mercredi 18 mars 2015

Le soufisme est-il compatible avec la démocratie ?

Abd el Kader : soufi... mais jihadiste au service de la charia


Le soufisme est souvent présenté comme le remède aux travers de l'islam : "soufisme contre terrorisme", entend t-on ici et là. On ne compte plus les livres qui prèchent une sortie du fascislamisme "par l'intérieur", et cet intérieur serait le soufisme. Et puis il y a les poèmes de Hafez, les danses des Derviches, les Qawwalis de Nusrat Fateh Ali Khan, sans oublier l'ésotérisme qui peut se réclamer de l'autorité de Guénon et de ses disciples, très influents dans l'islam français. Et puis l'art, la musique, les miniatures, les récits visionnaires... Le soufisme serait l'islam véritable, une religion du Cœur cachée au cœur d'une inhumaine religion de la Loi.

Je ne nie pas qu'il y a plein de belles choses dans les traditions soufies. Mais le soufisme est-il vraiment cette spiritualité du cœur, forcément tolérante, que l'on nous rabat partout ?

Là encore, précisons que je ne nie pas la profondeur de la poésie mystique de langue persane. Ou ourdoue. Ou arabe. Mais le fait est que les soufis n'ont pas pour autant condamné la charia, ni l'inégalité homme-femme, ni l'inégalité entre musulmans et non-musulmans, ni l'esclavage, ni la nécessité du jihad ni, finalement, le projet musulman de conquérir le monde, par la force ou par la persuasion.

Prenons le cas de l'Inde. Et son mythe d'une "conversion des cœurs" à travers les missionnaires soufis. Ce mythe a été propagé par quelques historiens européens qui s'appuyaient sur une vision incomplète des faits et de nombreux récits de propagande islamique. 

Par exemple, on entend que Pir Ma'bari a converti de nombreux jaïns en inde à partir de 1305. Mais, si l'on creuse un peu, on s'aperçoit qu'il était toujours accompagné d'une armée... Selon un autre historien musulman, en effet, ce Pir Ma'bari
"est venu en Inde pour faire le jihad contre les rois et les mécréants (de Bijapur au Râjasthan). Et avec sa poigne de fer, il brisa l'échine de bien des rois et leur fit toucher la poussière de la défaite. Bien des idolâtres... se repentirent... et vinrent à l'islam". 

Je ne vois pas ce qu'il y a de pacifique là-dedans. Et il existe de nombreux autres témoignages musulmans qui ne laissent place à aucun doute : les conversions, là comme ailleurs eurent bien lieu par la force ou par la menace d'user de la force. C'est la technique de la terreur et du chantage, déjà employée par Mahomet et ses fanatiques pour faire plier rapidement les grandes cités du Moyen-orient.

Et quand on examine chacun des grands soufis missionnaires en Inde, on arrive aux même conclusions. Le mythe du brave soufi pacifique n'est qu'un... mythe.

On dit aussi que les soufis, n'étant pas orthodoxe et parfois même persécutés par les musulmans, ne sont pas des musulmans comme les autres. 

C'est parfois vrai, pour des sectes véritablement hétérodoxes, non-musulmanes à l'origine, et qui se sont revêtu d'un vernis islamique dans l'espoir de survivre. C'est le cas des Ismaéliens, des Bektashis et autres Alévis, des Ahl-e-Haqq (O. Elahi en France), et bien d'autres, dont beaucoup en Inde. Dans leur cas, on peut en effet douter de leur orthodoxie. Ainsi Alévisme et Yârsanisme sont parfois regroupés avec le Yézidisme sous le nom de Yazdanisme. Ce sont des survivances de cultes pré-islamiques. Mais leur éventuelle tolérance et ouverture d'esprit, en Inde notamment, n'a donc rien à voir avec l'islam. 

