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dimanche 21 mars 2021

Le Yoga de l'Equinoxe, Yoga Royal

Le Yoga de l'Homme-lion, incarnation du Yoga du Temps


Bonjour, 

c'est aujourd'hui le premier jour du printemps, du Premier Temps. C'est le temps de se rappeler ce qui est hors du Temps, grâce au Yoga extraordinaire du Temps.

En cet équinoxe, frère Soleil (sol, sûrtya) égal la Lune. Le jour égale (aequus) la nuit (nox), Soleil et Lune à égalité. 

Or, le Soleil et la Lune, c'est le Temps, c'est-à-dire aussi la Mort. Kâla, en sanskrit, la langue "parfaite" des dieux, désigne à la fois le Temps et la Mort. Le Soleil est aussi le Feu digestif qui consume peu à peu le corps. L'une des pratiques du Tantra est de "tricher avec la Mort", avec le temps, avec le vieillissement...

Comment ?

En découvrant que je ne vieillis pas. La vieillesse, c'est le Temps. Le Temps, c'est le changement. Le changement, c'est le mouvement. Le mouvement, c'est le souffle, n'est-ce pas ?

Alors j'écoute le souffle. Quelle merveille que ce va-et-vient ! La respiration, dit un maître du Tantra, c'est la vibration infiniment subtile de la Conscience universelle qui ralentit, peu à peu, pas à pas, d'inspir en expir.

Ce mouvement de balancier est le Temps. La Mort, ma mort. A chaque mouvement, un pas vers la Mort... 

Mais que faire ? L'expir est déjà la Mort. Expirer, c'est mourir un peu. L'inspir est inspiration, vie, don d'énergie pour agir. Mais ces deux mouvements, selon les Védas, les poèmes de l'Indo-Europe d'avant l'agriculture, sont comme deux chiens qui me guettent de leurs yeux féroces. Un blanc, un noir. Et je doit leur jeter des croquettes à chaque moment, la croquette de l'inspir, la croquette de l'expir. Sans cela, ils se jettent sur moi, me dévorent et c'est la fin. Mais ainsi, je vis en sursis, je vis seulement pour mourir, je gagne ma vie à la perdre ! Un expir contre un inspir... De plus, je suis le champs de bataille entre ces énergies opposées, comme sur le champs de bataille de la Fin des Temps. Ma vie est un champs de bataille. Qui gagne, perd. D'échecs en réussites, de gains en pertes, prendre et donner, exaltations et abattements, espoirs et craintes...

Que faire ? Comment s'en sortir ?


Voici le remède, révélé par le Troisième Œil, Shiva, dans le Tantra de l'Oeil (Netra-tantra), justement. Il s'agit de la pratique de l'affinement du souffle (prāṇāyāma), pour ne plus être esclave de ses énergies, mais libre  :

madhyamaṃ prāṇamāśritya prāṇāpānapathāntaram | 

ālambya jñānaśaktiṃ ca tatsthaṃ caivāsanaṃ labheta || 8-11 ||

"D'abord, je m'abandonne au souffle du milieu,

entre le mouvement de l'expir et le mouvement de l'inspir.

Une fois porté par cette énergie de conscience,

je me tiens en elle et je trouve ainsi mon assise".

_______________________________

C'est très simple : j'écoute le mouvement du souffle. Puis je m'ouvre aux intervalles entre la fin d'un expir et l'inspir suivant. Expir... silence... inspir... silence... expir... silence...

Et ce silence, cet intervalle, devient alors de plus en plus vivant. Sous la lumière de l'attention, il s'éveille. C'est l'éveil de la Lovée, la Koundalinî, la Conscience universelle. Endormie dans son mouvement mécanique, elle s'éveille peu à peu...

"Je m'abandonne" : en confiance, plus qu'en conscience, sans vigilance excessive, tout en douceur. Je goûte les grandes bulles d'énergie qui éclatent dans l'espace qui s'ouvre en grand, dans un silence émerveillé, subtil mais vif. Vagues de souffle, vague de conscience...

