vendredi 31 janvier 2014

mercredi 29 janvier 2014

"Mais je ne vis pas en pleine conscience !"


Une princesse nous répond :

Si tu en venais à dire que 
sous telle forme, en tel lieu, à tel instant
cette conscience propre n'existe pas,
alors cette forme, ce lieu, cet instant
seront aussi inexistants 
que le fils d'une femme stérile.
Sans le miroir, aucun reflet ne peut exister.
De même, si l'on élimine cette conscience,
plus rien au monde ne subsiste.
Comment pourrait-elle donc disparaître
par le simple fait que tu ouvres les yeux ?
tant que le noeud du "je connais" demeurera serré en toi
tu n'atteindras pas la Réalité ultime
et ce que tu croiras atteindre,
en ouvrant ou en fermant les yeux,
ne sera pas cette réalité.
Ce ne sera pas la Plénitude 
car tu aura éliminé l'activité par exemple.
Où donc est-elle absente cette vaste conscience éclatante
comme l'incendie de la fin du monde ?
Elle rend semblable à elle-même
le combustible accumulé 
de nos mille et unes pensées.
Pour celui qui a connu cette Réalité ultime
il ne reste absolument plus rien à faire.
Débarasse-toi de ce noeud implanté en toi
et consistant à croire qu'"il faut d'abord contrôler l'activité mentale pour voir".
Dénoue aussi cet autre noeud, bien serré, en forme de
"je ne suis pas cela".
Contemple alors le Soi
partout présent et débordant de félicité.
Vois l'univers entier reflété dans le Soi
comme en un miroir.

La Doctrine secrète de la déesse Tripurâ, trad. M. Hulin, p. 95


mardi 28 janvier 2014

"Se recentrer" ?




Un prince se met en quête de sa vraie nature sur les conseils de son épouse. Il se concentre encore et encore, tente de faire le vide, car il a compris que les choses - pensées et perceptions - empêchaient la manifestation de la Lumière consciente. Il découvre alors des expériences de pure vacuité, de clarté et de félicité. Il se retire du monde, n'aspire plus qu'à retrouver ces états. Il n'a plus de goût à rien, il projette de renoncer à tout pour vivre comme un ascète, loin des hommes et de leur folie.

Sa princesse entend ceci et lui répond "avec un léger sourire" :

Cher époux, il semble que le domaine de la suprême pureté demeure inconnu de toi...
Ceux qui y accèdent voient leur cœur purifié et ne succombent plus à l'égarement.
Mais ce domaine est aussi éloigné de toi
que le firmament pour un homme habitant sur la terre.
Tout ce que tu as appris jusqu'ici ne vaut pratiquement rien.
Ce n'est pas l'ouverture ou la fermeture des yeux
qui permet de contempler la Plénitude.
Ce n'est pas en faisant quelque chose,
ou en t'en abstenant,
que tu l'obtiendras.
Ce n'est pas en te déplaçant,
ou en demeurant immobile,
que tu y accéderas.
Comment considérer comme absolu un état 
dont l'accès serait conditionné 
par la fermeture ou l'ouverture des yeux, 
un déplacement ou une activité quelconque ?
Comment l'élévation de ces paupière longues comme huit grains d'orge 
pourrait-elle suffire à occulter la Plénitude ?
Quel égarement de ta part ! Quelle étrangeté !
Dis-moi,
comment l'élévation de ces paupières larges comme le doigt
pourrait cacher cette conscience
dans l'immensité de laquelle
les milliards d'univers sont comme égarés ?

La Doctrine secrète de la déesse Tripurâ, trad. M. Hulin, p. 94

Trois cent Versets à la déesse :

lundi 27 janvier 2014

"Atteindre le Soi" ?

 Détroit de la Sonde

 Pas besoin d'aller au loin pour trouver le Soi :
c'est en demeurant sur place qu'on l'a constamment à sa disposition.
Il ne faut pas raisonner pour le connaître :
c'est lorsqu'on ne raisonne pas qu'il se manifeste.
Qui donc réussira à rejoindre l'ombre 
de sa propre tête en courant après elle ?
De même qu'un petit enfant peut voir 
mille choses reflétées dans un miroir immaculé
sans soupçonner la présence même du miroir,
de même les gens perçoivent le reflet des mondes
dans le grand miroir de leur propre Soi
et ne discernent pas le Soi lui-même,
faute d'être instruits à son sujet.
Ainsi l'homme qui n'est pas informé de l'existence de l'espace
perçoit bien le monde visible
mais non l'espace, son substrat.

La Doctrine secrète de la déesse Tripurâ, trad. M. Hulin, p. 90


dimanche 26 janvier 2014

Comme je ne suis rien...

 

... il n'y a rien à atteindre.

N'est-ce pas fou de vouloir atteindre l'espace ?
N'est-ce pas absurde de chercher à enfermer l'espace pour le protéger ?

Méditer, pratiquer, faire de ce que nous sommes un but... c'est construire des boîtes. Ces boîtes périssent et, affolés, nous en construisons sans cesse de nouvelles, plus grandes, plus subtiles, plus solides. Des réserves naturelles pour l'espace, entité en voie d'extinction... quelle farce !



samedi 25 janvier 2014

Silence ou bruit ?



