dimanche 23 avril 2017

La Voie de la Vibration - rencontre autour du shivaïsme du Cachemire le vendredi 12 Mai 2017

L'expérience de la Vibration dans le shivaïsme du Cachemire
rencontre avec David Dubois
vendredi 12 mai 2017 à 19h



Comment réussir sa vie ?
Nous sentons tous
que "quelque chose", ou quelqu'un nous manque.
Il y a une Vie dans la vie,
une Source en chacun de nous.
C'est notre pressentiment,
et la promesse des grandes traditions spirituelles.

Mais comment accéder à cette plénitude ?
Où est-elle ? A quoi ressemble t-elle ?
Est-elle autre chose qu'un mythe ?
Est-il possible de la vivre
quand on est quelqu'un d'ordinaire ?
Puis-je vivre de cette Vie du Cœur,
au cœur de la vie de tous les jours ?

Il y a mille ans au Cachemire, 
un homme, prénommé "Trésor Caché",
a reçu à travers des rêves, un message.
Il dit que la source de tout bien 
se trouve en chacun de nous.
Et il nous dit comment trouver cette source,
comment y boire pour être transformé par elle.
Elle est au-delà de tout ce que nous pouvons souffrir,
mais elle est pourtant une sorte d’émotion,
l'motion fondamentale d'être,
un mouvement immobile,
une expérience paradoxale : une vibration.
La Vibration, dit-il.
Il y a trente ans, j'ai découvert cette tradition.
Aujourd'hui,
où l'on parle souvent de "vibration",
je vous propose de découvrir cet enseignement
simple et accessible à tous.

Durant cette rencontre sera présenté cette approche,
autour du Poème de la Vibration, révélé en sanskrit
il y a plus d'un millénaire.
En même temps seront transmis 
les conseils de la tradition
pour mettre en pratique la reconnaissance
de la Vibration au cour de toutes les circonstances de la vie,
notamment par l'assise en silence et l'écoute du souffle.

Date et heure : vendredi 12 mai 2017 de 19h à 21h
Lieu : Espace Divyan, 1 passage du jeu de Boules, Paris
M° Oberkampf ou République
Tarif : 20e sur place
15e avec réservation par courrier ou sms

Pour s'inscrire et se renseigner :
deven_fr@yahoo.fr
06 03 33 05 58


vendredi 21 avril 2017

Résonance tactile



A la fin de l'énoncé du Mantra - Om par exemple -
le son se perd dans la Résonance consciente.
Au début, cette disparition est perçue comme un apaisement.
Cela signifie que l'on était agité. Par contraste, le silence
est entendu comme un apaisement par rapport au "bruit" du Mantra.
Puis la conscience se réveille, et ce même silence
est entendu comme une vibration intense, plus intense que le Mantra lui-même.
En réalité, selon la tradition, ce "silence" est le véritable Mantra.
Et c'est le "bruit" du Mantra lui-même qui est ressenti comme silence,
comme état de conscience inerte, où la Présence est comme assoupie.
C'est comme veille et sommeil.
Ce qui est veille est sommeil de la conscience.
Ce qui, pour les endormis, est sommeil,
est veille pour la conscience éveillée.
Or, cette Résonance qui suit le Mantra,
ce silence vivant qui apparaît de plus en plus comme Mantra véritable,
est aussi l'espace vibrant du corps,
sa masse tactile, d'abord inerte,
puis de plus en plus sensible, liquide, aérienne,
puis spatiale.
Selon la tradition, il y a douze étapes.
Cette Résonance est donc aussi tactile.
Et, de même que le Mantra est d'abord entendu avec plus de force 
que le silence qui le suit,
le corps est d'abord perçu comme plus présent
que l'espace dans lequel il baigne.
Mais avec l'écoute du silence qui suit le Mantra,
cet espace s'anime, semble revivre.
Et, de même que le silence qui suit le Mantra
se révèle finalement plus intense que le Mantra lui-même,
l'espace qui entoure et imprègne le corps
se dévoile peu à peu comme corps,
corps transparent dans lequel le corps opaque
se dépose et se dissout, 
à l'image d'un dépôt dans le fond d'un verre.
Le Mantra n'est pas seulement sonore.
Il est tactile.
Ou plutôt, le son est une sensation tactile.
Il résonne au creux de l'oreille,
mais il palpite aussi en chaque pore de la peau.
Le secret du Mantra est dans la source
d'où il naît et en laquelle il va se perdre.
La Vie. L'Espace. la Résonance.