"Je trouve ainsi mon assise" : je découvre ma demeure véritable, mon centre entre expir et inspir. Or, cet intervalle est immobile, comme au sommet d'une montagne russe. Instant d'apesanteur. Les mouvements grossiers cessent, un autre mouvement, plus subtil, se dévoile. (NB : je transpose la troisième personne du verset à la première personne, conformément à l'interprétation du premier verset du Poème de la Reconnaissance par Abghinava Goupta)

Kshéma Râdja, commentateur de ce Tantra, explique que l'énergie de conscience s'éveille dans cette écoute, elle commence à s'éveiller, unmishat, car la pleine conscience émerge (unmajjanât) et le souffle grossier s'immerge (nimajjanena) en elle, en son immensité (vyâpti). J'ajoute cela juste, non pour jouer à l'érudit, mais pour vous donner un aperçu de l'interprétation traditionnelle. Il est bon de se mettre à son école, de ne pas mentir en inventant un "shivaïsme du Cachemire" new age, sans toutefois rester prisonnier de la tradition. Cependant, avant de parler de dépasser la tradition, encore faut-il la connaître. Et comment la connaître sans connaître ses sources ? Méfions-nous des imposteurs qui veulent faire passer leurs fantaisies pour la tradition. Soyons aussi exigeants pour cette nourriture spirituelle que nous pouvons l'être pour les nourritures physiques.

Puis,

prāṇādisthūlabhāvaṃ tu tyaktvā sūkṣmamathāntaram | 

sūkṣmātītaṃ tu paramaṃ spandanaṃ labhyate yataḥ || 8-12 ||

prāṇāyāmaḥ sa uddiṣṭo yasmānna cyavate punaḥ |

"Je lâche à fond les ressentis grossiers

liés à l'expir et à l'inspir,

puis je vais vers l'intervalle subtil.

Puis je vais au-delà du subtil,

d'où je découvre la vibration ultime.

Tel est le 'contrôle du souffle' absolu,

car il ne me trahit pas."

_______________________

Le mouvement grossier, c'est le mouvement perceptible de la respiration. Je pars de lui, du Temps, de la Mort.

Puis je vais vers le subtil, les intervalles où la Vibration s'éveille.

Enfin, je plonge dans la Vibration suprême, âme des mouvements grossiers et subtils, corporels et mentaux. Je transcende le mental. Mais ce silence n'est pas mort, pas statique, il est au contraire Vibration totale, mouvement infini, dont les mouvements de la pensée et du corps ne sont que des échos ralentis. 

Ainsi, je dépasse le Temps, la Mort. Je la dévore, j'engloutis le Temps, car quand je prête attention aux intervalles entre les mouvements, ces mouvements (prâna) s'affinent (âyâma). Même quand ils se réactivent, je conserve le parfum (vâsanâ) de cette Vibration infinie, béatitude sans rivale qui me délivre de tout mal. Je suis l'océan, les vagues sont ma gloire. Je suis véritablement dans l'accueil, sans besoin de me raccrocher à des slogans. Je suis le remède, la réponse vivante, je suis ce que je croyais ne pas être ; je ne suis pas ce que je croyais être.

Je suis le Temps, libre du Temps. Je suis l'âme de la Mort. Je suis la Vie de ce qu'il y a après la vie. La Mort est changement de rythme, retour au subtil. La Mort elle-même se révèle comme libération. Chaque fin d'expir, chaque fin de pensée est une Mort, une libération, un retour à l'Essence libre, ouverte, en expansion sans fin ni limite. L'impermanence se révèle enfin sous son véritable visage, celui de la liberté.

Bien sûr, je vais ensuite me laisser distraire par des mouvements plus grossiers. Mais 

1) Je sais désormais qu'ils sont mes vagues, mes ondes, mes mouvements, mes énergies, mes pouvoirs ; et

2) Je peux "revenir", savourer sciemment. Et plus je savoure, plus le parfum de la Vibration est fort, vivace et durable. 

Voilà le vin nouveau, le vin de printemps, du Temps Primordial, inépuisable, toujours vert, vivant et vivifiant.

Bon printemps à tous !

samedi 20 mars 2021

La vie par la mort



I. 36 Il n'y a pas de mort sans une vie

Je le dis, rien ne meurt ; il n'y a qu'une autre vie - 

Même dans les pires tourments - à nous donnée par la mort.