La plupart des soufis, en revanche, sont orthodoxes, c'est-à-dire qu'ils ont prôné et qu'ils prônent encore l'application de la charia : inégalité hommes/femmes, esclavage, lapidation, décapitation, inégalité musulmans/non-musulmans, jihad, etc. 
Pourquoi ? Tout simplement parce qu'ils suivent le Coran et la sunna ("les lois d'Allah"), et que tout cela est présent dans ces textes, exemplifiés par "le bel exemple" de Mahomet, sabre à la main. 


On me dira que les soufis ont, en plus, proposé des interprétations ésotériques du Coran. Oui, mais ces interprétations s'ajoutent à la lettre du Coran. Elles ne l'annulent pas.

Il n'est donc guère étonnant que tant de soufis, parmi les plus célèbres, aient prôné purement et simplement l'application de la charia.

Voyez : Ghazali (XIIe siècle), Sultan Firoz Shah Tughlaq (XIVe siècle), Nizamuddin, Amir Khosrau, Moinuddin Chishti... pour ne prendre que des exemples indiens bien documentés.

Nizamuddin, dont la tombe est si célèbre à New Delhi, pleine de chanteurs soufis, introduisit des pratiques de danse et de musique (sama). Mais quand on l’interrogea, il défendit la charia. Par la suite, lui et ses successeurs supprimèrent tout ce qui n'était pas conforme à la charia. 

Sans parler de la confrérie Naqshbandi, dont presque tous les membres furent des professeurs de droit musulman dans des madrasas. Plusieurs, jusqu'à nos jours, sont connus en Inde pour leurs livres sur la charia et la pureté de leur orthodoxie.

Ghazzali dit : "Il faut partir au jihad au moins une fois par an. On a le droit d'employer des catapultes contre leurs forteresses, même s'il y a des femmes et des enfants. On a le droit de les brûler ou de les noyer. Il est légitime de brûler leurs arbres [cf le cas des Bishnoïs], et de détruire leurs livres sacrés. Les jihadistes ont le droit de prendre ce qui leur plait comme butin." Sur la jizya, la taxe visant à humilier les dhimmis, en particulier les Chrétiens, Ghazzali dit : "Les Juifs et les Chrétiens... doivent payer la jiziah. Au moment de payer, le dhimmi doit baisser la tête tandis que le collecteur (musulman) doit lui tenir la barbe et lui donner une tape derrière la nuque". Et ainsi de suite...

Nizamuddin dit : "Le jour de la Résurrection, tous les mécréants...iront en enfer. Allah a créé le Paradis pour les croyants et l'enfer pour les infidèles". Nizamuddin, non seulement prônait le jihad, mais participa à plusieurs campagnes. Il soutint l'armée d'un certain Qibacha et, quand celle-ci était sur le point de partir en déroute, il vint à son secours en disant à son chef : "Tirez vos flèches sur l'armée infidèle !" Après la victoire, Nizamuddin encouragea l'armée musulmane à poursuivre ses attaques et à pourchasser les armées hindoues qui battaient en retraite. Quand il reçut une part du butin de ce jihad, il l'exposa fièrement dans ses quartiers.

Moinuddin Chishti, fondateur de l'une des principales traditions soufies en Inde, ne manqua pas de montrer son intolérance et sa haine de l'hindouisme tout au long de sa vie : "Afin de prouver la grandeur de l'islam, il fit assécher les lac sacrés (pour les Hindous) d'Anasagar et de Pansela".

Amir Khosrau, le grand poète soufi, disciple de Nizamuddin, fut un grand poète. Mais aussi un chaud partisan des massacres au nom d'Allah : "Gloire à Dieu ! C'est lui qui a ordonné le massacre (de 30 000 prisonniers Hindous en 1303 à Chittor) ! Au nom du khalifat d'Allah, les mécréants n'ont aucun droit !" Il a écrit plusieurs poèmes pour célébrer la destructions de temples hindous au cours de razzias dans le Sud par Malik Kafur.  Il écrit : "les têtes des brahmanes et des idolâtres dansaient sur leurs épaules et tombaient au sol, et le sang coulait à flots". Et ainsi de suite....

