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dimanche 25 octobre 2020

Extase joueuse, extase scandaleuse




 L'absolu ne se donne pas seulement par négation. Le soleil ne brille pas qu'entre deux nuages. Les nuages sont aussi lumière. 

Il y a un être suprême : pas l'absolu.

Il y a du plus subtil : pas l'absolu.

Il y a un silence parfait : pas l'absolu.

Il y a un vide : pas l'absolu.

Des facettes.

La conscience n'exclut rien : et pourtant, elle exclut, pour se manifester. Elle s'oublie afin de se donner lieu. L'espace est la conscience qui joue à se retirer d'elle-même. Mais elle ne se retire pas vraiment. Telle est sa magie, sa liberté : s'absenter jusque dans sa présence, se présenter jusque dans son absence. 

Ni question, ni réponse. Point de dialogue, pas de tantra. Tous les dialogues sont inclus, enveloppés, sont les petites fleurs de cet arbre infini, depuis le silence hypercosmique jusqu'aux bavardages de la concierge, s'il en reste une. Ou du moustique. Ca oui, il en reste.

Transcendant et immanent. Le Tout au-delà de tout. Plus haut que le tout, plus bas que le rien. Aucun état si haut qu'elle ne soit plus haut encore. Aucune état si bas qu'elle ne soit plus bas encore.

"Je suis je" est le pivot, l'acte est l'axe. Vers le devant : "je suis ceci", "je suis cela", "je suis tout". Vers l'arrière : "je ne suis pas ceci", "je ne suis pas cela", "je ne suis rien". Au centre, nulle part, partout : "je suis... je... ceci... cela... tout... rien..." : l'acte indépendant, spontané, sans cause extérieure, le miracle.

Les ordres, les désordres. Le coeur, la tête. La connaissance, l'amour. Je suis tout cela, au-delà de tout cela. Au-delà comme l'espace est au-delà : au-delà en dedans. 

Eveil de Dieu, de la concierge, du moustique. Un seul éveil, mille groseilles. Matière ou esprit, en chaque hypothèse, c'est de fait un seul mouvement. La Vague. Ces petits mouvements des yeux, c'est la Vague. Les vaguelettes sont la Vague. 

Se détacher du corps ? Mais le corps est la Vague !

Se détacher des pensées ? Mais les pensées sont la Vague.

Se détacher du désir ? Mais le désir est la Vague.

Aller en haut ? Mais en bas, c'est aussi la Vague. Le creux de la Vague, c'est la Vague. La Vague fait un creux, sans quoi elle ne serait pas la Vague. La lumière fait de l'ombre, la conscience fait de l'inconscience. Voilà pourquoi elle mérite le nom de "vibration".

S'élever ? Toute ascension fondée sur la croyance en sa nécessité est futile. 

Croire, alors, que "tout se vaut" ? Encore un concept, encore une exclusion, une prison de plus, une facette du diamant, pas le diamant. "Sentir" que tout se vaut ? Pareil. Tête ou cœur, là n'est pas le problème. Le problème, c'est prendre la partie pour le tout sans savoir que l'on prend la partie pour le tout. Et encore... ce problème est embrassé dans la vaste expansion. Tout. Même les exceptions.

La liberté (quoi d'autre ?) c'est être libre de monter et descendre. Libre de butiner, de papillonner. Pas comme une âme en peine au salon zen. Mais dans la délectation de l'éclat d'être. Cette fulgurance muette, qui est joie, qui est amour, saveur de souveraineté, même dans la peine, la souffrance, la contraction. Expir, inspir. Monte, descend. Tension, détente. Souveraine errance. Tachycardie de mélomane. 

Au fond de tout, une extase joueuse. 

vendredi 23 octobre 2020

L'absolu suffit



Les pratiques n'ont pas pour but de nous mener là où nous n'aurons plus besoin de pratiquer.

Les pratiques ont pour but de nous faire réaliser qu'elles ne servent à rien.

Pour autant, cette réalisation n'est pas la fin de toute pratique.

Il existe deux sortes de pratiques :

- la pratique conditionnelle : "si je veux veux x, alors je pratique y". C'est du business, un truc animal, c'est du "développement personnel", du bien-être, de la thérapie, etc. "Ca me parle", "ça résonne", "mon ressenti", "ah j'ai vécu un de ces trucs !", "ah c'est fou, super puissant ! ", "en conscience", "j'ai conscientisé", bla bla bla. En général, on devient entrepreneur, commerçant, thérapeute, coach, "influence.e.u.s.e.s", "engagé dans le coeur", "éco-responsable", "facilitateur", "médiateur", "éveilleur", toutes ces âneries immondes.

- la pratique absolue : "je pratique". C'est comme l'amour pur, désintéressé. C'est la rencontre de l'absolu, l'unique nécessaire. C'est comme l'espace qui embrasse tout. Comme tomber amoureux. Même si l'amant semble doté de tel ou tel défaut, l'amour suffit. Mais ici, c'est absolu, infini, inépuisable, inconditionnel. On ne peut rien demander, chercher, attendre, car on pressent que tout est déjà donné. On devient rien, on devient tout, mais le commerce n'est pas de la fête, non. C'est un autre monde, inconcevable pour ceux de la pratique conditionnelle et des salons zen. 

Juste une rencontre, une conversion qui ouvre sur une conversation. On dit vague. Comme l'espace qui contient tout.

Dès lors, rien n'est prescrit, rien n'est interdit. Le livre des éblouissements muets s'ouvre en grand.

