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dimanche 22 novembre 2020

Libération collective ?


Le shivaïsme distingue cinq acte divins qui se répètent à différents échelles :
création, subsistance, destruction, voilement et dévoilement. Ces deux derniers actes sont, pour le premier, le voile de l'oublie que "tout est une seule et même conscience" ; et, pour le second, la réalisation de cette unité de tout, c'est-à-dire l'intuition que les trois premiers actes n'en forment qu'un seul et ne sont l'acte que d'un seul agent, comme les vagues appartiennent toutes au même océan. 

Or, ces cycles et actes se produisent à l'échelle individuelle, avec les états de veilles, de rêves, de sommeil profond, de confusion sprituelle et d'éveil, mais aussi dans les cycles cosmiques et les grands cycles qui englobent les plus petits, comme des rouages plus petits à l'intérieur de plus grands, ou comme des rêves à l'intérieur des rêves.

Par conséquent, à côté de l'Eveil spirituel individuel, il doit exister des éveil cosmiques et collectifs. Cependant, cette possibilité n'est, à ma connaissance, jamais évoquée dans le shivaïsme. Voilement et devoilement y sont toujours décrit au plan individuel.
 
Cet individualisme est sans doute l'une des raisons de l'écho que suscitent aujourdhui les sagesses de l'Inde, dans un monde toujours plus mondialisé, mais toujours plus individualiste. Ainsi, on notera que, même parmi ceux qui professent que la personne est une illusion, beaucoup transmettent leur bonne nouvelle sur la base de leur personne, voire de leur nom personnel. 

jeudi 3 octobre 2013

Conférences sur le corps dans le shivaïsme du Cachemire - automne 2013




Des pensées sans penseur ? IV - Le corps, objet ou sujet ?


Le corps est un objet, une chose que l'on perçoit, une parmi d'autres. Pourtant, le corps est aussi capable de sentir, contrairement aux autres objets que je perçois. Ainsi ma main est à la fois un objet (une chose que je sens) et un sujet, un espace doué de sensibilité, capable de sentir d'autres choses en se sentant elle-même.

Le corps a donc un statut ambigu. Est-il sujet ou objet ?

La philosophie tantrique de la Reconnaissance (pratyabhijnâ, Cachemire, An Mille) considère ainsi que le corps est un objet auquel la conscience s'identifie par ignorance. Pour que la conscience reconnaisse sa véritable nature, elle doit comprendre que le corps est un objet inerte, le contraire du dynamisme conscient. Mais aussi bien, dans cette philosophie tantrique, le corps est célébré comme le moyen d'accéder à la reconnaissance de la conscience, comme s'il était un objet privilégié, un objet-sujet.

Comment réconcilier ces deux affirmations ?

Ouvert à tous.
Les lundi 7 octobre, et jeudi 10 octobre, au CPEC, 37 bis rue du Sentier 75002 Paris, 18h30-20h30. M° Sentier.
N.B. : Pour des raisons de sécurité, l'accès à l'immeuble où est hébergé le CPEC est dorénavant fermé par une porte à digicode.
Un vacataire du CIPh vous ouvrira la porte de 18h20 à 18h30, puis toutes les 5 minutes jusqu'à 19h.

Bibliographie :
Les stances sur la reconnaissance
La doctrine de la déesse Tripurâ (l'introduction la plus facile à la philosophie de la Reconnaissance)
The Ego Tunnel 

Corps de conscience :

lundi 4 mars 2013

Upanishadam Satyam Shivam Sundaram

Plusieurs vidéos de la série Upanishad Ganga. C'est en hindi. Le hindi n'est pas une langue très difficile. Même si l'on ne comprend pas, cela me semble intéressant.

Le premier épisode porte sur les origines du chant dhrupad, l'histoire de Tânsen et de son maître Haridâs. Le dhrupad, véritable yoga de la voix découvert dans la proximité (upanishad) d'un maître :



Sur les pratiques préliminaires et l'histoire de Vittalnâth :



La voie vers la perfection (siddhiruttamâ) :



On trouve aussi les principales upanishads mises en scène.

