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mardi 12 avril 2022

Une méthode simple et facile pour stabiliser la présence dans le quotidien

 


Je vous invite à une nouvelle expérience. Lisez d'abord le texte ci-dessous, sans précipitation, sans quoi cela ne servirait à rien. 

Fénelon, le célèbre écrivain du Grand Siècle, s'adresse dans cet extrait à une dame qui lui demande comment garder la "présence de Dieu" au milieu du quotidien.

Il lui conseille simplement de s'abandonner à Dieu, comme un enfant dans les bras de sa mère. 

Mais alors, et les distractions ? Il répond :

"Si vous [vous abandonnez à Dieu et que vous] ne voulez jamais la distraction, vous ne serez jamais distraite, et il sera vrai de dire que votre oraison n'aura jamais défailli. 

Chaque fois que vous apercevrez votre distraction, vous la laisserez tomber sans la combattre, et vous retournerez doucement du côté de Dieu sans aucune contention d'esprit. 

Quand vous ne vous apercevrez point de votre distraction, elle ne sera point une distraction du cœur. Dès que vous l'apercevrez, vous lèverez les yeux vers Dieu. 

La fidélité que vous aurez à rentrer en sa présence, toutes les fois que vous vous apercevrez de votre état, vous méritera la grâce d'une présence plus fréquente ; et c'est, si je ne me trompe, le moyen de vous rendre bientôt cette présence familière."

Et le reste de cette lettre est de la même qualité.

Maintenant, changez un peu les mots. Le mot "Dieu" en choquera sans doute certains. Surtout - et c'est bien étrange - parmi ceux qui professent que la "présence" est au-delà des mots... Bref.

Changez donc ces "mots" à votre guise, adaptez la formulation à votre convenance. Et alors, relisez le résultat. N'avons-nous pas là une excellente méthode spirituelle, complète et adaptée à une vie active ? N'est-ce pas là l'essence de toute pratique spirituelle ? Moins que ceci suffirait-il ? Davantage serait-il nécessaire ? A-t-on un besoin si impérieux de ces dogmes dont on fait aujourd'hui un trésor spirituel, comme par exemple, que la personne n'existe pas, qu'il n'y a point de libre-arbitre, qu'il ne faut pas juger, que l'univers est notre création, et j'en passe ?

Je crois que non. Il y a dans cet extrait tout le viatique d'une vie intérieure. Et cela, dans un style solide, nourri d'expérience et de culture - cette culture qui nous fait tant défaut. 

Et pourtant, l'auteur de ces lignes est un homme, un occidental, un aristocrate, un Chrétien, un prélat et un courtisan. Et pourtant... il se fit le disciple fidèle d'une femme laïque.

Que cette petite expérience nous donne donc à méditer. Qu'elle éveille en nous tous l'élan spirituel vrai, simple et vivant. Outre que ce genre de lecture nous permet de redécouvrir que nous avons un héritage spirituel, n'en déplaise, elle rafraîchit notre regard sur le mystère évident de vivre.

mardi 27 octobre 2020

Vijnana Bhairava 119 120 Awakening Through Memories And Distractions


 

The practice of awakening through memories and distractions :


vastuṣu smaryamāṇeṣu dṛṣṭe deśe manas tyajet |

svaśarīraṃ nirādhāraṃ kṛtvā prasarati prabhuḥ || 119 ||

"When one sees a place and is about to remember memories,

one should abandon attention (from that vision)

(and) having made one's body without support,

the Lord shall come."


kvacid vastuni vinyasya śanair dṛṣṭiṃ nivartayet |

taj jñānaṃ cittasahitaṃ devi śūnyālāyo bhavet ||120 ||

"When one pays attention to some thing,

one should remove it slowly.

Then there is awareness, accompanied with attention.