La méditation, la pleine conscience, la vigilance ne servent à rien. 

Quand le cœur aime, cela suffit. 

Pas de philosophie obligée, mais un questionnement, une ouverture au dialogue. A tout. mais rien de commun avec le greenwashing, ni avec la "bienveillance" criminelle, ni avec la bien-pensance poltronne.

Pas d'autre pratique, juste l'admiration. L'émerveillement, l'étonnement. Pas de spiritualité, encore moins d'occulte.

C'est l'absolu, donc c'est absolu. Rien d'autre. Une exclusivité qui inclut tout.

Pas besoin de contrôler, de surveiller, de réaliser, de noter, de "conscientiser", de mentaliser, de ressentir, d'exprimer, de libérer, de s'éveiller, de lâcher. Détente absolue dans l'absolu : l'absolu par l'absolu, simple. 

Juste se laisser aller dans une douce intuition que tout est bien, car l'absolu m'a trouvé. La vague est dans la mer. Tout est accompli. Rien d'autre. Une fois qu'on a sauté, plus besoin de gigoter, ni de se tenir immobile. Juste un effroyable émerveillement. C'est pas un truc de magazine de yoga, ni de "méthode machin". C'est l'absolu, donc c'est absolu.

Laisser les pensées, tout, venir, aller. Pas de distance, encore moins d'unité. Pas de sans-ego ni de tout-à-l'ego. Aucune posture, tout se fait se défait comme ça. L'absolu suffit. Et la parole nourrit ainsi. Parole inclassable, mi silence, mi murmure, mi n'importe quoi. Imprévisible. Je n'en sais rien, mais je n'en fais pas une religion, ni un slogan. Rien à vendre, pas de plan de carrière, évidemment, ça va de soi. L'absolu est absolu. Rien d'autre. 

Aucune règle, pas de loi. Rien. Sans mémoire, mais rien de commun avec l'amnésie consumériste. La Culture peut enfin revivre. Ce tronc fait de vide est l'antithèse du vide culturel, l'opposé des "espaces culturels", "bien-être" et autres dépotoirs. La Nature est là. Cri muet. C'est l'absolu, donc c'est absolu. Rien d'autre, tout le meilleur. 

lundi 27 avril 2020

Le combat pour la vérité

angry #anger #rudra #roop #lord #shiva #mahadev #mahakal | Shiva ...


Les gens croient souvent que les "sages" orientaux ignoraient toute polémique, qu'ils évitaient toute controverse.
Selon cette vision populaire, un "éveillé" se reconnaîtrait, entre autres, à son absence de désir d'argumenter afin d'établir une quelconque vérité.

Mais cette vision n'est qu'un cliché sans fondement. 
En Inde, du moins, il n'existe pas un seul texte spirituel qui ne soit polémique par quelque endroit.
D'abord, tous ces textes se présentent comme un débat, un échange de questions et d'objections, d'allers-retours entre une doctrine imparfaite (pûrva-paksha) et une doctrine parfaite (siddhânta). Bouddhistes ou Hindouistes, tous se conforment à cette vue.

N'importe quel sanskritiste sait que tout texte sanskrit s'accompagne d'un commentaire (mais il y en a souvent bien plus), et que ce ce commentaire consiste à expliciter les objections auxquelles répond le texte expliqué. C'est le plan de base de toute la littérature spirituelle et philosophique de l'Inde.

Nous somme là très loin du monde de la "bienveillance" prônée par les néo-libéraux, les écolos et les alter-mondialistes. Sans parler du New Age et du "marché du bien-être", lesquels ne sont que des niches du Marché omniprésent, ennemis de la libre-pensée.

Le Bouddha critique, juge, pointe l'erreur et la confusion. Shankara se moque du Bouddha et des crétins qui le suivent. Abhinavagupta est souvent sarcastique, quand il n'insulte pas ses interlocuteurs. Longchenpa traite certains d'imbéciles. Et ainsi de suite. Le mythe d'un Orient de bisounours qui n'envoient que des "rayons d'amour" n'est qu'un mythe de neurasthéniques effrayés par leur ombre. Et ce mythe est devenu un outil fort utile pour marchandiser la spiritualité, à l'abri de tout esprit critique susceptible de venir gâcher la grand-messe consumériste. L'Orient n'est pas plus consensuel que l'Occident de Platon ou de Schopenhauer, car la liberté est à ce prix. Ainsi le plus ancien texte philosophique de l'Inde, la Brihad Âranyaka Upanishad, comporte de vifs échanges entre rois et intellectuels, entre hommes et femmes, au risque d'y perdre la tête. Ainsi le texte spirituel le plus célèbre de l'Inde, le Chant du Bienheureux (Bhagavad-gîtâ) est un dialogue philosophique entre deux guerriers, prenant place au milieu d'un champ de bataille, à l'aube d'un gigantesque massacre. 

