lundi 7 novembre 2016

Soirée découverte : Le Védânta ou l'éveil sans effort ?



Il existe une voie de sagesse unique en ce monde :

Elle affirme qu'il n'existe qu'une seule conscience bienheureuse, éternelle, infinie.
Le reste n'est qu'un mythe.
Et nous sommes, vous êtes, cette conscience.
Tu es cela.

Tel est le message du Védânta, apparu en Inde il y a trois mille ans.

Je vous propose une soirée pour approcher cette voie radicale, une voie ou l'accomplissement ne dépend d'aucune expérience, mais seulement de la compréhension de ce qui est.



Qu'est-ce que l'éveil ?
Peut-on l'atteindre pas une expérience spirituelle ?
Quelles sont les voies sans issue ?
Pourquoi a-t-on l'impression de "perdre" l'éveil ?
L'éveil doit-il être "stabilisé" ?
Y a-t-il une préparation à l'éveil ?
Faut-il faire quelque chose ?
Y a-t-il une pratique de la non-dyualité ?
Pourquoi a-t-on l'impression que la non-dualité est "juste intellectuelle" ?
Comme vivre l'éveil ?
Pourquoi a-t-on l'impression de comprendre, 
tout en restant frustré ?
Quelles sont les clés de la non-dualité selon le Védânta ?

La non-dualité connaît une certaine popularité depuis quelques années.
Mais que dit la tradition qui a inspiré ces enseignements modernes ?

Dans cette soirée de deux heures, nous verrons les points-clé du Védânta, afin de nous y retrouver dans la "jungle de l'illumination".

Avec David Dubois

Dimanche 11 décembre 2016
19h-21h
Espace Divyan Passage du jeu de boules 75011 Paris
20 euros
Infos et inscriptions :
0603330558
deven_fr@yahoo.fr

samedi 5 novembre 2016

Le Secret du livre



Pour comprendre cette instruction, il faut savoir qu'en Inde, les livres sont des feuilles pressées entre deux planchettes de bois, un peu comme des herbiers.

Or donc, un jour, la yoginî Mangalâ apparût au yogi Nétranâtha.
Et, tenant en ses mains un livre qu'elle défaisait lentement, elle chanta :

"Cette suprême Shakti
inséparable de Shiva
s'éveille d'un coup d'un seul.
Elle est l'éveil ultime,
l'éclosion finale, 
et elle n'obéit 
qu'à elle-même !

Frotte les deux planchettes !
De leur étreinte
jaillira le grand éveil.
Une fois engendrée
cette étreinte de chaleur,
elle devient la (Shakti suprême),
comblée,
regard qui ne vacille pas !"

Et elle disparut...

(Extrait de la Transmission secrète des yoginis, Tchoummasampradâyaprakâsha)

Cette instruction concerne la pratique de la méditation de Shiva ou de Bhairava (bhairavamudrâ),
les yeux et les sens grands ouverts sur l'espace. 
Mais ici, on part de la Shakti du souffle (prânashakti).
A la fin de chaque expir, l'attention se laisse emporter dans le silence qui suit.
Soudain, la conscience s'enflamme, s'éveille à sa transparence.
Ainsi, de l'union de Shiva et Shakti,
du souffle inspiré et expiré,
naît l'enfant de l'éveil,
qui grandit dans l'instant
et se révèle comme
Shakti suprême,
parâ.



Alors on reste les yeux grands ouverts, bouche bée,
offert à l'espace, dans une ultime fusion 
de la conscience et de l'espace.

...

lundi 31 octobre 2016

Qu'est-ce que le mental ?


Le mental est le Diable de la culture contemporaine.

Dans le non-dualisme du Yoga selon Vasishta, le mental (manas, mind, mens)
est présenté comme la Shakti de l'Immense, du Brahman.

mental=imagination=libre-arbitre=individu=Shakti=Brahman

Vasishta dit :

"Les sages savent que
le mental est engendré
par la Shakti de volonté (samkalpa)
du Soi infini,
du grand Soi doué de toutes les Shaktis.

Cette Shakti est parfaite.
On la nomme "pensée".
Elle rend possible les décisions.
C'est elle aussi qui délimité
en acceptant ou en refusant
(ce qui se présente)."