Mais tout cela, c'est une voie graduelle,
pour les tièdes. Les timides.
Ca n'est pas un jugement de valeur.
Simplement,
la voie "directe", simple,
c'est de plonger directement dans le cœur,
se laisser happer, ravir, emporter, bercer.
Tant que quelqu'un pratique quelque chose,
c'est difficile. Toujours impossible au final.
Quand on laisse le Mystère "pratiquer" en soi,
alors...

C'est toute l’ambiguïté de la "tradition du Cachemire".
Pratiquer ou "se laisser" pratiquer ?
Un mot sanskrit : samâvésha.
On peut traduire de deux façons :
- active : "pénétrer dans", "s’absorber en". Je suis alors celui qui pratique, qui fait effort pour, déjà anxieux d'un résultat, réussite ou échec...
- passive : "être envahi par", "être possédé par". Je suis alors dans l'ouverture, disponible à ce qui est plus vaste, plus grand. Et je suis en paix, sans soucis. Dans cette foi aveugle, plus rien ne dépend de moi. Je laisse tout à la Source. Chaque instant est Réponse à la Question. Dialogue. Simple. Infini. 
...

jeudi 20 avril 2017

"Jusque dans les pieds et les mains"



Quand Abhinava Goupta décrit la transformation du corps
par l'éveil de l'énergie, il dit ceci :

Alors... la Koundalinî du souffle se révèle clairement
dans les chevilles, les genoux et les autres articulations.

(Lumière des tantras, IV, 142)

Jean de la Croix dit quelque chose de fort similaire
à propos des "touches" de la grâce divine
ressenties dans le corps :

De ce bien de l'âme, redonde parfois dans le corps
l'onction de l’Esprit-Saint, et toute la substance sensitive jouit,
tous les membres et les os et les moëlles,
non pas si faiblement que lorsque cela arrive communément,
mais avec sentiment de grand délice et de gloire
qui se ressent jusqu'aux dernières articulations
des pieds et des mains.

(Vive flamme, II, 22)

Quand je suis touché par la grâce,
je suis touché corps et âme,
comme rempli, infusé et baigné
jusqu'au moindre pore de la peau.
Une réalité universelle,
car la vie intérieure n'est pas une construction culturelle,
même si son expression est influencée par la culture,
mais une révélation, un don.

mercredi 19 avril 2017

Combien de fois faut-il répéter un Mantra ?

Un Mantra est souvent vu comme une sorte de 
formule magique
qu'il faudrait répéter pour qu'elle soit efficace.
On utilise un rosaire pour compter.
Selon certains, il existe même des jours "compte triple",
où les répétitions sont démultipliées.
Ailleurs, on espère pouvoir "accumuler" des Mantras.
D'autres vont jusqu'à visualiser des clones d'eux-mêmes,
dans l'espoir de répéter plus vite, de parvenir ainsi à des millions de Mantras.


Il est clair qu'il y a, dans cette approche, 
un attachement possible à la quantité.

Pourtant, chacun sent au fond de soi,
que la qualité de l'énonciation du Mantra
est bien plus importante que les millions !
Là comme ailleurs, l'obsession pour les chiffres
semble agir comme un miroir aux alouettes.

Existe t-il une autre approche ?
Dans le Tantra traditionnel,
le Mantra est essentiel.
En sanskrit, on l'appelle d'ailleurs "la Voie du Mantra" (mantra-mârga).

Mais qu'est-ce qu'un Mantra ?
Et pourquoi faudrait-il le répéter ?

Le Tantra propose des rituels.
Il y a donc une dérive ritualiste possible.
On accumule les "pratiques", on collectionne les "initiations"
et autres "transmissions de pouvoir".