Enfin, voici un exemple de ton critique, de jugement de valeur, de jugement moral, porté par un maître du shivaïsme du Cachemire, le maître Râma, lui-même disciple d'Utpaladeva. Il écrit ceci dans les versets introductifs à son Explication du Poème du frémissement (Spanda-kârikâ-vivriti) :

"Laissons-donc errer sur ce chemin,
profond par nature et abrupt,
ceux qui s'y sont engagé d'eux-mêmes
sans être guidés par ceux qui le connaissent.
Mais immense est leur erreur quand ces mêmes égarés
attirent les autres à cette voie de perdition ! 2

Ils agitent les océans de textes avec leurs livres
pleins de mots errants qui agressent (nos) oreilles
et qui soulèvent de terrifiantes vagues qui s'affrontent,
tempêtes soulevées par les vents de leurs théories variées
et hors de propos. 
Leurs 'débrouilles' (vivarana) engendrent le terrifiant tourbillon (âvarta) 
de l'erreur dans lequel sombre le navire du sens des Écritures,
jetant dans la confusion l'esprit de leurs élèves
qu'ils (prétendent) 'sauver'1. 3

L'un connaît l'être suprême mais, comme 
il désire autre chose (qu'il croit être séparé de l'être suprême), il s'égare.
L'autre a l'intellect mis de travers,
aveuglé qu'il est par la haine. 
Tandis qu'un dernier encore
est imbécile de naissance.
De fait, il est bien difficile de trouver une parole
qui dit tout et qui parle au cœur de tous !
Et pourtant, il y a aujourd'hui quelques êtres doués de discernement
qui sont là, digne de la vérité. 4"

Au temps pour le cliché d'un shivaïsme du Cachemire douillet et proto-CVN-iste. Non, la recherche de la vérité est un combat. Il se fait selon des règles, un code d'honneur et des valeurs. Mais c'est bien une lutte contre les ténèbres de l'erreur et non une séance de papouilles "en conscience". Que celles et ceux qui se sentent nostalgiques des dessins animés de leur enfance se contentent donc des produits "Nature et Découverte" de type "salon zen", propres à la triste "post-vérité" trumpienne. Et qu'ils laissent les autres à leur quête courageuse.

Pour ma part, j'estime qu'il n'est pas toujours nécessaire d'aller jusqu'au insultes platoniciennes ou longchenpiennes afin d'établir une authentique aspiration vers le Vrai. Toutefois, je déplore le ton mielleux obligatoire qui s'impose aujourd'hui comme une nouvelle dictature de la bêtise, au détriment de l'élan sincère vers la vérité.

dimanche 19 avril 2020

Bringue balance



Le silence sauve les mots.
Est-ce à dire que le silence est l'essence ?
Mais le silence ne serait pas silence
sans les mots.

L'espace donne lieu aux choses.
Est-ce à poser que l'espace est la cause ?
Mais l'espace ne serait pas espace
sans les choses.

Ils se donnent mutuellement.

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Je sens qu'il y a un au-delà.
Où tout serait réparé.
Voilà le paradis :
la distance entre 
ce qui est et ce qui aurait du être
enfin incarnée.

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Tout est conscience.
Est-il possible de sortir de la conscience ?


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Impossible de me faire chose.
La vie humaine est une lutte contre cette évidence.
L'éveil est capitulation.

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Sans être ni une chose, ni rien, je suis.
Cela ressemble à un savoir :
c'est juste un voir,
un regarder sensible.

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S'il faut purifier le miroir,
alors il n'est pas miroir.
Ce qui est pur est à jamais limpide.
Le reste, c'est polir un bout de charbon.

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A l'arrière-plan,
au-dessus des prairies pétillantes,
j'entends le drone :

"Ne rentre ni ne sors,
bien lâché,
savoure".

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"... ne laisse ton intelligence accepter l'empreinte d'une forme quelconque"
Quand je vois les gendarmes, je me souviens ce conseille d'Evagre.


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Me reviens l'adage du sage du Valvert :

"Ne rentre que pour sortir"


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Avec la puce du désir,
retrace tout bruit
vers le rien.


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"Entretien muet" me semble un bon résumé.

Cette conversation se fait dans le fond. Sans fond.
Dans le centre, "sphère infinie dont le centre est partout et la circonférence, nulle part".

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Tout. Rien.
Rien du tout.

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Quand on pourra plier l'espace,
on pourra "travailler à notre éveil".

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Lotus bleu du lac Dal :

"Accepte l'offrande de notre passion, etc.
Transmute-les en ambre cramoisie
et partage." (V, 13)

A qui parle-t-il ?

mardi 10 mars 2020

L'éveil est simple

The Penitent Magdalene By Georges De La Tour - Famous Art - Handmade Oil Painting On Canvas

L'éveil est simplement le fait de revenir à soi, à l'expérience brute, telle qu'elle se donne.

L'"illumination" pleine de visions d'Anges et de créatures "subtiles", c'est autre chose. Ne confondons pas.

L'éveil est un acte, répétable, un éveil au mystère de ce qui est donné à chaque instant. Un mystère oui, mais rien d'obscure. C'est au contraire un retour de l'attention à ce qui est limpide, plus transparent que l'air, plus clair que le jour.

Cet acte peut se répéter. A chaque fois, c'est la première fois, car il n'y a pas de repères, pas de contenu, car l'éveil est justement le fait de s'éveiller au silence, vide, nu, diaphane, immaculé, vide plein de tout, incompréhensible mais évident. 

On peut raconter une "première fois", mais ça n'est pas nécessaire. Le Bouddha a proposé ce modèle narratif, mais d'autres n'ont jamais rapporté de récit d'éveil. Shankara, Abhinavaguta, Utpaladeva, ne parlent pas d'une première fois, mais seulement de l'éveil qui se confond avec la conscience, avec une indicible compréhension ou intuition : en sanskrit, il y a un seul mot pour tout cela, bodha.

