Affichage des articles dont le libellé est hamsa. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est hamsa. Afficher tous les articles

samedi 5 septembre 2020

La Parole intime

Bhakti movement - Wikiwand


L'absolu (brahman), expansion sans fin (brimhati, "s'accroître", mais aussi barhati "parler, rugir, briller"), nous le croyons éloigné. 
En réalité, cette expansion est la texture même (tantra) de l'expérience. L'absolu intime est la vie, comme souffle, comme parole, comme son intérieur, comme mouvement.

Abhinavagupta dit :

boddhavyo layabhedena vindurvimalatārakaḥ /
yo'sau nādātmakaḥ śabdaḥ sarvaprāṇiṣvavasthitaḥ // 113
adhaurdhvavibhāgena niṣkriyeṇāvatiṣṭhate /
Tantrāloka, III, 113-114a

"Que l'on s'éveille au Point ( = la pleine conscience), ce Sauveur immaculé
à travers (ses) différents niveaux de résorption (laya-bheda)/ grâce à la révélation (qui a lieu) dans la résorption.
Il est cette Parole qui est résonance (intime),
présente en tous les êtres vivants.
Il habite (en nous), sans effort (nishkriyâ)
allant (à la fois) vers le bas (dans l'inspir)
et vers le haut (dans l'expir)."

La vie intérieure c'est reconnaître en soi ce que l'on cherchait hors de soi. C'est s'immerger dans la sensation "je suis".

vendredi 21 août 2020

Vijnâna Bhairava Tantra 155 156 deuxième partie

Pin by Srikanth on Chakra | Asian sculptures, Indian sculpture ...


Suite vidéo (en-bas) et fin du commentaire de Shivopâdhyâya sur les verset 155 et 156 du Vijnâna Bhairava Tantra qui forment, avec le verset 154, les "sûtras du Mantra Hamsa" :

vrajet prāṇo viśej jīva icchayā kuṭilākṛtiḥ |
dīrghātmā sā mahādevī parakṣetram parāparā || 154 ||

asyām anucaran tiṣṭhan mahānandamaye 'dhvare |
tayā devyā samāviṣṭaḥ param bhairavam āpnuyāt || 155 ||

ṣaṭśatāni divā rātrau sahasrāṇyekaviṃśatiḥ |
japo devyāḥ samuddiṣṭaḥ sulabho durlabho jaḍaiḥ || 156 ||

Lien vers la première partie sur ces trois versets :
https://youtu.be/xtiNHzbLq08


Pourquoi la Déesse Tripurâ s'appelle-t-elle Tripurâ ?

Aucune description de photo disponible.

Pourquoi la Déesse Tripurâ s'appelle t-elle Tripurâ ?
Voici, selon le Tantra fondamental de cette tradition, aussi appelée 'Shrîvidyâ" :

tripurā paramā śaktirādyā jñānāditaḥ priye | 
sthūlasūkṣmavibhedena trailokyotpattimātṛkā || IV, 4
"La (Déesse) Tripurâ est la Puissance originelle (Âdyâ=Ambikâ), 
à l'orée de toute expérience (jnâna), Ô toi qui m'est chère !
Elle est la matrice de la création des trois mondes,
grâce à ses phases grossières et subtiles."

paro hi śaktirahitaḥ śaktaḥ kartuṃ na kiṃcana |
śaktastu parameśāni śaktyā yukto yadā bhavet || IV, 6
"Car le Puissant (=Dieu) ne peut rien faire
sans la Puissance suprême.
Alors que, uni à la Puissance,
il devient Puissant, Ô Suprême Souverain !"
Tripurâ signifie "Triple cité". Mais pourquoi ?

kavalīkṛtaniḥśeṣabījāṅkuratayā sthitā |
vāmā śivā tathā jyeṣṭhā śṛṅgāṭākāratāṃ gatā || IV, 9
raudrī tu parameśāni jagadgrasanarūpiṇī | IV, 10a
"Elle est présente (dans le corps subtil)
en tant que source des lettres-germes
qu'elle porte en elle :
elle devient ensuite le triangle
(formé par les trois énergies)
Vâmâ, la Sinistre/ Belle (et) Bonne (Shivâ)  et Jyesthâ.
Quant à Raudrî, elle et le triangle (au complet),
elle est dévoration du monde, Ô Suprême Souveraine."

Au-dessus de la fontanelle, il y a un triangle, qui se trouve aussi au centre de la plupart des Mandalas de la Déesse, et qui est inversé, la pointe vers le bas : Vâmâ/ Shivâ est la conscience créatrice, le côté gauche du triangle. Jyesthâ est la ligne horizontale, l'énergie "de subsistance". Raudrî est le côté droit du triangle et aussi la totalité du triangle.

Ces trois aspects sont l'expansion de la félicité qu'est la conscience (cidânanda), c'est-à-dire du Point (bindu), c'est-à-dire du Linga de la Déesse.

