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mercredi 22 octobre 2025

Ce tremblement..



Sentez-vous ce tremblement ? Ce frémissement ? Cette pulsation ?

La "conscience" (ce grand mot) est un tremblement.

Un champ vibrant, à la fois calme et en mouvement.

C’est elle la "terre divine" dont parlent les Yoginî :

un espace sans bord, à la fois le lieu du monde et sa substance intime.

En elle, tout se déploie — les formes, les pensées, les corps, les amours, les séparations —

et en elle tout se résorbe comme les vagues reviennent en l'océan.

La conscience est le corps vivant de Dieu.

Le monde est sa cristallisation.

Elle est cette Déesse originelle qui porte en son sein le monde entier,

et pourtant garde la taille fine : légère, libre, insaisissable.

Incarnée et invisible.

Elle ne choisit pas entre l’apparition et la disparition,

entre le plein et le vide,

elle est l’unité de tout cela.

C’est pourquoi elle est douce ET redoutable,

féconde, bavarde et silencieuse.

Elle enfante le monde dans un cri de joie,

et le reprend dans une étreinte, d'un coup de langue.

La Yoginî  dit : « Puisse la Puissance de Shiva vaincre la masse des nuages qui l’entravent. »

Les nuages, ce sont nos confusions, nos peurs, nos doutes —

les mouvements de l’esprit qui nous séparent de notre propre lumière. Le péché, comme disent certains.

Mais ces nuages aussi font partie du jeu :

ils sont le voile que la conscience jette sur elle-même pour se reconnaître.

Sous eux, la lumière ne faiblit pas.

Elle attend, patiente, dans le sanctuaire intérieur.

Ce sanctuaire n’est pas ailleurs : il est en nous.

C’est le corps — ce temple vivant où la Déesse danse sans arrêt.

Les anciens l’appelaient Uḍḍiyāna, le royaume du souffle,

le pays des fées, le pays de l'envol.

Là, entre le cœur et le bas-ventre,

palpite la connaissance la plus haute,

une connaissance non pas apprise, mais vécue :

une gnose ardente, charnelle, lumineuse.

C’est elle, la sagesse féroce des sorcières:

non pas la lutte contre soi,

mais l’abandon absolu à la vie,

jusqu’à ce que la vie et la conscience ne fassent plus qu’un.

Vie et sens réconciliés.

La Yoginî nous parle ensuite d’un fruit :

le fruit : repos en notre essence.

Ce fruit n’est pas une récompense, ni une acquisition spirituelle.

C’est une saveur.

Une plénitude tranquille, née de la reconnaissance que tout, absolument tout,

se déploie à partir de la même source.

Cette source, c’est la Déesse primordiale — Parā Vāk, la Parole suprême.

Non pas une parole que l’on prononce,

mais une vibration première, un roulement de tonnerre silencieux

d’où jaillissent les mots, les choses, et les mondes.

Elle n’a pas de caractéristiques :

elle est pure énergie, pure clarté, pure conscience.

C’est elle que nous goûtons chaque fois que nous cessons de nommer,

chaque fois que nous restons là,

ouverts, respirants, sans chercher à comprendre.

Car le monde n’est pas une illusion :

il est un mantra vivant,

une parole incarnée que la conscience se dit à elle-même.

Chaque son, chaque forme, chaque sensation,

n’est qu’une modulation de cette vibration unique.

Le réel tout entier est une phrase divine,

une onde continue d’amour qui se reconnaît dans tout ce qu’elle touche.

Ce que la Yoginî nous enseigne ici, en ce corps,

c’est que le repos ultime ne s’atteint pas en quittant le monde,

mais en reconnaissant que le monde tout entier est le jeu de la Parole vivante,

la danse de la Déesse en nous - "je suis".

Quand on le sait — non pas mentalement, mais charnellement —

alors même les sons deviennent lumière,

les gestes deviennent prière,

et le souffle devient offrande.

Ainsi, le fruit du chemin n’est pas de s’échapper,

mais de reposer enfin dans ce que nous sommes :

la conscience même, vibrante, aimante,

pleine de monde, pleine de formes,

et pourtant infiniment libre.

Puisse ce fruit être nôtre !