Et il existe de semblables exemples dans toute l'Inde. Les soufis, quand ils ne participèrent pas aux massacres à grande échelles, les célébrèrent, les justifièrent et les encouragèrent. Ce furent des destructions sans précédent, sur des siècles et des siècles, jusqu'à l'arrivée des Anglais.

Sans parler du Cachemire... jusqu'à nos jours, ce ne sont que décapitations, égorgements, autodafés et exiles pour les survivants privés de tout. Par exemple, le soufi Shams ud-Din ("soleil de la religion") faisait venir entre 1500 et 2000 infidèles chaque jours pour leur faire abjurer leur foi, sous peine de mort immédiate. c'est de la conversion "par force et compulsion" (qahran wa jabran).

Et ce ne sont là que les histoires des soufis présentés comme les plus tolérants ! C'est que leur spiritualité n'est pas incompatible avec le fanatisme ni avec l'obscurantisme. Leur spiritualité s'ajoute à la charia, au jihad, aux horreurs de l'islam : elle ne les supprime pas ni ne les corrige.

Si l'on ajoute à cela la structure féodale des confréries soufies, je ne vois pas comment le soufisme pourrait être compatible avec la démocratie, n'en déplaise aux Abd al Malick et compagnie. 

Non, il n'y a rien dans l'islam qui aille dans le sens de la liberté de conscience. On n'y trouve pas non plus  les bases d'une société civile. Ni dans l'islam, ni dans le soufisme.

Pourquoi ? Tout simplement parce que toute cette idéologie totalitaire forme un tout cohérent. En témoignent les tentatives de réforme avortées au sein de l'islam et les exactions des soufis. L'ayatollah Khomeyni n'est-il pas l'auteur de magnifiques poèmes en langue persane, dans le plus pur style soufi ?

Sources :

En français (pas scientifique, mais un bon début, car le reste est en anglais)





Et il y en bien d'autres, des sources sur ce sujet, à commencer par le Coran, les hadiths et les "vies du prophète" (sira) qui sont, ne l'oublions pas, des textes soufis aux yeux des soufis.

Pour mes réponses aux controverses au sujet de l'islam, voir ce billet. Merci de le lire avant de commenter le présent billet.


14 commentaires:

Serge Durand a dit…

Tout l'enjeu est de savoir si on peut être un bon citoyen français et un croyant musulman. On peut visiblement être citoyen français et catholique : rejet de l'homosexualité, aucun rôle d'importance des femmes dans la hiérarchie ecclésiastique, interdiction de la contraception et de l'avortement qui donnent aux femmes un réel droit sur leur corps, ouvrages à l'index, etc. Les catholiques obéissent à des influences internationales (la papauté), sont-ce de bons français d'abord centrés sur leur nation ? (Ici je reprends simplement les arguments de Locke). La reconnaissance catho des droits de l'homme date des années 1960, etc. La charia certes mais les 613 commandements juifs et leur mise en œuvre ultra-orthodoxe ? Ces juifs dont les textes religieux de base du premier testament sont forts comparables au Coran peuvent-ils être de vrais français ou finiront-ils toujours par servir les intérêts d’Israël ? Ces raisonnements me ramènent à ceci : on peut être de n'importe quelle religion même la plus conne et être français à partir du moment où on reconnaît la suprématie d'une fraternité laïque sur les intérêts de sa communauté religieuse. Peu importe que dès lors ces gens ne soient plus tout à fait de bons cathos, de bons juifs orthodoxes ou de bons musulmans (d'après nos interprétations externes), cette allégeance suffit. La révolution française n'a pas imposé autre chose aux prêtres et religieux cathos qu'une allégeance et la part des choses s'est faite entre des religieux désireux de réinterpréter de plus en plus leur religion en fonction de la modernité ou non. Qu'une réinterprétation trahisse ou non le texte est sans intérêt si on regarde les évolutions religieuses : les juifs dans la torah lisent des sanctions d'adultère comportant la lapidation et il n'y a aucun moyen d'échapper à cette littéralité du texte ; or cela ne les empêche pas de considérer même pour les plus orthodoxes cette compréhension comme désormais hors de propos. D'aileurs dans le christianisme Jésus promet l'enfer éternel à ceux qui n'accueilleront pas ses disciples convenablement, l'apocalypse est un récit où des armées du bien affrontent des armées de l'axe du mal : Chirac dit que Bush a voulu le convaincre d'attaquer l'Irak parce qu'il y localisait Gog et Magog (cf l'apocalypse).

