Affichage des articles dont le libellé est svatanryadarpana. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est svatanryadarpana. Afficher tous les articles

dimanche 30 janvier 2011

D'où sortent ces deux bras opposés ?

Chapitre 4 : la déité

Quand Śiva oublie sa vraie nature

En manière de jeu spontané, c'est la prison[1].

Quand il se souvient (de sa vraie nature), quand il (la) réalise[2]

Grâce à la fréquentation respectueuse du maître et de l'enseignement, c'est la délivrance. 1


Dès lors, qui est prisonnier ?

Qui est délivré ? Et de quoi ?

Ô merveille ! Tout cela est Śiva[3].

Prison et délivrance sont ce qui fait que Śiva est Śiva[4] ! 2


La prison, c'est quand Śiva joue à descendre.

Quand il s'amuse à s'élever, c'est la délivrance.

Ce double mouvement est une merveille,

La plus haute souveraineté, la plus libre des libertés souveraines ! 3


L'Absolu Seigneur, absolument libre,

Joue le jeu des trente-six tattvas qui forment cette totalité des phénomènes de l'univers.

Il paraît ainsi découvrir

Une sorte de félicité innée[5]... 4


Balajinnātha Paṇḍita, Le Miroir de la liberté (Svātantrya-darpaṇam), Munshiram Manoharlal, Delhi, 1993





[1] bandha : le lien.

[2] pratyavamarśa : quand il prend intensément conscience de lui-même comme libre conscience.

[3] śiva : bien, bon, heureux. Akhilam śivamayam : samantabhadram vā... Śiva n'est pas seulement la délivrance, il est le jeu des opposés, des transformations, de relations. Rien ne s'oppose à Śiva, tous s'opposent en lui. De même, Ramana disait que le signe infaillible de l'expérience authentique de la non dualité, c'est qu'elle ne contredit ni n'est contredite par rien.

[4] Litt : la śivaïté de Śiva.

[5] Le Seigneur est la félicité. Mais il joue à se perdre pour mieux se retrouver. Merveille. La conscience est, par nature, un jeu tragi-comique, une incomparable dramaturge. Ivresse de se perdre en toute sécurité. On peut rapprocher ce sentiment - le comble de la délectation selon Abhinavagupta -, du sentiment du sublime tel qu'il est définit par Kant. Le sublime, c'est de se sentir menacé alors même que l'on se sait en parfaite sécurité.


Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...