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jeudi 17 septembre 2020

Vijnana Bhairava 68 69 70 Awakening Through Sexual Pleasure

 


















The practice of awakening through sexual pleasure :


vahner viṣasya madhye tu cittaṃ sukhamayaṃ kṣipet |

kevalaṃ vāyupūrṇaṃ vā smarānandena yujyate || 68 ||

"One should project one's attention filled with bliss

or filled with breath alone

in the genital area.

Through sexual pleasure, one is united (to one's true nature)."


śaktisaṃgamasaṃkṣubdhaśaktyāveśāvasānikam |

yat sukham brahmatattvasya tat sukhaṃ svākyam ucyate || 69 ||

"That pleasure (one feels) 

at the moment when one is absorbed in one's energy

excited by by the union with a woman,

is absolute pleasure, the pleasure of the self."


lehanāmanthanākoṭaiḥ strīsukhasya bharāt smṛteḥ |

śaktyabhāve 'pi deveśi bhaved ānandasamplavaḥ || 70 ||

"Even when a woman is absent,

the full rememberance of the pleasure with her

through much licking and churning, etc., 

is enough to drown one into bliss,

o Mistress of the gods !"




mardi 2 juin 2020

Vijnâna Bhairava Tantra 68 69 70

Sembiyan Mahadevi - Wikipedia

L'expérience de l'orgasme :

vahner viṣasya madhye tu cittaṃ sukhamayaṃ kṣipet |

kevalaṃ vāyupūrṇaṃ vā smarānandena yujyate || 68 ||

"Que l'on projette l'attention débordante de plaisir

entre l'organe génital et le nombril,
ou encore, dans la simple plénitude du souffle.

Alors on s'unira (au divin) par la félicité d'Eros."

L'expérience érotique :

śaktisaṃgamasaṃkṣubdhaśaktyāveśāvasānikam |
yat sukham brahmatattvasya tat sukhaṃ svākyam ucyate || 69 ||

"Au moment où l'on est envahi par l'excitation

de l'union avec une Shakti,
ce plaisir absolu

est le plaisir qui est le Soi."

L'expérience de la mémoire :

lehanāmanthanākoṭaiḥ strīsukhasya bharāt smṛteḥ |
śaktyabhāve 'pi deveśi bhaved ānandasamplavaḥ || 70 ||

"En se rappelant avec intensité
le plaisir féminin des baisers et des étreintes,
ô souveraine des dieux ! on plongera dans la félicité
même sans Shakti." 


mardi 10 janvier 2017

La Shakti d'extase créatrice

La Shakti de Shiva est conscience. 
Elle est tout simplement le potentiel de l'Être ineffable, 
de l'Un mystérieux. 
Son trait essentiel, le plus propre, est la liberté (svâtantrya).

Mais elle est aussi sensibilité. Abhinava - l'Ibn Arabî du tantra - essaie de nous faire vivre cette expérience :

"La Shakti d'extase créatrice est
la cause de tout.
Dieu lui-même en parle longuement
dans l'enseignement secret de  l'Aïtaréya :
" L’Écarlate est le Feu",
énergie vitale
qui s'incarne dans le Soleil et la Lune.
L'Immense, le Suprême,
est "A", (le "Je", aham),
qui jaillit de leur caresses et de leur étreinte."

Shiva et Shakti, toujours.
Tout est engendré par leur union, samghatta, que je rend ici par "caresses et étreinte". 
Toute jeu est issue du jeu de leur yoga.
Samghatta désigne aussi la friction de deux morceaux de bois pour allumer un feu, ici le Feu du Moi, de la Lumière consciente, du "Je", du Cœur, de l'Absolu.
Le Soleil et la Lune engendrent le Feu.
La friction, parfois violente et rugueuse, de la conscience et du monde, du sujet et de l'objet,
engendre le Moi, aham
qui enveloppe en soi tous les possibles.



Cette friction ardente est aussi celle de l'inspir et de l'expir. 
A leur jonction, à la fin de l'expir et à la fin de l'inspir, dans le Cœur et dans l'Espace au-dessus de la tête, jaillit le Feu du Souffle sacré, du Feu vertical (udâna), éveil de la Koundalinî, réveil de l'Être du fond de soi.

