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dimanche 21 mars 2021

Le Yoga de l'Equinoxe, Yoga Royal

Le Yoga de l'Homme-lion, incarnation du Yoga du Temps


Bonjour, 

c'est aujourd'hui le premier jour du printemps, du Premier Temps. C'est le temps de se rappeler ce qui est hors du Temps, grâce au Yoga extraordinaire du Temps.

En cet équinoxe, frère Soleil (sol, sûrtya) égal la Lune. Le jour égale (aequus) la nuit (nox), Soleil et Lune à égalité. 

Or, le Soleil et la Lune, c'est le Temps, c'est-à-dire aussi la Mort. Kâla, en sanskrit, la langue "parfaite" des dieux, désigne à la fois le Temps et la Mort. Le Soleil est aussi le Feu digestif qui consume peu à peu le corps. L'une des pratiques du Tantra est de "tricher avec la Mort", avec le temps, avec le vieillissement...

Comment ?

En découvrant que je ne vieillis pas. La vieillesse, c'est le Temps. Le Temps, c'est le changement. Le changement, c'est le mouvement. Le mouvement, c'est le souffle, n'est-ce pas ?

Alors j'écoute le souffle. Quelle merveille que ce va-et-vient ! La respiration, dit un maître du Tantra, c'est la vibration infiniment subtile de la Conscience universelle qui ralentit, peu à peu, pas à pas, d'inspir en expir.

Ce mouvement de balancier est le Temps. La Mort, ma mort. A chaque mouvement, un pas vers la Mort... 

Mais que faire ? L'expir est déjà la Mort. Expirer, c'est mourir un peu. L'inspir est inspiration, vie, don d'énergie pour agir. Mais ces deux mouvements, selon les Védas, les poèmes de l'Indo-Europe d'avant l'agriculture, sont comme deux chiens qui me guettent de leurs yeux féroces. Un blanc, un noir. Et je doit leur jeter des croquettes à chaque moment, la croquette de l'inspir, la croquette de l'expir. Sans cela, ils se jettent sur moi, me dévorent et c'est la fin. Mais ainsi, je vis en sursis, je vis seulement pour mourir, je gagne ma vie à la perdre ! Un expir contre un inspir... De plus, je suis le champs de bataille entre ces énergies opposées, comme sur le champs de bataille de la Fin des Temps. Ma vie est un champs de bataille. Qui gagne, perd. D'échecs en réussites, de gains en pertes, prendre et donner, exaltations et abattements, espoirs et craintes...

Que faire ? Comment s'en sortir ?


Voici le remède, révélé par le Troisième Œil, Shiva, dans le Tantra de l'Oeil (Netra-tantra), justement. Il s'agit de la pratique de l'affinement du souffle (prāṇāyāma), pour ne plus être esclave de ses énergies, mais libre  :

madhyamaṃ prāṇamāśritya prāṇāpānapathāntaram | 

ālambya jñānaśaktiṃ ca tatsthaṃ caivāsanaṃ labheta || 8-11 ||

"D'abord, je m'abandonne au souffle du milieu,

entre le mouvement de l'expir et le mouvement de l'inspir.

Une fois porté par cette énergie de conscience,

je me tiens en elle et je trouve ainsi mon assise".

_______________________________

C'est très simple : j'écoute le mouvement du souffle. Puis je m'ouvre aux intervalles entre la fin d'un expir et l'inspir suivant. Expir... silence... inspir... silence... expir... silence...

Et ce silence, cet intervalle, devient alors de plus en plus vivant. Sous la lumière de l'attention, il s'éveille. C'est l'éveil de la Lovée, la Koundalinî, la Conscience universelle. Endormie dans son mouvement mécanique, elle s'éveille peu à peu...

"Je m'abandonne" : en confiance, plus qu'en conscience, sans vigilance excessive, tout en douceur. Je goûte les grandes bulles d'énergie qui éclatent dans l'espace qui s'ouvre en grand, dans un silence émerveillé, subtil mais vif. Vagues de souffle, vague de conscience...

"Je trouve ainsi mon assise" : je découvre ma demeure véritable, mon centre entre expir et inspir. Or, cet intervalle est immobile, comme au sommet d'une montagne russe. Instant d'apesanteur. Les mouvements grossiers cessent, un autre mouvement, plus subtil, se dévoile. (NB : je transpose la troisième personne du verset à la première personne, conformément à l'interprétation du premier verset du Poème de la Reconnaissance par Abghinava Goupta)

Kshéma Râdja, commentateur de ce Tantra, explique que l'énergie de conscience s'éveille dans cette écoute, elle commence à s'éveiller, unmishat, car la pleine conscience émerge (unmajjanât) et le souffle grossier s'immerge (nimajjanena) en elle, en son immensité (vyâpti). J'ajoute cela juste, non pour jouer à l'érudit, mais pour vous donner un aperçu de l'interprétation traditionnelle. Il est bon de se mettre à son école, de ne pas mentir en inventant un "shivaïsme du Cachemire" new age, sans toutefois rester prisonnier de la tradition. Cependant, avant de parler de dépasser la tradition, encore faut-il la connaître. Et comment la connaître sans connaître ses sources ? Méfions-nous des imposteurs qui veulent faire passer leurs fantaisies pour la tradition. Soyons aussi exigeants pour cette nourriture spirituelle que nous pouvons l'être pour les nourritures physiques.

