Bienvenue dans les pâturages de la Vache cosmique.
Philosophie et mystique, voie de la connaissance et de l'amour. Philo-sophia, amour de la sagesse, désir de vérité, expérience et réflexion. Yoga ou union du cœur et de la tête. La philosophie comme yoga, la philosophie comme pratique, éclairée et nourrie par la tradition du Tantra et autres sources que nous ont léguées nos ancêtres. Cours Tantra traditionnel.
Voici Ramana avec Jackie, l'un de ses proches disciples qui a atteint, dit-on, la délivrance, et pour qui l'on a construit une tombe à côté de celle de son maître.
Le message de Ramana :
Je qui ?
- Je je
Ou
Qui suis-je ?
- Je suis je.
Simple !
Les Quarante versets sur l'Être réel, composés par Ramana en tamoul (sa langue natale), récité en tamoul avec traduction en anglais :
Le Vijnâna Bhairava Tantra est un recueil d'invitations à l'éveil.
Méditation, postures, écoute du souffle, du corps, mais aussi surprise, peur, confusion, réflexion, oubli sont autant de portes vers l'expérience de la liberté intérieure.
Pour la première fois, nous proposons ici une traduction de l'original sanskrit (la langue sacrée de l'Inde), accompagné de ses deux commentaires sanskrits traditionnels composés au Cachemire et de sept autres recueils semblables, tous également traduits du sanskrit.
Aux 112 méditations du Vijnâna Bhairava Tantra s'ajoutent ainsi 128 méditations inédites, pour former un ensemble de 240 méditations, un trésor sans équivalent, véritable manuel de méditation et d'éveil à soi.
Extraits :
Au début et à la fin de l’éternuement, dans la peur et la peine,
Ou encore dans la confusion, quand on fuit le champ de bataille,
Dans l’excitation, au début et à la fin de
la faim,
L’existence en son immensité (se manifeste).
Vijnâna Bhairava tantra
On doit
s'absorber entièrement
Dans l'état de surprise
absolue
Dont (même) les mortels font (parfois) l'expérience.
En l'évoquant sans cesse,
Le yogin obtiendra la perfection infaillible.
Paramânanda Tantra
Quand un porteur laisse tomber son fardeau,
Il se détend.
C'est à ce moment qu'il faut rendre hommage à Śiva
En regardant le Soi.
La dépression elle-même est le plus grand hommage.
Déprimé, l'esprit se résorbe.
La peur est l'adoration ultime
Car la Révélation dit que "Le (Soi a créé tout cela) parce qu'il avait peur (d'être seul).
Le Yoga selon Vasishta est un immense livre de non-dualité. A travers 30 000 versets et des centaines de contes, il se présente comme la voie de la liberté (moksha-upâya, son autre titre en sanskrit, la langue sacrée de l'Inde).
Il n'appartient à aucune école, aucune tradition. Original, il est la quintessence de toutes les approches non-duelles, l'essence de toutes les sagesses.
Il suffit de le lire pour s'éveiller et être délivré du bavardage intérieur, de la croyance à l'imagination, des habitudes fondées sur l'aveuglement. Chaque fable ouvre à l'immensité, à la pleine conscience. Livre de sagesse, livre de connaissance et de yoga, il s'adresse à tout être en quête de liberté et de sérénité.
Il fut le livre de chevet de grands sages de l'Inde, comme Ramana Maharshi ou Poonja, qui en garda un exemplaire qu'il annota jusqu'à son dernier souffle. Simple et profond, ses fables emportent l'esprit par-delà ses limites et nous affranchissent de la croyance à nos histoires par ses histoires incroyables.
Le cadre du livre est l'histoire du Prince Râma, un jeune homme de seize ans qui vit une profonde mélancolie au retour d'un voyage qui lui a fait découvrir le monde. Appelé par son père le roi, le sage Vasishta va le guérir à travers ces récits fantastiques qui nous éveillent à la magie du monde et à la toute-puissante de l'imagination. Vasishta montre que l'éveil mène à la paix, une paix savoureuse qui ne dépend pas des circonstances et qui est accessible à tous.
Voici, pour la première fois en français, une sélection de deux mille versets traduits du sanskrit, choisis par un moine hindou, et qui conserve parfaitement le parfum si singulier de ces Mille-et-une-nuits de l'éveil.
Une initiation simple et envoûtante à la sagesse orientale la plus profonde.
A priori, l'éveil à la non-dualité est une libération. On devient libre de soi en découvrant le Soi absolument libre.
Dans la lignée des billets que j'avais proposé sur des expériences qui permettent de remettre en question des certitudes - par exemple ces réflexions sur la prétendue puissance du "regard du maître" - voici une autre expérience. Celle de Stanley Milgram.
En 1961, le nazi Eichman est jugé pour son implication dans l'organisation à grande échelle de la Shoah. Il se défend en disant qu'il n'a fait qu'obéir aux ordres. Il invoque même Kant et son idéal du devoir absolu. Hannah Arendt, qui couvre le procès comme journaliste, est frappée par la banalité de cet homme. Se pourrait-il que le mal soit si ordinaire ? Peut-on faire le mal par devoir ? Peut-on planifier l'extermination de millions de personnes et être un bon père de famille, sans haine ni vices ?
Arendt fait l'hypothèse que c'est un ensemble qui est la cause du mal. Et non pas une personnalité prise isolément. Selon elle, une organisation adéquate peut faire commettre les pires atrocités à des gens "normaux", qui ont bon cœur et qui peuvent éprouver par ailleurs de véritables sentiments d'amour.
Peu après, le psychologue Stanley Milgram imagine une expérience pour confirmer cette thèse de "la banalité du mal". Dans son protocole, deux personnes sur trois (62%) obéissent à une autorité qui ne les menace pas, sans espoir de récompense. Ils torturent et tuent un inconnu qui ne leur a rien fait. Un remake a été tenté récemment, avec un jeu télévisé comme décor. Le Jeu de la mort. Ici, 81% des sujets ont accepté de torturer et tuer un inconnu.
Quel rapport avec la non-dualité ?
15% des cobayes ont déclaré après-coup qu'ils ne croyaient pas à la réalité de ce qu'ils faisaient : ils avaient obéit parce qu'il savaient que c'était un jeu, un théâtre. Or, cette prise de distance est une façon de soulager la conscience (morale !), et rend donc les gens plus obéissants. Pas plus libres. De même que le rire, la triche, ou encore 70% des cobayes qui se mettent à parler de manière impersonnelle et automatique par-dessus les cris de douleur de leur victime.
Ainsi peut-on fort bien faire le mal sans haine ni émotion négative. Au reste, c'est moins stressant ! Et donc on obéit plus volontiers.
Conclusion : l'émotion est parfois juste, plus juste que l'ataraxie. Il y a des haines salutaires et des zénitudes inhumaines. Celui qui obéit à son cœur, qui écoute sa conscience, n'est pas forcément celui qui affiche une sérénité à toute épreuves. Loin de là. Le Mal est le plus froid des montres froids.
Or, la non-dualité, telle qu'elle est formulée majoritairement aujourd'hui, ainsi que d'autres spiritualités apparentées, ne sont-elles pas de redoutables outils pour obtenir une soumission librement consentie ?
J'aborderai des cas plus concrets une autre fois (des noms ! des noms !). Mais je vous conseille vivement de regarder ce documentaire :
Et cet autre, sur l'expérience originelle de Milgram :