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samedi 20 février 2021

Le véritable âsana



"S'installer dans le souffle central

entre les mouvements de l'expir et de l'inspir,

s'en remettre à l'énergie de conscience,

être debout en elle, 

c'est trouver la posture (âsanam)."

Tantra de l'Œil, Netratantram, VIII, 11


L'Œil est Dieu, la conscience universelle.

jeudi 24 septembre 2020

Vijnana Bhairava 77 78 79 Postures of Awakening



 The practice of the Shambhavi Mudra and taking advantage of the intimate connexion between body and mind :


karaṅkiṇyā krodhanayā bhairavyā lelihānayā |

khecaryā dṛṣṭikāle ca parāvāptiḥ prakāśate || 77 ||

"At the time of (practicing divine) vision 

with the body like a corpse,

the face in wonder, eyes wide open,

mouth dropped and wide open awareness,

the supreme state shines."


mṛdvāsane sphijaikena hastapādau nirāśrayam |

nidhāya tatprasaṅgena parā pūrṇā matir bhavet || 78 ||

"On a soft seat, resting only on one's buttock,

hands and feet hanging loose,

in that situation,

attention will become free and full."


upaviśyāsane samyag bāhū kṛtvārdhakuñcitau |

kakṣavyomni manaḥ kurvan śamam āyāti tallayāt || 79 ||

"Taking a seat

with arms crossed on one another,

attention focused on the space below the arms/ on the belly/

on both sides/ on the space around,

one goes in peace by dissolving in that."




dimanche 7 juin 2020

Vijnâna Bhairava Tantra 77 78 79

Pin on Indian Master Antiques


L'expérience des postures théâtrales :

karaṅkiṇyā krodhanayā bhairavyā lelihānayā |
khecaryā dṛṣṭikāle ca parāvāptiḥ prakāśate || 77 ||
"Au moment de pratiquer ces regards 
- le cadavre, la colère, la terrible, celle qui avale 
et celle qui va dans l'espace -
le souverain Bien se manifeste/ brille."

L'expérience de l'assise vide :

mṛdvāsane sphijaikena hastapādau nirāśrayam |
nidhāya tatprasaṅgena parā pūrṇā matir bhavet || 78 |
"Que l'on s'installe sur un siège moelleux
en posant seulement les fesses, 
mains et pieds sans support.
Dans cette situation adviendra
l'intelligence transcendante et pleine."

L'expérience d'embrasser l'espace :

upaviśyāsane samyag bāhū kṛtvārdhakuñcitau |
kakṣavyomni manaḥ kurvan śamam āyāti tallayāt || 79 ||
"Que l'on s’assoie correctement les bras recourbés
et que l'on pose l'attention dans l'espace formé par les bras.
La sérénité survient 
quand l'(attention) disparaît (dans cet espace)."



Sur la "posture de l'arbre" (zhan zhuang qi gong) :




Conférence sur les karanas :



Les 108 karanas (coupez le son !), notez la 52, kuncita, où les bras sont en effet recourbés vers l'avant comme dans la "posture de l'arbre" :



En chair et en os, notez la kuncita à 3'15" :




Kuncita-karana, à gauche, temple du Tamil Nâdu

jeudi 20 décembre 2018

Quelle est la posture idéale pour méditer ?

Yogi tibétain


La tradition qui a dès l'origine mit l'accent sur la méditation est le bouddhisme.

Cette religion n'est pas spécialement sensuelle, encore moins hédoniste. Le Bouddha n'était pas un adepte du ressenti à tout-va.

Pourtant, dans les descriptions les plus anciennes de l'expérience de la méditation, l'importance donnée au corps est frappante. La méditation y est vraiment décrite comme une expérience du corps, comme une immersion dans une eau fraîche par exemple. Ainsi, nous allons "toucher le nirvana de tout notre être".

Dans les Yogasûtras, un texte en grande partie inspiré par les enseignements bouddhistes, la posture doit être "confortable". Et en effet, qui partirait en promenade avec un caillou dans la chaussure ? La posture idéale est donc celle qui procure une sensation en harmonie avec l'état intérieur de la méditation. Une ouverture spacieuse, verticale, dégagée et relaxée à la fois. 

A mon sens, la position des bras et des jambes est secondaire. Le plus important est la position de la tête. S'éveiller à une subtile sensation d'aspiration vers le haut rend l'attention alerte et disponible. Le reste du corps flotte, comme des nuages autour d'une montagne.

Une posture subtile ouvre à une méditation subtile.
L'attention fine à la posture est déjà méditation, à condition que l'attention soit vraiment fine. 

Le zen Soto pressent cela, avec l'importance centrale qu'il donne à la posture ("de zazen"), presque jusqu'à l'idolâtrie.