Il n'y a pas nécessairement de "premier éveil" car quand je m'éveille dans la nudité, il n'y a pas de repères, pas de devenir, pas de temps. Mais c'est plein de temps, de changements. L'éveil, tel que je l'entends, n'est rien d'autre que l'éveil à l'expérience nue, brute, donnée, sans manipulation ni technique. C'est un genre de geste d'attention, comme de se réveiller, comme de réaliser qu'ici, je ne regarde pas ces mots à partir d'une tête, mais que ces mots apparaissent dans un vide.

Et donc aussi, l'éveil n'est pas "la réalisation du potentiel personnel". C'est juste se réveiller à l'expérience brute, comme un enfant qui fait des ronds dans l'eau. Rien de plus anodin. Et ça n'améliore pas la personne. Souvent, au contraire, cela s'accompagne d'une lucidité plus vive encore à l'endroit des rouages et ruses du petit Moi. Et c'est indicible. Mais ça n'est pas l'indicible d'un voyage sous drogue ou d'un enlèvement par les ETs. C'est l'indicible ordinaire. Rester comme muet. C'est l'indicible du flot de l'expérience. 

...

Bien sûr, cela libère, dénoue, équilibre, guéri. A sa façon. Pas comme dans les publicités miraculeuses. Pas de "pouvoirs surnaturels", ces ennemis de l'éveil. Douglas Harding rappelait sans cesse que l'éveil, voir d'un regard nu, ne rend pas l'humain plus humain, au contraire. Ce qui touchait Harding, c'est la beauté de la chose en elle-même, pas ses résultats. Harding a toujours été mal à l'aise au sujet des "bénéfices" de la vision nue. Sans doute en partie à cause de son éducation chrétienne, mais aussi de par sa lucidité. Ne pas se raconter d'histoires. Juste se taire. Laisser fluer. Voir. Tout ce que l'on peut en dire est paradoxe et absurdités.

Mais l'éveil et les spiritualités qui en découlent ne parlent pas d'un "au-delà" réservé à des chanceux, mais simplement de la vie. Eckhart parle de la vie. Abhinava parle de la vie. Comme il dit, l'éveil ça n'est pas aller ailleurs, c'est laisser se déployer l'expérience sans la manipuler. La grâce, c'est ce miracle ordinaire. L'attention, dispersée dans les choses, revient aux choses même. Ca fait comme un petit choc. On peut appeler ça "éveil". Mais ce mystère n'a pas besoin de mystification. Il a besoin d'attention nue.

Ensuite, on interprête. On chante. Juste, si possible. Sans savoir comment, sans but. C'est beaucoup plus simple et instinctif que toute "pratique", que toute "technique". On peut pointer, avec précision. Mais on ne peut systématiser. Quand on essaie d'organiser, ça foire immanquablement. On en vient à dire "je veux protéger mon satsang", comme Mooji, et le truc meurt dans les applaudissements du public. C'est comme l'Anneau unique. Un tout petit bidule, tout bête. On ne sait au juste quel est son pouvoir. Mais s'il y a le moindre fantasme du petit Moi, ça vous rend dingue et on vend son âme au Diable.

L'éveil n'est pas une prétention, juste une observation, une attention à ce qui est. C'est très intime, impossible à instituer. Tous les sages qui ont essayé s'y sont brisé le coeur. Même Gandalf aurait chuté, s'il avait accepté l'Anneau. Il n'y a que le vide, le rien, ce qui est caché par sa banalité, qui demeure sain et sauf. 

L'éveil est simple. Facile. Juste un tout petit geste d'attention, un brin d'audace. Suspendre le jugement. Les certitudes. Demeurer muet. A l'écoute. N'espérer aucun résultat. Renoncer à tout bénéfice. Le petit Moi va vieillir, tomber malade et mourir. Il ne comprend rien, salope tout et s'empêtre, même quand il transforme en or ce qu'il touche. Et c'est dans ce lâcher-prise que ce petit Moi va trouver sa juste place, son "bonheur". Et qu'il va continuer à se biodégrader bien tranquillement, comme tout le reste. 

L'éveil est simple. Il ne donne rien. Il a sa propre magie, fragile et discrète. Comme un genre de koala intérieur, vous voyez ? 
Mais simple. Juste partir de ce qui est donné ici, maintenant. Pas ce qui est espéré, imaginé, "ressenti", vaguement interprété, mais ce qui se donne en toute évidence. Gratuitement, sans conditions, que je sois un Ange ou un asticot.

samedi 15 février 2020

L'adoration intérieure du Soi

Résultat de recherche d'images pour "bhairava sadhu"

"Le Seigneur dit :

Je vais maintenant te dire l'adoration (pujâ) intérieure du Soi qui est la purification des purifications, destruction de toutes les ténèbres. [purification = pâvanam litt. "la ventilation", l'aération suprême] VI, I, 39, 1
...
"Je suis la plénitude même,
pleine de tout" :
telle est l'adoration divine,
pure, miracle du Soi/ émerveillement de soi.
...
En vérité, il adore cette conscience divine, transcendante,
cette pure et simple conscience avec tout ce qu'il obtient,
avec un intellect égal.
Il adorera avec tout ce qui se présente.
Que l'on ne fasse aucun effort 
pour obtenir ce que l'on n'a pas.
Que l'on célèbre chaque jour le Seigneur resplendissant
avec ce corps et selon ses pouvoirs,
qu'on le vénère entièrement à travers le désir et le plaisir (kâma).
Qu'on l'adore avec ce que l'on mange,
à travers tous les états d'âme,
en se couchant,
que l'on vénère ainsi Shiva selon ce qui arrive.
Que l'on adore le Soi
en pleine intelligence (sambuddhyâ)
avec la bien-aimée, avec la nourriture,
se divertissant en des débordements de pleine jouissance 
à travers toutes les formes de plaisir !
Qu'on l'adore par la maladie et par la santé,
par l'égarement et par nos projets,
à travers pertes et profits,
tels qu'ils arrivent !
..."
Etc., etc.
(Yoga selon Vasishta, alias Le Livre qui est le Moyen d'atteindre la Liberté)


