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lundi 1 juin 2020

Les "sagesses orientales" sont-elles surestimées ?

Tai-chi-chuan — Wikipédia


Le comportement de la Chine pendant la pandémie a été, pour beaucoup, l'occasion de découvrir que la Chine, ça n'est pas seulement un réservoir inépuisable de techniques de bien-être, mais aussi un modèle d'hypocrisie, de langue de bois et de manipulation totalitaire inouïe. Le virus et les masques. Et un Facebook universel en guise de modèle de société. Et ça n'est que le début.

Mais qu'en est-il des techniques de bien-être ?

Je propose d'approcher la question sous l'angle des "arts martiaux". 
Cette approche a l'avantage d'être pleine de croyances, certes, mais d'être concrète : un combat a une issue, alors que l'on peut débattre sans fin sur les bienfaits de l'acupuncture ou de telle méthode de Qigong.

L'Occident manque de confiance. Être "blanc, hétéro" est désormais un reproche, une accusation, presque une insulte. "Occidental" est le nom d'une maladie. Et "l'Orient" serait le remède, vendu à longueur de vidéos, de séminaires, de magazines, de salons et autres "niches" marketing. 

Mais qu'en est-il des "arts martiaux" ? 

Je reviens souvent à ce domaine car il m'intéresse de près. J'ai pratiqué pendant plus de dix ans des traditions chinoises, japonaises et indiennes. Comme beaucoup aujourd'hui, je donnais dans l'exotisme ("c'est forcément mieux ailleurs") sans le savoir. 

De plus, on pourrait penser que ces mythes martiaux sont des illusions sans danger. Mais il n'en est rien. Des millions de gens leur font confiance pour apprendre à se défendre, dans des environnements parfois de plus en plus dangereux. Vendre des arts martiaux à des naïfs en leur faisant croire que c'est "efficace" pour se défendre, n'est-ce pas criminel ? 

Dès lors, le domaine des arts martiaux apparaît comme un exemple, celui de l'arnaque orientale que l'on achète sans réfléchir.

Mais depuis quelques années, les jeunes générations d'Orient et d'Occident ont un regard plus critique sur ces légendes urbaines, sur ces dogmes bobos malsains qui prospèrent dans le sillage de l'écolo-capitalisme. 

Un Chinois (Xu Xiaodong) défie les "grands maîtres" chinois et les envoie au tapis. Il est persécuté par le gouvernement chinois, par ce confucianisme qui est une fausse sagesse mais un véritable conformisme rigide. 

Voici donc quelques vidéos sur ce scandale des arts martiaux chinois et les "debunking" récents. 
Je vous livre ces éléments, bruts et brutaux. Il y a beaucoup à penser en transposant un peu dans des domaines (apparemment) plus doux. J'y reviendrai régulièrement, car ce sont là des matériaux explosifs.

Mais pourquoi critiquer ? En quoi est-ce utile ?
- Pas pour le plaisir, pas pour la gloire (c'est plutôt l'inverse), non pour critiquer, ça n'est pas une fin en soi ; mais pour faire réfléchir, pour délivrer, pour libérer, pour faire grandir, mûrir, pour rendre adulte, autonome. 

Il est aisé de retrouver tout ce qui est dénoncé dans ces vidéos, dans des groupes "purement" spirituels, dans le yoga, dans les thérapies, etc. Dans ces milieux souvent hypocrites, où le mensonge tient lieu de morale, où la fable des abeilles sembles tenir lieu de mythologie commune, on vous enseigne des postures malsaines, qui vous blessent, infaisables parce que vous n'avez pas le squelette pour (et non parce que vous êtes "bloqué" ou parce que vous manquez de persévérance), et on vous met la pression pour avaler les couleuvres les unes après les autres. Les Asiatiques, les Africains, les Européens, ont des corps différents. Ils ne brillent pas dans les mêmes disciplines sportives.
Les arts martiaux véhiculent la même religion malsaine que les méditations, yogas, thérapies et autres chamanismes mondialisés. Sauf que les travers sont plus évidents, plus visible : une baffe, ça parle à tous le monde, comme dirait Obélix. 

En particuliers, les "arts martiaux" sont un mensonge. Il est temps de le réaliser et d'oeuvre en conséquence. Garder ce qu'il y a de bon (car il y a du bon, bien sûr) et rejeter le reste. Nous sommes des adultes libres et responsables. Comportons-nous comme tels. Apprenons à critiquer, discerner, discriminer, afin de progresser et ne plus tourner en rond. 

Faisons cela aussi et surtout pour les autres et pour nos enfants.