Mais cette énergie est aussi sensibilité aux sons, au contacts, aux formes, aux odeurs, aux saveurs :

"La suprême énergie de vie 
est l'énergie des cinq Eléments.
Comme on s'en nourrit,
elle est nourriture,
faite de son, de sensation et de saveur."

Si l'énergie s'affine, explique Abhinava, même le contact le plus subtil suffit à éveiller l'énergie de conscience, à la faire entrer en expansion, jusqu'à aller se perdre en offrande dans l'Immense, de même que le feu sacrificiel emporte les libations vers le ciel - ici l'Espace de la conscience :

"Même un son léger suffit à
saturer l'énergie vitale,
car cette énergie de vie suprême
est transparence :
elle est est désir de créer,
aspiration à l'extase."

Ces deux dernières lignes rendent le sanskrit visisrikshâ, littéralement "le désir d'éjaculer". 
Cette énergie est donc l'énergie d'extase, la Shakti créatrice reconnue dans l'expérience directe, au fil du quotidien, non seulement durant la pratique de l'union rituelle, mais jusque dans les sensations les plus banales.

"Elle est Force Éclat.
Les Souffles vitaux, c'est elle,
elle encore la Beauté désirable !"

Peut-on être plus clair ?

Les extraits traduits ici proviennent du Tantrâloka, III, 227-230a

vendredi 23 décembre 2016

Les visages de la Koundalinî - II

Dans la tradition orale du Coeur-Corps (koula), il y a deux pratiques principales de la Koundalinî.

Comme je disais dans un billet précédent, la Koundalinî est le potentiel créateur, l'énergie du souffle et, finalement, la conscience.


La première pratique, décrite dans un billet précédent, est celle de l'écoute du va-et-vient du souffle dans les narines, et en particulier de la fin de l'expir. Ces instants de suspension à la fin de chaque expir, avant que ne reparte l'inspir suivant, "éveillent" l'énergie, le ressenti, la conscience - la Koundalinî, comme des coups de soufflet sur la braise qui couve sous la cendre.  Tel un cobra qui se redresse (mais ça n'est qu'une image parmi d'autres), elle s'élance à la verticale. Le souffle s'affine, les sensations se fondent en un espace de plus en plus vivant.
C'est la Koundalinî "vers le haut", la première pratique donc.

La second pratique est celle de la Koundalinî "vers le bas" (adhah). Concrètement, c'est une écoute de ce qui se passe quand on fait l'amour. Pas de techniques exotiques, juste une attention au ressenti. La tradition du Cœur propose une petite aide, en évoquant six centres subtils qui vont du centre du Cœur, vers le bas, jusqu'à l'espace au-dessous du sol. Cette pratique est donc l'image-miroir de celle du souffle. Dans cette dernière, le souffle partait du Cœur vers le haut, traversait six centres (oubliez les "sept chakras" !), jusque dans l'espace au-dessus de la tête.
Dans la pratique "vers le bas" (du corps), l'énergie s'éveille toujours du Cœur, mais part d'abord vers le bas. C'est l'excitation sexuelle, tout simplement. Au seuil de l'orgasme, l'énergie s'est déployée vers le bas, dans l'équivalent du "lotus à mille pétales" situé dans l'espace au-dessous du corps, et jusque dans les pieds, dit Abhinavagoupta. On reste alors dans la délectation de cette sensation, et surtout, on la laisse se diffuser et "remplir" tout le corps, vers le haut, puis dans l'espace alentour, à l'infini. 
Vous voyez qu'il n'y a rien de très compliqué. 
Il suffit de se familiariser avec le seuil de l'orgasme. Sans se retenir. La tradition orale préconise des aller-retours. On frôle l'orgasme, puis on laisse l'énergie s'apaiser, puis on revient vers l'orgasme, et ainsi de suite. Pas de "technique de rétention", juste une exploration douce, mais intense. L'orgasme n'est pas interdit ici. L'important est que la sensation de plaisir ne soit plus limitée à la zone génitale, mais qu'elle soit la plus étalée et la plus forte possible.
Une autre clé est que les pratiques de la Koundalinî "du haut" et "du bas" sont des images-miroir l'une de l'autre. L'écoute du seuil de l'orgasme est l'équivalent "en bas" de l'écoute de la fin de l'expir "en haut". Voilà pourquoi la pratique de l'écoute du souffle est fondamentale. Elle constitue la base de l'écoute du ressenti lors de l'acte amoureux.

