jeudi 31 mars 2016

Cercle de méditation du dimanche 3 arvil 2016



Chers amis,

Communier en silence, savourer ensemble la joie simple d'être.

Quoi de plus beau ?
Gratuit.
Limpide.
Profond.

Sur ce chemin, nous avançons jour après jour.
Pas de technique, point d'assurance, nous marchons sans savoir, en nous abandonnant à ce je-ne-sais-quoi insaisissable mais bien réel qui s'empare de nous quand nous lâchons prise.

Je vous propose de partager un moment de calme, 
sans rien faire, juste nous laisser faire.

Entrée libre. Tous sont les bienvenus pour ce temps de partage en silence, suivi d'un moment où chacun pourra, s'il le sent, partager son expérience, en sirotant un thé chaud.

C'est aussi l'occasion de découvrir la méditation et la vie intérieure, en toute simplicité, entre amis.

L'approche proposée est celle du tantra, mais dans une tradition peu connue, celle du Cachemire.
Concrètement, on médite comme Shiva et comme Shakti, Dieu et Déesse, selon deux attitudes complémentaires : chacune a ses points-clé pour la posture, le regard, le souffle, la manière de placer l'attention. Un état d'ouverture nous envahit ainsi naturellement.
N.B. : il ne s'agit pas ici de néotantra :)
mais d'une approche traditionnelle,
celle de la tradition du Cœur (koula en sanskrit).

Dimanche 3 avril 2016
de 15h à 17H

Pour s'inscrire et connaître l'adresse exacte :

deven_fr@yahoo.fr

A bientôt !

David Dubois

mercredi 30 mars 2016

Sommes-nous libres ?



Tout dépend de qui nous sommes.
En tant que corps, énergie vitale ou mental, nous sommes des choses.
Or les choses, privées de conscience propre, ne peuvent rien. Car seule la conscience peut, elle seule agit, attendu qu'elle est indépendante des choses, comme le prouve l'expérience de chacun. En tant que corps sans conscience, en revanche, je n'existe même pas comme illusion !

D'un autre côté, toute chose est dans la conscience souveraine. 
Tout baigne en elle comme dans un élixir de vie.
Et c'est elle qui, infusant le corps, lui donne l'être, le mouvement et la vie.
C'est elle qui, infusant de sa présence vivante les syllabes, donne aux mots tout leur pouvoir.

C'est donc la conscience qui agit : la Déesse, inséparable de Dieu, comme la lumière du soleil.

Mais alors suis-je libre en tant qu'individu ? Que se passe-t-il quand j'agis ? 

Il se passe qu'à chaque fois que j'agis consciemment, par ma volonté, je me dilate à l'infini, je me replonge, pour ainsi dire, dans mon essence de pure conscience souveraine. Et c'est ainsi que mon corps et le reste de ma personne participent à la liberté de la conscience. C'est ainsi que l'individu est libre.
Mais d'ordinaire, ce processus de plongée dans l'infini passe inaperçu, car la conscience, emportée par son jeu, s'oublie dans l'intérêt qu'elle porte à des choses limitées. Par exemple, "je" veux faire la vaisselle, et, obsédé par cette visée pratique, je néglige qu'à chaque acte conscient, je me replonge dans l'Acte conscient universel. 
Pourquoi cet aveuglement ? Parce que moi, pure conscience infinie, je veux me manifester ainsi, comme être limité. Pourquoi ? Par jeu... ou bien, disons que c'est un mystère, un vertige, une ivresse, un saut, un émerveillement, un scandale, un miracle, une horreur, un drame, un grand point d'interrogation... tout cela et bien plus encore. 

Moi, conscience, je me manifeste comme objet, je m'identifie à certains, opposés à d'autres, et je manifeste tout cela comme séparé de moi, alors que tout cela ne se manifeste jamais ailleurs qu'en moi.

Plus je m'identifie à un objet limité, plus je souffre ses limites, mais toujours sur fond de liberté. Même si je suis ignorant, aveugle, distrait, tout cela est, au fond, librement assumé. Jouer à être limité est aussi une forme de liberté. Plus je reconnais et porte attention à l'Acte de conscience par lequel tout advient, plus je suis libre, en un jeu inconcevable, capable d'accomplir l'impossible, dans le meilleur comme dans le pire.

Nul acte du sujet limité n'est possible sans l'Acte du sujet illimité. L'un est le prolongement de l'autre. Ou plutôt, l'un EST l'autre, et à l'instant de chaque acte, la conscience replonge en elle-même et retrouve, pour un instant hors du temps, sa toute-puissance. Reconnaître cela, s'en délecter, s'y plonger, s'y laisser posséder : tel est le yoga de la Reconnaissance.

