jeudi 9 juillet 2015

Esquisse de l'omnivers


Je dors au pied d'un arbre, en ce monde. Et je rêve d'un monde. Dans ce monde, il y a un arbre. Au pieds de cet arbre, un homme dort et rêve. Et il rêve d'un monde...

Que se passe t-il ?

Dans le monde, un esprit rêve. Il rêve d'un monde. Dans ce monde, un esprit rêve. Il rêve d'un monde. Dans ce monde...

Ainsi le sujet et l'objet s'emboîtent, comme des poupées russes, à l'infini.

L'espace mental est dans l'espace physique, qui lui-même est dans un espace mental, qui lui-même est dans un espace physique, qui lui-même...

Ces deux espaces sont dans l'espace de la conscience, l'espace de pure présence qui se dévoile à nu entre deux pensées.

Il y a donc un nombre infini de mondes, les uns à l'intérieur des autres, sans contraintes de durées et de longueurs, car l'espace physique, étant toujours dans un espace mental, il s'ensuit que la nécessité de ses lois dépend des habitudes (accidentelles au départ) de cet espace mental. Un monde existe dans un point sans extension. Une infinité même. Un espace physique infini existe dans un espace mental sans extension. De même, un instant sans durée peut accueillir la durée d'un monde.

Dans un monde - dans un espace physique - se trouvent un nombre infini d'espace mentaux (d'esprits), qui chacun imaginent des espaces physiques, qui contiennent à leur tour des espaces mentaux, et ainsi de suite. Un espace physique est donc l'espace mental d'un autre. Notre réalité est le rêve d'un autre. Et nos espaces mentaux sont des espaces physiques pour les esprits dont nous rêvons, qui rêvent à leur tour... L'espace mental est celui du rêve, "privé". L'espace physique est celui qui s'impose à nous, "public". Mais entre les deux, il n'y a pas de différence de nature, seulement de degré de cohérence. L'espace physique est donc un espace mental dont on a oublié qu'il était mental, ou bien un espace mental dont les habitudes, invétérées, passent pour des lois. Les lois de la physique sont des lois de l'imagination. Mais d'une imagination ancienne, ancrée par-delà nos imaginations individuelles : l'imagination de l'être qui rêve notre monde, notre espace physique, à l'intérieur duquel nos espace mentaux se déploient. Et de même, nos habitude mentales ont force de loi pour les êtres que nous imaginons, qui peuplent nos rêves. Notre réalité est simplement un rêve relativement plus ancien ; nos rêves, des réalités relativement plus jeunes.

Ce qui ne signifie pas qu'il suffit d'imaginer pour que cela devienne réalité. En droit, c'est possible. Mais la force de l'imagination de l'être ancien dans le rêve duquel nous vivons est beaucoup plus ancienne, et a donc beaucoup plus d'inertie, que notre imagination. Dans notre monde, nous pouvons donc tenir pour certain qu'il existe des lois, une nécessité, et que le bon sens doit nous prémunir contre les charlatans qui nous vendent des poudres de perlimpinpin et autres miroirs aux alouettes.

Cependant, il n'y a au fond qu'un seul espace, celui de la conscience. Par conséquent tout est possible. Et par conséquent, l'existence du libre-arbitre est compatible avec le déterminisme : comme nous vivons dans le rêve d'un autre, il y a déterminisme ; mais comme cet "autre" est en réalité qui nous sommes - conscience - nous pouvons vouloir contre ce déterminisme, et c'est le libre-arbitre.

C'était l'intuition du Yoga selon Vasistha.
C'est aussi l'hypothèse du multivers, pari des physiciens comme Andrei Linde, Alan Guth et d'autres, présentés dans ce doc :


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