Vouloir affirmer pour l'autre quel est la façon juste de croire (c'est-à-dire d'après toi la façon la plus débile) me semble sans intérêt pour faciliter la rencontre des personnes et l'évolution des identités en mettant le cœur au-dessus de toute identité. Cette stratégie qui a été menée contre le catholicisme a abouti à l'exclusion de tous les modernistes aux alentours des années 1900 et a retardé son évolution interne qui n'a pris vraiment un commencement qu'aux années 1960. Un religieux n'a pas à être un herméneute universitaire mais à devenir un herméneute guidé par son cœur qui ne renie pas ses racines mais veut les faire pousser au-delà de toute ombre au soleil du cœur. Ses ancêtres spirituels n'ont pas la perfection du cœur mais ils ont fait ce premier pas du cœur... Si Henry Corbin, Jambet et Shayagan affirment qu'ils ont plus de vérité du Chiisme que Khomeyni je les soutiens puisqu'ils défendent la démocratie moderne. Si Abdennour Bidar se dit musulman et défend la démocratie, je le soutiens. Comme dans la pensée chrétienne catholique par homéomorphisme je soutiens Panikkar, Ghislain Lafon, Teilhard... Mais au final je crois que l'ultramodernité va épuiser toutes les formes religieuses inutiles quand l'expérience directe spirituelle se révélera possible au plus grand nombre sans institution, sans dogmatisme et sans croyance (ce qui n'est pas la foi dans l'ouverture qui peut détruire toutes les forteresses mentales posées pour séparer les personnes).

Dubois David a dit…

La place des musulmans dans la société française n'est pas le sujet de ce billet.
Quant à l'irénisme, au prix de la vérité ? Non, merci !

Jean Zuber a dit…

La conclusion de ce billet («Non, il n’y a rien dans l’islam qui soit compatible (…) les exactions des soufis») est infondée parce qu'elle suppose qu'il existe un objet simple appelé "islam" qui existe ne varietur, que cet objet est entièrement contenu dans le Coran et les hadith, et que la charia est un corpus légal simple et clair. C'est une vision essentialiste que l'islamologie la plus sérieuse récuse depuis longtemps (pour deux critiques récentes de l’islam éternel, voir les travaux d’Olivier Roy et ceux de François Burgat). Ce qui existe, c'est l'islam à telle époque, dans telles conditions socio-politiques, dans tel environnement géopolitique, etc. Et donc, au 21e siècle, nous ne sommes pas face à « l’islam », mais à des islam qui reflètent ce que 1,6 milliard de musulmans disent de leur religion, qui reflètent la façon dont ils l’interprètent, et ce qu'ils font dans leur pratique quotidienne en se fondant sur ce discours religieux tenu dans tel ou tel environnement culturel, social, politique, économique... Comment ne pas voir dès lors que ce discours, ou plutôt ces discours sont forcément divers, pluriels et contradictoires? Quant à la charia, elle existe à travers ses exégètes, étant bien plus une jurisprudence à propos de telle ou telle prescription, qu'une loi simple et claire que l'on consulterait comme on consulterait le code civil. Elle est donc inséparable du corps de commentaires multiples et contraires qui la parcourent. Elle n’est donc en aucun cas un objet simple à appréhender (pour une approche nuancée: Dupret, B. (éditeur). La charia aujourd’hui. Usages de la référence au droit islamique. Paris : La Découverte, 2012).

