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samedi 25 avril 2020

Danse du rien et du tout

La yoginî Târâ Blanche

La vie intérieure comprends deux grandes étapes : l'éveil ou la découverte du silence au-delà des pensées ; et l'intégration et pensées, des sensations, du corps et du monde, au sein de cet espace silencieux.

Cela correspond à l'ouverture et à la fermeture des yeux.

Selon le premier verset du Poème du frémissement (Spanda-kârikâ), nous créons le monde en ouvrant les yeux et nous le résorbons en les fermant. Tout est embrassé dans cette respiration : inspir-expir, veille-sommeil, conscience-conscience, mouvement-repos...

Le point est de comprendre que ce sont deux moments d'une même vie, d'une même danse, comme l'explique ce mystique catholique qui parle de deux phase de l'amour, "l'amour de fruition" qui consiste à jouir de Dieu au centre de soi, et "l'amour pratique" qui consiste à aimer son prochain.

"Pour expliquer cette doctrine si difficile, un auteur [Jean Rusbroeck ?] donne l'exemple de l'inspiration et de l'expiration de l'air avec lequel la vie se nourrit et peut continuer de façon naturelle et sans que nous en prenions le soin ; nous expulsons l'air chaud qui est en nous, et nous attirons l'air frais sans penser à ce que nous faisons. De même, nous ouvrons et fermons continuellement les yeux sans que cela empêche de voir ce qui est devant nous, comme s'ils étaient toujours ouverts. Ou encore l'âme pénètre-t-elle en Dieu et y meure à elle-même par l'amour de fruition, et aussitôt et tout d'un coup, elle sort d'elle-même par l'amour pratique : elle sort avec vertu et entre avec bonheur, demeurant ainsi unie à Dieu en ces entrées et sorties, comme si jamais elle ne sortait. Et telle est la vie spirituelle des parfaits : elle est tissée et formée de ces introversions et extraversions, ou entrées et sorties, sans que les unes ne gênent les autres ; et cela se fait aussi facilement que d'inspirer et d'expirer l'air pour vivre, ou ouvrir et fermer les yeux pour voir."

Juan de Los Angeles, mort en 1609, Manuel de vie parfaite

samedi 28 décembre 2019

Par tous les pores de la peau

Shining Through

"A travers la lampe des yeux : pratique grossière.
A travers les cinq sens : pratique moyenne.
A travers les pores de la peau : pratique subtile."

Maître Présence céleste, Drenpa Namkha, tradition Boeunpo, Tibet

Voir la lumière qui voit briller à travers la vaste ouverture des "yeux".
Percevoir la présence qui jaillit à travers les cinq sens,
comme une lampe dans un vase.
Sentir la vibration qui ruisselle à travers la "peau",
qui exsude comme une vapeur, qui rayonne comme une lumière, etc.

Si je me sens incapable de "rester dans la présence" dans le quotidien,
alors je peux faire attention à des choses :
la vaste ouverture du champ visuel, sa transparence, porter l'attention vers ses "rebords";
les sensations dans le corps, une zone plus précise :
sommet de la tête, nuque, ventre, hara, main, front, plante des pieds...;
la peau, l'espace autour de la peau.
Par exemple, quand je suis assis, les mains posées à plat, étalées, 
une partie de mon attention sur ce ressenti des mains étalées ;
ou, quand je suis debout, le ventre détendu, avec juste une légère tension
minimale, l'attention posée en partie sur cette masse;
ou bien, l'attention donnée à la fin de l'expir, souvent, pas forcément longtemps. Mais souvent.
Sans chercher midi à quatorze heure, le silence devient vivant.

Pratiquer ainsi dans le quotidien, sans honte, sans rancune, sans calcul ni gêne.

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