Finalement, vous voyez qu'il n'y a là rien de bien exotique, en dehors de quelques mots, dont on peut d'ailleurs se passer. Mais à la place de cet exotisme, il y a l'intensité de l'expérience et la profondeur du mystère.

Voilà pourquoi on parle de "reconnaissance" dans cette tradition. La clé est l'attention aux expériences les plus banales. C'est cette attention, cette observation pleine d'amour et de respect, qui ouvre aux expériences extraordinaires.

Bon et joyeux Noël à tous !

dimanche 18 décembre 2016

Ressentir que "je suis elle/lui"

D'abord, l'écoute du souffle. 
Fin de l'expir, délivrance. Silence. Transparence.
Fin de l'inspir, plénitude. Touche d'amour.
Shiva et Shakti, toujours.
Par la magie de cette écoute, l'âme (l'oiseau migrateur, hamsa) devient divine ("je suis lui/elle", so'ham).


Puis, l'union de deux êtres : 
Shiva et Shakti, toujours.
Dans notre corps, puis dans nos deux corps.
Abhinava décrit cette dernière expérience :

"Quand nous entrons
dans le royaume de l'extase totale, 
c'est alors que nous faisons l'expérience
de l'enseignement selon lequel
'par les baisers et les coups de rein...'
Maîtres en ce (royaume),
(notre) Canal du Centre,
éclat suprême (de la Vie),
anime le corps entier.
Ensuite, et dès lors que l'énergie féminine
a été excitée, nous allons vers
le royaume (de l'orgasme),
l'éjaculation, merveille de félicité.
A elle seule, elle n'est pas complète.
Mais quand elle l'est,
elle est Dieu.
C'est ainsi que cette énergie d'extase 
se déploie."

"Coups de rein" : manthana, littéralement "baratter".
"Le Canal du Centre" : l'atemporelle conscience, d'abord découverte entre deux respirations, puis entre les deux corps, entre deux mouvements. Puis ce frémissement envahit la respiration, les mouvements. Dans la pratique à deux, cette Présence est d'abord découverte dans le plaisir génital. Puis cette sensation se répand "en haut, en bas et au milieu", comme dit Kshémarâdja, cousin d'Abhinava, qui parle lui de "l'éclat suprême qui anime le corps entier".
"L'extase" : visarga, littéralement "éjaculation". C'est le terme employé pour désigner l'Acte créateur, l'extase divine, l'orgasme humain, et le résultat de cet orgasme - les sécrétions féminines et masculines, offertes ensuite.
"Quand elle n'est pas complète" : si le déploiement des sensations n'est pas reconnu comme manifestation divine, s'il n'y a pas d'émerveillement, de délectation. C'est là qu'une certaine lenteur est mise en valeur par Abhinava, même s'il ne parle jamais de "rétention", idéal des yogis ascètes en quête d'immortalité physique. Ce sont deux modèles opposés.
Ce rituel englobe tout, contient toutes les expériences, il est potentiellement gros de tous les savoirs. Voilà pourquoi, dans la tradition du Cœur, on le nomme "Sacrifice (="qui rend sacré") primordial", originel, âdi-yâga
Cet état de "je suis elle/lui" est un état d'unité, mais aussi de non-dualité.
Car ici, dans la tradition du Cœur, l'unité n'est pas un but en soi.
On n'aspire pas à l'unité en rejetant la dualité, car la dualité est un concept, mais l'unité aussi...
Car voyez : "concept", ici, désigne simplement une expérience artificielle, factice, construite, et non pas seulement une pensée abstraite. C'est le point où la plupart des adeptes du Néotantra s'égarent, et tombent dans un culte du corps qui ne saurait combler personne. Le but est plutôt de réconcilier unité et dualité en réconciliant les pôles de la dualité, en célébrant la dualité dans l'unité et l'unité dans la dualité. 
Concrètement, homme et femme fusionnent. Car 
"cette extase naît de l'excitation (des deux partenaires).
'ha' (symbolise la conscience) qui engendre les consonnes (et donc la création extérieure).
Et 'sa', uni à la résonance  'm' emporte tout dans l'Absolu ('a'), royaume de notre nature véritable.
Tout ceci est l'état de 'je suis lui'".
En ce royaume du suprême Éclat,
nous sommes à la fois excités, et tirés vers le centre de nous-même. C'est la magie du visarga, de l'extase, qui désigne aussi, en sanskrit, une syllabe qui s'écrit avec deux points ":". Double extase : épanchement vers l'extérieur, vers l'autre ; et vers l'intérieur, dans le feu conscient au cœur de soi. Et ces deux se nourrissent mutuellement. La paix de l'homme excite la femme, qui excite l'homme, qui en retour apaise la femme... et ainsi à l'infini, de sorte qu'extérieur et intérieur, unité et dualité, s'égalisent. Comme le souffle. Comme moi et le monde.
Tout est là.
Nous sommes alors loin du néotantra, semble-t-il,
mais proches de l'expérience ordinaire.
C'est la reconnaissance de l'expérience qui rend l'expérience extraordinaire,
et non pas l'expérience en elle-même.
Sans compréhension, sans attention, c'est-à-dire sans amour,
l'expérience reste "incomplète",
incapable de combler le couple,
quelques soient les techniques.
Bien sûr, on peut transposer à toutes les autres expériences de la vie.