Yogavâsishta, III, 96, 3 et V, 13, 53

On ne saurait être plus clair :
L'individu est la Shakti de l'Immense.
Le personnel est actualisation de l'impersonnel.
Si vous préférez.

jeudi 27 octobre 2016

Non-dualité et émotion

Dans le non-dualisme majoritaire, et encore plus dans le néoadvaïta, l'émotion est traitée comme un objet qui apparait et disparait dans l'espace de la conscience. Je suis espace conscient. Les émotions, les désirs et tout ce qui est de l'ordre de l'affect, apparait et disparait en moi, Témoin immobile de ces mouvements.



Or, cette vision est belle et libératrice. 
Mais elle est incomplète.
Car je vois bien que les choses, comme un nuage dans le ciel ou une voiture dans le paysage, passent dans le ciel lumineux que j'appelle "conscience".
Mais il est plus difficile de l'admettre pour ce qui est de l'ordre de l'affectif, comme les émotions.
L'émotion est un mouvement qui a sa source en moi.
Le désir aussi.
L'objet du désir, et la face extérieure de l'émotion, sont des objets, c'est vrai. 
Mais le désir et l'émotion pris en leur jaillissement ne sont pas des objets, ils ne font qu'un avec la conscience, avec moi, avec l'espace conscient. Autrement dit
espace=conscience=émotion=désir
Si vous ne comprenez pas comment le désir n'est autre que la conscience pure, c'est parce que vous confondez le désir pur avec les objets du désir. En ce sens, il n'y a qu'un seul désir sans objet, comme il n'y a qu'une seule conscience sans objet. Mais nous les confondons et nous croyons qu'il y a "des" consciences et "des" désirs. Mais il n'y a qu'un seul désir, qui est la seule conscience, le seul être.

Prenons un exemple :
j'apprend qu'une injustice m'a été faite.
Je sens la colère monter.
Les aspects extérieurs de cette colère sont des objets qui apparaissent dans l'espace conscient que je suis, Témoin immuable de ces changements. C'est vrai. Les battements de mon cœur, la modification de mon timbre de voix, de ma posture, de mes gestes, de mon expression, les circonstances, sont des objets, c'est-à-dire des manifestations limitées dans l'espace et le temps, séparées des autres manifestations. A ce niveau, la dualité règne, dans l'espace de la conscience, certes, mais il y a bien dualité, c'est incontestable.
Mais que se passe-t-il si je prends cette émotion en sa source
Tandis que les objets apparaissent, je reviens à l'émotion pure, brute, nue. Cette émotion est-elle un objet ?
Je constate qu'elle n'est pas un objet.
Pourquoi ?
Parce que, à son niveau, il n'y a pas de dualité.
Il n'y a pas "la" colère que "je" ressens, mais une seule vibration, difficile à décrire, dans laquelle le "pourquoi" et le "comment" de la colère ne sont pas clairement différenciés. Autrement dit, la colère pure n'est pas vraiment une colère, mais plutôt une sorte d'ébullition sauvage, sans dualité. Ou une énergie pure, si vous préférez.  "Pure" veut dire "sans dualité". 
Il n'y a donc aucune distinction réelle à faire entre l'espace de la conscience et la vibration de l'émotion à l'état pur.

Si je sais cela, alors je peux l'expérimenter.
Quand la colère monte, au lieu de simplement observer ses aspects objectifs et superficiels, je plonge en sa source, comme un saumon, et je ne me retrouve pas seulement "Témoin", mais Source créatrice  de tout.

Or, si je ne connais que la non-dualité comme posture de Témoin, je ne pourrais pas plonger ainsi.
Mais, me dira-t-on, la posture de Témoin n'est-elle pas suffisante ?
Cette posture - qui n'en est pas vraiment une, car la conscience est vraiment Témoin de tout ce qui arrive - ne suffira pas. Si je n'avais pas d'émotions, elle suffirait. Mais j'ai des émotions. Donc elle ne suffit pas.
Pourquoi ?
Parce que, toute mon attention étant fixée, au moment de la colère, sur ses aspects objectifs et superficiels, l'énergie sous-jacente continuera de jaillir. Et d'alimenter les aspects superficiels, objectifs, qui persisteront, même si je les "observe" avec intensité. Et le sentiment de perte de contrôle et de désagrément persistera...
Alors que si je plonge dans la Vibration créatrice, je plonge au niveau où la colère n'est plus colère, mais pure énergie, pure conscience, pure clarté, pure émotion sans objet, sans dualité. Et même, je dis que cette "vibration" (parce que c'est un mouvement immobile) amour. Et donc je me sentirai réellement mieux. C'est à ce niveau que le ressenti, autrement souvent trompeur, devient précieux et fiable. Dans ce jaillissement originel.