N'est-il pas évident que cette oeuvre, composée au Cachemire, est pleine de l'esprit "tantrique" du shivaïsme du Cachemire ?
Quelques versets plus loin, le "Seigneur" nous enjoint de l'adorer avec tout, pur ou impur, sans se soucier de ce qui est permis ou non, mais aussi avec les qualités d'un cœur noble, droit (riju, ârjava).

Voilà le shivaïsme du Cachemire. Un tantrisme sans tabous, mais sans vulgarité. Un Tantra nourrit d'art, de poésie et de tout ça. Rien à voir avec le tantrisme, en fait. Ni avec le néoTantra.

Quand on écoute les maîtres de ce shivaïsme, puis qu'on lit ensuite les tantras et les satires de Kshémendra, on ne peut qu'être frappé par les contrastes. Spendeur d'intellegence d'un côté ; nef des misères de l'autre. Mais tout s'explique si l'on voit que le "shivaïsme du Cachemire" s'inspire d'une certaine liberté de mœurs du tantrisme, mais en le purgeant de sa grossièreté, de son obsession des pouvoirs, de l'occultisme et de ses délires ridicules. 

Voilà pourquoi ceux qui, aujourd'hui encore, cherchent en Inde le "shivaïsme du Cachemire" dans les milieux sâdhus, aghoris, etc. ne trouveront jamais rien d'autre que déceptions et tromperies. S'ils ont de la chance. Car le shivaïsme du Cachemire s'inspire de la culture tantrique, mais dans un tout autre esprit, c'est-à-dire dans un esprit de beauté, de finesse, d'intelligence, de raffinement, bien loin des pitreries des sâdhus et autres sdf de l'Inde. 

Qui sont fort sympathiques, pittoresques. De même ces "brahmanes" pseudo védântistes et pseudo tantriques, ces pandits dégoûlinants et ces panda décadents, ces pûjârîs décatis et ces baba croulants. Si nous allons à leur rencontre, ça n'est certes pas dans l'espoir d'une quelconque "transmission" de ganja diarrhéique ou d'une shakti pourrie, non merci. 

Si nous allons batifoler à Bénarès, c'est pour rencontrer, parler, échanger, embrasser. Qui ? L'humanité. Celle qui n'est pas encore entièrement aseptisée, juridicisée, numérisée, celle qui n'a pas encore été gâtée par les ateliers de "Communication Non Violentes", de touche-pipi et autres pathologies. Celle qui a été préservée de la peste du "en conscience" et autres "conscientisations", de la rage de la "Bienveillance du Cœur" et autres épidémies de connardvirus kundaliniens.

Om camatkritivapushe namo namah

vendredi 22 juin 2018

Faits et interprétations


Que sais-je vraiment ?

Le vie intérieure est parsemée d’événements merveilleux.

Par exemple : - être
- être conscient d'être. 
- voir une immense ouverture ici, là où une (relativement)
petite tête est censée occuper l'espace.

- ressentir, aussi. Ressentir l'amour, l'unité avec tout.
Un sentiment de sens, de valeur, d'harmonie.

- le silence, une impression de netteté, comme un ciel limpide. Et d'immensité, de transparence.

Sans parler du sentiment de tout savoir, de tout avoir en soi, de tout pouvoir, ainsi que les visions, des lévitations, télépathie, visites, messages et autres signes ou explosions d'énergie, etc., etc.

Mais tout cela est-il du même ordre ?

Ne faut-il pas distinguer les faits et les interprétations ?

Sans doute les faits se donnent rarement à l'état brut : il y a toujours un peu d'interprétation, même subconsciente, même dans ce qui ressemble à une perception directe.
Cependant, quand je regarde au-dessus de mes épaules, je vois qu'il n'y a pas de tête. Ça n'est pas une supposition.
Je perçois directement le silence. En fait, je peux même affirmer que cette expérience est encore plus simple que ça : il y a comme une sorte de présence simple, sans "je" qui percevrait un silence séparé. Mais bon, c'est déjà de l'interprétation. Beaucoup dépend du sens que je donne à ces expériences brutes.
De même, je sens une sorte d'unité avec tout, de même qu'une impression que "tout" est bien".

En revanche, quand je dis que "l'univers me répond", que "je crée ma réalité" ou que "je crois au karma", là je suis clairement dans l'interprétation. Je ne suis plus dans la perception directe, ni dans l'intuition, ni même dans le raisonnement solide, mais dans les conjectures, les vœux pieux, voire les fantasmes. J'y crois peut-être, mais au fond je n'en sais rien. La preuve en est que si l'on interroge ces opinions, je réagirai comme on réagi quand on est à court d'arguments : je dirais que celui qui critique mes opinions na pas d'expérience, qu'il est perdu dans le mental, qu'il est orgueilleux, que sont cœur n'est pas ouvert, etc.

