mercredi 8 avril 2015

Pourquoi c'est si compliqué ?


Tout humain s'interroge un jour : "Pourquoi quelque chose plutôt que rien ? Rien, c'eut été tellement plus simple ? Ou bien le bonheur, directement ! Pourquoi toutes ces péripéties ? Ne peut-on faire d'omelette sans casser d’œufs ? Dieu peut tout ! Alors pourquoi pas la perfection dès le début ?"

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Ce questionnement se retrouve, sous différentes formes, à toutes les étapes de la vie et dans chacun de ses domaines. La réponse de la sagesse universelle est que tout est là, mais que nul ne pourra jamais atteindre cette perfection. Cela semble frustrant, mais fort adroit en vérité. "Tout est là" : sécurité. "Mais nul ne pourra jamais l'atteindre" : aventure. Que demander de plus ? Le Paradis est ennuyeux. L'Enfer est terrible. Il faut donc les deux. "La variété du moins bon entre dans la composition du meilleur", dit Leibniz.

Et Abhinavagupta, dans ses stances augurales à ses deux commentaires aux Stances pour la reconnaissance (Pratyabhijnâkârikâ), le dit aussi :

Nous célébrons ce Shiva
qui, selon son libre désir et sans nul autre motif ou cause,
engendre à la fois contradiction puis réconciliation,
et aussi dualité puis non-dualité,
car il connaît l'essence de la conscience ! 1

Abhinavagupta, Petite méditation, II, 2


"Il connaît l'essence de la conscience" : litt. "Il connaît la réalité du mantra". Le mantra est définit ailleurs comme mental (citta) ou pure conscience en son absolue liberté (caitanya). Autres synonymes : parole, parole sacrée, parole de conseil (cf. man-tra "instrument pour le mental"=conseil ; d'où mantrin "conseiller", d'où les mandarins de Chine).
"selon son libre désir et sans nul autre motif ou cause" : sans avoir besoin de matière, ni de mémoire (vâsanâ), et sans que l'ignorance (avidyâ) soit la cause. 

Nous chantons Shiva,
volcan d'immortel nectar
pour toutes les choses et les êtres
qui, fragmentés, sont mauvais,
mais qui sont unifiés
par la quatrième part de son énergie créatrice,
dont la nature même est donner la vie. 1

Abhinavagupta, Grande méditation, II, 2

"La quatrième part" : la pure Présence vivante, par-delà objet, connaissance et et sujet. Le Fond de conscience.

Le simple et le complexe, l'un et le multiple, le bon et le mauvais, c'est comme dans la musique :

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