Puis,

prāṇādisthūlabhāvaṃ tu tyaktvā sūkṣmamathāntaram | 

sūkṣmātītaṃ tu paramaṃ spandanaṃ labhyate yataḥ || 8-12 ||

prāṇāyāmaḥ sa uddiṣṭo yasmānna cyavate punaḥ |

"Je lâche à fond les ressentis grossiers

liés à l'expir et à l'inspir,

puis je vais vers l'intervalle subtil.

Puis je vais au-delà du subtil,

d'où je découvre la vibration ultime.

Tel est le 'contrôle du souffle' absolu,

car il ne me trahit pas."

_______________________

Le mouvement grossier, c'est le mouvement perceptible de la respiration. Je pars de lui, du Temps, de la Mort.

Puis je vais vers le subtil, les intervalles où la Vibration s'éveille.

Enfin, je plonge dans la Vibration suprême, âme des mouvements grossiers et subtils, corporels et mentaux. Je transcende le mental. Mais ce silence n'est pas mort, pas statique, il est au contraire Vibration totale, mouvement infini, dont les mouvements de la pensée et du corps ne sont que des échos ralentis. 

Ainsi, je dépasse le Temps, la Mort. Je la dévore, j'engloutis le Temps, car quand je prête attention aux intervalles entre les mouvements, ces mouvements (prâna) s'affinent (âyâma). Même quand ils se réactivent, je conserve le parfum (vâsanâ) de cette Vibration infinie, béatitude sans rivale qui me délivre de tout mal. Je suis l'océan, les vagues sont ma gloire. Je suis véritablement dans l'accueil, sans besoin de me raccrocher à des slogans. Je suis le remède, la réponse vivante, je suis ce que je croyais ne pas être ; je ne suis pas ce que je croyais être.

Je suis le Temps, libre du Temps. Je suis l'âme de la Mort. Je suis la Vie de ce qu'il y a après la vie. La Mort est changement de rythme, retour au subtil. La Mort elle-même se révèle comme libération. Chaque fin d'expir, chaque fin de pensée est une Mort, une libération, un retour à l'Essence libre, ouverte, en expansion sans fin ni limite. L'impermanence se révèle enfin sous son véritable visage, celui de la liberté.

Bien sûr, je vais ensuite me laisser distraire par des mouvements plus grossiers. Mais 

1) Je sais désormais qu'ils sont mes vagues, mes ondes, mes mouvements, mes énergies, mes pouvoirs ; et

2) Je peux "revenir", savourer sciemment. Et plus je savoure, plus le parfum de la Vibration est fort, vivace et durable. 

Voilà le vin nouveau, le vin de printemps, du Temps Primordial, inépuisable, toujours vert, vivant et vivifiant.

Bon printemps à tous !

lundi 21 décembre 2020

Le yoga des solstices

 Le yoga est l'état d'union de l'individu avec le divin, et il est aussi les voies, les moyens et les méthodes qui mènent à cette union.

L'axe du yoga traditionnel, c'est-à-dire tantrique, est la respiration. La méthode la plus répandue, outre des techniques de rétention, est la simple écoute du souffle. Par ce geste d'attention, les cycles respiratoires ralentissent, les intervalles entre inspir et expir se creusent. Finalement, le souffle devient quasi imperceptible. Or, les mouvements de la respiration sont le support objectif des état mentaux, des états subjectifs. En agissant sur le souffle, on agit dont sur le mental, on l'affine jusqu'à atteindre l'état qui transcende le mental, la conscience originelle. 

Dans cette pratique, qui est au cœur du yoga en général et en particulier au centre de la tradition ésotérique Kaula, on pose l'attention spécialement à la fin de l'inspir, dans le coeur. On laisser l'attention "surfer" ou "planer" en silence sur cette vague du souffle. On ne revient poser l'attention sur un autre inspir, ou la fin d'un expir, que si l'on constate que l'attention a été distraite, que le fil du silence a été apparemment rompu. 

Pour s'aider, on peut délibérément allonger un expir et énoncer le mantra "om" ou n'importe quelle autre syllabe, hrîm, hûm, hâm, etc.

Une autre pratique, plus élaborée, consiste à méditer sur différents cycles temporels projetés sur le cycle respiratoire. Par exemple, un cycle d'une année. La fin de l'inspir correspond alors au solstice d'hiver.