Puisse chaque respiration nous ramener à cette vérité simple :

que la lumière n’est pas au bout du chemin,

elle est ce qui, depuis toujours, nous respire.

Faire retour amont.

Avant que les choses apparaissent, avant que le monde se déploie,

il y a un grondement.

"Je suis".

Pas un bruit dans l’air — un ébranlement dans la conscience,

comme un frisson de lumière qui cherche à se dire.

C’est le tonnerre des mots et des choses,

la vibration originelle qui fait naître le visible et l’invisible à la fois.

Et ce tonnerre-là, disent les Yoginîs,

c’est la Déesse.

Elle n’a pas de forme, et pourtant tout prend forme en elle.

Elle ne parle pas, et pourtant tout langage vient d’elle.

Avant que la parole ne devienne syllabe,

avant que la pensée ne devienne idée,

il y a ce murmure immense —

cette vibration subtile du vivant qui s’éveille à lui-même.

La Déesse est cela : la conscience en mouvement,

le désir qu’a la lumière de se réaliser.

Elle ne cherche pas à créer le monde —

elle le laisse simplement se répandre,

comme une onde d’amour qui se découvre en se manifestant.

Chaque mot, chaque geste, chaque respiration

est un prolongement de ce premier tonnerre.

Chaque son que nous émettons, chaque émotion, chaque regard,

est un écho du frémissement initial :

la conscience qui se goûte en train d’être.

Et c’est là que se trouve le mystère.

Car ce tonnerre, cette vibration,

ce ne sont pas seulement les mots des dieux ou des sages.

C’est aussi notre propre parole.

Notre voix, quand elle est vraie.

Notre souffle, quand il s’ouvre sans calcul.

Le tremblement de notre chair, quand elle se souvient qu’elle est divine.

Dans le shivaïsme du Cachemire, on dit que la parole (vāk) se déploie en quatre niveaux :

la suprême, la cachée, la médiane, et l’articulée.

Mais ce ne sont pas quatre plans séparés —

ce sont les pulsations d’un seul souffle.

La parole suprême (parā-vāk) est la source silencieuse,

la pure vibration, sans son ni forme.

La parole cachée (paśyantī) est l’éclair de la vision,

le moment où la conscience pressent le monde.

La parole médiane (madhyamā) est le flux du sens discursif,

le mouvement intérieur qui cherche à se dire.

Et enfin vient la parole articulée (vaikharī),

celle qui devient son, corps, nom, regard, mouvement.

Mais à chaque instant, la racine est la même :

le grondement d’amour qui fait exister.

Alors, lorsque nous parlons,

lorsque nous respirons,

lorsque nous touchons,

nous rejouons le déploiement du monde.

Le verbe devient chair, la chair devient lumière.

La parole n’est plus un moyen — elle est un acte de création.

Elle n’est pas ce que nous disons,

elle est le fait même d’être vivant et conscient.

Ce « grand flot du courant divin » que chantent les Yoginîs,

c’est cette Onde primordiale qui se fait monde,

puis silence, puis monde à nouveau.

Une vague qui n’a ni origine ni fin,

et dont nous sommes les éclats.

Nous sommes les syllabes de cette grande Parole,

les modulations du souffle unique qui dit :

Je suis.

Je suis cela.

Je suis tout.

Et quand cette reconnaissance s’approfondit,

quand on sent dans le corps la résonance de cette parole vivante,

alors le monde tout entier devient un chant.

Non pas un chant religieux, mais un chant de présence.

Le vent, les battements du cœur, le cri d’un enfant,

le silence entre deux respirations —

tout cela devient le langage de la Déesse.

Elle parle en nous,

elle se parle à travers nous,

et, dans cet échange infini,

il n’y a plus de séparation entre le mot et la chose,

entre le son et le sens,

entre le corps et la lumière.

Tout est dit.

Tout est entendu.

Et dans cette écoute sans objet,

dans ce silence vibrant qui contient tous les bruits,

on goûte enfin le fruit dont parlait la stance :

le repos dans notre essence.

D.

Si cela résonne en vous, je vous invite à venir communier ensemble à la journée du 29 novembre.

mercredi 7 septembre 2022

Pourquoi bloquer les mouvements ?

