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vendredi 12 mars 2021

Se laisser, se laisser prendre par l'insaisissable




Sur les épaules des géants, dans les bras de la Déesse Parole :

Désir de définir l'indéfinissable,

désir de réaliser ce qui est déjà accompli,

désir de prouver ce qui est évident :

je les laisse là

et me retrouve toujours à mon aise !

Râmeshvar Jhâ, La Liberté de la conscience, Arfuyen


Et bien sûr, ce désir utilitaire disparaît, non pour laisser la place à un désert stérile, mais pour se donner au désir abondant d'exprimer ce qui ne peut l'être.

mercredi 10 mars 2021

Rappel

Jnâna-dakshinâ-mûrti


Ô Soi intérieur !

vois ta propre essence !

Cet état absolument permanent

ne peut être aliéné ni libéré,

car il est tout ce qui est.

Râmeshvar Jhâ, La Liberté de la conscience, Arfuyen

vendredi 26 février 2021

La vision a lieu dans le monde



Le discernement est devenu possible grâce au maître.

Mon Soi suffit à me rendre heureux.

Je suis pure et simple Lumière consciente,

toutes les séparations ont disparues.

(Mais) la dualité est aussi une manifestation du Soi.

La vision de l'Être a lieu dans le monde :

même en ayant un corps, je suis délivré".

Râmeshvar Jhâ, La Liberté de la conscience, Arfuyen


Le maître tantrique de Bénarès fait ici allusion à la "vision de l'Être" (tattva-darshana), la vision qui libère. C'est l'éveil spirituel (bodha), la connaissance libératrice. Cette connaissance est celle du Soi, de la pure conscience.

Mais le monde ?

Eh bien, le monde est une manifestation de la Conscience universelle. Le corps aussi, de même que le mental et les sentiments. Rien n'existe en dehors de la conscience, de même que les vagues ne s'élèvent que dans la mer. Le corps est donc inclus dans l'expérience spirituelle. Elle dépasse le monde, mais elle le contient aussi, comme l'espace contient toutes choses.

La vie "intérieure" a lieu dans le monde, car le monde n'existe qu'à l'intérieur de la conscience. 

lundi 28 mai 2018

Les vagues des pensées...


Les vagues des pensées et des sensations
brillent sans cesse dans l'océan de la conscience.
Elles sont remémoration de ma souveraineté
présente sous toutes ces formes.

Râmeshvar Jhâ, La Liberté de la conscience, 126

Comment les pensées, les formes et les couleurs 
pourraient-elle cacher la Lumière
qui les révèle ?

Pour celles et ceux qui désirent approfondir cette approche :
Le 9 et 10 juin à Nantes 

Le 16 et 17 juin à Paris 

Du 9 au 15 juillet dans la Drôme :

Dans la joie de vous rencontrer,
David


mercredi 13 décembre 2017

Sacrifice

Dans le silence, tout meurt.
Mais tout renaît, aussi.



En silence intérieur, sorte d'arrêt simple
de tout l'intérieur de soi,
tout meurt.
Il ne reste rien,
plus de séparation.

Mais ce silence se communique au corps.
La pensée renaît.
Moins de pensées.
Moins de mots formulés à l'intérieur.
Mais c'est étonnant tout ce qui peut se faire ainsi !
Sans mots, sans savoir.
Les mots formulés, articulés à l'intérieur
se font plus rares, mais aussi plus fort,
comme un arbre soigneusement élagué repousse plus vif.

De même l'imagination.
Cette maîtresse d'erreur et de fausseté
renaît lavée, créatrice de beauté et de bonté.

La mémoire, le désir, les perceptions : pareil.
Comme un coup de chiffon passé sur un miroir,
comme un bruit qui s'arrête : une autre musique commence.

Le maître Râmeshvar, de Bénares, le disait ainsi :

Sans égard pour ce qui est temporel,
abreuvant le corps et ses roues subtiles
de la grande réalisation de l'absence de corps,
le yogi offre le monde en sacrifice.

"Sans égard pour ce qui est temporel" : sans revenir sur l'efficacité de ce silence.
Sans surveiller. Plonger en un acte simple, sans attente, comme un fou. Ce n'est pas un rejet du temps !
"abreuvant le corps et ses roues subtiles" : non le corps objectif, "physique", mais le champ de sensations perçu, ici et maintenant. Le silence "abreuve" ce champ, comme une eau vive.

"la grande réalisation" : non un petit accomplissement comme un bien-être passager ou une vision, ou une expérience ayant une signification mentale, mais la réalisation "grande", qui inclue toutes les autres, même si, sur le moment, on ne le ressent pas. Surtout, ne pas prendre le ressenti comme mesure !

"l'absence de corps" : pas un rejet du corps, mais un oubli du corps objectif, celui qu'on voit dans le miroir, au profit du corps donné à la première personne, vibrant, souple, volatile, qui se déroule, se déploie, comme une mélodie sans fin.

"le yogi" : le yoga véritable n'est pas posture, mais union en arrêt intérieur. C'est la tradition.

"en sacrifice" : sans intention, laisser l'Intention s'offrir à elle-même, dans le mystère du présent, toujours neuf. Yajna : sacrifice, debout (yâga) ou assis (homa), toujours et partout, offrande
de tout au feu de l'espace.

Pour lire les poèmes de Râmeshvar Jhâ, cliquer ici.

dimanche 22 octobre 2017

Nouveau livre - La Liberté de la conscience

Nouvelle traduction à paraître le 2 Novembre 2017 :

La Liberté de la conscience
poèmes et enseignements de Râmeshvar Jhâ

traduit du sanskrit par David Dubois


Râmeshvar Jhâ, de Bénarès en Inde, fut l'un des plus profonds 
adeptes du shivaïsme du Cachemire au XXe siècle.

Toute sa vie, il composa des poèmes en sanskrit,
des versets qui témoignent de l'intensité de sa vie intérieure
et de son émerveillement d'être.

Le shivaïsme dit "du Cachemire" est le tantra non-dualiste :
la conscience et le divin ne font qu'un ;
il suffit de le reconnaître pour vivre une vie accomplie.

Inconnu en Occident et en Inde,
Râmeshvar Jhâ est pourtant un grand mystique,
un yogi et un philosophe authentique.

Avec cette traduction inédite de plusieurs centaines
de versets qu'il composa spontanément au fil des jours,
suivis d'une lettre adressée à un disciple,
j'ai découvert un être ardent, passionné,
un véritable tântrika.


Plus qu'un témoignage :
un livre de vie.

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