Cela dit, il est correct de relever que l'on a souvent une image naïve du soufisme et que les soufis ont pu aussi être des soldats. Mais en conclure que l'islam ne peut avancer que par la guerre et que le soufisme est forcément guerrier semble vraiment réducteur.

Il ne s'agit pas de faire de l'angélisme. Depuis le début des années 1970, l’islam est entré dans des turbulences qui vont en s’accentuant. Mais il faut aussi avoir une approche nuancée de cette religion qui est, je le répète, un objet multifacette loin de "former un tout cohérent". Autant dire autrement que l'hindouisme (pour rester en Inde), le christianisme ou le bouddhisme forment de tels tout cohérents, alors qu'ils sont également marqués par une grande diversité des discours et des pratiques et peuvent, par exemple, se montrer pacifistes ou belliqueux (y compris le bouddhisme au doux sourire qui sait montrer des incisives fort pointues au Sri Lanka ou en Birmanie, par exemple).

Oublier ou nier cette complexité n'aide en rien à comprendre les enjeux réels et les défis auxquels notre monde est confronté. Sur un plan intellectuel, l'islam a besoin de et mérite une approche différenciée et dépassionnée, qui aille au-delà de la tarte à la crème "modérés/radicaux" –une dichotomie qui ne veut d’ailleurs sans doute pas dire grand-chose.

Pour terminer, si l'on cherche des exemples de discours machistes et sexistes, il suffit de regarder le récent "India's daughter" et d'écouter le discours sur la place des femmes que tiennent les deux avocats qui défendent les hommes ayant violé et sauvagement agressé une jeune femme à Dehli en décembre 2012: il y a de quoi avoir vraiment froid dans le dos. Mais cela doit-il être une charge contre "l'hindouisme" (=??) ou contre ce que des hommes font dire à leur religion ? Car en ce qui concerne les femmes, ce n’est pas l’islam qui a un problème avec les femmes : toutes les religions qui ont un tel problème, parce que in fine, nous vivons partout dans des sociétés patriarcales et que dans ces sociétés, les hommes ont peur des femmes… Mais c’est là une autre histoire…

Cela dit, merci pour vos billets sur l'advaita que j'apprécie et lis régulièrement.

Dubois David a dit…

Bravo ! Vous connaissez sur le bout des doigts votre catéchisme post-moderne : "complexité", "essentialisme", une bonne dose de relativisme, plus les incontournables paralogismes. Mais pour tester vos idées, je vous propose d'aller exposer à la Mecque votre vision d'un islam "plein de contradictions" et "dépourvu d'essence" . Je serais curieux de voir les réactions !

Unknown a dit…

Oh, Là cher David soyez un peu moins "objectif" S.V.P Cela vire à l'obsession ! Je me vois un peu déçu mais cela fait parti des jeux du "je".
Néanmoins, bravo pour votre travail !

Paix

Y

schilling laurent a dit…

La non dualite inclusive quand elle exclut...

schilling laurent a dit…

You are not trying to fight for supremacy based on competitiveness and aggression, fighting because you have something to prove, something to defend. You have nothing to defend. You only have to be. That is what your battle is. To hold the truth that you are against the world.

   That is why I can say to you, when you are under strain, that I am with you. For I have realised this total psyche. I have been there. I know it is us, all of us, all of humanity, that I speak to. Talking to you, I speak to that total psyche.

   I say: 'Fear not. Battle on. It's alright. The totality of human goodness is with you. You do it on behalf of all of us.'

   You are knights that fight for the myth of St. George, slaying the dragon.

   All the great myths are true. The Sword of Truth is true. It is a flaming sword. It guards the Garden of Eden against all who will try to enter with thorns and thistles. This is not just some gallant and glorious story I'm telling you; it is the truth.

   Whenever you realise the truth of God inside you, aren't you struck by the wonder of God, the cleanliness of god, the glory of God, all that is valiant and sweet and beautiful!'

   You are fighting for that. You are fighting for your own space, your own soul, your own self, against the dragon of a world that would try to overcome you and tell you that something else is important. Don't believe it. You are important and you are yourself, your love, the truth.