 


Certains yogas aspirent à supprimer les mouvements (vṛtti), tous les mouvements.

Le Tantra propose des yogas différents : adorer le début et la fin des mouvements pour transformer les mouvements. Une alchimie d'écoute et, donc, d'amour.

Les mouvements ordinaires, pleins de souffrance, chevauchent les souffles de l'inspir et de l'expir. Ils sont attraction et aversion, passion et colère, naissance et mort, exaltation et abattement, combat et fuite, et ainsi de suite. 

Entre eux palpite le Souffle originel, comme entre les articulations, entre les doigts et autres interstices du corps subtil. 

"Adorer", c'est donner son attention.

Quand le début et la fin des mouvements ne sont pas adorés, ils deviennent inconscience et profond sommeil. Les mouvements sont alors états de veille et de rêve, perception et imagination dont on se sent le jouet. 

Ces trois états se succèdent sans cesse et forment le samsâra, le cycle de l'existence absurde.

Quand le début et la fin des mouvements sont adorés, tout devient le pur cycle de la créativité de la Présence, la dans de la conscience.

Les mouvements ne sont pas à bloquer ni à supprimer, mais à écouter en leur surgissement et en leur fin. Aube et crépuscule.

Epouser les moments de suspens.

L'écoute des intervalles est le secret du Tantra.

Supprimer les mouvements (vṛtti) revient à supprimer la Shakti, la Déesse ; car, comme le chante la Célébration de la Déesse :

yā devī sarvabhūteṣu vṛttirūpeṇa saṃsthitā /

namastasyai namastasyai namastasyai namo namaḥ //

"Hommage, hommage,

hommage à toi, hommage à toi, hommage à toi,

déesse présente en tous les êtres

sous la forme du mouvement !"

(Mârkandeyapurâna, 82, 29)

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https://david-dubois.com/enseignement/

samedi 16 octobre 2021

Pas de déesse sans dieu ?

 


citirdrṣṭimayī nityā sadasadrūpakāraṇam |

dhyānā'nurodhavapuṣā dayayā dṛśyatāṃ gatā || 54 ||

"Conscience, tu es vision éternelle,

cause de la présence et de l'absence [des choses],

[mais] tu deviens visible par ta bonté,

incarnée sous la forme que l'on visualise."

yoṣidrūpadharā devī vinā puruṣasaṃśrayam |

nā'tyartha śobhate lokavigānāditi manmahe || 55 ||

"Je crois que dire que la Déesse est

femme sans aucun homme,

n'est guère brillant,

car cela contredit le monde."

na kvacillokavitatau nārī narasamāśrayam |

ṛte sambhavate vallī taruhīnā yathā bhuvi || 56 |

"Dans le monde entier,

une femme sans un homme

est impossible, 

tout comme une liane sans arbre.

Le Secret de la Déesse Tripourâ (Tripurârahasya), Célébration de sa grandeur, chapitre 55

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Et vous, qu'en pensez-vous ? Le féminin peut-il exister, ou vivre, ou avoir un sens, sans le masculin ?

vendredi 28 mai 2021

Les deux instants 04

par Ekabhûmi


Tout naît du couple de l'Être et de la Conscience, la Père de l'abyme inconnaissable et la Mère de la présence vivante.

 Ainsi, tout nait d’une relation.

Les couples le savent : il est difficile d’être à deux ! Seul, je n’existe pas encore. Mais avec l’autre, je n’existe plus, car bien souvent le face à face tourne souvent en confrontation. Un contre Un… 

Pour que la relation soit féconde, il faut un troisième terme, une reliaison qui unifie. L’Un seul est mort, stérile ; le Deux - seul lui aussi ! - est conflit, impasse. Pour que le Deux devienne couple, pour que la relation devienne communion féconde, il faut un être plus vaste. Telle est la règle de la vie : le remède vient toujours d’en haut, d’une transcendance, d’un « plus que moi et plus que nous » qui nous relie en nous reliant à lui. N’est-ce pas le sens originel de toute religion ?

Sans Conscience, l'Être ne pourrait être. Sans la Mère, le Père serait stérile.

Dans la tradition du Cachemire, il y a deux manières d’envisager ce « plus grand que nous » : comme Source universelle, ou comme Individu. 