Angélus Silesius

______________________

Ainsi, par de mort sans vie, pas de vie sans mort. Chacune des deux donne l'autre et c'est encore plus vrai dans la vie intérieure, mystique. Pas de vide qui ne débouche sur une plénitude préparée par ce vide, pas de plénitude qui n'ouvre sur un vide encore plus vide. Shiva et Shakti sont inséparables comme l'inspir et l'expir, comme le silence intérieur et la vibration du cœur. 


samedi 16 janvier 2021

Le miracle d'être



bhavadbhaktyamṛtāsvādādbodhasya syātparāpi yā |

daśā sā māṃ prati svāminnāsavasyeva śuktatā || 11 ||

"Maître !

Il est possible qu'aux yeux de certains,

l'état ultime réside en l'éveil (après la mort):

pour moi, cet état est pareil à un vin insipide,

car j'ai goûté la joie immortelle

de ton amour."

Utpaladeva, Hymnes à Shiva, I, 11


L'état d'éveil atteint au moment de la mort par ta grâce (śaktipāta) est excellent (prakṛṣṭā). Mais pour ceux qui connaissent ton amour, cet état est insipide, car ils ont goûté ton ambroisie, l'émerveillement de soi (svacamatkāra). Qu'est-ce donc qui pourrait être rance dans cette délectation ? Un éveil lointain semble rassis, en comparaison du miracle d'être. Tout état de "libération" est sans attrait pour qui apprécie ce miracle.

vendredi 12 juin 2020

Entre vide et plénitude

Jules Bastien-Lepage, "Le petit colporteur endormi", 1882, Tournai ...

Touchée par la grâce, allant d'extases en extases, l'âme intérieure perd peu à peu des points de repère, jusqu'à un état de vide total, privé de tout appui. Mais en réalité, Dieu est l'appui. Cet état est simplement décrit comme "vide" par rapport aux états précédents. L'âme est alors comme un miroir immobile, comme un vitrail transparent :

"L'âme ne voit plus rien d'elle-même, elle ne voit rien de Dieu, elle ne peut plus agir, plus s'abandonner, plus vivre ni plus mourir ; elle ne conçoit ni ténèbres ni lumière, elle ne voit ni sortie ni entrée, elle ne peut ni désirer ni fuir, elle ne peut se plaire dans sa perte ni s'en attrister. Tout ce qu'on en peut dire, c'est qu'elle est dans un désert infini, suspendue comme entre le ciel et la terre, sans avoir un seul cheveu sur quoi s'appuyer. Elle est sans foi, sans espérance et sans amour, ce lui semble, d'autant qu'elle ne peut réfléchir là-dessus, mais pourtant jamais elle n'aima si fortement ni si parfaitement... Si elle doit faire quelque chose, c'est se rendre attentive sans aucun sien effort et ne mettre aucun empêchement à ce que Dieu fait en elle, ni par de subtiles réflexions, ni par soupirs, ni par admirations, mais comme une eau très belle et claire qui est arrêtée, reçoit sans émotion ce que Dieu fait en elle."

Maur de l'Enfant-Jésus, Exposition des communications divines, p. 175

Cet état est l'état de silence ultime, juste avant la plénitude parfaite, car vides et plénitudes alternent et vont s'approfondissant l'un l'autre jusqu'à leur perfection.

Cet avant-dernier état est le dernier des "moyens". Là, on "ne peut bonnement donner aucun précepte, ni pour y arriver ni pour y demeurer...parce que la créature ne fait ici que suivre les actions de Dieu."

Et cet état de vide total est de durée indéterminée :

"C'est assez de dire qu'ici l'âme n'a plus rien, et dans les autres qu'elle a encore quelque chose. Pour la durée de cet état, elle est aussi longue qu'il plait à Dieu ; car il n'y a que lui qui puisse ressusciter l'âme de cette mort à la vie."

vendredi 5 juin 2020

La vie ressuscitée



La vie intérieure est une succession de morts et de renaissances, de vides et de plénitudes.