Pourtant, le Mantra est autre chose.
Le Mantra, au singulier, est Un.
Le Mantra est la vibration consciente,
le Verbe divin.
Or, ce Verbe "parle" à chacun et en chacun, depuis toujours et à jamais.
Il est éternel, puisque sans son énergie,
rien n'existerait, rien de vivrait, nul ne sentirait.
Le Mantra n'est pas une formule, ni une vibration physique.

Il est le Mystère qui parle,
qui "dit" ce qui arrive à chaque instant.

"Les" Mantras, comme "om", sont des manifestations de ce frémissement créateur,
manifestations qui nous sont envoyées (ce sont des anges, littéralement des "messagers")
pour nous ramener vers ce Verbe intérieur.
Comment ?
En nous portant sur leur ailes sonores,
depuis le bruit du bavardage mental,
jusqu'au silence éloquent, palpitant 
- le Mantra originel.

Dans la tradition de Shiva, on dit
que les Mantras sont des êtres éveillés envoyés en mission par Dieu
dans le monde de la dualité, pour réveiller les âmes.
Un murmure au creux du coeur.

Dès lors, pourquoi répéter ?
Il n'y a qu'un seul Mantra et une seule énonciation.
Comme dit un tantra :

"Ô sage voué au silence !
Énoncer l'unique Mantra
une seule fois,
présent à l'intérieur et à l'extérieur,
c'est le répéter cent mille fois !"

"Présent à l'intérieur et à l'extérieur", autrement l'énoncer de tout son corps et de toute son âme, et non pas du bout des lèvres, et non pas mécaniquement.

Il faut répéter le seul Mantra.
Une seule fois.
Pour jamais.
Bien sûr, vu de l'extérieur, on peut avoir l'air de "répéter".
Mais chaque énonciation est unique.
C'est la première et la dernière,
sans mémoire, sans trace d'inertie.

Je vous invite à une journée de pratique à Paris, dimanche prochain,
le 23 avril 2017, pour savourer le Mantra.

Pour plus d'infos, voir ci-contre à droite,

dimanche 16 avril 2017

Le Passage

La Pâques est le passage,
le passage de la fausse vie à la Vie essentielle,
via la mort du faux Moi.

Dans l'allégorie de la Bible,
les Hébreux passent la mer rouge qui s'ouvre,
traversent le désert pendant 40 ans, 
avant d'accéder à la terre promise.

C'est une allégorie de l'âme :
délivrée de l'Egypte de la vie superficielle,
l'âme passe à travers les eaux des émotions négatives,
avant de découvrir le silence intérieur
et d'accéder à la terre de la liberté
dans l'union divine (isra-el "Dieu est avec nous").

Dans la Nouvelle Alliance,
ce passage est incarné dans un individu,
le Christ, qui devient ainsi personne.
Pleinement humain et pleinement divin.
Il doit vivre pleinement la condition d'homme,
ressentir le rejet, l'oubli, la solitude, la calomnie,
la trahison, l'injustice, la torture, l'abandon, l'agonie et la mort,
avant de renaître, de ressusciter,



car "l'amour est plus fort que la mort".
Le tombeau est vide.
La Mort est morte,
vaincue par la connaissance amoureuse.

L'amour ou la peur...
Telle est la "bonne nouvelle" (évangile),
le message bon et beau de cette Pâques.

samedi 15 avril 2017

Reconnaître Dieu en soi

Vivre d'une vie "intérieure",
c'est simplement laisser le désir suivre sa pente,
mais jusqu'au bout.
Ce bout, cette fin, est le repos en la Source.

Pourtant, la Source est déjà en nous.
Elle est nous, 
Vie en qui nous avons la vie,
Être en qui nous avons l'être.
Sans elle, il n'y a que des corps.
Et encore...



La philosophie de la Reconnaissance (Cachemire, An Mille),
invite ainsi à reconnaître la Source créatrice en soi.
Elle est déjà "là", sans quoi il n'y aurait ni "ici", ni "là".
Mais la reconnaître, c'est plonger en elle,
se laisser inonder et rénover à sa manière,
indicible, mystérieuse.