Cette nuit la plus longue est le moment où la Lune atteint l'apogée de sa puissance, avant que le Soleil ne recommence à boire peu à peu son nectar, jusqu'au solstice d'été qui correspond à la fin de l'expir. Ces correspondances sont représentées sur l'image ci-dessous, œuvre de l'astrologue Freedom Cole.


Je ne sais si vous voyez bien sur ce dessin, mais ces cycles temporels sont aussi représentés spatialement : une sorte de fil de lumière s'étend depuis le cœur jusqu'à l'espace au-dessus de la tête. Il mesure environ trente-six largeurs de doigts et l'adepte peut y projeter, comme sur un shiva-linga, toutes sortes de hiérarchies, par exemple ici les signes du zodiac, les mois de l'année, etc.

Tout ceci est expliqué en détail dans le chapitre VI du Tantrâloka d'Abhinava Gupta. Vous en trouverez des extraits, ainsi qu'un passage du Yoga selon Vasishta (Yoga-vâsishta) qui traite de la simple pratique de l'écoute du souffle, dans l'Anthologie du shivaïsme du Cachemire, accompagné de son manuel de pratique, Les quatre yogas.





dimanche 22 novembre 2020

Vijnana Bhairava 153-163 Conclusion : Reunion




The conclusion of the Tantra : reunion of the God and the Goddess.


yair eva pūjyate dravyais tarpyate vā parāparaḥ |

yaś caiva pūjakaḥ sarvaḥ sa evaikaḥ kva pūjanam || 153 ||

vrajet prāṇo viśej jīva icchayā kuṭilākṛtiḥ |

dīrghātmā sā mahādevī parakṣetram parāparā || 154 ||

asyām anucaran tiṣṭhan mahānandamaye 'dhvare |

tayā devyā samāviṣṭaḥ param bhairavam āpnuyāt || 155 ||

ṣaṭśatāni divā rātrau sahasrāṇyekaviṃśatiḥ |

japo devyāḥ samuddiṣṭaḥ sulabho durlabho jaḍaiḥ || 156 ||

ity etat kathitaṃ devi paramāmṛtam uttamam |

etac ca naiva kasyāpi prakāśyaṃ tu kadācana || 157 ||

paraśiṣye khale krūre abhakte gurupādayoḥ |

nirvikalpamatīnāṃ tu vīrāṇām unnatātmanām || 158 ||

bhaktānāṃ guruvargasya dātavyaṃ nirviśaṅkayā |

grāmo rājyam puraṃ deśaḥ putradārakuṭumbakam || 159 ||

sarvam etat parityajya grāhyam etan mṛgekṣaṇe |

kim ebhir asthirair devi sthiram param idaṃ dhanam |

prāṇā api pradātavyā na deyaṃ paramāmṛtam || 160 ||


śrī devī uvāca |

devadeva māhadeva paritṛptāsmi śaṅkara |

rudrayāmalatantrasya sāram adyāvadhāritam || 161 ||

sarvaśaktiprabhedānāṃ hṛdayaṃ jñātam adya ca |

ity uktvānanditā devi ka.ṅthe lagnā śivasya tu || 162 ||




samedi 19 septembre 2020

Un secret





śrīmadvīrāvalau coktaṃ bodhamātre śivātmake |
cittapralayabandhena pralīne śaśibhāskare || IV-89 ||
prāpte ca dvādaśe bhāge jīvāditye svabodhake |
mokṣaḥ sa eva kathitaḥ prāṇāyāmo nirarthakaḥ || IV-90 ||
prāṇāyāmo na kartavyaḥ śarīraṃ yena pīḍyate |
rahasyaṃ vetti yo yatra sa muktaḥ sa ca mocakaḥ|| IV-91 ||


"Dans le Tantra de la Lignée des héros, il est dit :


'Quand le Soleil et la Lune se sont couchés
dans la simple présence qui est Dieu
parce que l'attention y est cachée,
et que le Soleil de la vie,
qui est ma conscience,
a atteint l'espace au-dessus de la tête :
c'est cela, la 'délivrance' dont on parle.
Le contrôle du souffle ne sert à rien.
Il ne faut pas pratiquer le contrôle du souffle,
(car) il tourmente le corps.
Qui connaît ce secret
est libre et libérateur."


