Affichage des articles dont le libellé est koundalini. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est koundalini. Afficher tous les articles

lundi 26 décembre 2022

Les éveils de la Koundalinî

La Koundalinî... 

Un mystère à démystifier ?

Un secret à réserver aux initiés ?

Un je-ne-sais-quoi qui est la vie ?

_____________

Weekend à  Paris, près de Notre-Dame.

Lien vers plus d'infos




vendredi 23 décembre 2016

Les visages de la Koundalinî - II

Dans la tradition orale du Coeur-Corps (koula), il y a deux pratiques principales de la Koundalinî.

Comme je disais dans un billet précédent, la Koundalinî est le potentiel créateur, l'énergie du souffle et, finalement, la conscience.


La première pratique, décrite dans un billet précédent, est celle de l'écoute du va-et-vient du souffle dans les narines, et en particulier de la fin de l'expir. Ces instants de suspension à la fin de chaque expir, avant que ne reparte l'inspir suivant, "éveillent" l'énergie, le ressenti, la conscience - la Koundalinî, comme des coups de soufflet sur la braise qui couve sous la cendre.  Tel un cobra qui se redresse (mais ça n'est qu'une image parmi d'autres), elle s'élance à la verticale. Le souffle s'affine, les sensations se fondent en un espace de plus en plus vivant.
C'est la Koundalinî "vers le haut", la première pratique donc.

La second pratique est celle de la Koundalinî "vers le bas" (adhah). Concrètement, c'est une écoute de ce qui se passe quand on fait l'amour. Pas de techniques exotiques, juste une attention au ressenti. La tradition du Cœur propose une petite aide, en évoquant six centres subtils qui vont du centre du Cœur, vers le bas, jusqu'à l'espace au-dessous du sol. Cette pratique est donc l'image-miroir de celle du souffle. Dans cette dernière, le souffle partait du Cœur vers le haut, traversait six centres (oubliez les "sept chakras" !), jusque dans l'espace au-dessus de la tête.
Dans la pratique "vers le bas" (du corps), l'énergie s'éveille toujours du Cœur, mais part d'abord vers le bas. C'est l'excitation sexuelle, tout simplement. Au seuil de l'orgasme, l'énergie s'est déployée vers le bas, dans l'équivalent du "lotus à mille pétales" situé dans l'espace au-dessous du corps, et jusque dans les pieds, dit Abhinavagoupta. On reste alors dans la délectation de cette sensation, et surtout, on la laisse se diffuser et "remplir" tout le corps, vers le haut, puis dans l'espace alentour, à l'infini. 
Vous voyez qu'il n'y a rien de très compliqué. 
Il suffit de se familiariser avec le seuil de l'orgasme. Sans se retenir. La tradition orale préconise des aller-retours. On frôle l'orgasme, puis on laisse l'énergie s'apaiser, puis on revient vers l'orgasme, et ainsi de suite. Pas de "technique de rétention", juste une exploration douce, mais intense. L'orgasme n'est pas interdit ici. L'important est que la sensation de plaisir ne soit plus limitée à la zone génitale, mais qu'elle soit la plus étalée et la plus forte possible.
Une autre clé est que les pratiques de la Koundalinî "du haut" et "du bas" sont des images-miroir l'une de l'autre. L'écoute du seuil de l'orgasme est l'équivalent "en bas" de l'écoute de la fin de l'expir "en haut". Voilà pourquoi la pratique de l'écoute du souffle est fondamentale. Elle constitue la base de l'écoute du ressenti lors de l'acte amoureux.

Finalement, vous voyez qu'il n'y a là rien de bien exotique, en dehors de quelques mots, dont on peut d'ailleurs se passer. Mais à la place de cet exotisme, il y a l'intensité de l'expérience et la profondeur du mystère.

Voilà pourquoi on parle de "reconnaissance" dans cette tradition. La clé est l'attention aux expériences les plus banales. C'est cette attention, cette observation pleine d'amour et de respect, qui ouvre aux expériences extraordinaires.

