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samedi 8 mai 2021

Quand l'orage apaise


Le Cachemire est une large vallée. Les orages y sont aussi fréquents que dans notre Sud. Un sage de cette contrée, un héros spirituel, Vîranâtha, nous a laissé ce conseil :

"Quand le roulement du tonnerre
disparaît peu à peu,
l'esprit qui l'écoutait 
s'apaise." 

(Un Bouquet pour l'éveil à soi, Svabodhodayamanjarî,1)

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Ce conseil vaut pour n'importe quel mouvement. Il vaut encore davantage pour les mouvements violents : tempêtes, orages, douleurs, crises, maladies, canicules, efforts et autres épuisements.

J'écoute l'avion qui fait résonner la vallée. L'avion de La Poste passe à minuit, une longue vibration qui me fascine depuis l'enfance. Toute la vallée résonne comme un corps géant, un "om" immense qui réveille le Vide et ramène au vide, à ce mystère loin-proche. "Le calme après la tempête". Je suis cette paix, tout est cette paix. Je suis la paix entre les guerres, l'équilibre entre les tensions, le silence vivant entre les mots, l'espace entre les corps.

Je suis identifié à la douleur, à l'émotion, à l'orage. Mais alors, quand ils s'apaisent, je me laisse porter dans la paix, je plane sans effort dans l'immensité nue. Naturellement, l'attention captivée par le tonnerre débouche dans le silence.

Comme après un massage. Comme après une salve d'applaudissement. Comme à la fin d'une longue journée de travail manuel.

C'est une pratique traditionnelle. Dans le dzogchen par exemple, il existe une pratique de "tonnerre corporel" : Je reste les jambes pliées, sur la pointe des pieds, les mains se rejoignent au-dessus de la tête. Cette position engendre une tension extrême dans les cuisses et les épaules. Je la tiens jusqu'aux limites. Puis je m'effondre. Et dans cet effondrement, le ciel se révèle à nu.


Cette pratique est d'origine chamanique, mais peut-être pas mongole. En effet, de nombreuses population indo-européennes ont habité la Steppe asiatique. Il pratiquaient différentes voies célestes, voies de la roue solaire et des bois du cerf. Il en reste encore des poches, comme les Kalashs dans l'Oddiyâna, la grande vallée des fées et autres yoginîs, contrepartie mystique à quelques lieues de la vallée du Cachemire.

Il y a là notre héritage, qui attend dans notre chair d'être réveillé par d'attentifs roulements de tonnerre.

mercredi 21 octobre 2020

Vijnana Bhairava 11 112 Awakening Through Exhaustion




 The practice of recognizing naked awareness in physical exhaustion and physical collapse :


bhrāntvā bhrāntvā śarīreṇa tvaritam bhuvi pātanāt |

kṣobhaśaktivirāmeṇa parā saṃjāyate daśā || 111 ||

"Wandering for a long time with 'one's) body,

one collapses all at once on the ground.

When the agittation of energy stops,

then the supreme state fully arises."


ādhāreṣv athavā 'śaktyā 'jñānāc cittalayena vā |

jātaśaktisamāveśakṣobhānte bhairavaṃ vapuḥ || 112 ||

"Or, when one is unable to perceive things

or when attention dissolves away,

then at the end of that taking over by agitation,

the divine body (manifests)."




samedi 11 janvier 2020

Situations difficiles

L’image contient peut-être : nuage, ciel, plein air et nature
L'hiver, je me sens souvent fatigué.
Je passe alors en mode
"j'avance sous la neige dans la tempête,
les yeux fermés, mais j'avance".
Dans cet état, je peux me dire que je passe à côté de la vie,
de la vraie vie, intensément vécue,
parce que j'ai l'impression de vivre
en "pilote automatique".
Et les jours s'égrènent,
comme si j'étais prisonnier
d'une version mécanique de moi-même.
La fatigue efface la présence,
ressentir même devient un effort.
Et je sais que c'est l'expérience
de la majorité dans les grandes villes.

Alors
je m'effondre dans le silence.
Je m'effondre, sans me morfondre,
dans cet espace qui est en moi,
que je découvre calme, silencieux,
un bloc de paix absolue.
Vous savez, comme dans ces scènes de film
où, au milieu du bruit et de la fureur,
le son est soudain coupé.
Comme si je passais au-dessus des nuages.
...
Et je me laisse faire, ainsi, nu et simple,
absolument.
Et je découvre (pour la millième fois)
que l'agitation s'agite en cet espace
qui n'est pas agité.
Comme si, en moi,
quelqu'un d'enveloppant, d'aimant
mais de très, très discret
était toujours là, témoin muet,
les yeux fermés, recueilli.
Et je laisse cet éveil
se répandre dans la fatigue,
dans les lourdeurs :
une eau fraîche s'insinue
dans les tensions,
un éclatement de silence en expansion,
une explosion de paix.

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L’image contient peut-être : 5 personnes, personnes souriantes, personnes assises

Être avec les autres,
c'est être parfois un seul être,
pour le meilleur et pour le pire.

Quand nous regardons dans la même direction,
nous sommes unifiés à cet égard.
Sans le reconnaître clairement,
nous perdons nos différences.
Pour le meilleur et pour le pire,
comme toujours.

Car alors nous perdons aussi notre faculté de juger.
Pour le meilleur et pour le pire.

Nous oublions notre libre-arbitre,
comme soulagés d'un fardeau.
Pour le meilleur, mais aussi pour le pire.

Nous éprouvons une joie spéciale,
un reflet de la félicité de la conscience.
Pour le meilleur de s'oublier,
pour le pire d'oublier nos responsabilités.

Je sacrifie mon individualité
pour cette joie éphémère.
Comment être avec l'autre
tout en restant soi ?

Là encore, le seul salut est dans la connaissance.
La reconnaissance.
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