One will, o Goddess, becomme an empty receptacle."



samedi 19 septembre 2020

Vijnana Bhairava 74 Awakening By Instinct

 




The practice of letting attention roam freely :

yatra yatra manas tuṣṭir manas tatraiva dhārayet |
tatra tatra parānandasvārūpaṃ sampravartate || 74 ||
"One should focus one's attention
wherever it finds its happiness.
There itself, one's essence of supreme bliss
will become alive."






lundi 6 juillet 2020

Vijnâna Bhairava Tantra 116

A late chola bronze figure of aiyanar | Olympia Auctions
Aiyanar, absorbé dans l'espace lumineux

L'expérience du laisser-aller :

yatra yatra mano yāti bāhye vābhyantare 'pi vā |
tatra tatra śivāvāsthā vyāpakatvāt kva yāsyati || 116 ||

"Partout où se pose l'attention,
à l'extérieur ou à l'intérieur,
là est l'état divin : (en effet), où donc (l'attention) pourrait-elle aller, 
puisque (le divin) est la condition même de possibilité (de l'attention) ?"

vyāpakatvāt : "à cause du fait d'être nécessairement présent en..." On traduit souvent ce mot par "omniprésence" et en anglais par "pervade", "pervasive". Mais plus précisément, l'idée est que le divin, c'est-à-dire la conscience, est le fond nécessaire de l'attention, tout comme le miroir est le fond des reflets. Sans miroir, pas de reflets. Sans conscience, pas de mouvements de l'attention. Où donc l'attention pourrait-elle aller ? Les vagues peuvent-elles sortir de la mer, alors qu'elles sont la mer ? L'attention peut-être être distraite de la conscience, c'est-à-dire d'elle-même ? Comment les mouvements de l'attention pourrait-ils échapper à la conscience ? Un mouvement peut-il aboutir hors de l'espace ? L'espace n'a pas de "dehors". De même, il n'y a rien en dehors de la conscience. L'idée que je peux avoir d'un dehors de la conscience n'est elle-même qu'un acte de conscience.

Certes, la conscience a, avec ce pouvoir d'attention, un mystérieux pouvoir d'oublier certaines choses en faveur d'autres, et surtout de s'oublier elle-même. mais cet oubli n'est lui-même possible que "danse" et pas la conscience, car l'oubli est, lui aussi, un acte de conscience, et un pouvoir de la conscience. 

Fort de cette certitude que l'attention ne saurait me pousser hors de l'espace de la conscience, je peux bien laisser mon attention divaguer. Elle ne peut échapper à l'espace, au présence, à la lumière de la conscience. Je laisse donc aller mon attention, comme une abeille qui va butiner. Rien à perdre en cela, rien à gagner à vouloir l'emprisonner. Je suis la prison infinie de mon attention ou, comme on dit aujourd'hui, de mon mental. Et quel soulagement ! Je vois que je suis sans limites, omniprésent comme l'espace. Même si je me laisse emporter, pour ainsi dire, par les jeux de l'attention, je ne me quitte jamais. Je ne sors jamais du vaste ciel que je suis. Et, dans cette intuition, je me détend. Libre, à l'aise. Laisser venir, laisser partir, sans même chercher à surveiller. 




samedi 16 février 2019

Une distraction peut-elle approfondir ma méditation ?



D'ordinaire, la distraction est présentée comme un obstacle à la méditation. Quand on médite, on cherche un lieu sans distraction (bruits, mouvements, lumières...)., on reste immobile, le regard fixe ou les yeux fermés.

Il est vrai que la distraction est, avec la torpeur, le principal obstacle à une méditation continue.

Pourtant, dans plusieurs traditions non-duelles, la distraction est présentée comme une manière d'approfondir l'état de méditation.

Comment cela est-il possible ?

Il y a plusieurs manières d'envisager la méditation.
D'ordinaire, la méditation est un état ou l'attention est concentrée sur un objet. C'est la définition classique du samâdhi. Dans ce cas, la distraction est le fait pour l'attention de quitter son objet, par exemple la sensation du souffle dans les narines. La méditation est alors interrompue par la distraction et elle reprend quand l'attention revient sur l'objet.

Mais il existe une autre définition de la méditation. Dans les approches non-duelles tantriques (shivaïsme du Cachemire, Mahâmudrâ, dzogchen), la méditation ou le samâdhi est l'état ou la conscience est éveillée à elle-même, au-delà du mental et de tout objet. Dans ce cas, ce qui se passe au niveau des objets (c'est-à-dire à peu près tout) n'aide ni ne gène la méditation. La conscience transcende tout. Un des signes que l'on est dans cet état est que cette Présence continue même s'il y a du bruit ou de l'agitation, que ce soit au dehors ou au dedans.