Bon et joyeux Noël à tous !

mercredi 21 décembre 2016

Les visages de la Koundalinî

Dans la tradition de la Triade, branche de l'arbre de la tradition du Cœur, la Koundalinî est l'énergie cosmique, l'énergie vitale et l'énergie de la conscience. L'éveil de la Koundalinî est la reconnaissance que ces trois aspects n'en font qu'un.



Concrètement, il y a deux pratiques : la Koundalinî "du haut" et celle "du bas".

La Koundalînî "du haut" (oûrdhva) est l'écoute du souffle, l'attention à la sensation du va-et-vient du souffle dans les narines. Le yogi ressent l'expir qui part  du Cœur, au centre de la poitrine, pour aller mourir à "douze largeurs de doigts" de l’extrémité du nez.  Ce trajet fait trente-six largeurs de doigts, mesurés d'après le propre corps du yogi. A ce stade, l'énergie Koundalinî est "endormie", courbé, l'énergie est extravertie, fragmentée, inattentive, oublieuse d'elle-même et courbée : le trajet du souffle fait un crochet, il monte, puis il va se perdre vers l'extérieur. L'attention est comme happée par les choses, l'énergie est perdue. Puis l'énergie revient avec l'inspir, dans le Cœur. Ce va-et-vient, plus ou moins ample selon l'intensité de l'activité, symbolise la dualité, le tiraillement permanent entre l'intérieur et l'extérieur, entre la conscience et le monde, entre l'acceptation et le rejet, entre avaler et vomir, entre le "oui" et le "non", et ainsi de suite. Selon la tradition, l'énergie circule alors dans deux canaux qui entourent, comme un caducée, le canal central de la pleine conscience. Ce canal ne disparait pas, car la conscience ne disparaît jamais, sans quoi l'expérience de la dualité elle-même deviendrait impossible ! Mais les deux canaux latéraux, dits "du soleil et de la lune", font comme des noeuds autour de cette conscience originelle. La conscience qui est notre nature véritable est ainsi prisonnière de sa propre énergie sauvage. Du coup, elle dort et elle est voûtée, courbée, contractée, recroquevillée.
Par l'attention à la fin de l'expir et à la fin de l'inspir, l'énergie se réveille. Le ressenti change : peu à peu, l'énergie se "redresse" comme un feu qui s'allume et se lance à la verticale. L'espace au-dessus de la tête s'éveille, prend vie, devient de plus en plus sensible. L'énergie-conscience se détend, se redresse. En parallèle, le va-et-vient de la respiration dans les narines se fait plus doux. Il s'amenuise, s'allège. Les intervalles entre les respirations deviennent conscients. Chaque instant de repos attentif dans ces intervalles est comme un coup de soufflet sur les braises, et alors la conscience "se met à cracher des étincelles" : l'énergie s'allume, s'ouvre vers sa plénitude. Il y a comme des chatoiement de fraîcheur, des reflets de lumière, qui s'expriment différemment selon les cinq sens. Puis le feu s'allume, les pensées et l'imagination se calment. L'énergie s'élance vers le haut, à la verticale telle une flamme vive. Peu à peu, les "nœuds" se dénouent, la conscience bâille et se relaxe. Le ressenti s'élargi vers le haut et dans toutes les direction.
 La conscience s'unit à l'espace, la Déesse rejoint le Dieu.
Puis l'énergie se contracte de nouveau, la conscience rentre dans le corps et les choses comme dans un gant. Mais le parfum de l'infini demeure. Au fur et à mesure que cette expérience se répète, ce parfum devient de plus en plus persistant, jusqu'à l'emporter sur tous les autres. Tout devient alors harmonieux et comme homogène, mais sans uniformité.

Telle est, selon Abhinava et la tradition orale de la Triade, la pratique de la Koundalinî "supérieure".

Pour la pratique "vers le bas", j'en parlerai un peu plus tard.
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...