Par cette reconnaissance,
grâce à cette prise de conscience de l'Être
par qui nous somme,
qui nous donne notre être,
nous accédons à un être nouveau,
une vie nouvelle,
instant après instant.

Tel est, dans la Reconnaissance,
le yoga : l'union de l'âme et de sa Source,
de l'humain et du divin.

Rien de nouveau n'est créé donc.
La Source est simplement reconnue.
Elle se reconnaît en l'âme,
pour que l'humain se divinise.

Cette idée est apparemment éloignée du christianisme.
On la retrouve pourtant sous la plume du Docteur Mystique,
Jean de la Croix, dans ce passage très clair :

"Pour comprendre quelle est cette union dont nous sommes en train de parler,
il faut savoir que Dieu, en quelqu'âme que ce soit,
fût-ce celle du plus grand pécheur du monde,
demeure et se tient substantiellement.
Et cette manière d'union est toujours réalisée entre Dieu et toutes les créatures ;
en elle, il leur conserve l'être qu'elles ont ;
de manière que s'il venait à leur manquer de cette façon,
aussitôt elles s'anéantiraient et cesseraient d'être.
Et ainsi, lorsque nous parlons de l'union de l'âme avec Dieu,
nous ne parlons pas de cette union substantielle qui est toujours faite,
mais de l'union et transformation par amour de l'âme
avec Dieu qui n'est pas toujours faite,
mais seulement lorsqu'il
vient à y avoir ressemblance d'amour."
Montée du Carmel, V, 3

Dans le langage de la Reconnaissance, on dirait que l'âme est toujours conscience,
sans quoi elle n'existerait pas, ne vivrait pas, ne penserait pas.
Cette "union" là est toujours déjà réalisée.
En ce sens, Dieu n'oublie jamais l'homme,
même quand ce dernier l'oublie.
Il n'y a jamais séparation d'avec la Source,
sans quoi il n'y aurait plus rien du tout !
Car la Source est notre "substance",
l'âme de notre âme, l'être de notre être.
La Source.
Ce qu'il faut "réaliser", en revanche,
c'est cette présence en nous de la Source de tout vie.
Si nous prenons conscience de la conscience,
présents à la Présence,
alors nous réalisons que la Source est en nous,
ce qui nous rend libres.
Comment ?
En aimant, en adhérant à cette Présence
source de tous les présents,
de tous les biens.

En effet, comme dit Jean de la Croix,
nous ressemblons à ce que nous aimons.
L'amour transforme.

Là est la vie intérieure.

samedi 1 avril 2017

Tout existe dans l'Instant originel



Quand Abhinava Goupta essaie d'expliquer comment tout est enveloppé en l'Être divin,
il rappelle cette vérité essentielle, point-clé de la vie intérieure :

"Tout, absolument tout, existe (déjà)
dans l'Instant originel."

Il donne une illustration :

"Voyez : 
Au premier instant du désir
de partir de chez soi pour aller ailleurs,
on ("sait"), d'une certaine manière,
où l'on va et comment y aller."

Quand je me lève soudain pour 
aller acheter du pain,
je "sais", je perçois,
au tout premier instant
de cet acte, qui ensuite va devenir action,
tout ce qui va suivre.
Mais je le "sais" "d'une certaine manière" (kim tchana),
c'est-à-dire que je le sais sans le savoir distinctement,
je le sais comme ne faisant qu'un avec mon être,
en un éclair bouillonnant,
une explosion où tout est encore indifférencié :
en cet instant premier, originel,
en ce Big Bang silencieux, banal,
tout est déjà là,
mais sans séparation,
sans dualité entre "ici" et "là-bas",
entre "maintenant" et "après".

En l'Instant originel de tout désir,
le sujet et l'objet sont un,
je suis ce que je désire.

Abhinava et sa tradition, celle du Coeur, voient dans cette "Pointe initiale" du désir,
de l'acte, l'occasion de l'éveil, de la libération, de la reconnaissance :

"C'est ainsi que ceux qui sont experts
dans (la perception) des détails
gagnent l'omniscience et omnipotence
en une fraction de seconde !"

