dimanche 27 novembre 2016

La pratique des mantras


Un mantra, au sens propre, c'est une syllabe, un "mantra-charnel" (pinda-mantra) comme om, houng, hrîm, sauh, etc.
Le pratiquer, c'est l'énoncer en goûtant la disparition du son dans le silence.
Il y a deux possibilités :
- soit le mantra finit par une résonnance ("mmm..."). C'est le cas le plus courant. C'est pourquoi ces mantras, comme om, sont appelés "pranava" ou "bourdonnement". Le son part du bas du corps ou du cœur. C'est pourquoi ces mantras commencent généralement par un son guttural : a, ha, ka...
- soit le mantra finit par un visarga, une "extase", une sorte d'expir "hhh....", comme le mantra sauh, par exemple. Cet expir qui part du centre de la poitrine est une pure invitation à l'extase. Souvent, cette pratique est considérée comme plus "secrète" dans les traditions du tantra non-duel.

La pratique la plus simple est donc de savourer la disparition de la vibration sonore dans le "son" du silence, comme l'indique ces versets, attribués à Shankara (Brève explication de "je suis l'Immense", aham brahma asmi, Laghuvâkyavritti) :

Les notions dualistes (forgées) par l'entendement
Changent d'instant en instant.
Mais l'acte de conscience est présent dans ces constructions mentales
Comme le fil dans (un collier de) perles. 9

De même que le fil couvert de perles
Est aperçu entre (madhya) deux perles,
De même la conscience recouverte par les notions dualistes
Brille clairement entre deux constructions mentales. 10

Quand une pensée a cessé
La conscience sans pensées
Brille clairement
Tant qu'une autre pensée n'apparaît pas. 11

Ceux qui aspirent à l'expérience de l'absolu
Doivent s'exercer avec zèle
A l'arrêt d'une pensée
En progressant ainsi :
D'abord un instant, puis deux, puis trois. 12

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