Adeu Rinpotché définissait ainsi cet état : 

"La conscience éveillée (rigpa en tibétain) peut être décrite comme une inébranlable conscience de soi. Avoir conscience de notre essence vide, éveillée et consciente d'elle-même : la conscience éveillée se reconnaît ainsi. Ne pas quitter cet état pourrait être appelé 'le samâdhi de la conscience éveillée'. C'est très différent du sens usuel des mots samâdhi ou shamatha. Dans son acception ordinaire, samâdhi désigne la concentration... La conscience éveillée est bien différente d'un état de concentration calme..."

(Freedom in Bondage, p. 39)

La méditation consiste, pour la conscience (maîtresse de l'attention), à ne pas être distraite d'elle-même. Ca n'est pas un état de concentration, de focalisation de l'attention sur un objet, car, comme je l'ai expliqué à maintes reprises, la conscience n'est pas un objet : elle est la "lumière" qui éclaire les objets. Quand on parle de "présence" ou de "conscience" éveillée, on ne parle donc pas de concentration, mais d'un retournement de l'attention, d'une reconnaissance de la conscience par elle-même. 

Concrètement, cela correspond aussi à un élargissement du champ de l'attention. Car la conscience éveillée, c'est simplement une attention totalement ouverte, défocalisée, sans saisie aucune, sans concentration sur un objet quelconque. La conscience éveillée (ou Présence) est l'attention détendue, panoramique. La concentration ou attention focalisée, une une conscience contractée. Dans tous les cas, il s'agit de différents états d'une même lumière.

Mais alors, en quoi une distraction pourrait-elle approfondir un tel état de conscience éveillée, c'est-à-dire délivrée de toute saisie ?

Eh bien, dans l'expérience concrète de la méditation non-duelle, cet état commence souvent en pointant l'espace entre deux pensées. Ou en retournant l'attention vers sa source.

Mais cet état, cette expérience, est rapidement recouverte d'objets subtils. Par exemple, si l'on décrit l'état de conscience éveillée comme un parfait silence intérieur, alors on dira qu'une sorte de "bruit blanc" vient peu à peu s'insinuer dans ce silence. Sans parler même d'une pensée bien formulée, il y a comme des murmures qui se font entendre. Mais comme c'est très graduel, on n'en prend pas conscience. L'état de conscience éveillée redevient mental et on ne progresse pas. Ou alors, on (=la conscience) s'attache à quelque chose, elle se rendort, elle n'est plus "éveillée".

Que se passe-t-il alors ? La conscience n'est plus consciente d'elle-même, ouverte et libre. Elle se focalise à nouveau sur un objet, fut-il subtil. Car l'état mental, inconscient, où la conscience saisit sans cesse des objets (comme un singe qui saute de branche en branche), est une succession d'états de concentration. "Saisie" et "concentration" sont synonymes. A chaque fois, il s'agit du même acte d'attention qui s'empare d'un objet. Seul l'objet et la durée de la concentration varient. Comme dit le Commentaire des Yoga-sûtras (un passage sur lequel j'avais déjà écrit) "tous les états mentaux sont des états de concentration" (sârva-bhaumah samâdhih, de mémoire). 

Donc en clair, quand vous pratiquez la méditation de concentration classique (y-compris la Pleine Conscience), vous êtes dans le même état mental quand dans la vie quotidienne. La seule différence est que les moments de concentration sont probablement plus long durant la pratique de cette méditation de concentration.

Or,j cette habitude de concentrer (=de saisir) l'attention, la conscience, est si profondément ancrée, qu'elle reprend le dessus, même dans la méditation non-duelle. D'une conscience éveillée, c'est-à-dire d'une attention retournée, ouverte, on passe subrepticement à une concentration sur un objet, fut-il subtil.

C'est là qu'intervient la distraction. Si je suis dans cet état de concentration subtile, en prenant ou non cet état pour un état de conscience éveillée, alors si, à cet instant, une porte claque, le flot de cette concentration est interrompu. Et la conscience nue est... mise à nue. Une conscience sans objet, délivrée de l'objet, dé-saisie de l'objet, déprise de l'objet. Cette distraction est donc salutaire. En détruisant la concentration, elle offre à la conscience l'occasion de se réveillée, de revenir à l'état de conscience éveillée.

