lundi 4 juillet 2011

Avaz-e-nisbat


Ci-dessus, une jeune joueuse de sarod. Qui a dit que la musique indienne était en pleine décadence ?
Ci-dessous, quelques sites pour entendre les musiques de l'Inde.

Un site pakistanais, véritable caverne d'Ali Baba.

Le site d'un "middle class amateur". Ton agaçant, mais riche.

Un site avec des enregistrements numérisés.

Un site sur la théorie des râgs.

Pour comprendre un râga, pour devenir intime avec lui (nisbat), il faut écouter des interprétations différentes. Pour cela, le mieux est peut-être Youtube, etc. Par exemple, sur le râg Darbari.

La chaîne de TripMonk, excellentes vidéos.

La chaîne de Sweetsurj.

La chaîne de Cenkjeekhan.

La chaîne de Kamal Hyder.

La chaîne de VintageAudio.

La chaîne de Knisar.

La chaîne de Ritwik Sanyal.

La chaîne de Wasifuddin Dagar.

La chaîne de Rahman Kant.

La chaîne Classical hindustani.

La chaîne d'Asia Music Circuit.

La chaîne d'Ustad Pachang Khan.

Un chaîne sur les musiques "folkloriques".

Ce ne sont-là que quelques exemples des merveilles que l'on peut trouver aujourd'hui sur le net. Bonnes découvertes !

wu wei wu ji wu xin

Qui n'a pas rêvé de bouger comme les héros de Tigre et Dragon ?
Ce style corporel est typique de la "famille interne" des arts martiaux de Chine. Shaolin est la Mecque de l'externe. L'équivalent pour l'interne, c'est Wudang. Site magnifique, classé UNESCO, etc. Encore relativement protégé des touristes. Plusieurs "écoles" se réclament là de prestigieuses traditions, dont celle de Zhang Sanfeng, fondateur mythique du tai ji quan.

Une petite école berlino-chinoise, remarquable par sa qualité technique :

Une superbe forme, mais qui ressemble comme deux gouttes d'eau au style de Yang Ban Hou de la "forme ancienne" (lao jia) de la famille Yang du Tai ji quan, en particulier dans sa version basse. Ils parlent de "tai yi", l'Un Suprême, au lieu du "faîte" suprême. Origine authentique ou fabrication pour attirer les élèves par la nouveauté ? Je n'en sais rien. Peu importe, la qualité est remarquable :



Improvisation (zi ran) sur le Poing des Cinq Eléments. Évidement, cela évoque le célèbre Yi quan de Wang Xiangzhai. Mais c'est magnifique :



Voir la chaîne Youtube de l'adepte en question, de la "Voie de l'unité et de la vérité", Ismet Himmet.

Autre école, celle qui se réclamme de Zhan Sangfeng. Leur tai ji quan :





Autre école, se réclamant de la tradition du Quan Zhen (voir, par exemple, Le Secret de la fleur d'or) :





Il y a ainsi des centaines de vidéos sur les styles internes, dont certain étaient totalement inconnus du temps de ma jeunesse, comme le Xin yi de la famille Dai, par exemple. Un bon site pour les découvrir.

samedi 2 juillet 2011

Le monde est une manifestation de la conscience

La "doctrine de Kâlî" est un idéalisme qui emprunte certains arguments à l'idéalisme bouddhique. Celui-ci tient que le sujet et l'objet sont la manifestation d'un même esprit, comme dans un rêve. Leur argument principal est que l'objet est toujours perçu en même temps... que sa perception (sahopalambhaniyamât). Argument simple mais puissant qui va inspirer les yogins et les yoginîs de la tradition de Kâlî, jusqu'à la philosophie de la Reconnaissance (pratyabhijnâ). Voici un passage qui décrit la manière dont la doctrine de Kâlî formule cet argument, cité par Kshemarâja dans son commentaire aux Shivasûtras :

"La conscience se manifeste à l'intérieur et à l'extérieur sous telle et telle forme. Les objets n'existent pas à part de la conscience. Le monde est donc conscience. En effet, nul n'a jamais perçu les phénomènes à part de la conscience. Par conséquent, il est certain que la conscience est le Soi de ces (objets). (Autrement dit, le fait que les choses sont conscience est établi) grâce à cet argument (fondé sur l'expérience : les choses) sont présentes quand (la conscience) est active et absentes quand (la consciente) est inactive. Par la puissance de cette contemplation, on réalise que l'existence des phénomènes comme objets de conscience est leur identité avec la conscience. La conscience et ses objets sont une seule et même forme car ont les perçoit simultanément."