Après le vide où l'on meurt à une façon d'être, on renaît à une autre. Voici laquelle : dans cette vie nouvelle, la personne ne vit plus par elle-même, mais le divin vit à travers elle. Cela n'est pas vu des autres, mais sa vie intérieure est toute différente. Elle ne fait plus rien, mais Dieu fait à travers elle, car elle est vide, disponible, ouverte aux impulsions de la grâce, de sorte que

"Dieu ne trouvant plus d'entre-deux ni de milieu entre soi et elle... elle se va plonger tout soi-même dans le sein de cette mer d'amour, créée à la vérité, mais pourtant qui n'a point d'autres limites que celles de l'infinie bonté de Dieu... Cette créature est engloutie et abîmée par l'amour infini et incompréhensible de son Dieu dans le sein de la divinité, qui est le principe et le centre de tout être créé, et où les esprits bienheureux et vraiment amoureux recoulent, reposent et sont unis par le lien d'une charité admirable."

Mais cela ne revient pas à dire que cette personne soit merveilleuse et parfaite aux yeux des autres : "Ce n'est pas à dire que tout ce qu'on fait [dans cet état] soit toujours bien trouvé de tout le monde : au contraire, il s'en trouvera toujours plus qui trouvent à redire dans les façons de faire de ceux que Dieu tient dans cet état, qu'il ne s'en trouvera qui les approuvent."

Maur, Sanctuaire de la divine sapience, p. 125

L'auteur explique qu'il y a à cela deux causes : premièrement, les mouvements de la grâce sont inconnus à ceux qui s'en détournent. Et deuxièmement, Dieu laisse les personnes qui vivent en lui et par lui être méprisée, afin qu'elle ne sombrent pas dans la mégalomanie spirituelle...

Mais l'essentiel est qu'on peut dire que cet état est un même état avec Dieu, un état d'union où la personne se laisse librement posséder par la liberté divine.

dimanche 27 janvier 2019

Et si l'éveil était la naissance de la (vraie) personne ?

Le vide appelle la lumière

Comme je disais dans un article récent, 
la mort de l'ego est la naissance de la véritable personnalité.

Quand je donne une première dissertation à faire à mes élèves, une question qui revient est "A-t-on le droit de donner son opinion personnelle ?"

Mais qu'est-ce qu'une opinion personnelle ?
Car enfin, le plus souvent "nos" opinions ne sont que des schémas impersonnels qui se baladent dans l'inconscient collectif comme bactéries sur saucisson. Nos idées nous possèdent bien plus que nous ne les possédons, surtout si nous croyons naïvement que ce sont "nos" idées. Elles sont tout sauf personnelles. 
Pour parvenir à exprimer un avis vraiment personnel, il faut d'abord accepter de renoncer à ces opinions pseudo-personnelles et de s'en remettre à la lumière "impersonnelle" de la raison. Alors, au prix d'un travail critique de discernement et de détachement, nous nous approchons peu à peu du concept véritable, de la synthèse vivante, fruit d'une expérience intellectuelle et non d'une simple mécanique collective. 

Ce paradoxe de la philosophie se retrouve dans la vie intérieure. Pour devenir unique, je dois prendre le risque de m'abandonner à l'Un. Pour retrouver, en quelque sorte, mon Moi profond, je dois d'abord renoncer au faux Moi, construction sociale factice engendrée par des forces paresseuses et nourrie surtout de peur et d'aveuglement.

L'éveil de la conscience à elle-même au-delà de toute limite est mort du faux Moi, mais renaissance du Moi véritable.
En réalité il n'y a qu'un seul Moi. L'ego ou Moi factice n'est qu'un ensemble d'habitudes qui vampirisent l'énergie de la conscience, même si ces habitudes ont leur racine dans la conscience. 

C'est comme un lion effrayé par son propre reflet, comme un chien qui aboie contre son écho, comme un artiste qui se perd dans son oeuvre, comme un rêveur qui s'égare dans son rêve, comme une étoile noyée dans sa propre lumière, comme une star à qui son talent monte à la tête.

On dit souvent que l'éveil spirituel est la fin de l'individualité, de la personne, qui se fondrait alors définitivement dans la conscience universelle, alors que, sans éveil, la conscience individuelle se perpétuerait en se réincarnant, par exemple.

Je ne suis pas d'accord.

J'ai la conviction que c'est l'inverse : seules les individualités inertes ou incurables se dissolvent à jamais dans la conscience impersonnelle, dans l'Être. Quand une personne est prise dans de tels schémas de haine que son éveil devient quasi-impossible, alors elle se dissout à jamais dans l'Être. C'est le remède de dernier recours, mais aussi une sorte de gâchis.
En revanche,  quand la souffrance mène la conscience à se réveiller en un individu donné, alors cet individu ne se dissout pas : il est transfiguré, corps et âme, transformé. Et il poursuit à l'infini son ascension, progressant sans terme. 

