Affichage des articles dont le libellé est mer. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est mer. Afficher tous les articles

lundi 11 janvier 2021

Océan sans rivage



anantānandasindhoste nātha tattvaṃ vidanti te |

tādṛśā eva ye sāndrabhaktyānandarasāplutāḥ || Utpaladeva, Hymnes à Shiva, I, 6 ||

"Maître !

Seuls ceux qui sont noyés 

dans le nectar de la félicité,

plongés dans ton amour 

onctueux et fort,

connaissent la vérité de ton océan de béatitude 

sans rivage."

"Le nectar de la félicité de l'amour" : le bonheur de laisser là tout effort, tourment et angoisse de réussite ou d'échec. Un flot, cette félicité d'être envahi, possédé, absorbé. Mais au lieu d'être possédé par des obsessions, envahi de soucis, je suis alors envahi par cette assurance : je ne fait plus rien d'autre que me laisser faire, comme couler avec une rivière qui m'emporte au large, là où tout est beau et bon. 

Mais je dois être "noyé". Ainsi seulement je connaîtrais ta vérité, mon essence, océan de félicité sans limites, sans rivages. La noyade seule est à la mesure du sans-mesure. L'immersion complète est seule digne de l'infini. Eau dans l'eau, air dans l'air, espace dans l'espace, rayon dans le soleil. Il n'y a donc pas d'autre voie que l'abandon sans savoir. 


vendredi 10 avril 2020

Être l'océan, c'est...

@ocean océan voyage nature



Le monde n'est pas étranger à sa propre essence.


Abhinavagupta dit :


parāmarśasvabhāvatvādetasyā yaḥ svayaṃ dhvaniḥ // 181
sadoditaḥ sa evoktaḥ paramaṃ hṛdayaṃ mahat /
hṛdaye svavimarśo'sau drāvitāśeṣaviśvakaḥ // 182
bhāvagrahādiparyantabhāvī sāmānyasaṃjñakaḥ /
spandaḥ sa kathyate śāstre svātmanyucchalanātmakaḥ // 183
kiṃciccalanametāvadananyasphuraṇaṃ hi yat /
ūrmireṣā vibodhābdherna saṃvidanayā vinā // 184
nistaraṅgataraṅgādivṛttireva hi sindhutā /

"La résonance perpétuelle et spontanée (de la conscience) 
est le Coeur infini, le coeur de tout,
car la conscience est par nature conscience de soi
et ressenti (parâmarsha).
Cette conscience, cette réalisation de soi
engendre dans le Coeur tous les univers,
qui s'écoulent en lui.
Or, cette conscience de soi est présente
au début et à la fin des perceptions,
c'est pourquoi dans l'enseignement (de la Vibration),
on la désigne comme 'vibration universelle' :
elle est un débordement en soi même.
Ce mouvement paradoxal (kimcit) est manifestation de soi
et non d'aucune autre chose :
la voici, cette vague dans l'océan de la conscience !
Il ne peut y avoir de conscience sans cette (vibration).
De fait, être un océan, c'est être à la fois 
en mouvement et immobile..."

La lumière des tantras, Tantrâloka, IV, 181b-185a

La conscience, l'espace ici, est frémissement : l'être est immuable, mais il n'est pas inerte comme une pierre. Vide, il résonne. Muet, il parle. Immobile, il s'agite. Toujours frais, il brûle.
Tel est le mystère vécu : un paradoxe.
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...