Tripurâ désigne donc l'expérience en tant qu'elle est triple : création, subsistance et destruction, veille, rêve et sommeil profond, Brahmâ, Vishnu et Rudra, l'élan précognitif (selon la traduction du prof. Sanderson), la percetion et l'action extérieure, etc. En bref, "Tripurâ" nomme ce triangle et tout ce qu'il symbolise, triangle qui est à la fois Linga (le Point) et Yoni, ce mouvement d'expansion-contraction étant la Vibration (spanda) subtile qui caractérise la conscience. 

Toutes les lettres de l'alphabet sanskrit sont inscrites dans ce triangle, en allant dans le sens contraires des aiguilles. Et cela fait trois tours et demi. D'où l'expression à propos de la Kundalinî, car cette dernière n'est autre que la conscience-parole, "matrice" (mâtrikâ), c'est-à-dire alphabet, source de tous les Mantras et de toutes les langues.

vendredi 7 août 2020

Vijnâna Bhairava Tantra 155 156 Le Coeur de la pratique du Tantra

Rod hillen art — Hamsa Soham Sanskrit Calligraphy
source

Le Dieu poursuit son évocation de l'Arcane : la quintessence de la pratique du Tantra, la "récitation" spontanée du Mantra So'ham, la Reconnaissance, l'éveil :

asyām anucaran tiṣṭhan mahānandamaye 'dhvare |
tayā devyā samāviṣṭaḥ param bhairavam āpnuyāt || 155 ||
"Récitant/Ascensionnant en cette (Déesse du Souffle),
on vit dans le Sacrifice qui est félicité infinie.
Envahi par cette Déesse,
on atteint le divin en sa plénitude."

ṣaṭśatāni divā rātrau sahasrāṇyekaviṃśatiḥ |
japo devyāḥ samuddiṣṭaḥ sulabho durlabho jaḍaiḥ / (variante :) praṇasyānte sudurlabhaḥ || 156 ||
"La récitation de la Déesse est prescrite,
21600 fois par jour et nuit :
facile, (mais) difficile pour les êtres inertes / 
à la fin de (chaque) expir, facile et difficile (à la fois)."

dimanche 31 mars 2013

Ceintures de méditation - V

D'autres images avec un emploi différent de la ceinture :

Avalokiteshvara
Borobudur
Shiva, Hampi
Shiva, Hampi
Yogin, Hampi. Notez la tête posée sur la main
 Autre yogin (toujours à Hampi) paresseux, abec en plus un "bâton de méditation" (yogadanda)
Matsyendra Nâtha, Hampi. Matsyendra est le fondateur légendaire de LA tradition tantrique non-dualiste dont toutes les autres dérivent : la tradition kaula. On retrouve Matsyendra sur presque tous les temples, en général sur les piliers. Ici, il est représenté sur le poisson (c'est à cela qu'on le reconnaît) avec la ceinture et la canne de méditation.
Yogin, Hampi
Yogin, Hampi
Yogin enseignant, Cidambaram

Pour quelques exemples de yogapatta dans les textes, voir ici. Quelques exemples :

yogapaṭṭaṃ ca yo dadyācchivabhaktāya yo naraḥ | 
vastrayugma sahasrasya dattasya phalamāpnuyāt || 65 || 
Acintyaviśvasādākhyam

"L'homme qui donne une  ceinture de yoga
A un dévot de Shiva
Gagnera le mérite 
De qui a offert mille habits."

vyāghrājinaṃ prathamaṃ syāddvitīyaṃ kṛṣṇājinaṃ bhavet | 
tṛtīyaṃ tantunā kuryāt trividhaṃ yogapaṭṭikā || 67 || 
Acintyaviśvasādākhyam 

"La ceinture de yoga est de trois sortes :
En peau de tigre,
En peau d'antilope noire
Et la troisième est tissée."

vastraśraggandhadhūpādyaiḥ saṃpūjya ca vidhānataḥ | 
yogapaṭṭākṣasūtrañca saṃhitāpustakaṃ dadet ||
Kâlottara

"Après avoir honoré (le disciple) selon la procédure
Avec le châle, la guirlande, l'encens, le parfum, etc.,
Il faut lui donner le livre (qui contient) la collection (des stances de la gnose)
Avec la ceinture de yoga et le rosaire."

yogāsanasthaḥ kurvīta vidhimeva yathoditam | 
yogāsanāni catvāri yogapaṭṭena bandhayet || 17 || 
paryaṅkaṃ kamalaṃ vā'pi bhadraṃ vā svastikaṃ dṛḍham |
eṣāmekatame sthitvā ṛjukāyordhvataḥ kramāt || 18 ||
Jayâkhyasamhitâ

"Installé dans la posture de yoga
On doit pratiquer la méthode telle qu'elle a été enseignée.
On doit lier les quatre postures
Avec la ceinture de yoga :
La posture en demi-tailleur, du lotus,
Ou de bon augure, ou de la svastika.
Ces postures doivent être stables.
On doit en prendre une en particulier,
En redressant peu à peu
Le corps".

