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mardi 21 janvier 2020

Les origines aristocratiques du shivaïsme du Cachemire ?

Dz

Je suis frappé par l'esthétisme d'Abhinavagupta et des autres philosophes du shivaïsme cachemirien, ainsi que par la distance qui les sépare du tantrisme shaiva, comme du bouddhisme.

Rafaelle Torella suggère, dans un article, que le raffinement qui imprègne cette pensée, ainsi que son mépris pour le labeur et les chemins balisés, s'explique au moins en partie par les origines sociales de leurs auteurs. 

Cela me semble aller de soi. Voilà pourquoi il y aura toujours un gouffre entre le shivaïsme du Cachemire et le bouddhisme tantrique, quelque soient leur ressemblances de surface. Car de fait, le bouddhisme a très peu créé dans ce domaine, et il a beaucoup plagié le shivaïsme. Il me semble que ceci s'explique, au moins en partie, par le mercantilisme qui caractérise le bouddhisme depuis les origines du Mahâyâna. Si le bouddhisme du Bouddha a sans doute un parfum différent, ce dernier semble bien s'être comme évaporé avec les début du "Grand véhicule", lequel rassemble plusieurs des traits essentiels du capitalisme. Si ce dernier consiste à vendre pour faire plus d'argent, au lieu d'échanger un objet contre un autre, de même le Mahâyâna adore l'action, non comme moyen de déboucher sur d'autres action, mais comme moyen "d'accumuler du mérite". Difficile de ne pas voir là une transposition pseudo-spirituelle du principe du capitalisme. Pouvoir de l'argent et pouvoir du "mérite" (punya) ont ainsi convergé pour la croissance que l'on sait. Dès lors, pourquoi s'étonner des soi-disant "dérives" dues prétendument à des individus exceptionnellement vicieux, alors que ce ne sont là, en réalité, que des manifestations tout à fait normales du projet du Mahâyâna. Une croissance infinie, mondiale, sans Bien ni Mal, sans repère, où tout se vaut, peuplé de Bouddhas interchangeables et autres super-stars. Je crois que bon nombre de critiques désabusées de ces dernières décennies s'éclaireraient d'un jour plus intense si l'on en venait à admettre cette hypothèse, celle, disons, du bouddhisme comme épiphénomène de la mondialisation. Ce qui, en outre, expliquerait ses indéniables succès, notamment en Asie, depuis la Chute du Mur.

Ceci, bien entendu, ne revient pas à nier ou à dénier les qualités et les créations propres au bouddhisme. Mais les faits sont frappants.

Dans cette perspective, les satires féroces d'un Kshemendra à l'endroit des équivalents petits bourgeois de son monde (petit fonctionnaires, arrivistes, petits combinards, nouveaux riches, margoulins de la spiritualité, etc.), s'expliqueraient bien mieux. Et il deviendrait possible, de réconcilier le Kshemarâdja mystique avec le Kshemendra moraliste. De même, l'intérêt de ces gens pour la poésie et la beauté en général coule de source (sarati iti rasah, versus le samsâra laborieux) dès lors que l'on s'avise de leurs idéaux. De même, le héros Vâmana (vîra-vâmana, auteur d'un précieux appendice au Vijnâna Bhairava Tantra) redevient naturellement le Vâmana poéticien auteur des premiers Sûtras sur l'ornementation poétique. Les Jaïns et leurs mortifications, les Bouddhistes et leurs accumulations, les Vedântins et leur manque de sensibilité, doivent leur paraître bien fades.

D'où l'accent mis sur la facilité, l'aisance, l'instinct, la spontanéité, l'indépendance, la création, le génie, le désir, la volonté et la liberté. Tout ceci rejoint le Grand Style. Le geste parfait, intégré, sans effort, qui semble surgir de lui-même comme à l'aube de toutes choses. 
Précisons par ailleurs que l'aristocratie dont il est question ici ne se réduit pas, il me semble, à une question de naissance, et encore moins de richesse. Car depuis Socrate, au moins, les avisés savent que la vertu ne se transmet pas mécaniquement, ni socialement. Quant à la richesse, est-il besoin de rappeler qu'il y a pléthore de fortunés dévorés par leur argent, comme il y a des pauvres élégants et pleins de dignité ? Voilà l'hédonisme (si l'on doit employer ce mot) proposé par le shivaïsme du Cachemire, un idéal d'ascèse aisée, de sobriété sensuelle qui n'est pas sans évoquer celui de certains adeptes du Chan et qui n'a jamais été aussi accessible qu'aujourd'hui.

Et c'est précisément cet esprit, pétri d'élégance et de dignité que je retrouve dans des caractères aussi différents que Bobin, Kelen ou Shiva. Une qualité d'authenticité qui vient d'un intérieur vivant.

jeudi 16 janvier 2020

A quoi ressemblait le Cachemire d'Abhinava Goupta ?