C'est pourquoi la tradition dzogchen conseille de "casser" encore et encore la méditation, afin de dépouiller la conscience de tous ses oripeaux, fut-ce ceux de la concentration. Evidemment, il est bon de se concentrer, c'est-à-dire de passer d'une conscience qui saute de branches en branches à une conscience qui s'accroche à une seule branche. Mais ensuite, il faut lâcher la branche. D'où les claques et les coups de bâton du zen, les cris explosifs et ainsi de suite. 

Quand on est dans un état de concentration stable et que l'on a déjà reconnu la conscience, notre "vrai visage" au-delà du mental, alors une porte qui claque est une bénédiction. Ou n'importe quelle autre interruption. Mais plus c'est net et fort, plus la conscience sera mise à nu, comme un ciel après l'orage. 

Dans le shivaïsme du Cachemire, de même, on conseille de méditer cet instant ou la conscience concentrée (=contractée) est soudain distraite, arrachée à son objet. Là aussi, j'ai déjà traduit et expliqué le passage concerné dans le Poème sur la vibration.

Voici un verset de cette tradition qui invite à méditer l'état de surprise :

Plonge dans la surprise,
cette surprise dont
les êtres vivants font l'expérience.
Médite-là sans interruption,
et gagne la plénitude.

Tantra de la félicité suprême, XXIV, 119

Pratiquer dans cette approche, c'est se familiariser avec l'attitude de Bhaïrava, yeux et bouches grands ouverts, comme dans une expression béate de surprise. On trouve les mêmes conseils dans le dzogchen. Et alors, pourquoi que 1) on soit capable de se concentrer avec une relative stabilité et que 2) on ait déjà reconnu l'espace de pure conscience, la distraction devient un puissant auxiliaire de la vie intérieure dans sa dimension contemplative.

Voilà, en bref, comment la distraction peut permettre d'approfondir l'état de méditation.

J'animerai un weekend de méditation et d'éveil à Marseille, les 23 et 24 mars prochains.

Inscription :

cabauemmanuelle@gmail.com

Infos :

cliquer ici



mardi 22 janvier 2019

La vigilance, une pratique de toute la vie ?



Nous croyons parfois que l'éveil est un changement d'état psychologique définitif, à la suite duquel il devient impossible d'être "repris" par le jeu du mental, sachant que "mental" (manas) désigne ici toutes les énergies du corps-esprit.

Je ne sais pas si cet idéal est réaliste. 
Selon la tradition du Cachemire, les mots sont la base du mental. En se combinant, ils transforment la conscience universelle que nous sommes en des personnages aux destins plus ou moins tourmentés. Pourtant, c'est la conscience qui crée le mental, comme l'océan "crée" les vagues. Autrement dit, nous sommes victimes de nos propres énergies. Vivre dans l'inconscience, c'est vivre dans la souffrance. Le seul moyen de s'en libérer est de reconnaître ces énergies.

Le mental redevient alors une manifestation de l'Immensité silencieuse. Au lieu de cacher leur source, les pensées la révèle, comme les vagues manifestent la puissance de l'océan. Les sensations se révèlent sensations de l'unité. Le sommeil est pure unité ; le rêve est créativité ; la volonté est l'élan créateur de la conscience, et ainsi de suite.

Mais, toujours selon la tradition du Cachemire, il reste toujours possible de se faire prendre au jeu du mental, de se laisser ensorceler, en quelque sorte, par les sons combinés en phrases, par les signes.

Qu'est-ce qu'un signe ?
Un signe est une perception/sensation qui a le pouvoir de renvoyer à d'autres perceptions/sensations. L'exemple classique est la madeleine de Proust. Si nous nous observons, nous verrons que toute la journée nous sommes dans les signes, dans le labyrinthe des signes, comme un jeu de miroir sans fin. Nous percevons très peu. Nous allons de signe en signe, comme un singe de branche en branche. 