Il n'est pas nécessaire pour autant de tomber dans le scepticisme ("je ne peux rien savoir"). Au contraire, il faut réfléchir, raisonner, examiner les opinions. C'est comme faire un inventaire, un bilan, ou un examen médical, pour voir où l'on en est, faire le point : qu'est-ce que je sais vraiment ? qu'est-ce qui n'est qu'hypothèse ? et qu'est-ce que je perdrais si telle hypothèse s'avérait fausse ?

Les lecteurs de ce blog savent que, bien qu'inspiré par des traditions mystiques, je porte régulièrement un regard critique sur les gourous, les croyances occultes et les prétentions pseudo-scientifiques qui prolifèrent dans les milieux dits spirituels.

Par exemple, il y a une opinion prédominante selon laquelle "il faut écouter son ressenti". Mais est-ce vrai ? Peut-on avoir toutes les réponses en écoutant la "voix intérieure" ? Cette voix est-elle intuition mystérieuse, ou bien la voix des préjugés ? Et le ressenti est vague, instable : puis-je tout savoir ainsi ? Puis-je "ressentir" le dosage adéquat d'un anti-bio ou que la terre est ronde ? Tous les prophètes et gourous prétendent avoir été connecté à une source intérieure et transcendante de connaissance : mais leurs "connaissances" se sont avérées presque toutes fausses. C'est quand même frappant. Aujourd'hui, n'importe quel gamin en sait plus sur le monde que Mahomet ou le Bouddha. Comment expliquer cela, si vraiment nous avons en nous la source de tout savoir ? Enfin, écouter notre ressenti nous rend anxieux et capricieux : il est bien connu que la conscience psychologique de soi tend à augmenter le sentiment d'insécurité, jusqu'à l'hypocondrie ; et capricieux, car le ressenti est instable : comment construire une vie adulte sur une base si... inconstante ? Voilà. Ça n'est qu'un exemple, mais significatif de la quantité d'opinions qui se mélange aux expériences brutes.

En réalité, la plupart d'entre nous avons quelques expériences, sur lesquelles nous nous empressons de broder des montagnes d'interprétations toutes plus rocambolesques les unes que les autres. Nous ne nous fions pas à l'expérience donnée, sûre (silence, transparence, vibration du cœur, sentiment d'unité), et nous nous sécurisons en bâtissant des pays imaginaires. C'est le New Age, ou quelque soit le nom qu'on lui donne. Ce sont les pseudo-sciences, avec ses légions de pseudo-théories fumeuses, ce sont les gourous faiseurs de miracles, depuis ceux qui peuvent transmettre l'éveil jusqu'à ceux qui vous porte chance. C'est pratique. 

Et cela n'en reste pas à la psychologie. Cette croissance exponentielle des interprétations fantaisistes, qui nous flattent, nous rassurent et alimentent notre soif de sensations fortes, ne se limite pas à la quête du bonheur. Elle se répand jusque dans les idées sur le monde, la nature et l'énergie. Un exemple parmi mille autres est celui de l'énergie libre. Les arnaques pullulent sur You Tube à ce sujet. Ignorants et crédules, nous avons envie d'être charmés.

Voici une petite vidéo, réalisée par des étudiants, pour nous ramener à un peu de sobriété :



Ne serait-il pas salutaire de pratiquer la même sobriété dans le domaine intérieur ?

Encore une fois, je ne prône pas le scepticisme, ni le renoncement à bâtir un système, mais plus simplement la nécessité de faire régulièrement un bilan de nos opinions. Un peu comme quand on a un jardin : on cherche les mauvaises herbes et on taille, pour qu'au final l'ensemble soit plus viable.

Pour cela, il me semble indispensable de ne pas oublier la distinctions entre fait et interprétation.

mercredi 20 juin 2018

Le développement personnel : un miroir aux alouettes ?

joli miroir aux alouettes 


C'est bien connu :
dans la vie intérieure, tout ce qui brille n'est pas d'or.
Connu ?
Pas vraiment.
Ou connu, mais pas reconnu, pas vraiment connu.

Les attrapes-gogos prospèrent plus que jamais.
Le marché du bien-être connaît un essor sans précédent.
J'ai moi-même participé à l'élaboration d'un "guide" sur le sujet. Il ne couvrait qu'une infime partie de la chose.

En fait, je crois que nous avons affaire à une nouvelle religion, qui ne dit pas son nom : New Age ? Développement personnel ? Écologisme ? Chatterie (culte du chat) ? Foutage-de-gueulisme ? peu importe...

Car il s'agit bel et bien d'une religion, informelle, non instituée certes, mais avec ses dogmes et ses pratiques. 

Qu'est-ce qui permet de parler de religion ? 
Son dogmatisme, le refus de faire l'effort d'argumenter, le rejet massif du rationnel, l'obsession du ressenti, du flou, du vague, les impressions prises pour de divines intuitions, l'inculture confondue avec la liberté du sage, la régression infantile adorée comme une forme de transcendance, l'aveuglement aux enjeux politiques (en dehors d'un peu d'écologie et d'une juste indignation pour le triste sort des hérissons) et la fascination pour les pseudo-sciences. Il y a, en plus, quelques traits originaux : la lâcheté tolérante, l'immaturité morale, l'individualisme et le culte du Moi, l’obsession pour le corps et le bien-être, ainsi que le fantasme du Bon Sauvage, la haine de l'Occident et l'idolâtrie du féminin ainsi que de l'enfance.