Sadhu lost in smoke, Kashmir, India

A quoi ressemblait le Cachemire d'Abhinava Goupta ? Êtait-ce une vallée d'ermites et de yogis où chaque être resplendissait de sagesse et de décence ?
Selon Kshémendra, disciple d'Abhinava, le Cachemire n'était pas un paradis de vertu, loin de là !
Ce satiriste dresse des séries de portraits sans concession (comme on dit), dans lesquelles le tantrisme est omniprésent, et rarement pour le meilleur... Que ce soient les femmes (bourgeoise, prostituée, intrigante) ou les hommes (fonctionnaires, astrologue, médecin âyurvédique, ascètes, obsédés de pureté, gourous), nul ne semble échapper à la critique.

Ses versets sont plein de double sens.
Pour en donner juste une idée, voici le premier de sa Guirlande de bouffonneries (Narma-mâlâ) :

 yena svecchayâ idam sarvam mâyayâ mohitam jagat /
sa jayati ajitah shrîman kâyasthah parameshvarah //

A première vue, c'est un hommage adressé à Shiva, le Seigneur suprême (parameshvara) :

"Gloire à l'invincible Seigneur suprême,
sublime, présent dans le corps,
à lui qui selon son désir et par sa magie
plonge ce monde tout entier dans la confusion !"

Cela semble spirituel, tantrique et on reconnaît la phraséologie typique du shivaïsme du Cachemire : svecchayâ "selon son désir", etc.

Mais une autre lecture est possible et voulue : le kâya-sthah est le fonctionnaire, héros de la tragi-comédie décrite ici. Il est le chef de la mafia, son "parrain" (parameshvara), c'est-à-dire à la tête de son réseau de fonctionnaires corrompus. Selon ses désirs, il trompe tous le monde et il semble gagner à tous les coups... :

"Il gagne, invaincu, le parrain des fonctionnaires, qui selon son désir et son art de la tromperie, égare tous le monde !"

Voilà ce que, en poésie sanskrit, on appelle un double-sens (shlesha) ! 
C'est aussi un bel exemple de reconnaissance (pratyabhijnâ), terme important qui, en sanskrit, ne désigne pas tant un retour à la connaissance, qu'un acte de connaissance qui consiste à rapprocher une expérience quotidienne, d'un idéal transcendant. C'est bien ce que Kshémendra fait dans ce verset, mais la réalité quotidienne dans laquelle il reconnait le divin n'est pas celle que l'on attendait. C'est un monde de misère humaine, de corruption morale, d'obscurantisme et de vénalité. Kshémendra est bien loin de la "pensée positive" et du spirituellement correct. 
Si, par ailleurs, il s'avère qu'il est Kshéma Râdja, le cousin et disciple tantrique d'Abhinava, alors cela voudrait dire qu'un personnage aussi important que lui a pu s'éloigner du tantrisme, car Kshémendra nous dit qu'il s'est rapproché, après avoir reçu l'enseignement d'Abhinava, du vishnouïsme à travers un certain Soma. Et son oeuvre littéraire témoigne d'un regard acerbe et désabusé.

Quoiqu'il en soit, nous voyons que ce verset d'hommage est aussi une sorte de satire de la Reconnaissance (pratyabhijnâ) : à quoi bon reconnaître une vérité si pure dans une réalité si décevante ? N'est-ce pas risible ? Tel semble être le massage du satiriste.

Par ailleurs, en nous dressant un tableau lucide du Cachemire de l'Âge d'or, il nous apprend que l'herbe n'est pas toujours plus verte ailleurs. Le pouvoir corrompt. Toujours et partout, la justice ne tient qu'à un fil. Cela n'entame pas la crédibilité du shivaïsme du Cachemire, car ce dernier n'est jamais l'objet de la critique explicite de Kshémendra. Mais cela montre que l'on peut et que l'on doit, même si l'on a une vie intérieure, se préoccuper de la vie morale et politique.

mercredi 11 septembre 2019

Kshéma Râdja était-il Kshémendra ?

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Le lac Dal et ses "houseboats"

Reste de temple hindou dans une mosquée à Shrînagara, ex-Pravarapurâ

photo de Gopi Nâth Kavirâdj à l'âshram de Lakshman Joo



Le shivaïsme du Cachemire a évolué dans la vallée du Cachemire entre 800 et 1100, en gros, dans un contexte politique agité mais une économie prospère. Il ne faut pas imaginer une retraite désertique peuplée de quelques yogis, mais une vallée de commerce, un lieu de passage sur la route de la soie. 

