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mercredi 23 février 2022

Quelle posture pour méditer ?

Le lotus est-il indispensable ? 

La posture du lotus symbolise l'arrêt des forces vitales par la force, un emprisonnement des énergies, comme l'indique son nom : baddha-padma-âsana. Se lier, s'attacher... "Prendre" une posture de yoga se dit, en sanskrit, "s'attacher", un peu comme on met une camisole de force. Attacher le corps pour attacher le souffle, la semence et, finalement, la parole intérieure. Arrêter l'esprit par le corps ou le corps par l'esprit, l'arrêt est, dans les deux cas, forcé, hatha.

Or, le corps-esprit est ainsi fait que, plus on le retient, plus il veut s'échapper. Plus on agite cette eau, plus elle se trouble. A force de vouloir purifier le miroir, on l'embue. La recherche de la paix est une agitation. On veut souffler sur la voile pour que le navire fende plus vite les eaux de l'âme, jusqu'à se perdre par-delà tout repère et sans retour. Mais la coque se cabre et la proue donne dans la houle.

En agissant ainsi, nous perpétuons le cycle des actions et des réactions, des causes et des effets. La force forcée renforce les murs de la prison. Ainsi se creuse les sillons des habitudes. Au mieux nous les déplaçons. Le repos gagné n'est que provisoire et la roue repart de plus belle. 

Pour trouver la paix qui dépasse l'entendement, il faut aller au-delà de l'entendement. Mais comment aller au-delà ? L'effort même engendre une habitude de plus, nourrit l'hydre aux mille têtes. Telle un chat qui coure après sa queue, nous troublons notre paix par le désir même de cette paix.

Il existe une autre approche que le hatha-yoga, que le yoga de Patanjali ou du bouddhisme ancien. Certains l'ont appelé râja-yoga, le yoga royal. Mais on a aussi voulu en faire, non un yoga comme voie, mais le résultat du hatha. La couronne de l'effort... Pourtant, râja-yoga désigne à l'origine une voie, un chemin complet, qui n'est pas celui de Patanjali ni celui du Bouddha, basés sur le détachement volontaire et systématique. 

Dans cette autre voie, celle de la douceur, on navigue par vent doux. Il y a bien une sorte d'effort, mais non un effort d'arrêt forcé, hatha. Il y a bien effort, mais effort d'attention, attention à l'évanescence spontanée des liens qui se défont d'eux-mêmes. Le regard se déplace et tout change. On s'immerge alors dans le non-mental comme une éponge dans l'océan. 

On dit qu'une particule de la Pierre philosophale suffit à transmuter l'or ou à guérir un corps. Eh bien, une goutte du nectar du non-mental suffit à convaincre à jamais de l'efficience de ce yoga royal, enseigné dans le Tantra secret, la connaissance divine cachée entre nos pensées.

Il faut et il suffit de se laisser aller, "en conscience" comme on dit aujourd'hui, dans la présence. Inutile de chercher à la saisir. Laissez votre attention se balader à sa guise, comme l'abeille butine, et sentez comme tous les nœuds qui passent sous sa lumière se dénouent peu à peu, mais sensiblement. Tôt ou tard, la présence nous saisira. Vous ne vivrez plus séparément, mais vous vivrez en elle d'une vie nouvelle. 

Attention cependant, cette voie "facile" a son prix : un abandon total, un consentement de tout l'être. Sans quoi les maîtres de cette lignée - les Parfaits et les Parfaites de la Terre et du Ciel - s'empareront à nouveau de vous comme de leur jouet. L'espace devient alors esclave des énergies terrestres et célestes qu'il engendre en son sein ! Tel est le lot de l'esclave commun. Hypnotisé par les ombres, il est aveugle à l'évidence.

Cette voie n'est pas propre à l'Inde, bien qu'elle s'y exprime avec une clarté singulière. Car en effet, ce chemin fut aussi celui des Eurasiens, depuis les temps néanderthaliens jusqu'à la Flèche d'Abaris. Source de guérison, ce symbole d'attention a depuis fait son chemin, caché, jusqu'à cette Fin de cycle. Le temps est venu de sa renaissance.