Pourtant, des enquêtes sérieuses nous ont confirmé, encore et encore, la nocivité de la mentalité religieuse (en plus du retour en force des formes les plus létales de l'abrahamisme). La méditation ne rend pas forcément heureux. Le yoga peut exacerber le narcissisme, surtout quand il se mélange aux technologies des réseaux sociaux, vecteurs de la crétinite béate (et donc aiguë) en phase de pandémie mondiale. La quête du bonheur elle-même rend malheureux, affirment moultes recherches scientifiques sérieuses

Quel est le point commun à tous ces travers ?
Ils ne sont pas sans certains avantages, bien évidemment.
Mais quel est leur ressort essentiel ?

- La fascination pour les apparences, prises pour la réalité
- Et le défaut de réflexion, la débilité mentale plus ou moins profonde

La vie intérieure est pleine d'impasses, comme dans un labyrinthe. Il y a des miroirs aux alouettes, des pièges brillants qui attirent et retiennent le regard. Des promesses énormes. Je confesse toujours une certaine naïveté relativement à la puissance de ces méthodes. Je suis optimiste. Je crois en l'humanité. Je crois que les humains réfléchissent. Mais je constate que les grosses ficelles restent les meilleures. Le monde spirituel reste un monde d'apparences, de rhétorique, de dynamiques de tribus, dont les trucs et astuces ne sont guère différents de ceux des vendeurs de tapis. 

Pourtant, parler pour séduire et parler pour dire le vrai, cela a rarement été compatible. Mais nous sommes faibles, crédules, affamés de réconfort et de consolations. Non que toute consolation soit une illusion. Mais quand même, les illusions se parent toujours de promesses de consolation. Et cela n'épargne pas les formes les plus profondes de spiritualité. Les gens veulent du merveilleux, des pouvoirs, de l'occulte, de l'inexpliqué, du "puissant", du "vibrant", du "qui me parle", etc... comme s'ils regardaient Cloclo.

Tout cela, bien sûr, dans le contexte d'un "marché" en plein boum. Tous le monde devient thérapeute médium tantrique channel coco cosmico machin bidule chouette, complétez comme vous voudrez. A moi les sous-sous dans les popoches. Humain sans doute... 
Mais tout ça, ce sont des pièges. 

Le développement personnel, pris au sens large, très large,
est une vaste nef des dingues, un supermarché sans issue de secours, sauf à passer par la case réflexion et à y passer un long temps.

Pour finir ces remarques pas si pessimistes qu'il n'y paraît, voici les mots d'adeptes zen plus ou moins anonymes, qui s'écriaient déjà, dans les déserts de la route de la Soie au Xe siècle :

"N'étudiez pas le dharma des dieux, des esprits, des fantômes et des démons : cela n'apporte que souffrance...
Mon dharma est précieux et secret. Il n'est pas pour l'oreille de l'imbécile ordinaire... Seul, un sur cent comprend... certains pratiquent pour l'argent et faire bouillir la marmite, d'autres pour la réputation... D'autres pour leur maître ou pour eux-mêmes, l'âme pleine d'envie..."
(Tibetan Zen, p. 80)

Mais alors quelle est la voie véritable ?
Elle est unique à chacun, mais elle a toutefois un moteur commun :
la réflexion (prajnâ, en sanskrit bouddhique). 
Apprendre à penser juste et par soi-même, voilà le tronc commun, et voilà pourquoi il n'y a pas de vie intérieure authentique qui ne soit philosophique.




mardi 6 mars 2018

Sur le Moola Mantra

Je vois circuler depuis quelques temps un prétendu 
Moola Mantra.
J'aime bien cette interprétation :


Et alors, vilain gros intello desséché que je suis (forcément), je me demande d'où il vient, ce Moola Mantra. 
A première vue, bhagavân, ça fait penser à Vishnou. 
Je cherche, mais je ne trouve rien. 
Et puis sat shit ananda avec purushottama, comme ça, j'ai une drôle d'impression...Ça sonne pas tradi.

Alors je vais chercher dans les bas-fonds du Web et, après une centaine de pages d'"interprétations" du sens des mots du Mantra, je tombe enfin sur l'origine du bidule, 
à savoir, ce couple :

Picture
Le monsieur prétend être Kalki, l'ultime avatar de Vishnou dans la fin des temps. 
Donc ce Moola Mantra est en réalité un mantra 
inventé par se monsieur pour s'autoglorifier.
Bhagavaté : c'est lui.
Pouroushottama : "l'Être Suprême", c'est (encore) lui.
Bhagavati saméta : avec sa madame.


Il a créé le Oneness Mouvement ou Deeksha Mouv, un truc New Age avec Initiations accélérées pour quelques milliers de dollars, méditation sur le Gourou pour mutation planétaire, PNL, etc. etc. Bref du dév perso standard, du New Age bien de chez nous, avec un petit vernis exotique.

Vous me direz, vous vous en tapez, parce que 
"peu importe le flacon, pourvu qu'on aie l'ivresse". 
Si vous pensez vraiment ça, alors je n'ai plus rien à vous dire. Je vous souhaite le meilleur.

Pour les autres, pour ceux
ceux qui ne sont pas totalement flibustés du grabouillon, 
je me permet de rappeler que piller des cultures en prétendant avoir inventé le Nutella, c'est un peu, peut-être, une attitude d'ado attardé. 
Enfin, c'est juste mon point de vue personnel à moi relatif à selon moi, hein.
 Après, chacun est libre de son temps. 
Mais bon, voilà, c'était juste pour info, je n'ai aucunement l'intention de gâcher la fête.

