, la portée d'un discours suggérant telle ou telle action de masse aurait un impact tout à fait moindre. La condition qui rend possible le fanatisme est bel et bien (ou moche et mal !) l'asservissement d'un individu à une idéologie, et tel est le point commun des religions entre elles, et c'est le danger qui menace notre civilisation. En effet ce type de fonctionnement a très largement débordé du domaine religieux et produit tout un tas d'aberrations possiblement néfastes à la civilisation voire à l'être humain tout court. Et comment reprocher à l'Islam d'essayer d'imposer ses croyances alors que les autres religions, ou idéologies politiques par exemple, font la même chose.
En ce qui concerne les moines tibétains qui voudraient que leur système ancestral soit de nouveau celui qui gèrerais leur pays, on les comprends, la théocratie concentrait alors tous les pouvoirs et les paysans non religieux eux pourvoyaient tout simplement aux besoins élémentaires de cette caste "bienveillante", alors là il y a une sorte d'idéologie qui est arrivé jusqu'à nous et qui probablement ne nous raconte pas tout. Possédons nous vraiment tout les éléments pour juger le joug des moines plus doux aux paysans et ouvriers que celui des communistes? c'est vraiment pas sur.
Bon récapitulons, on fait apprendre par cœur des croyances et réciter des litanies aux adeptes comme ça on encombre leur mental, et ils ne pensent pas par eux même et on en fait ce qu'on veut ( le vilain "on" qui est-il donc ?). La blague sur la religion des musulmans qui est bien plus mauvaise que les autres, mmm, ça cache quelque chose ...
Et les moines tibétains les pauvres, ils aimeraient bien retrouver leurs privilèges ...

Dubois David a dit…

Oui, tous au goulag ! Tuez-les tous, le Petit Père des Peuples reconnaîtra les siens !
Magnifique.

dimdomy a dit…

Salut, je pense que tu exagères David.
Les exactions des chinois au Tibet sont bien entendu une catastrophe pour tous ceux qui les ont subies, pour les personnes qui en ont été les victimes. Toute violence est une absurdité et nous gagnerons bien sûr tous à augmenter notre douceur. Mais quant à faire passer le système politique qui régnait au Tibet avant l'invasion chinoise pour un modèle de société ça n'est pas le sens de l'histoire , non, un régime totalitaire en a écrasé un autre, voilà.
Au 18em siècle en France il y a eu beaucoup de nobles pour regretter la fin de la monarchie et ils ont fait tout ce qu'ils ont pu pour la restaurer ! Évidement l'égorgement en masse des prêtres était un excès, toutes ces violences faites aux anciens maîtres étaient de trop, mais aurait-il pu en être autrement?
Toujours est-il qu'aujourd'hui personne (ou presque) ne regrette que dans notre société les religieux n'aient plus le pouvoir qu'ils avaient à cette époque, quant aux nobles pas grand monde ne les regrette non plus. Je ne suis pas non plus un béa admirateur de la démocratie dont les limites sont multiples mais quoi qu'il en soit du point de vue de la liberté individuelle, de l'émancipation, de l'accès à la culture le système actuel est bien meilleur que les monarchies passées. Le changement est aussi passé par le Tibet, il y est passé violemment, la société chinoise est en mouvement elle aussi, et comme ailleurs les tenant de l'idéologie freinent des deux pieds contre la liberté de chacun et pour le maintient de leurs pouvoirs et de leurs privilèges, comme au Tibet.

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...