Les traditions initiatiques qui ont servi de support aux exégètes du Cachemire ne sont pas nées au Cachemire, sauf peut-être la tradition Kaula "originelle" (pûrva). Les autres - Siddhânta, Netra/Mrityunjaya, Svacchanda-Bhairava, Picumata-Brahmayâmala, Trika, Krama, Shrîvidyâ, sont sans doute nées dans d'autres régions de l'Inde.

Au Cachemire se sont développées des traditions qui s'écartaient du milieu initiatique pour s'ouvrir à un public plus large : d'abord le Spanda, puis la Pratyabhijnâ, laquelle propose une voie nouvelle, accessible à tous et sans aucune initiation. 

Mais à quoi ressemblaient ces milieux concrètement ? Combien de pratiquants ? Les textes nous présentent des idéaux, mais quelle était la réalité quotidienne de ces adeptes ? Combien de yogis ? De karmis (ritualistes, sans doute la majorité) ? De jnânis ? Les orgies et autres pratiques transgressives étaient-elles pratiquées ? Par qui ? 

Or, contrairement au reste de l'Inde, souvent perdue dans les méandres de sa mythologie, le Cachemire nous a laissé des documents "historiques". Certes ils ne sont pas fiables à 100%, mais leur ton et leur contenu est clairement différent des Pourânas, par exemple.

Il y a en gros deux groupes : d'un côté les chroniques "historiques", le Nîla-mata-purâna et surtout la Râja-taranginî  de Kalhana ; de l'autre, les documents littéraires, avec le Kathâ-sarit-sâgara de Somadeva et les oeuvres exceptionnelles de Kshémendra.

Ce corpus évoque souvent les pratiques tantriques. Ce sont donc des témoignages importants, mais qui sont généralement négligés. Ils sont pourtant une fenêtre sur l'univers dans lequel ont vécus les "grands" comme Abhinava Goupta et Kshéma Râdja. Il n'est pas explicitement question de ces philosophes dans ces textes. Mais il y a des indices troublants, que je voudrais partager avec vous.

Il est bien connu que "du temps du roi Avanti Varman (à partir de 855), des philosophes et des Siddhas, à commencer par Kallata (l'Auteur du Poème du frémissement, Spanda-kârikâ), descendirent sur la terre pour le bien-être des hommes." (V, 66). A ce roi vertueux succède Shankara Varman, à partir de 883, un psychopathe qui spolie la vallée et installe au pouvoir la redoutable caste des Kâyasthas, sortes de scribes, aujourd'hui encore connus en Inde pour être vénaux. Par exemple le gourou de la Méditation Transcendantale est un Kâyastha. Mais bien sûr il y en a de bons, comme la famille des gourous de Lilian Silburn (ceci dit, l'un des disciples a quand même fondé la secte Sahaj Mârg et les autres se sont chamaillé toute leur vie). Alors (à partir de 883) "dominèrent les Kâyasthas, ces fils d'esclaves qui anéantirent tout bonheur. La terre devint, sous la garantie du (roi Shankara Varman) la possession des Kâyasthas, comme il arrive quand les rois ôtent la distinction des castes." Le poète satiriste Kshémendra décrit lui aussi la corruption de cette communauté  et sa participation aux orgies tantriques. Les brahmaniques orthodoxes réagirent par une grève de la faim, apparemment sans succès. D'où une blessure dans la mémoire collective. Autrement dit, l'époque où commence le shivaïsme du Cachemire, vers 883, est une période de troubles, sous l'égide d'un roi vulgaire, violent, impulsif et refusant de parler le sanskrit. Un cauchemar. C'est pourtant dans le siècle qui suit que parleront les plus grands maîtres du Cachemire, y-compris l'Auteur anonyme du Yoga selon Vasishtha, peut-être au temps du roi Yashaskara, entre 939 et 948. Ce Xème siècle est rempli de complots, de guerres civiles, de corruption, de famines, et d'assassinats. Mais il faudrait un jour en écrire l'histoire, peut-être un peu romancée, à partir des éléments que nous avons. 

Quoiqu'il en soit, arrive au pouvoir Yashaskâra, un homme de qualité apparemment, puisque sous son règne les tântrikas sont neutralisés :

"Des gurus insensés, faiseurs de sacrifices avec des poissons et des gâteaux, n'entreprenaient pas l'examen de la
doctrine des saintes écritures dans des livres composés par
eux-mêmes.
On ne voyait pas des femmes de ménage, élevées au
rang des déesses par les initiations d'un guru, causer un déréglement de bonnes mœurs et de la foi par des secousses

de tête." (VI, 11-12)

Les "gurus insensés" sont manifestement des gourous tantriques, kaulas qui font des sacrifices (yâga), "avec des poissons et des gâteaux" (caru), ces gâteaux n'étant pas des charlottes à la fraise, mais plutôt des boules de riz mélangées de sang. Le reste fait allusion aux orgies kaula et les "secousses de têtes" (mûrdha-dhûnanaih), dues aux transes shaktiques (shakti-pâta, rudra-shakti-samâvesha) qui sont la marque de l'initiation kaula. L'Auteur, défenseur de l'orthodoxie brahmanique, accuse les gourous kaulas 
d'écrire "eux-mêmes" les tantras.