Les Anciens nous ont laissé d'autres images. Il y en a une qui suffit. Celle du dieu aux bois de cerf. Sa posture est assise mais non attachée. Les mains sont déposées sur les genoux ou dans le geste d'embrasser le centre vital. Le regard est grand ouvert, lancé dans l'espace. Le port de tête exprime l'élan vertical, image de l'élan qui est la déesse. Les bois représentent l'expansion de l'énergie, le corps se mélange à l'espace. Il porte le torque de la force véritable et en tient un autre à la main, prêt à transmettre. La corne d'abondance est lovée dans son giron. Il tient le serpent.

Tout est "dit" dans ces images.

Une trouvée en France :

Une trouvée au Danemark :



mardi 26 janvier 2021

Les sens grands ouverts !




sarvato vilasadbhaktitejodhvastāvṛtermama |
pratyakṣasarvabhāvasya cintānāmāpi naśyatu || 19 ||

"Quand tous mes voiles 
ont été consumés par le feu
du jeu de ton amour
qui m'enveloppe de toutes parts,
les sens grands ouverts,
que soient anéanties tous les soucis !"
Utpala Déva, Hymnes à Shiva, I, 19


Ce verset est extraordinaire. Il évoque en effet la pratique de méditation qui se trouve au cœur du Tantra et de bien des traditions de sagesse. J'y ai consacré une partie de mon dernier livre (Les Quatre yogas) et je la partage durant tous mes ateliers, car elle est puissante, authentique et accessible à toutes et à tous.

Elle est nommée "Expression divine", "Geste céleste", "Posture secrète", "Attitude de l'étonnement", mais aussi et le plus souvent "Attitude de Bhairava". Bhairava est une incarnation du divin assez terrifiante et fascinante à la foi. Il est noir, couvert de cendres et son visage a les yeux grands ouverts, la bouche entr'ouverte. C'est justement l'attitude que l'on adopte dans cette pratique : le regard ouvert, les cinq sens ouverts, jusqu'aux pores de la peaux. C'est une posture de transparence absolue. Au lieu de se concentrer sur un point et de bloquer ou de manipuler, on ouvre tout en grand, on laisse venir, on laisse partir, comme de la fumée d'encens.

On se retrouve comme saisi par une douce stupeur, dans une expression d'émerveillement, comme saisi par le silence. Ce silence est la conscience pure, le "feu" qui consume le "voile" des pensées, du bavardage intérieur. 

Le point extraordinaire et propre à cette approche est celui-ci : les sensations, les formes, les couleurs, les sons, au lieu de perturber le silence, semblent l'alimenter, de même qu'un vent qui souffle sur un feu assez fort, va le renforcer au lieu de l'éteindre. D'où un étonnement décupler : tout est senti, tout apparaît, rien n'est bloqué ; et pourtant, un silence absolu, frais et vif, s'impose. L'expérience au-delà du mental devient alors une expérience directe, pleinement savourée. Le monde n'est plus agitation et absurdité, mais "le jeu de ton amour". Lumières, son, bulles qui éclatent, comme si l'on était une flute de champagne.

Je me réalise alors silence sacré, mais "les sens grands ouverts". C'est l'expérience du Tantra : tout est là, tout se manifeste ; mais dans un absolu silence. par la suite, la pensée elle-même, comme les formes et les sons, apparaît comme baignée de silence vivant. Peu à peu, l'âme se détend et apprend à s'abandonner à ce silence. Il n'y a rien à faire, rien à penser : le divin pense, fait. C'est l'inaction divine, l'action intérieure, directement par le centre de l'âme. C'est la divinisation du corps, de l'âme et de l'esprit, comme un feu transforme le bois en feu. 

Cette pratique est, bien sûr chamanique. Elle est innée, instinctive. Elle ouvre toutes les portes de la vie sacrée. Selon la tradition du Tantra, elle est l'initiation véritable, le Mantra efficient, le pouvoir surnaturel sans errement, la liberté en cette vie même. Toutes les divinités, mâles et femelles, viennent à la rencontre de cette âme pour l'initier et la transmuter. 

Cette pratique est l'une des deux grandes pratiques essentielles du Tantra traditionnel.