Il compare cette finesse au tranchant d'une lame aiguisée,
ou encore à l'habileté d'un expert en pierres précieuses,
capable de reconnaître la valeur d'une pierre 
en la voyant le temps d 'un éclair, même de nuit.
Il compare aussi cette finesse de l'attention
à l'écoute d'un musicien ou d'un mélomane,
capables de discerner les micro-tons...

mais tout cela, conclut-il "est réalisé sans effort 
dans la vision non-duelle".

Mais cette unité du sujet et de l'objet
se retrouve également dans l'intuition,
dans le premier moment d'un eurêka :

"Dans la première éclosion de l'intuition,
qui est conscience indifférenciée,
tout existe, en train d'éclore,
tous les fruits (désirés)
de toutes les perfections..."

La dualité baigne ainsi dans l'unité de la conscience
qui bouillonne éternellement en elle-même.
Les jeux des milles vies,
les danses des songes innombrables,
tous fleurissent dans le frémissement
extraordinaire qui se donne à nu
dans l'Instant originel.

Les extraits cités sont traduits du Mâlinîvidjayavârttika, I, 172-185

L'ignorance sédentaire



Le maître Trésor Caché nous enjoint de 
"tout déposer en un seul lieu" :
en la conscience, espace du frémissement intime et inévitable,
évident au présent, dénudé entre deux pensées,
dans l'intervalle de deux respirations.

"En un lieu"...
Mais ce lieu unique n'est pas un lieu,
il est le Lieu de tous les lieux,
le Lieu où tout à lieu,
par qui tout arrive.

L'Espace (âkâsha) est
"ce qui donne lieu" (avakâsha).

Or, si je ne me sens pas à l'aise,
si j'ai la sensation d'être écrasé,
de manquer de place,
c'est pas parce que je me fixe en un seul lieu ?
Au lieu d'être nomade en l'Être,
je veux que mon corps, 
mon sentiment,
mon idée, 
soit le seul Lieu,
soit Moi.
Je me sédentarise,
je me fixe et m'attache,
refusant de vivre sans habitat (nirnikéta), 
oubliant que
"l'Homme n'a pas de lieu où poser sa tête".

On dit souvent que l'ignorance,
c'est se perdre dans le Multiple,
dans l'extérieur,
dans le bavardage,
dans les actions.

Mais Abhinava dit que l'ignorance,
c'est l'oubli de la liberté,
et que la liberté,
c'est être libre de soi,
ne pas être fixé en soi, prisonnier,
même du Soi.
C'est rester soi
en sortant de soi,
dans le don de soi,
dans l'acte d'offrande
sans lequel il n'est pas d'amour,
pas de vie,
pas d'être, même.

Le Secret de la Déesse (Tripourârahasya) transmet ce même message :

"Se croire séparé,
c'est se reposer en un seul lieu.
C'est cela, l'ignorance,
la conscience incomplète,
méconnaissance de (notre) plénitude." (XVIII, 87)

"Se reposer en un seul lieu" (éka-déshé souvishrâmah),
reposer en un fragment de soi,
prendre la partie pour le Tout,
le reflet pour le miroir,
la vague pour la mer,
le "cela" pour le "je".
Le péché n'est pas d'être.
Le péché n'est pas le Moi.
La sensation "je" est, au contraire,
notre Mantra, notre Signe,
parfum de l'Incréé que,
tels de fins chiens,
nous devons pister.
Non, le péché
est de se fixer, de se limiter,
de faire mine de s'enfermer
"dans un seul lieu",
d'y chercher son plein repos (sou-vishrâma),
alors que ce repose,
nous, être venant de l'infini et voués à lui,
nous ne pourrons le goûter qu'en l'Infini.
Nous nous acharnons (sou-)
à faire du fini, l'Infini.

En même temps, cela est beau aussi,
car c'est aussi le Don,
ce désir fou de s'incarner,
d'incarner, de mettre
l'océan dans une goutte.
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