A-ha-m = "je" 
Shiva-Shakti-Individu.
C'est clair :)

(les extraits sont traduits de la Libre méditation sur la Déesse-Parole, I, 896-899)

mardi 16 août 2016

Création spirituelle et volupté de la chair

Dans la tradition du Cœur-Corps (koula en langue sanskrite),
l'union rituelle est "le sacrifice primordial", le premier geste de restauration, l'initiation de tous les autres, la source du sacré en toutes choses.




Dans le passage suivant, Rilke chante cette vérité dans la langue de Platon. Il dit l'enseignement imparti jadis par une prêtresse de l'amour au jeune Socrate :

"La volupté corporelle est expérience sensuelle, non autrement que le pur regard ou la pure sensation dont par un beau fruit la langue est comblée ; c'est une expérience grande, infinie, qui nous est donnée, un savoir du monde, la plénitude et l'éclat de tout savoir.
L'accueillir n'est pas ce qui est mauvais ; il est mauvais que presque tous usent mal de cette expérience, la gâchent, et en fassent un excitant pour les moments de fatigue de leur vie, et une dispersion plutôt qu'une concentration vers les sommets.
Du manger aussi, les hommes ont fait autre chose : misère d'un côté, surabondance de l'autre, ils ont oublié la clarté de cette nécessité, et sont devenus également troubles tous les besoins profonds et simples en lesquels la vie se renouvelle.
Mais l'individu seul peut les éclaircir pour lui-même, et les vivre dans la clarté (et si ce n'est pas l'individu, qui est trop dépendant, ce sera en tous cas le solitaire !). Il peut se rappeler que toute beauté, dans les animaux et les plantes est, sous une forme qui dure silencieusement, amour et désir ; il peut voir l'animal, tout comme il voit la plante, s'unir, se multiplier et croître patiemment et docilement, non par plaisir physique, ni par souffrance physique, mais en se pliant à des nécessités qui sont plus grandes que le plaisir et la souffrance, et plus puissantes que la volonté et la résistance.
Oh, si l'homme pouvait accueillir avec plus d'humilité le secret dont la terre est pleine jusque dans ses plus petites choses, s'il pouvait le porter, le supporter avec plus de sérieux, et sentir son poids terrible, au lieu de le prendre à la légère ! 
S'il savait respecter sa fécondité, qui est une, que sont apparence soit spirituelle ou corporelle ; car la création spirituelle provient elle aussi de la création physique, elle est de la même essence, elle est simplement comme la répétition plus silencieuse, plus extasiée, plus éternelle, de la volupté de la chair."

Rainer Maria Rilke, Lettres à un jeune poète, IV

Ainsi, le secret de l'amour est le désir ; et le secret du désir est l'infini.
Au-delà de l'élan reproducteur, forme d'immortalité imparfaite évoquée par Rilke, l'amour est élan vers l'infini, tension et nostalgie d'un passé atemporel qui ne pourra s'accomplir que dans l'intégration du fini, du mortel, du personnel.
La "nécessité" est l'instinct de reproduction. Loi d'airain de la nature, cette nécessité est la liberté de Dieu. Nous mettre à l'unisson de cette loi revient donc à s'accorder à la volonté divine, qui est Dieu. D'où la plénitude éprouvée.
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