Abhinavagupta, Tantrâloka, IV

jeudi 6 août 2020

Vijnana Bhairava Tantra 31 Exploding Energy beyond the Body

1910 :: Colossal #Shivalinga In Baramulla , Kashmir (Photo - ASI ...
Shiva Linga in Kashmir, Baramulla

The experience of filling the body with breath and "exploding" it above the body, unto space :

tayāpūryāśu mūrdhāntaṃ bhaṅktvā bhrūkṣepasetunā |
nirvikalpaṃ manaḥ kṛtvā sarvordhve sarvagodgamaḥ || 31 ||
"Having quickly filled (the body) up to the head
with that (Vital Energy, and) having broken through
the bridge of the protracted eyebrows,
having made awareness undivided,
when (the Vital Energy) goes above all, 
one goes above all."



samedi 1 août 2020

Vijnana Bhairava Tantra 25 26 27 Awakening Through Breath

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Appar

The sacred experience of finding balance within breath :

maruto 'ntar bahir vāpi viyadyugmānivartanāt |
bhairavyā bhairavasyettham bhairavi vyajyate vapuḥ || 25 ||
"When the wind do not go outside
nor inside, 
by concentrating on the couple of them,
the Body of the Divine clearly manifests by that energy."

na vrajen na viśec chaktir marudrūpā vikāsite |
nirvikalpatayā madhye tayā bhairavarūpatā || 26 ||
"The breath (energy) shall not go out, nor in.
By the choiceless (energy)
expanding in the interval,
one becomes (again) divine."

kumbhitā recitā vāpi pūritā vā yadā bhavet |
tadante śāntanāmāsau śaktyā śāntaḥ prakāśate || 27 ||
"When energy becomes held, 
emptied or filled,
at the end of that she is said to be 'healed'.
Through her, one shines, healed."

lundi 26 août 2019

Comment éveiller la Koundalinî ?




La totalité de la vie intérieure est présente dans chaque cycle respiratoire. Voilà pourquoi le souffle est au centre de la vie en général et de la vie intérieure en particulier. 


Je peux plonger à la fin d'un expir : dans le silence qui suit, la conscience se réveille spontanément, comme à la fin d'un Om, d'un coup de gong, de bol tibétain ou en suivant un roulement de tonnerre qui meurt dans le silence. Au fur et à mesure que le son disparaît, un autre "son" devient audible.



Chaque expir est un Mantra, un son silencieux qui part du Coeur et s'élève jusque dans l'espace au-dessus de la tête, appelé traditionnellement "La Porte de l'absolu" ou l'ouverture vers l'Ouvert. Quand l'expir est ainsi accompagné d'une pleine attention, c'est l'éveil de la vie, c'est-à-dire l'éveil de la Koundalinî. Celle-ci n'est, dans le Tantra ancien, rien d'autre que la vie, c'est-à-dire la conscience, manifesté concrètement comme mouvement. D'ordinaire, la Koundalinî est courbée, car le souffle monte du Coeur et vient percuter les points d'articulation pour former les mots qui engendrent nos univers mentaux. 

Mais dans cette plongée à la fin d'un expir, l'énergie reste brute. Elle s'élève alors librement et s'élance dans l'espace, en silence. Certains textes comparent cela au tireur à l'arc qui décoche une flèche. Dans une perspective plus contemporaine, on pourrait dire que cela ressemble au surf : j'approche la vague et je la chevauche. Dans les deux cas, il y a une forte attention et le surfeur essaie de glisser le plus longtemps possible sur la vague. Dans la plongée dans l'expire, de même, j'essaie de suivre le mouvement le plus longtemps possible, bien après la fin de l'expir grossier, et même après l'inspir qui suit. L''attention continue de se dilater en silence, comme quand on suit le son d'un bol tibétain : à un moment, le son que j'écoute est l'écoute du son. Il n'y a plus séparation.


Cette pratique est au coeur de la tradition secrète du Koula. Elle est ainsi célébrée dans un verset adressé au Mystère sous la forme du Soleil :



"Ô Soleil ultime, hommage à toi !

Tu est le Soi intérieur présent 
dans la totalité du corps
de tout être incarné.
Et tu es la lumière visible
dans l'interaction des souffles,
frottement semblable à celui des 
bouts de bois pour allumer un feu.
C'est ainsi que les êtres vrais et disciplinés t'adorent."


(Hymne à Shiva et Shakti, Sâmbapancâshika, 14)



Kshéma Râdja explique :



" Les êtres vrais sont les yogis, qui s'adonnent de manière réglée au frottement des souffles aux moments où ces souffles se mettent en mouvement et s'arrêtent (sarva-vâha-mârga-udaya-vishrânti-padeshu), c'est-à-dire 

'quand l'énergie descend (dans l'inspir) 
et quand l'énergie du bas se contracte (dans l'expir). 
Celui qui connait cette plongée (samâvesha) 
dans la Shakti de Shiva s'y connaît (vraiment : 
les autres ne sont que des branquignols)'.
Selon cette pratique enseignée par la tradition (du Koula), tu es la Lumière visible dans les (intervalles) qui vont en se dilatant quand un souffle s'arrête (avant que le suivant ne s'élance), car (même dans ces intervalles immobiles) il y un balancement (subtil) qui continue, (qui est cette Lumière). C'est là que toi, (Soleil ultime), tu brille clairement comme conscience évidente, comme Lumière qui est à elle-même sa propre lumière. Les "bouts de bois" désignent l'inspir et l'expir qui correspondent au morceau de bois du haut et du bas (employés pour allumer un feu). L'effort du yogi correspond à l'effort pour frotter les deux bouts de bois."


