vendredi 19 mai 2017

Être libre ?

Je désire être libre,
mais je me sens contrarié et esclave de mille choses.

Être libre, c'est être conscience.
La reconnaissance,
c'est simplement faire le lien entre
cette conscience évidente pour chacun,
et la liberté, moins évidente,
et que l'on attribue plus souvent  et exclusivement
à Dieu et à des êtres divins ou "éveillés".

Confus, nous voyons notre "moi"
comme un corps, une sensation fuyante
ou une illusion, une construction imaginaire.

La reconnaissance consiste simplement
à écarter ces certitudes erronées
et à laisser briller la Lumière,
sachant que notre aveuglement est,
en définitive, partie du jeu de la conscience
qui joue à se faire esclave de ses propres créations.

En Inde, le but ultime de la vie est la "délivrance"
du cycle des renaissances, le samsara.
Abhinava Goupta redéfinit cette libération :

"[La délivrance est seulement le dévoilement de nos vrais pouvoirs],
rien de neuf n'est accompli. En réalité, il n'y a pas non plus
manifestation de quelque chose qui n'était pas manifeste.
C'est simplement l'idée fausse selon laquelle ce qui brille,
ne brille pas, qui est écartée. Car la délivrance n'est rien d'autre
que la divinisation, qui n'est autre que ce dévoilement.
Et le samsara, c'est juste l'absence de ce dévoilement.
Ainsi, délivrance et samsara ne sont que deux manières de penser.
Et les deux sont également le déploiement du Seigneur !"

(Vimarshinî, II, 3, 17)

Ainsi, quand "je" me sens esclave,
"je" joue librement à être esclave ! 

Scandaleux ou génial ?

jeudi 18 mai 2017

Attouchement divin

Dans le shivaïsme du Cachemire,
la tradition du cœur/corps (kaula),
le toucher est la sensation d'être,
débordante de félicité,
qui transforme l'esclave en un être libre,
capable de participer à la création divine.


Le toucher est aussi important chez certains mystiques chrétiens.
Voyez cette interprétation hardie d'un passage du Cantique des cantiques par Jean de la Croix :

"De cet attouchement divin [que l'âme ressent dans ses entrailles
quand elle s'ouvre à Dieu]
l'épouse parle ainsi dans le Cantique des cantique :

'Mon Bien-aimé passa la main
par la fente de ma robe
et mon ventre tressaillit sous sa caresse.'"

(Cantique, XVI, 6)

Ce sont ces "touches" ou toquades ressenties au centre de soi
qui entraînent l'âme à plonger et à se laisser transformer
en la sagesse divine.

Traduction (française !) encore plus explicite par Gaultier en 1622 :

"L’Épouse dit dans le Cantique
que son bien-aimé passa la main dans un petit trou,
et que son ventre trembla quand il y toucha..."

Rien


Inspirée par un dessin de Jean de la Croix, Madame Guyon,
profonde en vie intérieure, nous donne ce conseil radical :

"Ce qui nous anéantit devant Dieu, devant les hommes
et à nos propres yeux, est la plus sûre voie,
quoique non pas la plus agréable à l'homme,
qui veut toujours subsister en quelque chose,
soit en soi ou dans les autres,
d'une manière ou d'une autre.
S'il renonce à la nature,
soit par la pénitence, soit d'une autre manière,
c'est pour mieux subsister dans la grâce.
Nul ne veut n'être rien, rien, rien,
et cependant c'est sur le rien
que Dieu fait les plus grandes choses,
parce qu'il en a toute la gloire.
Le rien ne dérobe rien,
ne s'attribue rien,
n'usurpe rien,
ne prétend rien,
il ne croit rien mériter.
Le rien n'attend rien de soi,
n'en espère rien.
Le rien reste dans son rien,
non pour être quelque chose,
mais pour rester dans le rien."

(Discours I, 30)


mardi 16 mai 2017

Que faire ?