Cette vision est très différente de celle de l'Advaïta Védânta : dans cette dernière approche, comme dans la plupart des approches "non-duelles" d'aujourd'hui, la conscience se reconnait seulement comme immobile, inactive, témoin passif de la danse des apparences. Si je suis cette approche, je me retrouve dans une impasse : ou bien j'agis, mais c'est une illusion, un manque de conscience  claire ; ou bien je suis pure conscience passive, inaffectée, mais alors je n'agis pas, je ne participe à aucune vie. Action sans conscience ou conscience sans action : tel est le dilemme du néoadvaita, que la Reconnaissance dépasse dans le yoga de la vie quotidienne, dans le yoga de la plongée de la conscience en elle-même au cœur de chaque acte.

dimanche 27 mars 2016

La nuit divine



Il y a peu, la Nuit-de-Shiva (shivarâtri) était célébrée, comme chaque année.
Le sens profond de ce mystère est la disparition du soleil et de la lune dans l'immensité de l'espace - conscience qui se connait elle-même par elle-même. 
Soleil et lune sont l'expir et l'inspir. En se recueillant sur leurs intervalles, ils s'amenuisent, "se couchent", et le prodige du silence conscient se déploie. Le souffle oublié, le temps suspendu, la Mort se meurt, dévorée par le feu de la présence atemporelle. Outpaladéva dit :

Quand le soleil se couche
avec la lune et tout le reste,
le mystère de la Nuit-de-Dieu
s'élève dans sa gloire : claire lumière
brillant de son propre éclat. 
Hymnes, IV, 22

Kshémarâdja explique :

La Nuit-de-Dieu, mystérieuse, est au-delà de ce monde. Elle est le domaine où l'on se laisse posséder par Dieu. Elle est une nuit : elle est comme la nuit puisqu'elle est résorption de toutes les manifestations de l'illusion (de la dualité). Comment la décrire ? Comme une lumière qui s'éclaire elle-même, comme le déploiement de la Lumière de la conscience, elle dont l'essence est d'illuminer. 
Le soleil est la toute première manifestation du monde phénoménal, le souffle expiré. La lune est le souffle expiré; Avec tout le reste, le soleil se couche, s'apaise. 
Ou encore, le soleil est la lumière des moyens de connaissance (tels que la perception, l'inférence et le témoignage valide). La lune, etc., ce sont les objets. 



La véritable méditation




Tout ce qui est, réel ou non, véritable ou seulement imaginé, est dans et par la conscience. 
Tel est l'éveil, telle est la compréhension achevée.
Telle est la véritable méditation, même si je ne suis pas en posture.
Puisse ceci être absolument clair pour moi, sans nulle différence entre ma compréhension et mon expérience !

Outpaladéva dit :

Tu es tout.
Réel ou pas, rien n'existe
à part toi :
telle est, en ce monde,
la certitude de l'intelligence parfaite.
De même, sois évident pour moi ! IV, 9

Kshémarâdja explique :

Tu es tout. Le reste, réel ou non, n'est rien. Tout est pure conscience, parce que rien ne se manifeste sinon en étant Lumière consciente. Telle est l'intelligence parfaite, en quoi consiste la Pure Science : grâce à elle, on a l'assurance de ton existence. De même, sois évident aussi entre deux séances de méditation, sois évident grâce à la force d'une totale possession (par toi) !

"Entre deux séances de méditation" (vyutthâne) : c'est-à-dire même quand mon attention semble distraite de toi. 
Il y a méditation (samâdhi) quand je suis dans la pleine conscience de toi, éveillé à la certitude que tout est conscience, que tout est toi, que tout est moi, même si je suis en train de marcher, de parler...
Il y a l'intervalle entre deux méditations si je suis distrait, repris par l'oubli de l'unité, par le doute, même si je suis assis sur un coussin de méditation.

vendredi 25 mars 2016

La sagesse sans amour est vaine



Les noms de l'Essence - Soi, soi-même, conscience, présence - 
suggèrent qu'elle est évidente, 
plus proche de soi que soi, 
plus intime que nos mauvais souvenirs, 
plus familière que nos problèmes, 
plus claire que nos opinions. 
Mais sans amour, la reconnaissance reste stérile, sèche, aride : elle ne dégouline pas de nectar, d'ambroisie, de ce suc prodigieux qui confère à qui s'en délecte l'immortalité et des dons infinis. 
La connaissance, si elle n'est pas animée du feu de la passion, 
ne consume rien, 
ne mène à nulle consommation.
Le maître de la Reconnaissance le dit :

Les sages eux-mêmes ne te reconnaissent pas...
Mais les intimes de ton amour
ne te lâchent pas même un instant :
hommage à toi, 
conscience, 
présence,

qui que tu sois !

Outpaladeva, Hymnes, II, 24
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