Pour finir, j'aimerais dire que cette pratique a existé depuis la nuit des temps, comme le suggère cette image de Cernunnos trouvée en France, près d'Autun. Car tout cela est vrai. Regardez bien cette image, car elle induit ce geste intérieur où l'on émerge au-dessus du mental. A l'origine, il portait de larges bois, évocateurs de l'expansion tactile dans l'espace de paix, comme une torche de présence. Et il porte l'abondance en ses mains relâchées : pour tout avoir, tout lâcher. Dans le Simple, l'inépuisable richesse s'épanche. C'est la réintégration, l'éveil simple, l'entrée dans la divine possession, le sanctuaire imprenable, la panacée discrète, le retour à l'état naturel.

dimanche 21 juin 2020

Cernunnos, Shiva en Gaule ?

Une statuette de Cernunnos, le Dionysos gaulois,
dans l'attitude de la méditation de Shiva (shivamudrâ, shâmbhavî, etc.),
regard jeté dans l'espace, bouche entr'ouverte, Autun :


Bernard sergent a suggéré que Shiva/Dionysos et Devî/Athéna ne forment qu'un seul et même couple divin. 
Mais cette image-ci prouve, au-delà de tout doute raisonnable, qu'il existe une même tradition autour d'une même pratique, celle de la "contemplation des trois cieux" : le jour (blanc, sattva, Parâ), la nuit (noir, tamas, Aparâ) et l'aube (rouge, rajas, Parâparâ) et les innombrables triades dérivés de cette contemplation, comme celle transmise par Proclus : Être, Vie, Pensée ; ou encore : être, procession et conversion, triade dialectique plagiée ensuite sous la forme de la Trinité. 

Shiva et la Déesse, Saintes :


Bhairava, Saintes :


Bhairava, Dijon :

dieu aux oiseaux

Déesse, Besançon :

1 ANTLERED GODDESS.jpg


Shiva, maître du yoga, Mayence :

 Cernunnos

samedi 28 décembre 2019

Noël

Aucune description de photo disponible.

Noël est la fête du solstice d'hiver.
C'est la fin d'une descente et le début d'une remontée.
L'énergie du soleil a baissé, l'énergie de la lune est montée.
Et puis tout bascule, le soleil va reprendre le dessus.
Mais entre les deux, dans l'intervalle, ce n'est ni le Soleil, ni la Lune, ni ceci, ni cela.
C'est un instant de suspension du devenir, de cette perpétuelle guerre qu'est le devenir, une trêve hors du temps, un hors-jeu.
C'est l'entre-deux, là où s'éveille l'énergie de vie, le feu vertical qui consume et se répand, préparant un nouveau cycle.
Pour le ressentir, il suffit que je me donne à la présence à la fin d'un expir, car chaque cycle respiration est le miroir d'un cycle annuel. Noël, c'est la fin d'un expir, le terme de la descente. Et si j'écoute ce qui se passe alors, je peux assister à la renaissance de tout, au premier instant de toute vie, de tout mouvement. Noël, c'est le Big Bang. C'est le tout premier frémissement de la clarté au coeur des ténèbres. La première montée, puissante car toute neuve, sans but encore, à l'état naissant.
Noël n'est pas juste un événement social ni une fête religieuse. C'est un point hors du temps, un pivot, le moment où le balancier va repartir. C'est, selon la tradition du Cachemire, le lieu de l'éveil de la conscience. Au terme du long lâcher-prise de l'automne, la conscience est prête à se retourner, à se réveiller.
Noël, c'est le mystère de la vie à portée de souffle.

jeudi 14 novembre 2019

Cornes de lumière

Il y a ces sceaux de terre qui évoquent Shiva Maître des animaux, vallée de l'Indus, vers -2000 :



Et il y a ces images de Cernunnos, Europe, France, entre -700 et +100 :

Gundestrup, Danemark :


Reims, France :


Roquepertuse, France :



Vendoeuvres, France :

stone - Cernunus with putti serpents. Gallo-Roman Stone. Vendoeuvres, Indres. France.

MAyence, Allemagne (?) :

Cernunnos à Cologne

Saintes, France :


Étangs-sur-Aurroux, France :

cernunnos.jpg

Un personnage a cornes, assis en tailleurs au milieux d'animaux, parfois à deux visages et tenant un serpent.

Trois pages sur Cernunnos :

mythologies.blog4ever.com/cernunnos

http://www.deomercurio.be/fr/cernunnos.html





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