En chacun de nos actes, nous cherchons le salut.
Plus ou moins clairement, il est vrai,
car nous nous acharnons plus que nous ne regardons.
Mais l'élan est là, obscur, aveugle,
mais invincible.



Pour se sauver, 
il faut se convertir,
il faut que l'attention se retourne
vers sa source, vers l'intérieur,
vers le centre.
Il faut une  révolution.

Dans le shivaïsme du Cachemire,
ce retournement (pari-vritti)
est défini comme reconnaissance (praty-abhijnâ),
quand
"tout ce qui peut être pointé comme 'cela',
toutes les apparences,
apparaissent clairement et pleinement
comme 'je', comme 'soi-même'".

C'est, dit Abhinava Goupta,
"la réalisation, la pleine possession de la félicité
par un retournement (parivritya) qui embrasse
la Lumière consciente, autrement dit 
la subjectivité en sa plénitude,
propre à Dieu".

Cet Acte est le début d'une vie nouvelle,
la vie intérieure.
Evidemment, il doit se répéter,
bien qu'il surgisse à chaque fois
comme en sa première fois,
sans mémoire bien qu'imprégné d'un sentiment
de retrouvaille intime.

lundi 15 mai 2017

D'où vient la mélancolie ?

Mélancolie et ses sœurs,
Acédie, Neurasthénie, Spleen,
Vague-à-l'âme, Tristesse, 
Fatigue, Angoisse et Dépression,
tourmentent les humains depuis... toujours.
Selon certains, elles vinrent en même temps
que le désert du Sahara, 
mais enfin, ça n'est qu'une conjecture.

Toujours est-il que la mélancolie fascine.
D'un côté, elle fait souffrir,
elle "dérobe" la vie de celui ou celle
qu'elle empoisonne, selon l'expression
du Poème du frémissement.
De l'autre, nous goûtons en elle
un je-ne-sais-quoi qui donne du poids
et comme du sérieux à tout le reste.
Les mélodies les plus belles
ne sont-elles pas les plus mélancoliques ?

Abhinava Goupta,
le grand sage du tantra (si différent du néotantra !),
estime qu'elle est causée par l'ignorance.
Qu'est-ce que l'ignorance ?
Elle n'est pas une sorte d'aveuglement métaphysique,
comme dans le Védânta,
mais plutôt un genre de torpeur,
de recroquevillement de la conscience,
qui va s'assoupir dans les rythmes qu'elle engendre :
respiration, sommeil, naissance, schémas mentaux...

Et donc, le remède à la dépression est l'éveil,
le réveil. 
Ounmésha, en sanskrit, évoque l'ouverture des yeux
et l'éclosion d'une fleur.

Dans un discours sur la Déesse, il chante ces deux versets :

Cette Intelligence
qui s'active en chacune 
de nos intuitions à propos des choses
et qui infuse ces éveils,
est la chair même
de toutes choses.
Pour qui est plongé de tout son être
dans cette Lumière de la suprême Shakti,
comment la dépression serait-elle possible,
attendu que celle-ci
est due à l'absence de cette Présence ?

[Mais l'ignorant] ne prête pas attention
à cette source de joie et de bonheur,
à cette richesse sans égale
qui infuse son corps, son souffle vital, son esprit...
et il est frappé en son cœur
par une mélancolie/dépression sans pareille...
Si la suprême Déesse
qui se délecte à créer le monde entier
vient habiter en son cœur,
alors, alors !
elle danse et se déploie et brûle
comme l'oblation plénière !

(dans l'Explication du Tantra de la Maîtresse des Trois Shaktis, éd. Singh, p. 39)

L'"oblation plénière" (poûrna-âhouti) est l'offrande finale
lors d'un rituel du feu. C'est une façon de dire que la conscience brille alors 
comme si tout se consumait en elle, dans son feu transformant.
Une flamme haute, vivante, intense,
nourrie de toutes choses,
de même que le feu infuse le bois qu'il brûle,
et l'assimile à lui-même.


