lundi 2 février 2026

One Year Already...



It has been one year since Markji passed away. Mark S. G. Dyckowski.

I remember very well the first time I saw him, at a conference in Benares, given by the great Arindam Chakravarti. In Sanskrit. About memory. In 2003.

At the end, Mark walked straight towards me and handed me two booklets - translations from the Yoginī tradition. I had never seen him before. He didn’t know me. Yet he directly offered me those texts and invited me to come to his house in Narad Ghat. I went there for two years, three times a week.

I knew him before, though - through his translations and books. I had read his Stanzas on Vibration well over a dozen times, in my room as a teenager in my parents’ house, seated on the ground, with the book placed on a music shelf belonging to my father, a violinist.

Mark was, basically, a true English gentleman.

In February 2020, two weeks before the start of the pandemic, we met again. He looked at me before his usual teaching sessions. I was there alone in his library, with my girlfriend and three other people. He looked at me with that same look he had when he played the sitar - like a child.

And he said: “Today, I’ll speak about Parātriṃśikā-vivaraṇam!”

And he spoke… my goodness. An unforgettable teaching, out of the blue, on that most difficult of texts of “Kashmir Shaivism”.

He was a true lover of Truth.

In August 2022, he gave me a copy of the Chummā-saṅketa-prakāśa, a lost teaching recording the oral transmissions of the Yoginīs—the true fountainhead of Kashmir Shaivism, we concluded. I translated the text into French and English before Christmas. Mark agreed to come to Paris to teach on this rediscovered jewel for the first time. He revised my translation and gave wonderful teachings, full of spirit and humour.

He was already very weak.

But in 2024 he offered me the task of completing and revising his translation of the Satsāhasra-saṃhitā, an important tantra of the Kubjikā tradition. He even offered to arrange payment for one year.

But then he became too weak. And he passed away in February 2025. One year ago.

Sadly, some people then accused me of having “stolen” Markji’s translation of the Chummā. And since then I have received no news of what became of the rest of that precious text Markji had entrusted to me to revise and complete. It is all the more ironic that Mark himself had suffered so much, throughout his life, from having been accused of stealing texts and translations from other scholars.

I hope that all these misunderstandings will one day be cleared up, for the benefit of all lovers of wisdom.

Thank you, Mark.

David

vendredi 30 janvier 2026

Stage: Le corps comme lieu de reconnaissance

 


Le corps comme lieu de reconnaissance

Présence, vibration et relation

d’après le Vijñāna Bhairava Tantra

Samedi 28 février - Dimanche 1er mars 2026

Vivre en ville, aujourd’hui, c’est souvent vivre “dans la tête” :
rythme soutenu, sollicitations permanentes, relations rapides, peu d’espace pour sentir réellement ce qui est là.

Ce stage propose une pause différente.
Non pas une coupure hors du monde, mais un retour incarné à la présence, tel que l’enseigne la tradition non-duelle du shivaïsme du Cachemire, et plus particulièrement la voie des Yoginîs.

Au cœur de cette tradition, le corps n’est ni un obstacle à dépasser, ni un simple support de pratiques :
il est le lieu même où la conscience peut se reconnaître, dans la sensation, le souffle, la vibration, et la relation à l’autre.


Le Vijñāna Bhairava Tantra : un texte étonnamment actuel

Le Vijñāna Bhairava Tantra est l’un des textes les plus directs et les plus accessibles de cette tradition.
Sous la forme de courts enseignements, il propose de nombreuses entrées vers la reconnaissance de la conscience — à partir de l’expérience la plus simple : respirer, sentir, écouter, rencontrer, être touché par un instant.

Certaines de ces instructions seront abordées lors du stage, non comme des techniques à maîtriser, mais comme des indications vivantes, à éprouver dans le corps et dans la relation.

Deux temps d’enseignement d’environ une heure permettront :

  • d’introduire le texte et son orientation non-duelle,

  • de revenir à certains passages à la lumière de l’expérience vécue pendant le week-end.


Orientation du week-end

Le stage alternera :

  • enseignement à partir du Vijñāna Bhairava Tantra,

  • pratiques de présence corporelle fine,

  • explorations à deux (écoute, regard, proximité, silence),

  • temps de repos, d’intégration et de silence.

L’accent sera mis sur :

  • la sensibilité corporelle,

  • la perception des micro-mouvements de la conscience,

  • la relation comme miroir et non comme projection,

  • une présence simple, sans performance ni recherche d’effet.

Aucune connaissance préalable n’est nécessaire.
Ce stage s’adresse à des personnes engagées dans la vie contemporaine, curieuses d’une voie de profondeur sobre, incarnée et compatible avec une vie active, sans jargon, sans ritualisme, sans promesse excessive.


Informations pratiques

Lieu : près de Paris (94)
Adresse communiquée après inscription

Horaires :
– samedi 28 février : 10h – 18h
– dimanche 1er mars : 9h – 13h

Groupe : 16 personnes maximum

Participation : 180 €

Inscription : deven_fr@yahoo.fr

mercredi 28 janvier 2026

L'éveil par la mémoire

En Inde, l'anneau est le signe de reconnaissance par excellence


Sur le chemin spirituel...

Le libre-arbitre n'est-il qu'une illusion ?

L'individualité n'est-elle qu'une fabrication ?

La mémoire n'est-elle qu'un obstacle ?

 Le shivaïsme du Cachemire va à l'encontre des opinions dominantes. 

En effet : 

1) Nous sommes doués de libre-arbitre. Il résulte de la libre contraction de l'absolue liberté divine.