Le silence et le bruit sont deux faces de la même dualité.
Deux aspects de l'océan des apparences.
Notre véritable nature est présence, pleinement présente dans le silence comme dans le bruit.
Cette présence fait-elle du bruit ? 
Peut-on la faire taire ?
En tous les cas, elle est également présente, car elle est la présence du bruit, comme elle est la présence du silence.
Faute de le voir clairement, nous aspirons au silence quand nous sommes dans le bruit, et au bruit quand nous sommes dans le silence.
En réalité, nous somme le silence inouï qui écoute toutes les variations du son, depuis le bruit de l'avion jusqu'au son produit par la circulation du sang dans les oreilles.
Ce silence qui accueille n'est pas un état spécial, pas un éveil ni un but spirituel.
C'est juste un fait, toujours présent.


jeudi 23 janvier 2014

"Je dois faire un effort"

 Qui me parle ?

Faites-vous le moindre effort pour être conscient ?
Pourtant, qu'y a-t-il de plus évident que cette présence éclatante ?

Fluide :




mercredi 22 janvier 2014

"Ëtre en conscience" ?


 Puis-je sortir de la conscience ?

Vous voyez, c'est ainsi par exemple :


(cela n'a rien à voir, c'était un koân, un moyen habile pour faire diversion : vous avez été traversé par des réactions, des émotions, des jugements... mais la conscience a-t-elle pour autant cessé de briller ?)

dimanche 19 janvier 2014

Le yoga est l'Homme-lion

 
 Le Yoga Narasimha de Guimet, un jour de pluie.

Jadis, un démon avait obtenu un don surnaturel de Vishnou :
Il ne pourrait mourir ni de la main d'un homme, ni de celle d'un animal, ni le jour ni la nuit, ni dehors ni dedans, ni sur terre ni au ciel.
Sous son règne, les démons prospéraient, tant et si bien que leur poids menaçait d'engloutir la Terre.
Vishnou s'incarna donc sous la forme de l'homme-lion. il s'empara du roi des démons sur le seuil de son palais, au crépuscule, le souleva entre ciel et terre, et le réduit en pièces.

Que vient faire le yoga dans cette fable ?

Le démon est l'ego. Disons, la somme de nos désirs de perfection, le fantasme de vouloir enfermer l'infini dans le fini, de vouloir mettre l'espace en boîte, incarné dans les couples de contraires, dans l'attraction et la peur, l'inpir et l'expir, goûts et dégoûts...

L'homme-lion est ce qui se révèle dans l'intervalle entre l'expir et l'inspir, entre deux pensée, deux histoires, deux tranches de rêve, deux alternatives...

Il incarne le yoga, l'unité naturelle qui réconcilie ces grands ennemis : unité et dualité, Dieu et le Diable, et ainsi de suite...

Notez la ceinture de yoga, instrument traditionnel de l'exploration de l'espace.

Yogi caché, masse de conscience

Tout passe...


 
 Limoges

Tout passe dans la conscience qui ne passe pas.

Apocalypse :


Socrate ?


Non, un visage d'homme retrouvé dans un monastère bouddhiste en Afghanistan...

Musique inouïe :

Jésus ?


Non, un visage d'homme retrouvé dans un monastère en Afghanistan...


samedi 18 janvier 2014

Magie du sarangi

Quand une âme résonne, elle entre en résonance avec les âmes qui sont accordées sur la même note. De même qu'une corde en do fait vibrer, par sympathie, une autre corde en do. 
Le roi des instruments sympathiques est le sarangi :


vendredi 17 janvier 2014

mercredi 15 janvier 2014

Retraite Vijnana Bhairava Tantra Pâques 2014

 
 Vyoma linga, Mongolie
Une retraite dans l'esprit du tantra non-duel

Tous nos malheurs ont une seule source : nous croyons être une personne séparée de ce que nous désirons.

Comme dit le sage anglais Wei Wu Wei :

Pourquoi êtes-vous malheureux ? Parce que quatre-vingt dix neuf pour cent de tout ce que vous faites, vous le faites pour vous - or il n'y a pas de "vous" !

Comment vivre cela ?
En se donnant à cette évidence : tout ce qui est, est dans la conscience présente. Il n'y en a pas d'autre. Il n'y a rien d'autre qu'elle. Point d'effort, rien à atteindre : quoiqu'il arrive, tout est déjà en la conscience transparente. Quel soulagement !

Je vous propose de nous retirer, ensemble, pour savourer cette évidence à l'écart du brouhaha du monde. Rien n'est hors de la conscience, qu'on le sache ou non. La conscience est toujours présente. Mais il est bon de prendre des vacances pour se laisser aller à cette vacuité vibrante. Cette présence est toujours présente, mais d'ordinaire nous la négligeons à cause de nos croyances et de nos habitudes. 
Nous sommes ce que nous cherchons.
Pourquoi ne pas consacrer une semaine à savourer juste ce silence, en toute simplicité, sans but ni recherche, sans effort, pour en avoir le cœur net ?