Une vision hindoue de la vie du Bouddha (en hindi et en sanskrit, sous-titré dans un anglais approximatif) :



Et enfin, la légende du seigneur des yogins (avec son cobra autour du cou - un vrai !). Sous-titré. Une série kitsch vue par des centaines de millions d'Hindous :









mardi 19 février 2013

Méditer l'absence ?

Dakshinâmûrti, témoin de la diffusion du shivaïsme du Cachemire dans le Sud de l'Inde. Il fait le geste de la conscience (cinmudrâ) et tient dans sa main gauche inférieure le texte des Stances sur la reconnaissance (Pratyabhijnâkârikâ)

Voici la suite d'un texte de Kshemarâja sur la "méditation du non-être" (abhâva-bhâvanâ) prescrite dans certains textes shivaïtes, dont le Vijnâna Bhairava Tantra. Selon Kshemarâja, cette méditation n'est, au mieux, qu'une perte de temps et, au pire, une dangereuse impasse. Car en méditant sur le non-être on perpétue la fascination pour l'objet et l'oubli du véritable sujet, la conscience. L'adepte qui s'efforce de produire artificiellement un état d'absence de pensées en bloquant les mouvements de son corps, de son souffle et de son esprit contemple certes le "non-être". Mais celui-ci est un vide passif ou la conscience s'absorbe dans la contrepartie négative de l'état de veille, autrement dit dans une sorte de profond sommeil. Le non-être est l'ombre de l'être. L'ultime empreinte des objets, des constructions mentales dualistes. A ce titre, il est lui-même une construction mentale, seulement plus subtile, et donc plus difficile à reconnaître. Une torpeur qui repose, certes. Mais aussi dépourvue de toute présence d'esprit et surtout incapable de s'éveiller à quoi que ce soit. Kshemarâja essaie de montrer dans ce passage que cet état de "non-être" est un objet factice, un état éphémère, et non le Soi qui est conscience vivante :



"Par ailleurs, comment sait-on qu'il y a absence de conscience en cet (état de non-être, de méditation sans pensées) ? Ce à quoi l'auteur (des Stances sur la vibration) répond en disant "Car...". La "réflexion a posteriori" (abhiyoga) est un discours (intérieur) qui consiste en une prise de conscience qui est orientation vers cet état (de non-être) où, au sortir de cette méditation (du non-être), l'on se dit "Comment donc étais-je ?". "A cause de la sensation intime", en raison de sa force, à cause de cela, puisque l'on se dit avec certitude que "j'existais (aussi dans cet état de non-être), puisque l'on a la perception directe que "j'étais dans une profonde inconscience", alors, de ce fait, il s'ensuit que cet état d'inconscience est lui même un fruit de l'imagination. 
Il l'est aussi pour cette raison que l'on peut s'en souvenir sur le mode d'un objet présent (à la conscience). Au contraire, cette existence qui est l'essence de l'état de sujet connaissant, c'est-à-dire de celui qui fait l'expérience de l'objet présent, cette existence est connue (immédiatement, et non pas sur le mode du "cela"). Assurément, elle n'est pas "non-être". (Même) si tout était non-être, l'essence indivise de la conscience resterait intacte. L'on ne peut jamais dire qu'elle est "non-être".

Si l'on objecte que l'on ne peut se souvenir que de ce qui a été perçu (et) déterminé comme "bleu", etc. ; et qu'il ne peut (au contraire) y avoir aucune détermination de ce qui est vide d'être, car l'activité mentale y est quasiment inexistante ; et si, enfin, l'on demande pourquoi, dans ce cas, nous (avons coutume) de dire que, "parce que, à un moment ultérieur, nous nous disons "cela existait", alors il y a eu inconscience" - à tout cela, nous répondons :