   We are here to make life on earth more beautiful. We are not working to make the Eagle Star Insurance Company richer, to put down a better road in the City, or to defend the Falkland Islands. You'd think those things were all-important in this world. Well, we do what we have to do in this world. But that is not the point of life. That is the condition of the human race and it is your burden to take a little section of it upon yourself and live your life as best you can.

   The point is, through yourself, to make us all more pure, to get us back to the garden as life on earth. Stick to the point of life. Stick to the state within and not the condition without. You are that state. Do not allow yourself to be invaded by the suggestions of the world.

   Be true, That means hold to the truth of yourself. Be true to love. Be true to life.

Extract from the Barry Long book title:
'Stillness Is The Way' (pp 162-163)

Serge Durand a dit…

Quel peut être la place des musulmans dans nos démocraties dès lors qu'on affirme sans laisser d'espace pour un autre point de vue que l'islam est totalitaire ? Que tu le veuilles ou non ton billet conduit à penser qu'on ne peut pas être musulman et citoyen d'une démocratie laïque à la française.

Quant à mon irénismme, je n'y vois aucune naïveté. Je suis un admirateur de saint Irénée qui ouvre à l'idée que Dieu s'est fait homme pour que l'homme soit fait Dieu. J'ai foi en ce que j'ai pu apercevoir de l'amour divin pour purifier sa manifestation inexorablement de ce qui empêche les âmes de germer à travers les forces intérieures de la bestialité, les clôtures mentales, etc.

Quand le mental défend sa vérité il ne sert pas le cœur. La bonne place des idées est décidément de servir le cœur.

Un résistant peut en tuant un soldat servir le cœur s'il évite un crime de guerre. Mais dans cette chevalerie il n'y a pas de haine.

Et malheureusement il devient parfois impossible de dialoguer faute de se rencontrer dans l'ouverture. Mais il n'y a nulle ouverture de notre part si on présuppose que l'autre a une identité qui ne peut lui donner un accès.

Le soufisme comme la mystique chrétienne proposent des chemins assez clairs pour prendre conscience de la lumière intérieure. Mais bien rares sont les chemins spirituels balisés pour passer de l'amour fou de la lumière intérieure à un amour de liberté, d'égalité et de fraternité ouverte.

Peut-être que toutes les âmes ne sont pas mures pour y émerger et l'histoire passée montre que ces trois n'ont jamais été encore qu'un idéal. Seules les âmes qui y sont prêtes savent que ce n'est pas qu'un idéal mais aussi le germe d'un devenir qu'elles portent en elles et qui peut grandir à travers elles si elles s'y abandonnent...

Fabien Meyer a dit…

Bonjour Monsieur Dubois,
Me revoilà, défenseur de la veuve et de l'opprimé, pourfendeur du juste et de l'injuste, notamment en matière de spiritualité. Mon orgueil est tel, que je prétends démêler le vrai du faux, mieux que quiconque, étant moi-même...Étant moi-même, je réflechis par moi-même, j'observe par moi-même, je ressens par moi-même. Comment peut-on comparer des religions ou même leur intenter un procès, quand on se dit, comme vous, intéressé par des questions liées à la spiritualité? Toutes les religions sont dans la recherche du Bien, c'est à dire du Bien au-delà des biens mondains et triviaux, y compris celui d'avoir la satisfaction d'écrire un article, dans certains milieux, à contre-courant...Toutes les religions, notamment dans leurs déclinaisons historico-socio-géo-politiques, ont des écueils cuisants : Esclavagisme, inquisition, évangélisation, pour ne parler que d'un exemple proche de nous sans aller jusqu'à évoquer le catholicisme (ou le christianisme) d’État (France, USA, etc...). On peut faire dire tout et son contraire à un message, à un livre, à des images, à des personnes, surtout quand elles sont mortes, qui plus est depuis longtemps...Pardon mais pour ne prendre, de nouveau, qu'un seul des concepts auxquels vous vous referez normativement afin de mieux comparer avec tout ce que le soufisme ne permet pas, qu'appelez-vous l'égalité homme-femme? Depuis quand le soleil et la lune sont égaux? Depuis quand le + et le -? Bien sûr, cette question se discute, mais permettez-moi de rester sceptique quant à la rigueur démonstrative avec laquelle vous traitez ce simple concept, pour n'évoquer que celui-ci...