Pendant cette semaine dans un hameau caché au coeur de l'Ardèche, nous prendrons à cœur l'essentiel, nous vivrons l'état naturel au cœur de la nature. La journée sera une alternance de périodes de silence, dans la nature si le temps le permet, et d'échanges sur les questions et les doutes qui nous retiennent au bord de nous-mêmes, qui nous font croire que nous sommes autres chose que la perfection bienheureuse.

Nous nous mettrons à l'écoute des conseils du coeur transmis par la tradition des yoginîs du Cachemire, une tradition qui part du pressentiment que nous sommes ce que nous cherchons. S'ouvrir à notre intuition naturelle du vrai : moins que cela ne suffirait pas, mais plus que cela n'est pas nécessaire. 
Nous explorerons en particulier la méditation de Bhairava (bhairava-mudrâ en sanskrit, la langue sacrée de l'Inde), expression naturelle de notre véritable nature. Non pas technique pour maîtriser le mental, mais laisser-aller spontané dans la fluidité de la conscience océane. Larguons les amarres !

Nous logerons dans une vieille demeure refaite à neuf, avec une alimentation saine et simple préparée par une cuisinière attentionnée. 
Dix places sont disponibles dans la maison, mais il est également possible de loger à proximité.

La retraite débutera le samedi 12 avril 2014 et s'achèvera le vendredi 18. Pour le lieu, Vernoux-en-Vivarais, voir ici
Pour plus de renseignements, écrire ou téléphoner :

deven_fr@yahoo.fr
06 03 33 05 58

Pour une idée de la tradition qui nous inspire, voir
La Doctrine secrète de la déesse Tripurâ (très accessible, à travers des fables et des dialogues vivants)

A bientôt !

mardi 14 janvier 2014

Simple



Tout apparait et disparait dans la conscience.
Rien de spécial.
Juste un fait.



Sur l'une des plus belles pièces sacrées, le Miserere d'Allegri, une légende :

dimanche 5 janvier 2014

Pas de choix métaphysique

 
La reconnaissance de notre vraie nature est indépendante de nos croyances métaphysiques, spirituelles ou autres.

Je me réincarne dans la conscience qui ne se réincarne pas.
Je ne me réincarne pas dans la conscience en laquelle apparaissent et disparaissent tous les êtres.

Si l'univers est réel, il est réel dans la conscience.
S'il est irréel, il est irréel dans la conscience.

Si la personne est une illusion, elle est une illusion dans la conscience.
Si elle est essentielle, elle est essentielle dans la conscience.

S'il y a progrès, il y a progrès dans la conscience qui ne prgresse pas.
S'il n'y a pas progrès, il n'y a pas progrès en la conscience en laquelle tout progresse.

Si le monde existe indépendamment, il existe indépendamment dans la conscience.
S'il n'est pas indépendant, il n'est pas indépendant en elle, comme les corps dans l'espace.

Si la conscience n'est pas tout, elle n'est pas tout dans la conscience.
Si elle est tout, elle est tout dans la conscience.

Si Dieu existe, il existe dans la conscience au présent.
S'il n'existe pas, il n'existe pas dans la conscience au présent.

De même, plus pratiquement :

Si je suis concentré, je suis concentré dans la conscience.
Si je suis distrait, je suis distrait dans la conscience.

Si je suis éveillé, je suis éveillé dans la conscience.
Si je suis endormi, je suis endormi dans la conscience.

Si je suis dans le silence, je suis dans le silence dans la conscience.
SI je suis perdu dans le brouhaha des pensées, j'y suis perdu dans la conscience sans limites.

Si j'ai des pouvoirs surnaturels, je les ai dans la conscience.
Si je ne les ai pas, je ne les ai pas dans la conscience.

"Lumière qui jamais ne se couche,
Tant pour les lumières que pour les ténèbres,
Un en qui reposent
Lumières et ténèbres,
Il est le maître ultime,
État naturel de tous les états."

Abhinavagupta

Ah

vendredi 3 janvier 2014

"Je n'arrive pas à rester centré..."

 Le garouda plane sans effort dans l'espace de la présence

"Je n'arrive pas à rester dans la présence".

Mon grain de sel : La conscience, la présence, n'est pas un état dont on entre et duquel on sort. On ne peut sortir de la conscience comme on sort d'une pièce.

Elle est ce qui permet d'entrer et de sortir d'un état. Elle est l'espace lumineux dans lequel les états vont et viennent.
Suis-je une entité séparée de la conscience ? En cet instant, là, maintenant, suis hors de la conscience ? Ne suis-je pas conscient ?

Rien n'est hors de la conscience. Tout est donc conscience. Ceci n'est ni un raisonnement, ni une expérience.
Si "je suis centré", je suis centré dans la conscience.
Si "je ne suis pas centré", je ne suis pas centré dans la conscience.

jeudi 2 janvier 2014

Une seule conscience

Il n'y a qu'une seule conscience.
Elle se trouve dans la direction indiquée par ce doigt :

Incroyable, non ?
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