Pour comprendre cette métaphore, il faut se rappeler qu'à cette époque, il y a mille ans, il n'existait pas de briquet. Pour allumer un feu, il fallait frotter des bouts de bois. Un bout horizontal, percé d'un trou, et un autre bout vertical, généralement doté d'un petit arc avec une ficelle enroulée sur l'axe du bout vertical. Allumer un feu demandait un effort soutenu. 



Une vidéo de cette technique, mais sans arc :







De même, le yogi plonge tout entier dans le mouvement des souffles. Et, de même qu'un feu (une étincelle, à peine une petite volute de fumée) naît de l'interaction, du frottement entre les deux bouts de bois, de même, la conscience s'éveille entre deux souffle : à la fin de l'expir et à la fin de l'inspir - mais en pratique, on conseille de plonger seulement à la fin d'un expir, et de ne revenir à un expir que si l'attention a été distraite ; sinon, on continue, à l'infini, comme un vol plané. Une présence subtile s'éveille dans cet intervalle. Subtile au début. Elle doit être nourrie d'écoute, avec un soin total. Peu à peu, elle prend de la vigueur et devient un feu capable de tout dévorer. De même, la conscience s'éveille et infuse tout, inspir et expir, et tous les mouvements. C'est l'éveil de la Koundalinî. 




Il existe des versions très sophistiquées de cette pratique, accompagnée de Mantras et de visualisations. Mais le point essentiel est dans la plongée entière à la fin de l'expir, comme une flèche qui partirait à l'infini.



En terme de souffles (prâna), l'inspir est le souffle "vers le bas" (apâna), l'expir est "vers le devant" (prâna, à ne pas confondre avec le prâna comme énergie vitale en général), les intervalles sont "le souffle égal" (samâna) ; la Koundalinî qui s'éveille dans l'écoute de ces intervalles est "le souffle ascendant" (udâna) ; et la présence sans limites, sans plus aucune séparation est "le souffle omniprésent" (vyâna). Cette interprétation des cinq prânas ne se trouve, à ma connaissance, que dans la tradition du Koula. 

vendredi 28 décembre 2018

Comment méditer sur le souffle ?



La méditation sur le souffle est, avec quelques postures simples, présente dans les plus anciennes formes de yoga.

Dans le Yoga du Corps (kula-yoga), l'une des sources du Hatha Yoga, l'observation de la respiration est élevée jusqu'à un incroyable degré de finesse. La tradition considère clairement que la simple attention au va-et-vient du souffle est une voie complète vers l'éveil, et non une étape ou un auxiliaire.


Mais contrairement au Hatha qui aspire à stopper les activités naturelles du corps, le Yoga tantrique kaula ne vise pas à suspendre entièrement la respiration.

Certes, quand on donne une pleine attention à la fin de chaque expir, le va-et-vient s'apaise, le mental se calme :

"Quand la respiration va et vient de manière égale, le [yogi] voit [tout] de manière égale." (Shiva-sûtra III, 24)


Mais on parle ici toujours de mouvement (samcâra) et non d'arrêt. Le prâna-âyâma consiste alors à allonger et affiner le souffle, non à l'arrêter complètement.   


Pourquoi cette différence d'approche ?

Parce qu'il semblerait que le Hatha soit d'inspiration bouddhiste, de même que le Yoga de Patanjali. Or le bouddhisme, depuis son origine, se veut anti-naturel, au sens où il ambitionne d'aller à contre-courant, contre le courant du samsâra, du devenir douloureux. 

Voilà pourquoi le Hatha est très technique, tandis que le Yoga du Corps est plutôt une célébration de l'incarnation. Il ne s'agit pas de se délivrer du corps, mais de l'élargir jusqu'à l'infini. Le souffle n'est pas bloqué, car :


"Le lien avec le souffle est naturel" (id. III, 44)


Le souffle est la vie, le corps. Et tout cela est la manifestation du divin. Le problème n'est pas le corps, mais l'oubli de l'espace sans limites dans lequel baigne cette incarnation. Chacun est appelé à se réveiller, à se rappeler cette source. La chair est alors reconnue comme manifestation du divin. 


Rejeter le souffle, c'est rejeter la vie, car le souffle est la vie, comme disait Shiva dans le Tantra de la Liberté (Svacchanda-tantra) :


"Le souffle est l'énergie vitale qui engendre l'expiration et l'inspiration".


Dans cet esprit, le "contrôle de la respiration" disparaît. On traduira prâna-âyâma par "affinement du souffle", rendre le corps à l'espace, à son espace, à cette présence intime que l'oubli a contracté. 


