samedi 1 juin 2013

Sentir la connaissance même, et point d'objets




Il y a des écrivains mystiques en ce sens qu'ils ont reconnu la conscience en sa simplicité, dégagée de tout contenu. Voici, par exemple, quelques extraits de Paul Valéry, tirés de Paul Valéry et l'expérience du moi pur, de Geneviève Lanfranchi, elle-même mystique :

"Je ne me suis jamais référé qu'à mon MOI PUR, par quoi j'entends l'absolu de la conscience, qui est l'opération unique et uniforme de se dégager automatiquement de tout, et dans ce tout, figure notre personne même, avec son histoire, ses singularités, ses puissances diverses et ses complaisances propres. Je compare volontiers ce MOI PUR à ce précieux Zéro de l'écriture mathématique, auquel toute expression algébrique s'égale."

Il évoque également, dans l'intervalle entre veille et sommeil, la reconnaissance de la conscience comme Témoin - absence en laquelle tout se présente :

"L'être, au réveil, tout au percé du jour, est encore très peu ce qu'il va être par son nom et le reflux de sa mémoire. Il est à peine soi ; mais son MOI naturel, universel, assez simple encore pour ressentir, pour traiter également, et même équitablement, toutes choses. Il est encore avant son inégalité particulière acquise et apprise ; il est encore en dehors du monde, non engagé, non partie, mais juge pur."

Mais cette reconnaissance est toujours, semble-t-il, déterminée par les circonstances :


"L'homme possède un certain regard qui le fait disparaître, lui et tout le reste, êtres, terre, et le ciel ; et qui le fixe, un temps hors du temps."

Il fait dire à Socrate :

"Je sais par mon expérience très certaine que nos âmes peuvent se former, dans le sein même du temps, des sanctuaires impénétrables à la durée, éternels intérieurement, passagers quant à la nature ; où elles sont enfin ce qu'elle connaissent ; où elles désirent ce qu'elle sont ; où elles se sentent créées par ce qu'elles aiment, et lui rendent lumière pour lumière, et silence pour silence, se donnant et se recevant sans rien emprunter à la matière du monde ni aux Heures."

Même si cette reconnaissance n'est pas complète, elle est bien reconnaissance de la conscience libre, irréductible à l'objet :

"L'âme jouit de sa lumière sans objets. Son silence est le total de sa parole, et la somme de ses pouvoirs compose ce repos. Elle se sent également éloignée de tous les noms et de toutes les formes. Nulle figure ne l'altère ni ne la contraint. Le moindre jugement entachera sa perfection."

"Sentir la connaissance même, et point d'objets."

1 commentaire:

Isabelle Ferrand a dit…

Quand je médite sur le ciel, je pense au ciel et je vois le ciel.
Quand je médite sur un son, je pense à ce son et j'entends le son.
Quand je médite sur la respiration,sur le souffle, je pense
à ce souffle et je respire.
Quand je médite sur la lumière, je pense à cette lumière et je vois la lumière.
Quand je médite sur une absence,je pense à cette absence et je disparais.
Quand je médite sur celui qui médite, donc sur le je,je pense à ce je.Et les pensées cessent ainsi que la pensée je et le monde n'apparaît plus.Car je suis au-delà des pensées.
Je suis et éventuellement...je pense.
Il y a seulement être...et ...penser.
C'est purement une "faculté" libre d'être et de penser.
Je suis et je pense être un homme qui pose son regard sur...
Mais cette "faculté", cette conscience est non née. Elle n'est pas celle d'un homme.
C'est purement:
Je suis et je pense que je suis un homme.
L'homme n'est jamais né, il est pensé.
Manifester = penser à
Il n'y a pas de manifestation mais seulement des pensées.

Dans la Bible, il est dit dans l'Exode:
Dieu dit à MoÏse :"Je suis qui JE suis".
Il dit:" Tu parleras ainsi aux fils d'Israel:"Je Suis m'a envoyé
vers vous."

Je Suis et non pas je pense que je suis.
Je Suis et non pas "je suis" est ceci ou cela.
Ce n'est même pas je suis pure conscience.
C'est JE SUIS ou la conscience d'être.
JE SUIS hors pensées et JE pense.
Etre et... penser à...




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