vendredi 1 août 2014

La vie dans la contemplation de ta Présence


Dans la contemplation de ta Présence,
En cette vision de toi qui est ta vision même,
Les notions temporelles
Du genre "maintenant", "toujours", "une fois pour toutes"
Ne peuvent exister !
Et ta vision n'est pas permanente...
Mais on ne peut en parler autrement !

Des activités et des paroles immaculées
Se manifestent certes clairement
Et par simple jeu d'amour
Pour ces magnanimes
En l'esprit desquels
La fleur de ta contemplation
Sans pensées ni dilemmes
A pleinement fleuri !

Utpaladeva, Hymnes à Shiva, XII, 5, 7





mardi 29 juillet 2014

Pourquoi n'es-tu pas vu ?


Pour te voir, ô Présence !
Il n'est besoin d'aucune aide.
Il n'y a pas d'obstacle non plus,
Car tout est noyé dans ta Présence.
Alors pourquoi donc
En cet instant même
N'es-tu pas vu ?

Utpaladeva, Hymnes à Shiva, XII, 1

vendredi 25 juillet 2014

Rien ne m'appartient


Ce monde,
Cet ami, 
Ce parent...
Aucun ne m'appartient !
Tu es tout cela :
Qu'est-ce qui pourrait bien être mien ?

Maître !
Souverain absolu !
Toute chose
Est toi, directement visible.
Le monde n'est rien d'autre que toi.
Je désire que ce simple fait
Soit réalisé !
Telle est ma prière,
Ma seule prière.

Aux yeux de qui est habité par ta Présence,
Régner sur tous les univers
N'est qu'une illusion
Sans plus de valeur 
Qu'un brin d'herbe.
A quoi donc ressemblerait
Le résultat d'un acte bon,
Seigneur,
S'il était privé
De la présence de ta Présence ?

Rien n'est séparé de ta Présence.
Tu es le Créateur des créateurs
De ces mondes :
A plus forte raison,
Il n'est pas question de te trahir
En chantant les louanges 
De tes miracles !

Utpaladeva, Hymnes à Shiva, XI, 1-4

Apparemment, certains se demandent qui traduit les dizaines de textes sanskrit traduits sur ce blog... Eh bien c'est moi ! David Dubois : quoi que cela veuille dire. Si d'autres veulent se les approprier ou les employer pour se donner de l'autorité ou un peu de consistance, libre à eux. Qu'ils examinent leur conscience !

mercredi 23 juillet 2014

Qui s'évanouit ?


Chers amis,

Je viens de courir sous le chaud soleil.
Mon corps a sué sang et eau. Quel plaisir de sentir le corps-conscience transcender la douleur sans effort !
Je transpire encore à grosses gouttes.
Après un coca, je suis allé sous la douche. J'avais senti le monde s'approcher du seuil à plusieurs reprises... Puis j'ai senti le corps disparaître comme aspiré pour de bon. Tel un fruit mûr et lourd à point se détachant d'un arbre immense, dont les branches sont aussitôt devenues des ailes sans limites, envolées dans le mystère. Puis le corps-monde est réapparu, ruisselant de l'eau de la douche, lourd, aussi immobile que l'Everest. Quel délice !

Mais ai-je perdu conscience ?

Vu de l'extérieur, sans doute.
Mais moi pour moi ? Non. La conscience n'a pas disparue du corps ni du monde. Ce sont au contraire le corps et le monde qui ont disparus de la conscience. Et ce n'était pas un état spécial du à une pratique spéciale. Juste un fait
Et il se passe la même chose quand nous nous endormons. Juste la transition est plus lente, moins nette, elle passe le plus souvent inaperçue. Il n'y a pas d'expérience de l'inconscience. Seulement la conscience de la présence puis de l'absence du corps. Comme nous nous confondons par aveuglement avec le corps, nous croyons que la disparition du corps dans la conscience est la disparition de la conscience elle-même. Alors que la conscience de cette disparition prouve la présence de la conscience !

Tout passe dans la conscience qui ne passe pas.

Qui est l'auteur ?


Quand je dois faire apparaître mon nom quelque part, cela me semble toujours un peu faux.
Car, si il y a un tant soit peu de vérité là-dedans, "je" n'en suis pas l'auteur. 
La créativité, comme tout ce qui touche à la liberté, est un mystère. Disons qu'il n'y a rien de mécanique, mais rien d'individuel non plus. Il n'y a qu'une seule conscience qui rayonne gratuitement, sans pourquoi ni comment.
C'est ce que dit la tradition indienne, qui n'est d'ailleurs pas "indienne" si on la prend au sérieux !
Le Savoir éternel n'a pas d'auteur. Il est a-paurusheya. Ce Savoir - la culture, la tradition - est comme le bruit de la mer. Comme le son du vent dans les feuilles. Comme la respiration de l'être. Pas de droit de copie... pas d'auteur.
De même, le Livre, le Tantra, la connaissance éternelle, n'a jamais été prononcée par personne à un moment donné. Elle est an-â-hata : pas engendrée par le choc d'un souffle sur un point d'articulation, par une bouche. Elle n'a jamais été dite. Elle résonne d'elle-même, naturellement, comme le bruit du sang dans nos oreilles. 
Shiva et Shakti, le dieu et la déesse ne sont que des images déformées de l'évidence simple du présent, de même que les tantras qu'on peut lire ne sont que des fragments épars de cette résonance atemporelle. Le paradoxe est que cette vibration consciente se dit à chaque instant. Elle est la conscience. Le fait d'être conscient. Nul n'en est l'auteur. Mais nul, non plus, ne peut l'empêcher de se dire. Voilà la véritable tradition, la culture, le savoir, la connaissance, le tantra naturel, la lignée authentique, le vrai maître, le livre infaillible.
Le reste n'est que forme de néant.

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...