Au fait, mûla-mantra signifie, en sanskrit (c'est une langue, un truc que des gens parlent, c'est fou), signifie "mantra fondamental, de base". 
Et quel est le mantra de base ? 
C'est juste ce que vous sentez, tout au fond de vous, 
quand vous vous asseyez les yeux fermés.
Tranquilles.
Voilà le "vrai" gourou,
le gourou intérieur.
Accès gratuit,
24/24,7j/7.
Garanti.

Ah, juste une dernière chose, tant que j'y suis :
namasté ne signifie pas "le divin qui est en moi reconnait et honore le divin qui est en toi",
mais juste "salut à toi". 
Mais bien sûr, c'est juste mon point de vue à moi selon moi, car bien sûr, vous êtes libre de décider, c'est vous le.la chef.ette, le.la Matrix de votre monde, etc., etc., etc. 
Respect respect respect.
Miam les bonnes vibrations.

Juste, je me permet de suggérer que, peut-être 
- soyons intellos, soyons fous ! -
 il existe des cultures et des traditions
qui pourraient nous apprendre quelque chose, 
entre une soirée sextoys et une séance de Vikram.
Mais c'est juste une suggestion, hein.


lundi 13 novembre 2017

Le jour où j'ai atteint l'éveil...

Ce jour-là était un jour comme les autres...
un dimanche après-midi, devant un doc You Tube sur
la Révélation des Menhirs. C'était passionnant certes. Il y était expliqué
comment les Menhirs avaient été placés non par les Hommes (ces dégénérés !),
mais par les Schtroumpfs (Nos Ancêtres Bleus), 
et selon des alignements précis
et infaisables... même par moi ! 
Mais cela, la science Occidentale et les satanistes michoniques refusent de le voir...
Mais bon, tous ça c'est intello. Au fond, je m'en fous et de toute façon, j'y comprends rien à la science. Faut réfléchir, alors que moi je RESSENS l'Appel du Sommeil,
au-delà du mental et des concepts.

Depuis longtemps, je cherchais le Sommeil,
le sommeil absolu, total, définitif,
dont parlent toutes les Lignées de Sommeil depuis toujours.
Il m'appelais...

Et donc, j'étais là, affalé sur mon zafu,
grignotant quelques asperges avec de la mayo et du ketchup (bio)
- Shiva Shakti, quoi - et là... et là... (pardonnez la syntaxe, c'est une syntaxe au-delà du mental...)
mais c'est tellement indicible...
Bon, en fait, je suis nul en français, et surtout, 
j'ai la flemme d'aligner trois mots correctement...
mais la bêtise n'est-elle pas la sagesse ultime,
au-delà des mensonges de la pensée ?

Alors donc, oui, j'étais sur mon canapé,
dans un état de semi-hébétude devant Face de Bouc,
une anesthésie béate, la confusion presque totale, enfin,
et là... et là...
j'ai réalisé, oui, ou plutôt j'ai ressenti,
forcément... oui, forcément...
que je ne m'étais jamais réveillé.
Je me suis Endormi, à jamais.
J'ai atteint le Sommeil permanent.
Plus rien ne peux me réveiller,
car j'ai réalisé - en un instant sublime et éternel, sans mémoire, sans rien savoir ni comprendre -
que personne ne dort, personne ne se réveille.
C'est ça, l'Endormissement, le Sommeil...
mais peu importe les mots... c'est tellement au-delà...



Depuis, je laisse le Sommeil rêver...
Je ne choisi plus entre la mayo et le ketchup... le quinoa et le boulgour...
Je suis tellement au-delà...
Je laisse le Grand Rêve m'amener où Elle Veut...
L'autre jour, elle m'a fait le Cadeau d'aller entendre
le Grand Sage Indien Shri Shri Maha Dodo-le-Dodo,
qui m'a appris, à parti du Grand Sommeil,
à rêver que je matérialisais des diamants dans des bananes !!!
Trop bon... trop fort...
Bon, j'ai pas tout compris... mais de toutes façons, je Dors,
je reste dans l'Abandon, en-deçà de tout jugement,
dans la joie du Sommeil où apparaissent les Rêves
de l'Enfant intérieur.
C'est Beau le Sommeil...
Plus de problèmes...
Enfin, si... mais je m'en fous... je Dors...
Je suis le Sommeil.

Bref... je sais plus quand c'était, ni où ni quand,
mais je ne me réveillerais plus jamais,
non, depuis que j'ai atteint le Sommeil.
Je tiens seulement à ajouter,
pour partager ce Cadeau (en toute simplicité et modestie 
et dans la joie du Coeur, bien sûr), 
que j'ai longuement pratiqué, hein, pour atteindre le Sommeil, enfin.
Bien sûr, l'Endormissement fût instantané...
mais le Ressenti intuitif Atlante du Douzième Chakra,
en Synchronergie avec la Grand Roue des Anciens,
m'a révélé.e (on sait jamais...) mes Vies Passée de marmotte,
puis de ragondin, puis de Grande Marmotte de Syrius
initiée par la Patcha Mama à la Grande Hibernation-qui-dure-toujours...
C'est un long travail... Une Quête Sacrée...
L'Endormissement est subit, mais les effets du mental conditionnant
et conditionné (sous vide) perdurent...
D'ailleurs, il m'arrive encore de penser... mais presque plus, non presque plus.
Peu à peu, je me sens englouti dans l'Ultime Roupillon Non duel,
le Grand Sommeil des Eveillés...

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