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vendredi 6 mars 2020

Y a-t-il un autre "point de vue" que celui de la première personne ?

L’image contient peut-être : ciel, arbre, plante, plein air et nature

Je prends cette photo, je m'apprête à y ajouter le commentaire "vue à la première personne", tant la transparence du dehors reflète et invoque, pour ainsi dire, la claire vacuité du dedans.

Puis je me ravise. Car enfin, y a-t-il une autre vue que celle de la première personne ? Les autres personnes sont-elles douées d'une quelconque vision ? Un corps peut-il vraiment en voir un autre ?
De fait, il n'y a qu'un seul regard. Mais il semble se multiplier dans la mesure où je le confond avec ce qu'il voit.

Combien de visions en ce moment ?
- Une seule, qui embrasse tous les "points de vue", c'est-à-dire toutes les choses vues.

mardi 21 janvier 2020

Une vision complète

Quand je regarde les choses jusqu'au bout, cette vision m'enseigne l'humilité.
David, l'humanité, la Terre, ne sont certes pas le centre de l'univers. Ni de la vie.
Y a-t-il un centre dans l'infini ?

Mais quand je retourne mon attention vers le regard lui-même,
je découvre un vide sans limites, conscient, qui englobe tout.

Image associée



Cette découverte, cet éveil, marquent-ils un retour à la mégalomanie, 
à un narcissisme infantile ?
Non. Car ce centre est vide, vide pour accueillir toutes ces choses, depuis le vide jusqu'à l'univers, que je vois quand je regarde aussi vers le dehors, car ces deux regards sont compatibles.
En fait, il n'est pas nécessaire de les réconcilier, car ils me sont donné comme identiques.
Une seul regard qui embrasse tout. Comme j'embrasse tout, c'est moi, immense, infini,
un émerveillement sans fin. Mais comme, pour tout embrasser, je dois pour ainsi dire m'effacer
comme forme, comme chose, je suis guéri de tout narcissisme. 
Et la contemplation de l'inconcevable immensité du cosmos me garde de toute tentation égocentrique. David n'est pas le centre. Il est unique, mais il un quasi néant dans ce géant cosmique. Un presque rien entre l'infiniment petit et l'infiniment grand. Un instant entre l'infini passé et l'infini à venir. 

Autrement dit, il suffit de regarder. De contempler. Sans chercher à manipuler, à construire.
Sans l'interdire non plus. Mais se laisser être ce rien qui engendre, qui nourrit et qui détruit tout.
Cette folie sauvage, absolument invisible, par laquelle il y a du visible et de l'invisible,
ce mystère silencieux qui n'en finit pas de se dire d'une manière que je ne pourrai jamais dire.
Dans cette humilité gît la beauté.

N'est-ce pas une belle manière de vivre ?

mardi 11 juin 2019

Réalisation



Physicalisme : La conscience dépend de tout.
Idéalisme : Tout dépend de la conscience.
Ces deux visions semblent symétriques, opposées, mais situées sur le même plan.
C'est une illusion créée par le langage.
Car ces deux points de vue dépendent de la conscience.

Il y a le point de vue de la première personne, le subjectif.
Il y a le point de vue de la troisième personne, l'objectif.

Ce serait la spiritualité contre la science, 
la parole contre la mesure,
le cœur contre la tête,
et autres fariboles non-duelles.

Mais de fait, tous ces points de vues ne sont pas égaux.
Car le point de vue de la troisième personne
apparaît dans ce Regard qu'est la première personne.
En, première personne se dit outtama-pourousha, "la personne ultime".
D'ailleurs, notez, c'est bien une personne, pas un une im-personne,
même si elle n'est peut pas un in-dividu.
Et, toujours en sanskrit, la troisième personne se dit prathama-pourousha,
"la première personne". Allez comprendre, comme disait Daumal.
Qui ne l'a sans doute pas dit, mais qui aurait pu le dire ;
qui aurait pu, comme troisième personne, qui apparaît dans la première personne que "je suis",
et qui n'est certes pas personne, bien qu'elle en porte tous les masques.

Bref.
Le langage nous fait croire que les points de vue, les voix, les personnes, se valent. Mais non.
Toutes les personnes n'existent que dans la première, qui est la seule vivante, les autres n'étant que ses personnages assumés, pourrait-on dire.
Les points de vue ne se valent pas : le subjectif et l'objectif ne sont pas sur le même plan. 
On pourrait les opposer, s'ils étaient sur le même plan, le plan des points de vue désignables.
Et alors, oui, le point de vue de la première serait, certes, un concept.
Mais c'est illusion.
En vérité, subjectif et objectif ne sont pas du même ordre.
Or, quod licet Iovi, non licet bovi.
Ne confondons pas le vulgus pecus et le pater, non.
Car tout l'objectif ne s'anime et ne vit que par le subjectif.
Tout apparaît et disparaît dans l'inévitable transparence.
Cela qui n'est pas vu, mais par quoi il y a du visible.
Cela qui n'est pas pensé, mais par quoi il y a du pensable.
Cet espace, cet insaisissable inéluctable, irrécusable irréfragable.

Pas égalité, non.
Je peux dire "subjectif et objectif", 
comme c'était blanc et noir.
Mais non, car l'un n'existe qu'en l'autre.
L'un est maître, l'autre esclave.
L'un est liberté, l'autre est juste ce qu'il est.

"Cela qui EST", disent-ils, fiers et gonflés.
Mais l'être n'est que la prison de l'esclave.
Au-delà de l'être s'élance le libre.
L'un, au-delà du tout.
L'Autre de l'être, qui n'est pas de l'être, 
par lequel il y a du "il y a".

Pas de symétrie donc,
mais une dissymétrie de chaque instant :
ici, pas de couleur ; là les couleurs.
Et surtout, tous les "là" apparaissent "ici".
Juste ici, dans cette immensité qui est mon véritable visage
impersonnel, ma première personne libre de tous les personnages,
personnification de l'un sans égal.
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