Dans son Elucidation du Svacchanda Bhairava Tantra, Ksemarâja explique le passage suivant :

āsanaṃ svastikaṃ baddhvā padmakaṃ bhadrameva vā || 7-290 ||
sāpāśrayaṃ sārdhacandraṃ yogapaṭṭaṃ yathāsukham |
dahanotpūyane kṛtvā plāvayedamṛtena ca || 7-291 ||  
sabāhyābhyantareṇaiva sakalīkaraṇaṃ tataḥ | 
antaryāgaṃ yathāpūrvamuccāryaṃ ca paraṃ tathā || 7-292 || 
daśadhā yogamārgeṇa haṃsasvacchandamabhyaset |
Svacchandabhairavoddyote

"Il faut d'abord prendre la posture de la svastika,
celle du lotus ou bien la posture de bon augure,
En prenant appuis sur une ceinture de yoga
Qui maintient le dos (sāpāśrayaṃ) ou
Qui maintient le corps en posture de demi-lune (sārdhacandraṃ).
On s'installe (ainsi) à son aise.
On doit d'abord allumer (le mantra) et l'énoncer
Puis l'on doit inonder (le corps) avec le nectar d'immortalité.
Ensuite, on doit installer toutes les divinités (sakalīkaraṇam)
A l'intérieur comme à l'extérieur (du corps).
Puis l'on doit faire l'offrande à l'intérieur,
De cette même façon qui avait été dite auparavant.
Ensuite, il faut s'exercer au Svacchanda du hamsa
Au moyen de la voie du yoga 
Qui est de dix sortes".

Explication de Kshemarâja : 

"La posture du lotus est en forme de lotus : la plante des pieds tournée vers le haut, posées sur les hanches. La posture de la svastika se fait avec les pieds sous les fesses, mollets étalés en forme de svastika. La posture de bon augure consiste à placer les jambes à égalité. On s'attache dans l'une de ces postures avec une ceinture qui aide à la pratique du yoga - qui aide à prendre appuis sur le sol -, ou bien avec une jambe sur le sol et une en forme de demi-lune, (comme dans les bas-reliefs ci-dessus). Ou bien on peut aussi (prendre) n'importe quelle (posture) dans laquelle on se sens bien, c'est-à-dire qui ne fait pas souffrir le corps. Comme le dit (Patanjali) :

'La posture doit être stable et agréable.'

Ensuite; il faut faire comme avant, depuis l'allumage (du "feu" du mantra situé dans le nombril) jusqu'à (son) énonciation (qui peut aussi désigner la "fonte" du nectar situé dans la "lune" du crâne, nectar qui va alors inonder et remplir le corps). "Par la voie du yoga qui est de dix sortes " : qui comprend les six (contrôles du souffles) à commencer par les vidages extérieurs et intérieurs, (les remplissages internes et externes et les rétentions internes et externes), puis la rétention parfaitement apaisée, (c'est-à-dire l'arrêt spontané du souffle), puis le retrait des sens, puis la fixation, puis la méditation. Ou bien, (cela signifie qu'il faut) d'abord maîtriser les dix "vents", à commencer par le prâna (qui est le souffle expiré ou l'énergie du haut du torse), vents qui sont les supports des états psychiques (correspondants), comme il a été dit auparavant. Il faut ensuite s’absorber  dans le Svacchanda (en forme) de hamsa, le seigneur indivis, sans forme (nishkala)". 

Il explique ensuite cette méthode du "hamsa" selon la tradition du Svacchanda Tantra, lequel hamsa, "cygne" n'est rien d'autre qu'une variante de l'écoute de la fin de l'expiration. "Ham" et "sa" correspondent à l'inpir et à l'expir. Il s'agit donc de l'équivalent shivaïte de la "récitation vajra" (vajra-japa) du Guhyasamâja et du Kâlacakra.

La ceinture s'emploie également dans le Chöd, apparenté au système de Phadampa. Ce yogin ci-dessous est disciple de Lama Wangdu, héritier de Phadampa. Dans son monastère de Bouddhanâth, j'ai entendu de magnifiques mélodies de Chöd, vraiment hors-normes. Notons au passage que Phadampa a enseigné la pratique visionnaire de thögäl au moment même où le dzogchen nyingthig prenait forme. Le yogin dans cette vidéo porte un genre de petit chapeau qui est censé cacher son visage pour ne pas provoquer les esprits frappeurs. Mais ce genre d'ustensile est également employé pour thögäl. En effet, outre l'obscurité, le soleil, la lune, une lampe, un cristal ou une surface lumineuse (comme un ciel sans nuages), on y emploie aussi les pressions sur les yeux, les pressions sur les artères latérales du cou (à éviter), les tissus de soie, les "franges" comme celles du yogin, parfois en poils de yaks, et aussi tout ce qui peut provoquer un phosphène : fenêtre, montagnes, ombre du corps, posture accroupie avec rotations, rétentions, etc., lesquels phosphènes sont les germes des visions, jusqu'à ce que celles-ci se développent sans plus avoir besoin de ces supports.



Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...