La reconnaissance de la conscience universelle dans la conscience personnelle permet l'épanouissement de cette dernière, à travers un cycle de morts et de renaissances analogue au cycle sommeil-veille. Quand de dors, je disparaît comme individu. Mais c'est pour mieux réapparaître au matin ! Il en va de même dans la vie intérieure. La dissolution n'est pas une fin en soi, mais une étape dans l'épanouissement de la personne. La mort de l'ego est le moteur du "développement personnel". Des cycles analogues se répètent à des échelles de temps plus courtes : inspir-expir, apparition-disparition d'une pensée, d'une sensation...

Le but de la vie intérieure est la naissance par la mort, non pas la mort en elle-même. La mort, le vide, l'Être impersonnel, ne sont pas ultimes. Ils sont l'arrière-plan éternel, certes, mais pas l'état ultime. Il n'y a pas d'état ultime, mais une progression infinie de la personne à travers des cycles de mort et de renaissance, passant à chaque fois de l'Un à l'unique, de l'impersonnel au personnel.
Car rien de ce qui est beau et bon ne disparaît définitivement.

Seul le laid ou le mal sont résorbés dans l'Être à jamais, comme l'ombre dans la lumière. La vie ne perd rien, sauf ce qui n'existe pas vraiment. Et encore, la part de beauté dans la laideur ne disparaît pas. Je suis convaincu que, non seulement l'individualité ne disparaît jamais pour toujours, mais qu'encore chaque expérience de beauté et d'amour est conservée d'une certaine manière. L'individualité est belle. Même si elle est sans doute destinée à évoluer, pourquoi devrait-elle cesser à jamais ?

Seules meurent les illusions, l'inconscience, l'inertie, l'aveuglement et autres causes de peine. Le vide nous replonge dans l'Être pour mieux nous faire renaître. Et nous sommes à la fois Un et uniques, comme les rayons d'un cercle : chaque point de la circonférence est unique, mais relié à un même centre. Retourner notre attention vers le centre ne fait pas disparaître les points qui constituent la circonférence. 

En termes d'états, l'état de veille est "personnel" alors que l'état de sommeil profond est "impersonnel". Mais aucun état n'est supérieur à l'autre. Ils sont juste différents et complémentaires. Si je perds mon individualité dans le sommeil ou la mort, c'est pour me "ressourcer" et me réveiller mieux, "plus unique" en quelque sorte. L'Un est au service de l'unique même si, pour bénéficier de cette énergie, l'unique doit provisoirement renoncer à son unicité et s'oublier dans l'Un.

Donc l'Un et l'unique sont comme les deux ailes d'un oiseau.
L'Eveil est vraie naissance de la personne.

dimanche 16 avril 2017

Le Passage

La Pâques est le passage,
le passage de la fausse vie à la Vie essentielle,
via la mort du faux Moi.

Dans l'allégorie de la Bible,
les Hébreux passent la mer rouge qui s'ouvre,
traversent le désert pendant 40 ans, 
avant d'accéder à la terre promise.

C'est une allégorie de l'âme :
délivrée de l'Egypte de la vie superficielle,
l'âme passe à travers les eaux des émotions négatives,
avant de découvrir le silence intérieur
et d'accéder à la terre de la liberté
dans l'union divine (isra-el "Dieu est avec nous").

Dans la Nouvelle Alliance,
ce passage est incarné dans un individu,
le Christ, qui devient ainsi personne.
Pleinement humain et pleinement divin.
Il doit vivre pleinement la condition d'homme,
ressentir le rejet, l'oubli, la solitude, la calomnie,
la trahison, l'injustice, la torture, l'abandon, l'agonie et la mort,
avant de renaître, de ressusciter,



car "l'amour est plus fort que la mort".
Le tombeau est vide.
La Mort est morte,
vaincue par la connaissance amoureuse.

L'amour ou la peur...
Telle est la "bonne nouvelle" (évangile),
le message bon et beau de cette Pâques.
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