Ces paroles font chaud au cœur
et sont encourageantes.
Elles guérissent l'Intelligence en la réveillant,
comme d'un sort funeste.

Mais, à côté de cet optimisme bienvenu,
je crois qu'il y a aussi place pour la mélancolie
comme telle.
C'est le thème de la "nuit" spirituelle,
incontournable selon la tradition mystique chrétienne.
Après une période de grâce savoureuse,
vient la grâce obscure, aride, douloureuse...
Je crois que ces cycles d'épreuves,
de mots et de renaissances, sont indispensables
pour grandir et se laisser transformer
en cela qui est plus vaste que nous.
Voici donc un exemple de la manière dont la mystique chrétienne
peut venir enrichir la mystique du shivaïsme du Cachemire.
La mélancolie fait partie de la beauté
de la vie intérieure.

dimanche 14 mai 2017

Tantra Tango Tandava !

Sans l'Un, rien.
Mais avec l'Un seul, quoi ?

Tout est relation.
Outpaladéva, le philosophe de la Reconnaissance (pratyabhijnâ)
a écrit trois petites Démonstrations/Réalisation,
en plus de son Poème sur la Reconnaissance :
- Le premier sur Dieu
- Le second sur l'âme
- et le troisième, sur la relation (sambandha),
le lien, qui unit tous les êtres, toutes choses,
et qui constitue "le monde".
Tout est relation.
Ni unité, ni dualité, mais unité-dans-la-dualité : relation

Outpaladéva l'exprime ainsi :
Je célèbre ce Dieu bienfaisant
qui par son propre désir (et non par ignorance)
façonne le cours du monde,
constitué de toutes les choses
au moyen de la relation,
laquelle est unité-et-dualité !

(cité dans la Vimarshinî, II, 2, 3)

Tout est relation.

Le transhumanisme, inhumain ?


J'écoute ce débat entre Luc Ferry, d'une part, et Finkielkraut et Onfray de l'autre.
Et je suis choqué par le conservatisme de deux derniers !
Ils incarnent cette mentalité qui rejette le progrès,
la vie, l'évolution, le progrès, la science, la technologie.
Par contraste, l'intelligence et l'humilité de Ferry me frappent.
Il s'informe, il est curieux, enthousiaste,
on sent son amour de la vie.
Onfray et Finkielkraut sont dépassés,
réactionnaires, frileux, dépressifs,
nostalgiques et, surtout, ignorants.
Pleins de préjugés, il se bercent de rhétorique
et de formules creuses.

Pourtant, le transhumanisme, pris comme ensemble
des innovations en marche au XXIè siècle,
est passionnant !
Bien sûr, certaines perspectives sont terrifiantes :
ultralibéralisme, marchandisation de tout,
obsolescence de l'homme, chômage, précarité,
bref, changement, bouleversement...
Mais aussi :
allongement de la vie, disparition des inégalités naturelles,
créations de nouveaux métiers, bref, l'aventure humaine...

Tout cela pose maintes questions.
Cela appelle au discernement.
Mais surtout, c'est excitant.
Alors pourquoi ce conservatisme rigide ?
Pourquoi exclure, en bloc ?
Pour moi, j'aime la vie intérieure, la nature, les plaisirs simples, la tradition, certains aspects du passé.
Mais j'aime aussi le progrès, la science, l'invention, des reflets d'avenirs possibles.

Et le conservatisme, la nostalgie aveugle du passé,
l'idéalisation des royaumes lointains,
me font peur.
En particulier dans les milieux spirituels et alternatifs,
le rejet de la raison, de l'humanisme, du progrès,
de la science... j'y ressens une sorte de rejet de la vie elle-même,
une mélancolie et une fascination morbide.

Je préfère essayer de combiner le meilleur
de la tradition, avec le meilleur de la modernité.