Le mental fonctionne comme un dictionnaire : les mots renvoient à d'autres mots, qui eux-mêmes renvoient à d'autres mots, etc. Naïvement, nus croyons que les mots désignent la réalité ; mais en réalité, ils désignent d'autres mots. Ils s’entre-définissent. Voilà pourquoi le mental n'entre pas en contact avec le réel, mais seulement avec ses propres constructions. C'est comme un dictionnaire. Les mots désignent les choses, mais les choses...sont des mots constituées d'autres mots, eux-mêmes constitués de mots...

Comment sortir de ce labyrinthe ?
En ressentant les mots. En les percevant, en savourant aussi leur impact dans l'ensemble du corps, du corps subtil, du corps ressenti. 
Une autre approche pourrait être de "dire" les mots mentalement, mais plus fort. Ainsi il devient plus aisé de réaliser que les pensées ne sont que des mots, des sons.

En pratique, c'est difficile.
Voilà pourquoi, selon la tradition du Cachemire, nous pouvons toujours être repris. De fait, même ceux qui ont une longue expérience de la pratique de la Présence au quotidien se laissent prendre. Très souvent. Bien plus qu'on ne le croit d'ordinaire. C'est cette vérité que rappelle Kshéma Râdja dans son Commentaire aux Shiva Sûtra III, 19. Il cite un Tantra de la tradition Kaula, l’Éradication des ténèbres :

Les énergies du Corps
égarent insensiblement
[le yogi/la yogini].
Terrifiantes, elles capturent l'individu avec l'ego,
alors qu'elles planent dans l'immensité de la conscience.

Les "énergies de la conscience" sont littéralement les "maîtresses des sanctuaires" du corps subtil. 
Elles se déploient dans la conscience, dans l'espace sans limites "au-dessus de la tête", dans cette ouverture transparente qui les accueille. Mais elle "capturent" l'être aliéné (pashu) avec l'ego, ici personnifié par Brahmâ. Sa ressemblance avec la Source (brahman) n'est pas un hasard. Ces deux mots ont la même racine, mais l'un est neutre, l'autre masculin. Pourquoi la même racine ? Parce que le ressenti "je suis" est la Source. Il devient l'ego lorsqu'il semble se confondre avec le mental, il devient alors "je suis contrarié", "je suis laid", "je suis énervé" et ainsi de suite.

Kshéma Râdja explique que "même celui qui a atteint le réel peut devenir le jouet des énergies mentales s'il est distrait".

La vigilance est donc une pratique de toute la vie.
Bien sûr, il y a une vigilance mentale, plus ou moins forcée, et il y a la vigilance qui est la nature même de la conscience. Néanmoins, tout cela repose sur l'attention, la vigilance. En ce sens, il y a bien quelque chose à faire et à pratiquer, même si l'on a réalisé que tout est un.

mardi 16 août 2016

Peut-on méditer dans le quotidien ?

Dourgâ, l'Innaccessible


"Est-il possible de vivre normalement tout en restant centré dans la conscience ?"

Telle est la question que se pose immanquablement tout chercheur.
Réponse du Marseillais :

"N'est-il pas vrai que la quantité des objets qui s'offrent à nos yeux à tout moment, ne nous empêche jamais de voir la lumière ? Et cela pour deux raisons : l'une, parce que, sans le secours de la lumière nous ne saurions voir ces mêmes objets ; l'autre, parce que la lumière n'a pas des parties distinctes ou figurées qui puissent arrêter nos yeux et les détourner des autres choses. Il en est de même de la vue de Dieu : elle nous aide, comme une souveraine lumière, à regarder toutes choses avec pureté et innocence, et selon le bon plaisir de sa divine Majesté. Et comme d'ailleurs elle ne consiste ni en figures, ni en images distinctes, elle ne nous empêche pas de considérer, selon notre nécessité, les divers objets qui se présentent dans le commerce de la vie."

François Malaval, La Belle ténèbre, I, 3, XVIIè siècle

Autrement dit : les choses ne peuvent cacher l'immensité de la conscience, puisqu'elles en sont la manifestation. Les choses ne peuvent donc "cacher" la Lumière consciente, pas plus que les reflets ne peuvent, en vérité, cacher le miroir. 
En revanche, ce qui nous distrait, ce sont nos actes d'attention. Il faut encore et encore replonger dans l'Acte unique de la vibration du cœur, jusqu'à ne plus jamais en sortir ! Alors seulement il n'y aura plus distraction. C'est toute la voie.
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