Cette cognition inconsciente (gati) est (seulement) un objet pour la conscience (et non la conscience elle-même). Car, tant que (cette cognition) n'est pas déterminée comme objet grammatical en prenant appui sur le sujet connaissant qui est notre Soi/ soi-même, l'on ne peut s'en souvenir. Le sujet connaissant, au contraire, est, dans (tous) les états imaginé comme étant vides, la vérité ultime de la subjectivité non-contractée, même s'il est contracté. En lui-même, il ne comporte donc aucune multiplicité/ il ne peut être séparé de lui-même. Par conséquent, ce sujet qui détermine que ("je n'existais pas dans cet état d'inconscience") est une construction mentale. Donc, si l'on peut en prendre conscience (seulement) comme "je", alors (ce sujet-là) est établi/présent seulement par conscience (immédiate) de soi/ comme conscience de soi/ comme notre propre conscience.

De plus, cet (état d'inconscience ou de non-être) est "factice" car ce sujet (identifié) au vide a pour opposé l'univers (des objets). Il est donc, par définition, contraction. Il est un état dont on se souvient ensuite. Puisqu'il en est ainsi, il n'y a donc aucune impossibilité logique (dans notre thèse). Cet état est factice, comme il a été dit :


Par conséquent, absolument tout ce qui est médité,

Que cela soit être ou bien non-être,

Apparaît manifestement comme un fruit construit par l'intellect

Une fois que la méditation a atteint sa perfection.



Ce qui revient à dire que, selon cette logique même, c'est le Seigneur suprême en personne qui révèle cette méditation du non-être afin de protéger la connaissance (libératrice) en égarant les êtres confus.

Cet exemple (de la méditation du non-être comparée à une inconscience) signifie que l'objet connu et l'objet connaissable sont toujours en tous points semblables au sommeil profond. Plus profondément, ceci veut dire que le sommeil profond définit comme inconscience est aisément réalisé par tout un chacun. A quoi bon, alors, construire artificiellement un (autre) vide conquis par l'effort du samādhi ? Puisque les deux sont également dépourvus de substances, ils sont identiques ! La plupart des connaisseurs des Upanisads, des Logiciens, des Enumérateurs et des Bouddhistes, etc. ont sombrés les uns à la suite des autres dans cet immense océan de l'inconscience qu'est ce vide si difficile à traverser ! De plus, même ceux qui aspirent à reconnaître l'être comme vibration se sont heurté à cet obstacle du vide quand leur effort s'est relâché. C'est ce que dit l'auteur, dans le passage qui va de :


Alors, dans cet espace immense (l'adepte qui manque de vigilance sombre dans l'inconscience)...


Jusqu'à :


...l'inconscient est comme dans un état de profond sommeil.


Reconnaissons-donc que l'auteur de ce livre déploie un grand zèle pour mettre fin (à cette pratique de la méditation du non-être qui confond le vide avec le réel). Et, bien qu'il ait déjà élucidé la chose ici-même, il va l'élucider encore quand il dira :


(Seul) l'effort orienté vers l'effet à produire est anéanti (dans le sommeil profond, et non l'agent).


Voilà pourquoi j'ai entrepris de montrer ces défauts. Ceux dont les oreilles sont aguerries par la méditation de cet enseignement ne doivent donc pas nourrir de colère envers nous. Une fois les défauts des Bouddhistes mis en lumière, ceux des Vedântins et autres (adeptes du non-être) deviennent évidents, car leurs logiques se valent. Nous ne diront donc rien de plus.

Revenons-donc à présent à notre propre thèse, car nous disons, en effet, que le réel nommé "vibration" est ainsi : il ne peut être remémoré comme le vide peut l'être. Car il est impossible qu'il ne soit pas expérimenté à un moment donné, puisqu'il est partout et toujours infus en tant qu'unique sujet faisant l'expérience. Et les (Vedântins) disent à ce propos :


Mais quoi ! Qui peut connaître celui qui connaît ?


En outre, quand bien même l'état de samādhi deviendrait, à l'issue de ce samādhi, objet de souvenir en vertu des traces résiduelles du souffle et autres (circonstances pseudosubjectives), il ne s'agit pas là du réel comme vibration à strictement parler. Car le (réel comme vibration) est bien plutôt le sujet en sa transcendance (et immanent tout à la fois), définit comme félicité-en-manifestation, manifestation ininterrompue et infuse en tout et en tous. Comme le dit l'auteur :


Dès lors, en toute représentation des choses,

Il n'y a aucun état qui ne soit bon (śiva).