2) L'individualité n'est pas une fabrication imaginaire, mais l'oeuvre de Dieu. Sur cette base, l'individu peut, grâce à son libre-arbitre, s'édifier ou se détruire. L'indivi-dualité est l'un des trois mystères sublime de la tradition de la Déesse, le Trika.

3) Enfin, la mémoire, loin d'être un fardeau, est la Pierre Philosophale capable de transmuter la vie de celui qui reconnaît en elle un pouvoir divin. La mémoire est ainsi la preuve de notre nature divine et le signe grâce auquel on peut la reconnaître. Car, comme le dit un maître de la tradition des Yoginîs :

« Si tous les contenus de l’expérience
ne demeuraient pas à l’intérieur (de la conscience),
préservés par leur identification à Ton propre Soi,
alors aucune mémoire 
ayant pour nature la conservation de ce qui a été connu -
ne serait possible ! »

Le sanskrit :

yad āha bhaṭṭa-divākaraḥ : 

sarve’nubhūtā yadi nāntar-arthās tvad-ātma-sātkāra-surakṣitāḥ syuḥ | 

vijñāta-vastu-apratimoṣa-rūpā kācit smṛtir nāma na saṃbhavet tat ||

(cité par Abhinavagupta dans sa Grande Méditation sur la Reconnaissance)

A noter : l'Auteur de ce verset fait allusion à la définition de la mémoire par Patanjali.

David

samedi 20 décembre 2025

Des couleurs à l'Incolore



Hier après-midi, j'ai essayé de faire de la calligraphie sur t-shirt. Pour y inscrire des mantras par exemple. Vous voyez ?

Et j'ai réalisé que, pour changer la couleur d'un tissus, il fallait enlever la couleur, avant d'ajouter la teinte que l'on souhaite.

Et donc, entre ces deux couleurs, le tissu doit se retrouver incolore. Blanc. Ce blanc qui est la fusion de toutes les couleurs, la totalité des couleurs. Chaque couleur apparait par exclusion des autres couleurs.

C'est comme la conscience divine. Elle projette les couleurs que sont les choses sur la toile de sa propre transparence. Comme un miroir qui accueille toutes les couleurs mais qui reste lui-même incolore. Comme l'œil, qui est aussi un genre de miroir. Comme la conscience, qui est un miroir... conscient.

Mais alors, cela veut dire que nous pouvons faire l'expérience directe de cette transparence ! Entre deux pensées, il n'y a pas de pensées, de même qu'entre deux couleurs, il n'y a pas de couleurs. Pas de conditions. Pas de lois. Pas de nécessité. Pas de poids. Pas de limites.

Plonger entre deux pensées, c'est la conscience qui se savoure directement, nuement, viergement, intuitivement, évidemment.

Goûter l'intervalle, c'est l'éveil, le retour, la guérison, l'initiation à la vie nouvelle. 

Tel est le chant de l'Ange de Silésie :

"Contemple la teinture et tu verras clairement

Ce qu'est la rédemption et la déification."

Angelus Silesius, Le Voyageur chérubinique, trad. Maël Renoueard, I, 258

Et aussi, ce mystérieux adepte du Cachemire qui, proclamait, plusieurs siècle avant :

"Cette Expérience perpétuellement pure

Est colorée par chacune des formes (qu'elle assume),

Mais elle est incolore au moment

Où elle assume une nouvelle forme.

Quand un tissu blanc à l'origine

Est teinté d'une couleur quelconque,

Il doit retrouver sa blancheur avant d'être teint

D'une autre couleur.

De même quand la conscience, pure à l'origine,

Est colorée par une forme,

Elle est présente en sa pureté

Dans l'intervalle situé entre

L'abandon de cette forme

Et le trajet vers la forme suivante."

Lumière de la conscience (Saṃvit-prakāśa de Vāmanadatta), trad. D. Dubois

mardi 2 décembre 2025

Le libre-arbitre n'existe pas ?

 

Cet individu affirme qu'il n'est pas libre quand il boit un verre d'eau le matin, car il le boit pour contribuer à sa bonne santé. Autrement dit, parce qu'il agit selon la raison, le bon sens, il se dit qu'il est "guidé", déterminé". Donc, qu'il n'agit pas librement.

Voilà où nous en sommes... Le vocabulaire s'appauvrissant, nous ne sommes plus capable de saisir les nuances entre contrainte, obligation, dé
termination, hasard, causation et raison. Ces notions étaient autrefois au programme du cours de philosophie. Elles le sont encore, en droit. Mais de fait, le niveau linguistique et, donc, cognitif, a tant baissé que la coquille est vide. Il n'y a plus personne. Les tenants de "l'éveil impersonnel" doivent se réjouir. Sans que personne ne se réjouisse, bien entendu.

Et c'est ainsi que, désormais, les humains se persuadent qu'agir selon la raison, ce n'est pas agir selon soi et que, donc, ça n'est pas être libre. Et même, comble de la confusion, qu'agir selon une cause, ce n'est pas être libre. Et que la liberté, ce serait donc d'agir sans raison, sans cause, au hasard.

(par où l'on voit, soit dit en passant, que le néo-advaita est un rejeton du matérialisme scientiste)

En cette aube de l'ère de l'artifice, l'humanité touche le fond, et creuse encore. 

C'est l'une des raisons (oui, des raisons) pour lesquelles je partage ici (sur ce blog, sur YT et sur les réseaux sociaux) ces extraits de paroles vraies, d'hommes et de femmes authentiques, nobles, dignes, droits, éduqués, amoureux, le tout illustré par des œuvres picturales qui évoquent l'amour de la vie, du vrai, du beau, du juste.

D.

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