mercredi 7 mai 2014

"Mais je n'arrive pas à rester centré quand je dois penser !"

Qui veux rester centré ?
Voyons que rien ne se manifeste hors de l'espace de conscience.
Voyons que ce "je" qui veut rester centré n'est lui-même qu'une pensée parmi d'autres, qui vont et viennent dans l'espace de conscience.
Maintenant.


Juste pour notre culture générale : la tradition non-dualiste ne dit pas autre chose. Un prêtre demande à un prince :

"Mais le retour en force de l'illusion n'est-il pas fatal dès l'instant où la conscience s'abandonne à nouveau aux concepts ? Tout concept, en effet, est illusion, à la manière du serpent projeté sur la corde".

Tout est concept, construction imaginaire : les pensées, mais aussi les ressentis, les émotions, les extases, les éveils, les kundalinîs, les anges, les "concepts", les "percepts" : tout ce qui va et vient dans l'espace indéniable de la conscience au présent.

Cette précision est importante, car généralement nous croyons qu'un concept (le mot sanskrit d'origine est vikalpa) est une pensée abstraite, l'opposé des sensations et des émotions. 

Et donc nous vénérons les émotions et nous détestons tout ce qui est "intellectuel". Mais c'est là une erreur. 

Une pensée est un concept, certes. Mais une émotion aussi. Le vide aussi. L'absence de pensées aussi. L'énergie aussi. Les bonnes vibrations aussi. 

La plupart d'entre nous, croyant transcender le mental, ne faisons que nous enfoncer dans la stupidité et une fascination plus ou moins malsaine pour des émotions, des ressentis, des énergies, des vibrations, des "trucs puissants", quelques soient le nom que nous donnons à ces sensations. En tous les cas, ces concepts ne sont pas notre vraie nature, mais des apparences passagères au sein de son immensité. L'immensité que vous être, là, maintenant. C'est un fait. Pas une expérience spéciale dont on peut entrer et sortir. 

Se réaliser, ce n'est pas être comme hypnotisé par une expérience "énoooorme !", c'est reconnaître que tout va et vient dans l'espace qui ne va ni ne vient. Tout va et vient, y-compris le "je" qui veut s'éveiller, se transformer, se stabiliser dans l'éveil, devenir comme son maître, se fondre en lui, etc.

Toujours est-il que le prince répond au prêtre :

"Tu ne sais pas, prêtre, distinguer l'illusion de ce qui n'est pas elle ! Le ciel ne continue-t-il pas de paraître bleu à ceux-là même qui savent à quoi s'en tenir sur sa véritable 'couleur' ? Ceux-là n'ont pas scrupule à dire, comme tout le monde : 'le ciel est bleu'. En souscrivant ainsi à une simple façon de parler, ils ne renient en rien la vraie connaissance qu'ils ont du ciel. 
Ce qui est illusion pour l'ignorant est connaissance authentique pour le sage. Même si elle s'impose aux sens, une représentation à la validité de laquelle on a cessé de croire est aussi inoffensive qu'un serpent mort".

Doctrine de la déesse, trad. Hulin modifiée, p. 210

"Je veux poser mes valises" (I wanna settle down de la talentueuse Kimbra). Mais tu es déjà dans le train !

1 commentaire:

Chémi Padova a dit…

http://epanews.fr/video/video/show?id=2485226%3AVideo%3A1894465&xgs=1&xg_source=msg_share_video#.U2qhxCiXoSl

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