Autrement dit, il n'y a jamais aucune remémoration possible ni aucune inconscience pour notre vraie nature - délectation émerveillée (camatkāra) et ininterrompue. Quand au fait que ce réel est désigné par le pronom "cela" dans notre doctrine, cela est élucidé par l'auteur des Stances pour la reconnaissance du Seigneur quand il dit :


Nous disons que le Soi est liberté souveraine...


Selon cette logique, c'est notre vraie nature en son acception conventionnelle, conceptualisée, qui est ainsi désignée, et non pas (notre vraie nature) en sa réalité ultime."

Méditation sur le (réel comme) pulsation (Spandakârikâvimarshinî), 1, 13, par Kshemarâja

samedi 12 janvier 2013

Que serait l'hindouisme sans le bouddhisme ?



Le bouddhisme a beaucoup emprunté au shivaïsme. Plus le bouddhisme tantrique s'est développé dans des systèmes toujours plus ésotériques, plus sa dette fut importante. Et rarement, voire jamais, reconnue.

Néanmoins, la dette du shivaisme à l'égard du bouddhisme n'est pas moindre.
Utpaladeva et surtout Abhinavagupta reconnaissent ce que la Reconnaissance (pratyabhijnâ) doit à la pensée de maîtres bouddhistes comme Dharmakîrti, Dharmottara ou Shankarânanda. La notion de "non-duel" (advaya) est d'origine bouddhiste. De même les notions de conscience "autolumineuse" (svayamprakâsha) et de "conscience de soi" (svasamvedana) apparaissent d'abord dans des controverses entre bouddhistes. Que seraient les différentes formes de non-dualisme non-bouddhistes sans ces notions ? A quoi donc les pensées brahmanistes ressembleraient-elles sans l'aiguillon bouddhiste ?

La notion de Mâyâ au sens d'illusion est développée d'abord dans des textes bouddhistes, puis dans le Vedânta via Gaudapâda.

Le vocabulaire de la méditation formulé dans les Yogasûtra est manifestement d'origine bouddhiste (vitarka, vicâra, dharmamegha...).

La tradition religieuse la plus secrète aux yeux des shivaïtes non-dualistes est le Kâlîkrama. Or ses tantras sont les premiers tantras non-bouddhistes à employer des expressions non-dualistes explicites comme "non-duel" (advaya) "conscience de soi" (svasamvitti), "vide de nature propre" (nihsvabhâva), "vide d'essence" (nihsvarûpa), "transparence" (vishuddhi), etc. qui sont d'origine bouddhiste.

De même - chose moins connue - des textes aussi prestigieux que le Vijnâna Bhairava ou la Svabodhodayamanjarî - eux aussi rattachés au Kâlîkrama - sont pétris de termes bouddhistes, d'instructions typiquement bouddhistes, voire de versets directement récoltés dans des textes bouddhistes. A contrario, l'absence d'instructions tirées de textes non-dualistes de type védântique est frappante dans ces textes.

Enfin, le tantrisme post-islam (c. 1200) est lui aussi dérivé, même dans son iconographie, ses mantras et sa liturgie, de textes bouddhistes. Par exemple, le système très populaire des Dix Grandes Sciences (dasamahâvidyâ), centré sur Târâ, a sa source dans des tantras bouddhistes lesquels avaient empruntés beaucoup au shivaisme. De même, la tradition baul (dans ses versions hindoues et musulmanes) est l'héritière directe des mahâsiddha bouddhistes de l'Âge d'Or.

L'interdépendance, encore et toujours.

Voici une petite vidéo qui présente le sanctuaire de Târâ :

lundi 29 octobre 2012

Sans visualiser ni réciter






Je salue l'être orné d'amour
En qui Śiva apparaît simplement,
Sans qu'il ait d'abord
Visualisé ni récité. 1

Pluie de félicité universelle qui éradique les ténèbres de l'aveuglement,
Clair de lune de la conscience,
Cette déesse pleine à raz-bord
Est unique en ceci qu'elle transcende (tout).