Philippe a dit…

Si je n'adhère pas à tout ce que vous dites contre les soufis (et j'aurais aimé avoir votre avis sur Rûmi et sa confrérie de derviches tourneurs), vous faites bien évidemment mouche quant à la possibilité d'intégrer une religion prosélyte et guerrière dans une démocratie.

Certains ici aimeraient faire le parallèle avec le catholicisme qui, s'il ne permet pas aux femmes d'accéder à certains rangs dans la religion même, ne le condamne absolument pas dans la vie publique. De plus, le catholicisme a beaucoup évolué depuis la fin de la dernière guerre, et l'on ne peut absolument pas en dire autant de l'islam.

Pour finir, j'ajouterai que tout système qui ne sait pas séparer vie publique et politique de la religion est absolument incompatible avec la démocratie.

Fabien Meyer a dit…

Bonsoir, oui, Philippe et justement, tout se passe comme si la démocratie (au sens contemporain du terme et , en l'occurrence, français) venait, d'une part, en tant que dogme, en quelque sorte supplanter la religion, d'autre part, se positionnait constitutivement justement, comme anti-clerical mais aussi anti-religieux. Ce n'est donc pas, à mon avis, le problème d'une religion qui serait plus incompatible qu'une autre avec notre republique telle qu'elle est aujourd'hui, mais plus la posture que j'appellerais laïciste ou atheïste, qui, quant à elle, se positionne clairement contre la religion (toutes en fait) en général.

Dubois David a dit…

Rûmî ? Sa poésie est magnifique. La musique Mevlevi est profonde. J'ai moi-même joué du ney. Et qui n'a pas été touché par la fameuse histoire de Rûmî rencontrant Shams ? Mais, ici encore, la spiritualité (fortement inspirée par le christianisme de Cappadoce) vient s'ajouter à la charia, sans l'annuler. Rûmî enseigna la charia jusqu'à la fin de ses jours, pour autant que l'on sache. Tout comme Shams l'enseignait. On peut avoir des aperçus de ses idées en lisant "Rumi and Me", des propos de Shams traduis par le très guénonien W. C. Chittick. Et il se montre orthodoxe. Shams va jusqu'à se vanter d'avoir torturé des enfants pour leur inculquer le Coran (p. 11) : "I lifted up the stick and beat him myself. With the fourth strike, the skin came off his feet.... He screamed at the first and the second. Then he no longer shouted"... D'ailleurs, E. de V.-Meyerovitch, la spécialiste de Rûmî, insistait toujours sur l'orthodoxie de Rûmî et son respect de la charia. Pour plus de détails, il faudrait aller voir les œuvres de Rûmî sur le droit islamique.
Quand Shankara explique "tu es cela", je dis que c'est merveilleux. Mais quand il dit qu'il faut faire couler du plomb fondu dans la bouche des plébéiens qui ont osé écouter les Védas, je suis horrifié. Pourquoi en irait-il autrement avec l'islam ?

schilling laurent a dit…

Que celui qui n'a jamais péché leur jette la première pierre.

Philippe a dit…

@Fabien Meyer : la laïcité et la démocratie ne doivent pas être anti-religieuses, mais a-religieuses, nuance. La religion doit rester dans la sphère privée et ne pas influer les décisions politiques.

@David Dubois : merci pour ces précisions sur Rûmi, et sur Shankara. Je pense, comme vous, qu'on ne peut pas prôner la tolérance et la lumière et voulant ensuite tuer, détruire ou torturer ceux qui ne pensent pas comme nous.

D'ailleurs, le Bouddha historique ne disait-il pas lui-même : "mille moines, mille religions" ?

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