Je crois que le transhumanisme,
bien compris, est un humanisme.
"Bien compris", car évidemment, 
il existe plein de sortes de transhumanisme,
dont beaucoup sont simplement des rêves
vendus par des charlatans.
Mais l'homme est appelé à se dépasser,
c'est son essence même.

samedi 13 mai 2017

Tout est réalisation de la conscience


La conscience se manifeste,
et se réalise en se manifestant.
Elle ne manifeste pas les choses en restant passive,
comme une lampe ou un miroir,
mais elle se manifeste comme elles,
à travers elles,
comme quand on imagine une scène, par exemple.
Si je visualise un croissant,
je le perçois comme différent de moi,
tout en ayant conscience
que c'est moi, ma conscience,
qui se manifeste ainsi, 
sous l'apparence de ce croissant.

La conscience, le Soi, Dieu, etc., 
comme on voudra l'appeler,
se manifeste.
Rien n'existe ni ne peut exister indépendamment d'elle.
C'est donc elle qui se manifeste ainsi,
comme ceci et comme cela.
C'est elle qui ainsi
se réalise, se crée, se ressent, se pense,
se juge, se représente, se remémore, s'oublie,
se perçoit, se dit, se fait devenir,
se fait grandir et progresser.

Dans le langage de la Reconnaissance (pratyabhijnâ),
on dira que l'absolu n'est pas seulement
Lumière consciente qui manifeste (prakâsha, "lumière", "illumination") les choses et les êtres,
mais aussi qu'elle se réalise ainsi,
se goûte elle-même, se découvre, s'émerveille,
se savoure, s'éprouve, s'aime et se sonde (vimarsha, "pensée", "jugement", "réflexion").
Vimarsha est incarné par la Déesse, la Shakti.
La Shakti est donc vimarsha, "réalisation" dans tous les sens de ce terme, aussi bien comme pensée, "bavardage intérieur" (antar-jalpa, vikalpa), que comme désir, sensation ou intuition ;
comme quand on "réalise" que l'on est vivant, au sens de "prendre conscience de".
Aussi, comme "s'identifier à" un personnage, à une expérience, au sens de
"se prendre pour". Par exemple, "je réalise que j'ai faim !" : selon la Reconnaissance, je suis la conscience universelle qui joue librement à se réaliser ainsi,
à s'expérimenter de cette manière.
Cette réalisation de soi est, selon la Reconnaissance
et le "shivaïsme du Cachemire", le cœur vivant de tout.
C'est un acte de "se ressentir comme", de "se prendre pour".
Il est essentiel de bien l'entendre, sans quoi on prendra
cette philosophie de la Reconnaissance pour une simple
variante du Védânta, du genre : "Shiva est la conscience immobile ;
et la Shakti est l'énergie qui danse devant lui". Mais la Reconnaissance
dit que Shiva et Shakti sont inséparables, "comme le feu et sa chaleur".
Shiva est donc l'être, l'absolu, ou la conscience si l'on veut,
mais comme pouvoir d'illuminer, de manifester.
Shakti est le fait que, brillant ainsi, 
l'absolu se manifeste, se fait manifestation,
et se réalise ainsi sous telle ou telle forme,
comme individu en particulier.
Shakti est synonyme de désir, de pensée, de raison, d'imagination,
de ressenti, et non d'une vague "énergie", comme si Shakti
était synonyme d'une force physique privée de conscience,
alors que les philosophes de la Reconnaissance
ne cessent de répéter qu'elle est précisément le contraire !
Nous devons vraiment faire cet effort
pour changer de modèle si nous voulons
entendre ce que la Reconnaissance a à nous dire.
Sans cela, nous en resterons aux généralités du "tantra"
tel que la plupart des gens le comprennent aujourd'hui.
Et ce serait fort dommage...
Bien entendu, je ne cherche à convaincre personne.
Non, non, surtout pas.