La pratique est souffle est libre célébration, adoration en dehors de tout cadre religieux. La tradition du Yoga du Corps, Kula-yoga, tradition du Cœur cosmique (kaula-dharma), transcende tous les clivages. Elle est présente, en Inde, dans toutes les traditions "comme le parfum dans les fleurs".


Shiva, au-delà du temps, là, maintenant, en parle ainsi :


"[Le mouvement du souffle de vie est transmuté en énergie divine] en se recueillant dans l'intime des narines. Alors à quoi bon les canaux de droite et de gauche ? A quoi bon le canal central ?" (id. III, 45)


Les canaux sont les rivières du corps subtil (privé, intime, non objectif) dans lesquelles coulent l'énergie vitale. Leur parcours varie selon les besoins de la pratique, mais on retrouve toujours trois canaux principaux : gauche et droite, qui incarnent l'inspir et l'expir, support de toutes les dualités (prendre/donner, accepter/rejeter, aimer/haïr...), et canal central, image de l'équilibre par où la conscience se libère des dualismes. 


Mais ici, la sensation du passage de l'air dans les narines est suggéré. Pourquoi ? A cause de sa subtilité et de sa nature tactile. Le toucher est enfant de l'espace. Il a ce pouvoir de ramener à l'infini, à l'Ouvert, bien davantage que les autres sens. Voilà pourquoi le Yoga du Corps accorde tant d'importance au toucher, plutôt qu'à la vue/vision des autres traditions.


Ecoute du souffle.

Des bulles éclatent dans l'espace.
Offrandes au linga ultime,
au symbole ineffable.
Méditation toute simple,
nul besoin de rien.
Ni visualiser, ni compter,
juste sentir.
Pleinement,
répondre à l'invitation du souffle.
Plonger, se donner totalement.
Alors on s'éveille à l'espace,
on se reconnaît espace,
ouvert, flottant, 
détendu, éclatant.


Pour explorer ensemble ce Yoga, j'ai le plaisir de vous inviter à un stage à Bézier les 9 et 10 février de 10h à 17h.
Renseignements et inscriptions :
06 68 49 39
coachingsabinewirt@gmail.com  

samedi 30 juin 2018

La rétention à vide, clé du yoga


Avant le yoga postural, lequel s'impose vraiment à partir du XVIIe siècle, le yoga est centré sur le prânâyama, l'art de la maîtrise du souffle.

Or, ces pratiques sont centrées sur la rétention.
De nos jours, on pratique plutôt la rétention à plein.
Mais la Hatha Yoga Pradîpikâ en dix chapitres, qui est une version peu connue de ce texte autrement célèbre, présente la rétention à vide comme la voie royale vers l'état de pure présence :

On délivrera le mental de tout point d'appui
grâce à une rétention après l'expir.
Au moyen de cet exercice,
on atteindra l'état de râdja yoga.

(Hatha Yoga Pradîpikâ en dix chapitres, IV, 67)

"Délivrer le mental" ou affranchir l'attention des supports qui la captive est une expression typiquement bouddhiste. Comme je l'ai écrit ailleurs, le bouddhisme a joué un rôle important à l'origine du Hatha Yoga.
Le résultat de cet exercice est le "yoga royal" (râja yoga), un état où toutes les facultés sont pleinement actives, dont le corps et les cinq sens, sauf le bavardage intérieur, qui cesse. C'est un état où le corps est actif mais où le mental se tait. C'est le but du Hatha Yoga, et c'est aussi la pratique contemplative appelée le geste de Shiva (shiva-mudrâ), le secret du Tantra, dont le Hatha Yoga est un aspect, une méthode.  

La rétention après l'expir peut être naturelle : l'attention se pose sur l'expir comme un surfeur chevauche une vague, jusqu'au silence, jusqu'à l'attention ouverte, la présence pure.

Cette rétention peut aussi se faire volontairement, par un blocage de la gorge. 

Pourquoi privilégier la fin de l'expir ? Le Tantra voit dans l'expir la résorption cosmique, le soleil qui consume le monde. L'expir invite au lâcher-prise.

Mais il y a une raison supplémentaire. Comme indiqué dans cet article scientifique, un gaz particulier s'accumule dans les cavités nasales durant la rétention. Ce gaz, le monoxyde d'azote ordinairement toxique a, dans ce contexte, de nombreuses vertus
Certes, il se forme aussi lors d'une rétention à plein. Mais lors de l'expir qui la suit, le gaz est éjecté et perdu pour l'organisme. Tandis qu'après une rétention à vide, l'inspir permet de l'ingérer et de bénéficier de ses propriétés. Il est aussi, semble-t-il, l'une des raisons pour lesquelles la respiration nasale est privilégiée en yoga, de façon générale.

