mercredi 25 février 2015

Vrai moi et faux moi

Une page du Vijnâna Bhairava Tantra en écriture shâradâ du Cachemire, avec des annotations


Dans toutes les voies intérieures, on se libère du faux moi pour retrouver le vrai moi.
Le faux moi est malheureux, limité, voué à la mort.
Le vrai moi est heureux par nature, infini, immortel.

Façon de parler. Car il n'y a que moi : moi qui m'identifie à ce qui n'est pas moi ; et moi qui me reconnais tel que je suis. Seulement, ce vrai moi - le Soi - est à certains égard si différent du faux moi - l'ego - que l'on peut bien en parler comme de deux moi(s) distincts.

L'erreur à éviter est de croire que l'on existe pas du tout.
Un commentateur du Vijnâna Bhairava Tantra, que j'ai traduit du sanskrit et qui va paraître bientôt, dit ceci à ce sujet :

"Le 'je suis tout' est le Soi, la fusion de Shiva et de sa Puissance. Il est décrit de bien des façons. 

Ceux qui rejettent le moi en bloc

Cet état de"je"est rejeté par l’auteur du Bouquet des catégories, quand il dit ceci - comme s'il se délectait dans l’admiration de la doctrine des Bouddhistes :

S’il y a le moindre"je",
On a peur du réel.
S’il n’y a aucun"je",
Qui pourrait avoir peur ?

C’est aussi ce que disent les Bouddhistes :

Si l’on (imagine) un Soi réel,
La notion d’un autre (naîtra de même).
En présence du Soi et de l’Autre
Naissent l’attraction et l’aversion.
Puisque ces deux notions sont entièrement
Interdépendantes, elles engendrent
Tous les défauts (du devenir).

Ceux qui distinguent le faux moi du vrai moi 

Au contraire, dans la Lampe de la prise de conscience, il est dit :

L'essence "je" est suprême.
Elle est le divin impérissable, absolument souverain,
A la fois immanent et transcendant à l’univers.
Une fois absorbé en elle, qui aurait peur ?

Mais dans tous les cas, c'est le vrai moi qui s'exprime !

A travers chacun de ces livres, c’est le Seigneur lui-même, en forme de "je", qui réfléchit. De même, le seigneur Hrasva par exemple, a dit ceci dans la Réalisation non-duelle:

Le domaine du sentiment du "je"
Transcende celui de l’intellect.

Par contre, le"je"perclus de limites doit être arraché jusqu’à la racine. C’est ce que dit le roi des ascètes :

Tel un poison virulent,
La dague du"mien",
Assoiffée de sang,
Met en pièces l’intelligence des gens.
Le"je"est l’unique démon.
Quand tu apparais dans l’esprit,
Que ne peut-il advenir ?"


La vie intérieure reconnait le vrai moi et délaisse le faux moi.
L'heureux paradoxe est que, quand on se détache du moi limité, celui-ci s'épanouit ! La raison est simple, le moi limité existe. Mais pas séparément du Soi. L'erreur ne consiste pas à croire que l'individu existe, mais à oublier il existe. La vague existe t-elle indépendamment de l'océan ?

Précommande du livre

1 commentaire:

schilling laurent a dit…

Le soleil lhomme et lombre.
Je vois lombre dans son entier
Je me vois partielement
Je ne peux voir le soleil(directement).
Interieurment je suis
ce qui est refleté
Ce qui reflète
Et je suis la source.
Il y a ordre et harmonie.
Si je prends ce qui est reflèté pour ce qui reflete
Ou ce qui reflete pour la source
Il y a desordre,conflit.
Je mets le second à la place du premier
Je suis rationnel mais pas logique.
Mais je le peux car je suis libre
Fait de liberté.

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