Petit bhajan du weekend :

vendredi 1 juillet 2011

Le silence comme mantra

Le Mantra s'élève,

Rayon de la résorption,

Feu de la conscience qui fait disparaître les constructions mentales de la conscience.

L'un, lumière qui imbibe également le sujet, l'objet et la connaissance,

Se déploie, silencieux,

S'adonnant à la création des (multiples) énergies

Du feu, du soleil et de la lune.

(La réalité) au-delà de l'apparition, de la subsistance et de la résorption (des cognitions) est indicible, (mais) on la célèbre métaphoriquement à travers le rituel/ le comportement.

L'état suprême est un balancement intérieur entre manifestation et félicité.

Eraka, Hymne à Kâlî (Kramastotra)


L'art de Zia Mohiuddin Dagar, avec des explications sur le chant dhrupad et un poème adressé à l'empereur Akbar par Tansen :


mercredi 29 juin 2011

Ce qui ne dépend de rien

Kâlî sur Bhairava, très rare représentation de cette déesse
Musée de Pattan



Dans
la tradition de Kâlî (kâlînaya, kâlîkrama), Shiva interroge la Déesse :

Ô Śaṅkarī !

Révèle ce qui est dans le cœur des yoginī, ce qui est indépendant des jours lunaires et des heures fastes, ce qui ne requiert pas de lieux, ni de moments (particuliers), etc.,

Révèle ce qui est affranchi des signes conventionnels des (différents) sites (sacrés), avec (leur) constellations et leurs planètes,

Révèle ce qui ne dépend pas des gestes sacrés ni des formules, ni des couleurs comme le rouge, etc., Révèle ce qui ne dépend pas d'un rituel quotidien, ni d'une offrande au feu, ni (de l'offrande) d'eau parfumée de fleurs, ni de l'offrande d'huile,

Révèle ce qui ne dépend pas du rituel d'invocation (d'une divinité), ni de vœux quand à la manière de se conduire,

Révèle ce qui ne dépend pas des (techniques) spéciales comme les remplissages, les vidages ou les rétentions (du souffle)!


Kramasadbhāvatantra, 1, 69-72


Vous remarquerez que ce discours est en grande partie une déconstruction du tantrisme. C'est un des points que cette tradition ultra-secrète a en commun avec des traditions bouddhistes comme la mahâmudrâ et le dzogchen. D'ailleurs, ces trois courants donnent le pays d'Oddiyâna (la vallée du Swat au Pakistan) comme lieu de révélation de leurs enseignements essentiels. Au sujet de la mahâmudrâ, voyez cet excellent billet. L'une des thèses de l'auteur de ce billet - thèse que je partage - est la tension entre la voie de la connaissance et la voie des techniques. On retrouve cet antagonisme dans la tradition kagyu de Gampopa, mais aussi dans l'histoire du (des ?) dzogchen. Comme j'ai essayé de le montrer dans plusieurs billets, le dzogchen tel qu'on le présente aujourd'hui est le résultat de luttes entre différents points de vue.
N.B. : cette Kâlî-là n'a rien à voir avec la Kâlî du Bengale. De plus, pour être précis, je dois ajouter que la déesse sur la photo n'est pas exactement la Kâlî du Kâlîkrama, appelée Kâlasamkarshanî "Celle qui met le temps en pièces", mais Siddhilakshmî. Toutefois, leur iconographie (dhyânashloka) est identique. Autrement dit, cette Siddhilakshmî est un clone népalais de Kâlî.
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