Je voudrais juste partager un verset d'Outpaladéva :

Sans unification
des expériences,
la vie quotidienne serait impossible.
Or, cette unification dérive
de l'unité de la lumière consciente.
Il est donc prouvé
que cette (lumière-conscience)
est l'unique sujet (de toutes les expériences).
Et ce (sujet) est le Seigneur de tout
en personne, car il (se) réalise (ainsi)
instant après instant,
car cette réalisation de Dieu
sont sa créativité et sa conscience
à l'état pur !

Outpaladéva, Pour la Reconnaissance du Seigneur en soi (Ishvarapratyabhijnâ), I, 8, 10-11

Recontre autour de la Reconnaissance,
ce dimanche 21 mai à Paris :

mardi 9 mai 2017

Mouvement immobile



Dans la tradition du Cachemire,
l'expérience de notre Centre
est décrite comme vibration ou frémissement.
Mais si cette essence est vibration, cela signifie qu'elle "va  vers" un autre,
et que donc elle n'est pas "tout", qu'elle n'est pas "non duelle", ni "sans second"...
La tradition répond que ce mouvement est, en vérité, ineffable,
au-delà des mots, c'est une "vibration en quelque sorte".
Ce "en quelque sorte" veut dire que cette vibration est un mouvement sur place, comme une toupie, un mouvement en soi, comme une eau en ébullition, un mouvement de soi vers soi, comme un cercle qui tourne sur lui-même.
Autant de manières d’évoquer ce qui dépasse toute compréhension,
mais dont chacun peut faire l'expérience directe.

Dans le platonisme, on retrouve l'idée, non pas de la vibration,
mais du cercle qui tourne, immobile,
image frappante d'un mouvement immobile.
D'ordinaire, le mouvement est l'expression d'un désir,
d'un éros, d'un élan, motivé par un manque.
"Le désir est manque"...
L'émotion est, souvent, compensation.
Mais ici, ce mouvement va du plein vers le plein,
comme dans ces rivières impossibles dessinées par Escher,
comme en un mouvement perpétuel.
Cependant, le manque est là,
et il n'est pas entièrement négatif,
puisqu'il est créateur.
Mieux vaut un manque vivant,
plutôt qu'une plénitude mortifère.

Dans la sagesse de Sohrawardi le Persan, 
on retrouve ce paradoxe du mouvement immobile,
déjà évoqué dans les Oupanishads de l'Inde antique
et dans la Métaphysique d'Aristote.
Notre vraie nature est le Simorgh, oiseau fabuleux
qui incarne le Soi, la part de Lumière inaltérable en chacun :

 "Cette Simorgh [Corbin traduit au féminin] prend son essor
tout en restant immobile ;
elle vole sans franchir de distance ;
elle s'approche, et pourtant elle n'a parcouru aucun lieu.
Sache que toutes les couleurs dérivent de la Simorgh, 
mais qu'elle-même n'a aucune couleur.
Son nid est en orient,
mais sa place en Occident ne reste pas vacante.
Tous sont préoccupés d'elle,
mais aucun ne la préoccupe.
Tous sont remplis d'elle, 
mais elle est vide de tous.
Toutes les connaissance dérivent de l'incantation 
de cette Simorgh..."

(Sohrawardi, L'Incantation de la Simorgh, trad. Corbin)

Ainsi, notre véritable nature est paradoxe.
Mais un paradoxe fécond, 
source de toutes les opinions, 
appel auquel chacun tente de répondre,
instant après instant.

Rencontre autour de la Vibration (spanda)
dans le Shivaïsme du Cachemire
à Paris, vendredi 12 mai,
cliquer sur le lien :
http://shivaisme-cachemire.blogspot.fr/2017/04/la-voie-de-la-vibration-rencontre.html

jeudi 4 mai 2017

Rencontre autour de 60 expériences de vie intérieure


Rencontre annulée,
mais
soirée autour du livre
à la librairie Almora
le mercredi 28 juin à 19h

La vie spirituelle est-elle réservée
aux athlètes de haut niveau ?
Doit-elle se limiter à des temps de méditation assise ?