On nous raconte ensuite que ce même roi vértueux, Yashaskâra, fit punir un yogi de la tradition Krama qui avait participé à des orgies tantriques (yoginî-melâpa, cakra-krîdâ, vîra-tândava) :

" Le roi (Yashaskâra), strict observateur de la justice, et dirigeant
ses efforts vers la surveillance des coutumes de castes, punit l'ascète brahmane, appelé Tchakra
Bhânou, pour avoir été dans une orgie (cakra-melaka).
109. Ayant remarqué sa conduite très-blâmable,
il lui fit marquer le front d'une patte de chien.
11o. Il fut, pour sa sévérité, blâmé avec colère par son
oncle maternel, qui était un grand dévot et son ministre de
la paix et de la guerre (et qui était aussi un maître tantrique du Krama, du nom de Vîra Vâmana, auteur bien connu par ailleurs du Bouquet pour l'éveil au Soi, voir à la fin de mes 60 expériences de vie intérieure chez Almora).
111. Voici ce qui est dit avec assurance par les gurus qui,
dans la puissance d'un de leurs anciens docteurs, proclament l'établissement de leur propre autorité :
112. Le bruit répandu par eux fut que le (roi Yashaskâra) est mort sept jours
après la punition du guru, tandis que, d'après d'autres, il a succombé une longue maladie; comment peut-on être sûr de la vérité? -
115. Ou, si l'on ajoute foi à ce qu'on a dit pendant sa maladie,on prendra aussi la malédiction de Varnata pour la cause de sa mort." 

Comme on voit, les adeptes du tantra non-duel ne dédaignaient pas toujours la magie noire. 

Régna ensuite, de 958 à 1003, une femme, la reine Diddâ, l'une des rares femmes ayant régné en Inde. Femme à la main de fer, elle élimina les autres princes. C'est elle qu'a du connaître Abhinava Goupta. Elle prit comme amant un berger du nom de Tounga, qui prit bientôt le pouvoir.

Il n'est pas question d'Abhinava Goupta ni de Kshéma Râdja. Ce dernier serait le cousin d'Abhinava et se présente comme son disciple, mais Abhinava, lui, le le mentionne pas. Etrange. 
Or, Kshémendra (990-1070), poète et satiriste célèbre, dont le nom a le même sens que Kshéma Râdja ("roi du bonheur"), mentionne aussi Abhinava Goupta parmi ses maîtres. On peut donc se demander si Kshémendra ne serait pas tout simplement Kshéma Râdja. Ce dernier aurait alors commencé sa carrière comme tantrique disciple d'Abhinava, avant de quitter la tradition (ce qui expliquerait le silence d'Abhinava) et de prendre la posture du moraliste : dans ses satires, Kshémendra se moque en effet durement des plusieurs maîtres kaulas et de leurs disciples. Faut-il y voir une critique du tantrisme par Kshémendra, ex-adepte ? Si c'était le cas, son témoignage serait très fort, car les tableaux peints par Keshémendra, dont j'ai donné quelques échantillons dans mon Introduction au tantra, sont clairement le reflet d'une expérience de première main. Ils dressent des portraits réalistes et cruels de ces maîtres que l'on imagine, aujourd'hui, raffinés et distingués, mais qui étaient, selon le moralistes, des créatures assez misérables. Cependant, rien n'est certain, et tout ne colle pas. Je ne vois pas trop comment un philosophe aussi profond que Kshéma Râdja aurait pu se transformer en ce personnage cyniqye qu'est Kshémendra, fils du riche dévot shivaïte Prakâshendra. Mais la chose n'est pas impossible. Si elle se vérifiait (mais je ne vois pas comment), cela porterait un coup sévère à l'image fort pieuse que nous avons d'Abhinava Goupta et de son enseignement sophistiqué.

Comment savoir ?

Voici quelques matériaux pour étudier le contexte social concret du shivaïsme du Cachemire :

Un article sur les brahmanes du Cachemire :

Sur le Nîla-mata-pûrâna :

Sur la Râja-taranginî :

Une traduction française de la Râjataranginî, vol. II :
https://books.google.fr/books?id=9W8jczZJ5NQC&lpg=PA549&ots=THgZ-1kWqU&dq=chronique%20des%20rois%20du%20kachmir%20troyer&hl=fr&pg=PP1#v=onepage&q&f=false

Sans oublier, bien sûr, les articles d'Alexis Sanderson.
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