Dans tous les cas - écoute du souffle naturel ou pratique contrôlée - l'expir et la rétention qui le suit sont des clés du Hatha Yoga, lequel est la méthode permettant d'atteindre l'état de Râja Yoga, ou état de profond silence intérieur,
quelque soient l'état du corps et de l'esprit.

vendredi 18 mai 2018

Atelier Le Yoga du souffle à Paris

Le Yoga du souffle
avec David Dubois
à Paris les 16 et 17 juin 2018


Le souffle est le lien entre le corps et l'esprit

Dans la tradition du shivaïsme du Cachemire,
le yoga du souffle est la voie du corps vers le silence et la plénitude

Grâce à cette pratique, on découvre concrètement
comment calmer l'angoisse, le stress, le mental,
mais aussi la fatigue et la boulimie.

Le yoga du souffle est la base de toutes les voies d'éveil
Il développe naturellement la concentration, l'écoute, l'équilivre

Dans cet atelier, je vous propose de découvrir 
pourquoi la respiration est la clé de l'épanouissement intérieur,
pourquoi la plupart d'entre nous respirons si mal,
quels sont les approches de la respiration dans les traditions spirituelles,
et surtout, nous pratiquerons dans l'esprit du shivaïsme du Cachemire

Chaque respiration est une vie complète
Chaque inspir, une renaissance

Avec l'expir, aller toucher l'espace
Avec l'inspir, rejoindre le coeur

Il n'y aura pas de postures de yoga.
Juste une assise simple et confortable,
sur chaise pour ceux qui en ont besoin

Ce weekend aura lieu au centre de Paris,
dans une petite salle conviviale située non loin des grandes gares.

participation : 140 euros
samedi 16 juin et dimanche 17 juin 2018
10h-17h
Lieu : Espace Divyan
1 passage du Jeu de Boules 
75011

Infos et inscriptions :
deven_fr@yahoo.fr
0603330558


mercredi 4 avril 2018

Qu'est-ce que le prânâyâma ?



Jusque vers l'An Mille, yoga est synonyme de prânâyâma.
Selon certains textes, cet auxiliaire suffit à atteindre le yoga, c'est-à-dire la liberté (moksha) et le bonheur (bhoga).

Mais qu'est-ce que le prâna-âyâma ?
Les textes donnent différentes interprétations. 
Prâna est à la fois la respiration et l'ensemble des mouvements du corps,
depuis les plus grossiers, les mouvements physiques, objectifs, jusqu'aux plus subtils, les mouvements mentaux,
les émotions et autres phénomènes subjectifs. 
Âyâma signifie "contrôle". D'ailleurs, un synonyme
de prânâyâma est prâna-jaya, la "maîtrise du souffle".
Toutefois, on trouve d'autres interprétations de âyâma :
"suppression", "allongement" ou "ralentissement".
Il s'agit, dans le prânâyâma, de stopper ou de ralentir
les mouvements du corps, l'esprit étant seulement
la partie la plus subtile du corps.

L'intérêt de la respiration est qu'on peut intervenir consciemment sur elle.
Elle est le lien entre l'attention consciente (cetanâ) et les mouvements du corps-esprit que l'on cherche à apaiser. Selon la Chândogya Upanishad, elle est un lien entre le corps et l'esprit, comme un oiseau sur le mat d'un navire en pleine mer n'a d'autre choix que de revenir au navire (on retrouve cette analogie dans les Chants attribués au Bouddhiste Saraha, me semble-t-il). 

Concrètement, le prânâyâma consiste à respirer moins :
en allongeant l'inspir, l'expir, ou à travers des rétentions,
le but est de diminuer le volume d'air ingéré chaque minute.
On y parvient par des pratiques nommées prânâyâma 
ou kumbhaka, "faire le vase". On traduit souvent kumbhaka
par rétention, et la rétention est au cœur du contrôle du souffle.
Il en existe deux, quatre ou huit sortes, à l'exception de la Kumbhaka-paddhati, manuel du XVIIIe siècle consacré entièrement aux rétentions, et qui en décrit cinquante-quatre sortes.

D'un point de vue physiologique (que le yoga ignore bien sûr,
mais qu'il pressent empiriquement), le prânâyâma
augmente la proportion de gaz CO2 présente dans le sang.
On entend souvent dire que le prânâyâma sert à "oxygéner" le sang et à débarrasser l'organisme de ses "toxines". 
Mais c'est précisément le contraire. En effet, si nous sur-oxygénons notre sang (par hyperventilation, c'est-à-dire en restant au repos  et en ingurgitant plus que les 4 litres d'air nécessaires à la vie d'un individu adulte en bonne santé), alors l'oxygène va certes s'accumuler dans le sang, et la proportion de CO2 va diminuer rapidement. Mais il va alors se produire une réaction spontanée, bien connue des physiologues depuis qu'elle a été découverte en 1904 par un médecin danois : l'effet Bohr.
Il s'agit d'une réaction d'équilibrage entre oxygène et CO2, "réaction" permanente qui consiste, en gros, en ceci :
quand l'oxygène augmente, le CO2 diminue, les tissus deviennent alcalin (le Ph baisse), les artères se contractent
et surtout, les globules rouges ne relâchent plus (ou moins vite) l'oxygène aux tissus et aux organes. Donc, quand on hyper ventile, les muscles sont moins oxygénés, de même
que le cerveau. Voilà pourquoi on ressent des picotements,
voire du vertige. Ça n'est pas à cause de l'excès d'oxygène,
mais bien à cause d'un manque d'oxygène. De plus, l'alcalinité du corps contribuerait à l'augmentation de la
sensation d'appétit...
Quoiqu'il en soit, l'augmentation de la proportion de CO2 dans le sang a les effets inverses : l'oxygène est mieux distribué dans le corps, les artères se dilatent, et le système
parasympathique s'enclenche. L'organisme s'apaise.