Incité encore et encore
Par une foule de ces êtres qui sont ornés d'amour
Je vais expliquer brièvement
Les hymnes composés par l'auteur des Stances pour la reconnaissance.

L'auteur des Stances pour la reconnaissance est renommé : il est le maître Utpaladeva. Il fut le maître de notre maître. Le fait que notre Soi est le Grand Seigneur lui était évident sans aucune interruption. Parce qu'il désirait intensément fait prendre conscience de cette même vraie nature (aux autres aussi), il composa des vers épars et éloquents, rassemblés (ensuite en hymnes) tels que l'hymne qui résume l'essentiel, l'hymne de la transcendance, l'hymne de l'amour... C'est alors qu'un jour il arriva qu'ils furent mélangés. Les ayant trouvés en cet état, Rāma et Ādityarāja en rassemblèrent les fragments et les éditèrent. Quant à Viśvāvartta, l'on dit que, inspiré par notre Soi, il les disposa en les vingt hymnes (que nous avons). Ce sont ces hymnes poétiques, à commencer par celui "qui résume l'essentiel", que nous allons élucider ici en nous appuyant sur les commentaires antérieurs.
Afin de montrer que le souverain bien consiste à être absorbé en le Seigneur Suprême, c'est-à-dire en la délectation de posséder intimement la bonne fortune de la liberté, il énonce un hymne - et non un syllogisme - qui célèbre l'être doué d'amour absorbé jusqu'à l'identité dans le Seigneur Suprême qui est sa vraie nature.
Celui "en qui Śiva apparaît tout simplement", sans aucune méthode fondée sur une dualité illusoire (māyā), pour celui-là, le fait que notre Soi est Śiva se manifeste en toute son évidence. Il est orné, embelli, par l'amour seulement, lequel consiste à être absorbé (en Śiva). Il n'est pas enlaidi par le désir d'autre chose en plus de cela. 
"Je salue cet être d'amour", de l'amour qui est identité avec le sublime Śiva qui se déploie au grand jour par la force du miracle étonnant / de l'expérience longuement savourée de l'amour, puisqu'en effet, il se dit à lui-même qu'il devient ainsi absorbé en Śiva par Śiva, inséparable de lui. 
"Simplement ainsi, sans visualiser", etc. suggère la victoire sur les impuretés. Car en effet, il est (vrai que) pour tous les êtres (ordinaires), la visualisation et la récitation orientent vers ce qui est visualisé et récité, de sorte que la forme correspondante se manifeste. Alors que pour "l'être orné d'amour", en revanche, c'est sans aucune méthode que le sans-forme qui a toutes les formes - cette dense nuée de félicité et de conscience, notre vraie nature, notre Soi qui est Śiva -, brille (pour lui) à chaque instant. 
Voilà pourquoi il dit "sans qu'il ait d'abord" : sans qu'il ait d'abord pratiqué une méthode qui serve de cause, sans cause préalable donc. Car en agissant ainsi, il faut bien voir que toutes les pratiques sont "contractées" ; dès lors, ceux qui possèdent la bonne fortune d'être possédés par le Réel comprendront que toutes ces méthodes qui visent notre vraie nature non-contractée sont obsolètes, comme le dit l'enseignement (de Śiva) dans la Transcendance de la déesse de l'alphabet, depuis:

En ce qui concerne (notre vraie nature),
Tout est bon...

jusqu'à :

...Pour celui qui ne se soucie de rien.

De même, le Chant du Seigneur dit aussi :

Quand je les possède...

Parce que toutes (les pratiques), à commencer par le culte et le sacrifice, sont résumées dans la visualisation et la récitation - qui sont en réalité manifestation et prise de conscience - seuls ces deux-là sont mentionnées ici.

Utpaladeva, Une Guirlande d'hymnes à Śiva, expliqués par Kṣemarāja
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