Nous sentons bien que notre vie intérieure
se vit dans la vie quotidienne,
dans ses petits gestes,
à travers les petites attentions comme on dit,
et jusque dans les épreuves
et les tracas,
les moments d'angoisse,
de panique et de surprise.

Mais comment au juste ?

60 expériences de vie intérieure
est une offrande et un essai de partage autour de cette question.
60 exercices, pratiques ou expérimentations
pour explorer, simplement, avec peu ou pas de références,
des moments comme la respiration, l'endormissement, l’éternuement,
la douleur physique, la confusion
ou les chocs émotionnels.
Autant de portes vers le silence et la joie.

A l'occasion de la sortie de ce livre le 18 mai prochain,
je vous invite à une soirée autour de ce thème 
des "mille et unes porte de l'éveil",
le dimanche 21 mai 2017,

Lieu : Espace Divyan, 1 passage du jeu de Boules, Paris

M° Oberkampf ou République
Tarif : 20e sur place
15e avec réservation par courrier ou sms



Pour s'inscrire et se renseigner :
deven_fr@yahoo.fr
06 03 33 05 58


A bientôt !

mercredi 3 mai 2017

Un frémissement intérieur...

L'expérience de ressentir la vie n'est pas égale,
ni continue, mais rythmée par des pulsations,
des respirations.
La vie nous anime par des "touches" dans le cœur, au centre de soi,
centre de tout et de tous.
Ces sensation vivifiantes sont autant de frémissements.
En coulant jusque dans toutes les ramifications de notre être,
il devient vibration, puis respiration
et, finalement, alternative, 
choix, voire dilemme et conflit.



Parfois, gratuitement et sans raison apparente,
nous prenons conscience de ce frémissement,
de ce jaillissement d'énergie en amont
de tout choix.
C'est l'éveil.
Conscience et "éveil" et "compréhension" sont un seul mot en sanskrit.

L'enseignement de la tradition du Coeur (koula, le coeur-corps)
et ses expressions cachemiriennes
sont des équations. 
Montrer que tout est synonyme.
Synonyme du divin.
Tous les noms désignent la même vérité.
Et parce qu'il est impossible à un nom
de comprendre la vérité, le noms se multiplient.
De même, les formes.
Chaque individu est un Nom.
Un éveil à soi du Mystère,
plus ou moins abouti, mais unique.

Pourquoi vivre ?
Pour cela.
Le centre, l'âme, le coeur, la vie, le divin, Dieu,
Déesse, frémissement, conscience, présence, désir,
vague, vibration, corps, lumière, intelligence,
éveil, éclosion... autant de facettes du diamant infini.

Chaque être est un Nom unique de l'Un.

Pour célébrer, le souffle devient Mantra.
Le Mantra est, en substance, intuition du Soi,
du centre, du divin.
Cette intuition est le "Coeur absolu" (hridayam mahat),
le Coeur qui vibre dans tous les cœurs.
Cette présence vit à nu "au début et à la fin" de chaque acte mental,
dit Abhinava Goupta (Lumière des tantras, IV, 182-184).
Elle est frémissement (spanda) toujours présent,
un "essor en soi-même",
une "élévation en soi-même" (sva-âtmani ucchalanam).
Ce frémissement immobile est
"une sorte mouvement", indicible, ineffable,
au-delà de l'alternative "mouvement"/"immobilité".
Il est une "clarté sans autre",
qui bouge sans bouger,
de soi à soi,
sans être enfermée dans aucun "Soi",
une "vague dans l'océan de conscience,
et il n'y a pas de conscience sans vagues".

Plus fort que la Lumière,
plus essentielle que l'espace,
la vibration, 
ébullition immobile.
Dialogue...


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