Evidemment, il faut aussi s'exercer avant les moments de colère. Se familiariser.
Mais la différence de ressenti entre 1) une simple posture de "je suis espace" et 2) ce plongeon dans la vibration nue de l'émotion prise en son jaillissement, est indubitable.

Donc, à côté et de et en complément à la "pratique" de l'espace consciente, il est bon, très bon, de pratiquer ce plongeon.

Au lieu de retourner mon attention vers moi,
je retourne mon intention vers moi.
Le retournement du désir complète
le retournement du regard.

Tel est l'apport du tantra non-duel, sa spécialité, si vous préférez.

Sur ce thème, j'animerai une conférence le vendredi 18 novembre 2016.
Cliquer ici

dimanche 23 octobre 2016

Kâlî, ou l'impermanence libératrice

Le Temps engloutit tout. 
Les bons comme les méchants. Le beau comme le laid.
Le Temps, c'est le changement.
Imaginez que tout se fige : le Temps existerait-il encore ?
Mais rien ne se fige...
Tout s'enfuit.



Nous nous plaignons que les bonnes choses passent.
La jeunesse, l'abondance, le bonheur, un état spirituel merveilleux, le silence intérieur...
Quand nous méditons ou quand nous "travaillons" sur nous-mêmes,
c'est pour stabiliser les moments les meilleurs, les moments d'ouverture de la conscience. 
Et les pensées, les sensations, les souvenirs, sont comme des parasites qui viennent
interrompre nos bons états. 
Nous cherchons donc à nous en débarrasser.

Nous nous "centrons" pour que ces parasites 
n'apparaissent pas,
nous essayons de rester présents pour que 
le silence demeure.
Ce qui est une bonne chose.
Mais les parasites reviennent inévitablement. 

Et si le Temps était la solution ?
Car, si le changement amène ces parasites, 
il les emporte aussi !

Concrètement, au lieu de me concentrer pour empêcher les pensées d'apparaître,
pourquoi ne pas observer leur disparition ?
Juste déplacer le centre de l'attention.
L'avantage est que la disparition des pensées et des sensations ne demande aucun effort, nulle tension.
Car la disparition des choses est dans leur nature.
Le Temps engloutit tout.
Pourquoi ne pas le laisser faire le travail à ma place ?
Et alors, chaque pensée, chaque sensation qui disparaît,
est goûtée comme une détente,
une énergie qui se dilate,
une main qui s'ouvre,
un pont de clarté lancé vers le silence,
comme un arc-en-ciel.
L’ébullition est ressentie comme un agréable massage,
non plus comme un parasitage.

Ainsi, par un simple déplacement de l'attention,
la terrible impermanence, l'évanescence des choses,
tourne à notre avantage.
Je ne sens plus les pensées et les sensations comme des envahisseurs,
mais comme des tintements de clochettes,
légers, transparents, ouvrants vers le silence :
des caresses d'espace.

Je suis Présence sans limite.
Les mouvements sont comme des offrandes
au mystère que je suis.



Dans la tradition de la Danse de Kâlî,
la Déesse est célébrée comme conscience
qui englouti tout.
Cette conscience qui dévore ses enfants
n'est autre que le Temps qui emporte tout.
Cette impermanence est détente.
Libération.
Méditer, c'est s 'accoutumer
à ce lâcher-prise,
par un simple déplacement d'attention.
Bien sûr, cela demande de l'attention.
Donc une sorte d'effort.
Mais sans la tension comparable
à celle du méditant qui aspire à écarter les pensées,
bien que cette dernière approche ne soit pas non plus complètement vaine.

Quoiqu'il en soit,
non seulement je suis le Témoin
de la disparition des pensées,
mais en plus, chaque disparition
est ressentie comme une détente.

Vertigineux...
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