Assis ou debout, la tête dégagée comme une danseuse classique, le reste du corps lâché, décroché. Le dégagement de la tête prévient la torpeur. La détente du reste du corps prévient l'agitation.

Il y a bien d'autres points, subtils mais puissants. Cependant, l'essentiel est là.

Quand l'attention entre "dans" cette posture, comme une main délicate dans un gant de soie, une résonance se révèle. Le son de la Présence. Net, vif, absolu. Mais aussi, palpitant, mouvant, détaché. 

Comme dit Shiva,

Installés dans la posture, nous sombrons facilement dans le lac [de la Présence].  
(Shiva-sûtra III, 17)

On peut aussi lire 

Présents dans une assise confortable, nous sombrons dans le lac.

Le lac immense, absolument limpide, du silence intérieur. 
Le vide que nous pouvons voir dès à présent au-dessus de nos épaule. Vaste ouverture qui accueille la profusion des formes et des couleurs.

Alors la conscience se réveille, explique un commentaire sanskrit, telle un feu, une colère (canda) comme la Colère ou Chaleur intérieure (Candalî) pratiquée par les Bouddhistes tantriques. 
Le lac est la source en laquelle tout va et vient, comme des poissons dans la mer.
Le lac est ce qui contient et imbibe tout.
"Sombrer" en cette fraîcheur, c'est réaliser que nous n'avons jamais été ailleurs.

La posture idéale,
c'est être espace.

Comme dit le Tantra de l'Immortel, cité par un autre commentateur :

"Il n'est pas nécessaire de méditer 
sur quoi que ce soit
en haut, devant ou derrière.
Il n'y a rien à visualiser
dehors ou dedans.
Ne posez pas votre attention sur le ciel,
ne fixez pas votre regard.
Ne pensez pas à un support quelconque,
ni à ce qui est sans support....
Lâchez tout.
Ainsi, on devient un..."

samedi 29 septembre 2018

La posture



Il peut sembler étrange de parler de posture dans un cadre non-dualiste où "tout est un" et rien n'est séparé... 
Si tout baigne en un même ciel de Présence, il n'y a rien à faire !

C'est vrai. Mais, ici comme ailleurs, il faut regarder de plus près, et injecter une dose de pragmatisme.
Car si tout est un, tout est interdépendant : la contemplation est une pratique de l'attention. Or, l'attention est un pouvoir qui dépend du corps, physique et énergétique. 

Le corps physique est le corps tel que les autres peuvent le voir : sa position est importante, en particulier la position de la tête. Un port altier, à la manière d'une danseuse classique, a une influence directe sur le degré de lucidité. Et méditer ou contempler, c'est avec le corps, même ce corps physique. En vérité, tout ce qui se fait à l'intérieur, se fait aussi à l'extérieur, avec ce corps. Il n'y a pas de séparation. Il est donc bon d'y veiller, d'aspirer à une certaine verticalité. Avec le sommet de la tête, "pousser" vers le plafond, ou évoquer la sensation de l'espace au-dessus de la tête, comme si notre chef était doucement aspiré par ce volume. Tout cela est subtil. Physiquement, c'est une affaire de millimètres. 

Mais il y a aussi le corps subtil, énergétique, c'est-à-dire le corps tel qu'on le ressent, et que les autres ne peuvent pas voir directement. Ce corps est très différent : transparent, il n'est pas homogène. Il est bon d'évoquer certains ressentis pour le travailler comme une pâte diaphane avec des mains de lumière. 

En particulier, on explore le dos, les omoplates, la nuque, comme un éventail grand ouvert vers l'arrière. Le principe est, à chaque fois, d'aller caresser les "rebords" de la masse vibratoire, par exemple les omoplates. On ressent comme une irradiation à partir d'eux. Ils se déploient alors comme deux ailes. Puis on va "toucher" avec l'attention les extrémités de ces ailes. Et ainsi de suite, à l'infini. Dès que je porte l'attention, sorte de regard de lumière, au loin, une "couche" supplémentaire de vibration se révèle. Ce qui semblait vide et mort se remplit, se dévoile palpitant. Le "vide" est toujours relatif. C'est à ce plan, subtil, que la posture parfaite se ressent, comme entrer dans une veste bien ajustée. Même si l'extérieur semble limité, le corps subtil déploie ses ailes. 

C'est une pratique de la vie de tous les jours, dans le métro ou en train de faire la vaisselle. Légère aspiration vers le haut... et tout le corps se place se lui-même, comme un casse-tête. L'attention redevient alors fraîche et disponible, souple et légère, à la fois centrée et ouverte à l'immensité du silence. Cela suffit, c'est déjà la pleine contemplation.



On raconte l'histoire de ces singes qui, par hasard, avaient vu un yogi solitaire en pleine contemplation, posture parfaite : par jeu, ces bestioles l'imitèrent. Et c'est ainsi que, par hasard, ils s'éveillèrent, dit-on.
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