Je ne peux que vous conseiller encore et encore de regarder et d'écouter attentivement ces vidéos :





  







dimanche 1 septembre 2013

Conscience et intention

Dans la province du Shanxi, en Chine, des familles développèrent des techniques de combat et se vendaient comme hommes de main pour protéger des convois de fonds contre les bandits, ou bien protéger les banques. Ainsi se développa le Xing Yi Quan, "Boxe de l'intention et de la forme" (anciennement du cœur, xin). Cette famille de styles archaïques est une véritable réserve vivante de savoir-faire anciens. Dans ce documentaire en cantonnais sous-titré en anglais, on voit notamment un jeune de Honkong pratiquant le Wing Tsun pratiquer avec des adeptes du Xing Yi. C'est très intéressant, car ces deux styles mettent en avant la ligne droite. Il y a d'autres épisodes issus de cette série, tous aussi passionnants (notamment sur Wudang, le Shaolin taoïste). J'ai longtemps pratiqué le Xing Yi. Simple et subtil, une vraie joie à pratiquer. Dans ce film, on voit aussi les lieux d’entraînement, la culture qui va avec, et, au début, quelques techniques de la famille Daï, d'une grande originalité. De l'authentique :



Un tutorial du style de Xing Yi le plus répandu :


dimanche 3 février 2013

S'éloigner de la lettre pour rejoindre l'esprit

Souvent, les gens ne comprennent pas que, pour comprendre une tradition, il faut la trahir. La raison en est pourtant fort simple : toute tradition tend à se fixer et à se figer dans une gangue qui est censée la protéger. Du coup, la tradition empêche la transmission. Dès lors, il n'y a que la rupture avec la forme pour retrouver le fond.

Voici un exemple : Yoshinori Kono. L'un des artistes martiaux les plus célèbres du Japon. Formé aux écoles anciennes, il évolue sans cesse. Il réfléchit, prend du recul et remet tout en question, même les principes sacro-saints. Voyez-le dans cette vidéo récente : il tient son sabre les mains rapprochées, au lieu de les tenir éloignées d'environ vingt centimètre. Un sacrilège incroyable ! 


Sa recherche d'efficacité est inspirée par sa vaste culture des documents disponibles sur le Japon ancien. Mais ce cheminement l'amène à violer ce que tout le monde imagine sur ce Japon ancien, y-compris ce qu'affirment les experts et les vieux maîtres patrons d'organisations prestigieuses. Parfois, on le voit se rapprocher d'un Masaaki Hatsumi, un "ninja" excentrique, décrié et situé aux antipodes de l'idéal des guerriers samouraï tel que l'on se le représente. Du coup, sa recherche n'intéresse pas seulement les fans d'arts martiaux et de culture japonaise médiévale, mais tout les gens curieux du corps et de ce que l'on peut faire avec. Parce qu'il approche une tradition singulière avec l'esprit curieux, assoiffé de vérité, il finit par aller vers l'universel.

J'estime qu'il en va de même pour toute tradition. "L'esprit du débutant" est pour moi cet esprit de recherche qui n'hésite pas à s'éloigner de la lettre d'une tradition pour mieux retrouver son esprit, son sens et sa valeur.

dimanche 1 avril 2012

Gestes

Une excellente équipe d'artistes occidentaux prouve que les arts martiaux chinois taoïstes sont parfaitement praticables, quelque soit notre culture. Je conseille toutes les vidéos de cette chaîne et plus généralement tout ce qui concerne Wudang et les arts martiaux internes. Un vrai régal.

mardi 1 novembre 2011

L'art du poteau

Un autre aspect méconnu de la culture indienne : les exercices au poteau liés à la science de la lutte (malla-vidyâ). Inutile de dire que ce fut une source importante d'inspiration pour les fondateurs des yogas contemporains, principalement Krishnamacharya de Mysore.

Arts martiaux en Inde


Je suis allé en Inde pour la première fois en 1991. Je pratiquais alors le Varma kalai depuis deux ans. Après le Bac, je m'étais inscrit en tamoul à Langues'O. J'étais le seul élève de mes deux professeurs ! A la fin de l'année, je m'étais inscrit à un stage de Kalaripayattu organisé par Cécile Gordon, pionnière de ce style en France. Le stage n'avait pu se faire, mais j'étais parti en inde avec l'adresse du CVN Kalari Sangam à Trivandrum.  Quel choc ! A l'époque, pas d'Internet, le téléphone international marchait très, très mal. Je logeais dans une petite pièce au-dessus du Kalari. Le maître était médecin âyurvédique, d'une famille de guerriers Nair. Traditionnellement, ce sont souvent des dévots de la Déesse Tripurâ (exemple). D'ailleurs, le petit autel dans le coin à gauche du Kalari (voir la photo ci-dessus) était nommé "Sanctuaire de la Puissance" (shakti-pîtham). On lui rendait hommage avant chaque séance d’entraînement, le matin et le soir quand la chaleur était à peu près supportable. Nous étions nus avec un genre de bikini, le corps couvert d'huile de sésame. L'air était saturé de l'odeur de la terre rouge, cette terre si particulière, parfumée par la mousson... Je me souviens que je voyageais jour et nuit pour rencontrer des maîtres d'arts martiaux de différents styles à travers le Kerala, des médecins Sittars, des danseurs.

Voici un film sur le Varma Kalai, art martial tamoul quasiment inconnu :

Photos des différents styles présents en Inde (dont plusieurs arnaques) :

Le CVN Kalari Sangam (avec Satyam, le fils et successeur du maître) :

Autre document sur le Kalaripayattu :

Autre Kalari, où l'on voit les exercices de base :

Autre Kalari :

Autre Kalari :

Autre Kalari :

Evidement, certains ont fait le lien avec le yoga :
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