Le but du prânâyâma est donc d'augmenter la proportion de CO2, le fameux gaz à effet de serre. Comme pour l'atmosphère terrestre, mais selon des mécanismes certes bien différents, cette augmentation "réchauffe".
Les textes parlent bel et bien d'apprivoiser la sensation d'asphyxie. La poussée d'adrénaline que l'on ressent alors,
comme une énergie qui s'élance soudain et va "frapper" la tête, est parfois nommé udghâta. Et un certain nombre d'udghâtas sont parfois prescrits. Ce qui conduit à de la transpiration et des tremblements.

Ce qui nous conduit au fait que le prânâyâma n'est pas une pratique facile et de tout repos. Cultiver la sensation d'asphyxie, c'est douloureux et stressant. Sauf, évidemment, si vous ne faites pas de rétention. Mais alors, ça n'est pas vraiment du prânâyâma. On comprends pourquoi Abhinava Goupta (que j'avais cité dans mon billet précédent) parle du prânâyâma qui "stresse" (pîdyate) le corps-esprit.

Cependant, il existe une autre approche du prânâyâma.
On la trouve dans la tradition tantrique Kaula (et donc dans le shivaïsme du Cachemire aussi) et dans le Yoga selon Vashishta, appelé aussi Enseignement qui est le moyen de la délivrance (Moksha-upâya-shâstra, composé au Cachemire vers 950). 

Il s'agit simplement d'observer tranquillement le va-et-vient du souffle. Mais ça n'est pas la pratique bien connue dans les retraites vipassanâ. Ici, il s 'agit de se concentrer sur la fin de chaque expir : l'intervalle entre chaque respiration ; le moment où le mouvement de la respiration reste suspendu.
Comme le fait remarquer l'auteur du Yoga selon Vasishta, c'est là une "rétention naturelle" : tout être qui respire la vit, mais sans y prêter attention. Selon certains calculs (bouddhistes), nous passerions ainsi plus de trois années de notre vie en rétention respiratoire spontanée !
D'où l'idée de méditer ces instants, ces moments d'arrêts naturels, donnés, et non produits par un effort volontaire.

Comme dit Vasishta (cité par Shiva Oupâdhyâya dans son Explication du Vijnâna Bhairava Tantra, 25) :

La "rétention" se manifeste encore et encore sans interruption à l'intérieur (à la fin de chaque inspir) 
et à l'extérieur (à la fin de chaque expir), spontanément.
Celui qui comprends cela ne "renaît" pas (dans le samsara 
douloureux). Qu'il marche, qu'il reste debout, 
qu'il veille ou qu'il dorme, sa respiration ne s'arrête jamais,
car le mouvement du souffle est naturel.

Or, chaque expir est une occasion de lâcher-prise.
Et chaque moment de suspension du souffle
est l'occasion de s'apaiser.
Vient même un moment où la pure conscience,
la Lumière de la simple présence silencieuse,
se révèle d'elle-même.
Et cette paix se poursuit à l'inspir suivant.
Et ces intervalles de pur espace,
semblables au ciel bleu entre deux nuages,
s'allongent peu à peu.

C'est une pratique très profonde, en dépit
de sa simplicité et de sa facilité.
Selon la tradition du tantra non-duel
et selon Vasishta, c'est une voie complète.

Comme dit Vasishta, le mouvement naturel de la
respiration conduit à la délivrance et au bonheur,
rien que par un léger effort d'attention :

Cette essence du Soi (qui se révèle
d'elle-même à chaque intervalle)
est la pure conscience absolue.
Quand on atteint cette Lumière ininterrompue,
plus de mal être !
Quand l'expir a cessé et que l'inspir
est sur le point de repartir,
le mal-être cesse aussi longtemps
que l'on se repose en cette suspension...

Voilà le prânâyâma :
une contemplation simple.

A chacun de faire preuve d'audace et de curiosité.
Le yoga est là. Donné. Gratuit.
A chacun d'y goûter.
Nul ne pourra le faire à notre place.
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