Bienvenue dans les pâturages de la Vache cosmique. Philosophie et mystique, voie de la connaissance et de l'amour. Philo-sophia, amour de la sagesse, désir de vérité, expérience et réflexion. Yoga ou union du cœur et de la tête. La philosophie comme yoga, la philosophie comme pratique, éclairée et nourrie par la tradition du Tantra et autres sources que nous ont léguées nos ancêtres. Cours Tantra traditionnel.
samedi 31 mai 2014
Seule la connaissance détruit l'ignorance
dimanche 20 octobre 2013
Distinguer le sujet et l'objet
mercredi 7 août 2013
Vedânta en Inde
Un autre documentaire, sur un autre Jagadguru. Aperçu intéressant de l'éducation traditionnelle et de la culture védântique et sanskrite :
Chant védique, Sâmaveda (les traductions en anglais des hymnes sont médiocres, mais les interprétations sont belles) :
dimanche 16 juin 2013
D'où vient le sens des mots ?
En réalité, le langage est au centre de cette tradition scolastique. Voici un genre d'examen en sanskrit, sur le thème de la compréhension des mots (shabda-bodha) et la définition et le nombre des membres de l'inférence (nyâya-avayatva). Le tout est dirigé par le "maître du monde" (jagad-guru) de Shringeri dans l'état du Karnâtaka, le centre le plus ancien et le plus prestigieux du Vedânta non-dualiste.
Les autres écoles se réclamant du Vedânta ne sont pas en reste. On entend ici l'excellent Chaturvedî Svâmî de la tradition vishnouïte de Râmânuja, laquelle interprète les Upanishads dans un sens non-dualiste et dualiste à la fois. J'avais pu apprécier leur esthétique dans le village de Melkotte. Là aussi la logique et la linguistique ont atteint des sommets de sophistication. Cela se passe à Goa, le Pétarland des uns et la Vodka-sur-plage des autres :
jeudi 15 avril 2010
Rappel de notre vraie nature - Méthode pour l'Eveil VI
16, 17.
Si le disciple demande : "Comment le corps peut-il avoir une éducation, un lignage et une caste particulière ? Ou bien, (je peut aussi me demander) comment je puis être dépourvu (dans ma vraie nature) d'éducation, de lignage et de caste ?
Le maître doit (alors) dire : "Ecoute, ô fils, comment et pourquoi le corps qui a une éducation, un lignage et une caste particulière, est différent de toi, et comment tu es dépourvu d'éducation, de lignage et de caste."
Ayant dit cela, il doit lui rappeler ceci : "Ô fils, tu dois te rappeler que tu as entendu les caractéristiques du Soi suprême qui est le Soi de tout, grâce à des paroles révélées et traditionnelles, telles que :
"Cela[1] n'est que l'être, ô fils...".[2]
Le (maître) doit dire au (disciple) qui s'est remémoré les caractéristiques du Soi suprême : "Ce que l'on appelle
"espace lumineux"[3],
"distinct des noms et des formes",
"sans corps", définit comme non grossier, sans péchés, qui n'est conditionné[4] par aucun phénomène du saṃsāra,
"qui est l'absolu immédiat et intuitif",
"qui est le Soi à l'intérieur de chacun",
"le voyant non vu, l'entendant non entendu, le penseur non pensé, le percipient non aperçu",
son essence est perception permanente,
pure conscience, homogène, sans rien d'extérieur (à elle), ininterrompue,
partout présente comme l'espace,
toute-possibilité,
Soi de tous,
sans faim, etc.,
qui n'apparaît pas, qui ne disparaît pas,
source créatrice de tout ce qui est parce que sa pure présence est une inconcevable puissance,
bien que tout cela soit distinct de lui/ de soi-même, des noms et des formes qui sont le germe des mondes, qui reposent dans notre Soi, qui sont connus directement par soi-même[5] et dont on ne peut dire ni qu'ils sont identiques, ni qu'ils sont différents (du Soi)."
Śaṃkara, Méthode pour éveiller un disciple
[1] Le maître indique ainsi d'un geste de la main tout ce qui se présente d'instant en instant.
[2] Il y a là une phrase qui me paraît redondante et problématique : lakṣaṇaṃ ca tasya śrutibhiḥ smṛtibhiśca.
[3] Ākāśa : même racine que prakāśa, "lumière consciente", "manifestation", "apparaître", "présence". L'espace, comme la conscience, est partout et nullepart.
[4] Litt. : "parfumé".
[5] Tout est connu par le Soi. Le Soi n'est connu par rien d'autre que lui-même, comme une lampe qui s'éclaire elle-même par elle-même, sans dualité.
jeudi 25 mars 2010
Révélation et Tradition - Méthode pour l'éveil II
Suite du début du texte de Śaṃkara :
3 . De fait, la Révélation[1] dit aussi :
"Ayant considéré les mondes (paradisiaques) qui sont les fruits des rituels sacrés, un brahmane doit se détacher d'eux, attendu qu'aucun de ces fruits ne peut être éternel[2]. Alors, pour connaître l'absolu (éternel) il doit, fagot en main[3], approcher un maître qui connaît la Révélation, qui est établi dans l'absolu. Ce maître érudit doit enseigner avec méthode à ce disciple doué de maîtrise de lui-même et de calme, qui l'a approché selon les règles. Il doit lui expliquer la connaissance de l'absolu qui fait connaître l'éternel et l'impérissable."
En effet, seule une connaissance fermement comprise réalise le souverain bien, à la fois pour soi-même et pour la descendance[4]. En outre, cette transmission de la connaissance est salutaire pour les êtres vivants, comme un navire pour celui qui désire traverser une rivière.
Et un traité dit :
"Même si nous donnons entièrement ce monde entouré de (ces) océans, cette (connaissance)-là est encore supérieure à cela".
Car autrement, on ne peut atteindre la connaissance. C'est ce dit la Révélation, par exemple dans ces passages :
"Celui qui a un maître connaît l'Homme".
"La connaissance, c'est seulement par le maître qu'on la connaît".
"Le maître est le guide".
"En ce monde, la connaissance méthodique est le moyen du salut".
Et la Tradition (le) dit aussi :
"Ils t'enseigneront la connaissance"[5].
[1] Le Veda, et plus particulièrement leur partie finale (vedānta), les Upaniṣads.
[2] Si la cause (le rituel) est temporelle, l'effet (le monde paradisiaque) ne peut qu'être temporel lui aussi.
[3] Fagot de bois, combustible pour le feu (sacré) et symbole de richesse.
[4] C'est-à-dire que le disciple devient à son tour capable de transmettre cette connaissance de l'absolu à ses disciples.
[5] La Tradition (smṛti), ce sont les sources du brahmanisme orthodoxe en dehors du Veda, par exemple ici, la Bhagavadgītā IV, 34.