Comme Source, ce troisième terme est l’amour, qui coule à travers nous mais qui, ne venant pas de nous, est capable de faire de nos différences une puissance. L’amour est unité-dans-la-dualité, union dans la séparation, sans conflit ni confusion. 

L’amour n’est pas un troisième être, une substance en plus du Dieu et de la Déesse, car alors il faudrait un quatrième pour relier les trois, et ainsi de suite, à l’infini… En écrivant ceci, je réalise que l’amour est insaisissable. C’est lui qui nous saisit. Libre de soi, il peut nous libérer de nous.

L’autre manière d’envisager l’Autre dans un « plus vaste que moi », c’est l’enfantement. Pour un couple, pour un groupe, ce sera un projet, une aventure, un avenir… Pour la tradition du Cachemire, c’est l’Individu (nara, « homme », « personne »), ou l'Enfant. L’un des noms de cette tradition est « triade » (trika). Tout est triple, car tout est « en relation », il n’y a de vie que dans le va-et-vient entre des pôles : Dieu, Déesse, Individu. Ces trois forment, par leurs échanges, le Triangle du Cœur ;

Dieu est ce qui est. La Déesse est l’être de Dieu, la Conscience de l'Être, car aucun être n’est nécessaire : il est toujours offert. Dieu se fait être, se désir, se ressent, s’éprouve : voilà tout son être ! Et ainsi, il se donne à soi comme individu (anu). Un presque rien, certes, mais engendré dans l’infini, rien de moins. L’Individu est le lieu de la synthèse du divin et de la divine. Nous sommes les enfants du couple divin.

vendredi 7 août 2020

Cachée entre l'expir et l'inspir

The Heritagist: India


kharaṇḍadaṇḍamadhyasthā aṇucitkalayāpinī //
prāṇāpānāntare līnā ānandaśaktirucyate /
kālavelāvicitrāṅgī tanvī tattvaprabodhakī //
nirānandapade līnā bhīṣaṇī paramāvyayā /

"Cachée entre l'expir et l'inspir,
on dit qu'elle est l'Energie de Félicité.
Elle habite au centre du canal de l'espace,
infuse dans le dynamisme conscient de l'âme.
Fine, ses membres ornés des temps et des moments,
elle est Celle Qui Éveille à ce qui est.
Elle repose dans la félicité de la paix,
terrible, suprême et immortelle."

Manthâna Bhairava Tantra, Kumârikâkhanda, II, 4b-6a

Ceci est la réponse de la Déesse à Dieu, le début de l'explication du Soûtra en Trois Versets Et Demi, la quintessence du Tantra (ce mot étant ici pris en son sens traditionnel de "gnose divine", la conscience que la conscience universelle a d'elle-même).

Dans la culture, les tantras (livres) Shaivas sont la quintessence. Leur quintessence est le Kaula, l'intime gnose échangée entre Dieu et la Déesse. Sur cet arbre ancien, quatre branches puissantes : la tradition primordiale (pûrva) de la Triade (Trika) ; la tradition secrétissime de Kâlî (Krama, à ne pas confondre avec la personne du même nom bien connue dans les purânas, etc.) ; la tradition érotique de Tripurâ ; et enfin la tradition ultime de Kubjikâ. 

De profondes arcanes sont cachées dans les relations entre les branches de ce Mandala de la Réalisation (samvitti). Ainsi, Trika et Krama se complètent : Éros et Thanatos. Tripurâ et Kubjikâ ont été révélées un peu plus tard. Ces deux traditions sont à l'origine du système à sept chakras bien connue aujourd'hui. Enfin, dans la Triade et Tripurâ, Dieu enseigne la Déesse. Alors que dans Kâlî et Kubjikâ, la Déesse répond au questions de Dieu, comme dans le passage ci-dessus.

Dans cette révélation de la Déesse Lovée (kundalinî, vakrâ) elle-même, la Déesse se révèle et se réalise dans l'Intervalle, c'est-à-dire sur le Chemin du Temps ; puis, elle s'épanouit sur la voie du Centre (madhyanâdî), c'est-à-dire sur le Chemin de l'Espace. 

Elle est l'intime Présence en chacun, le dynamisme de la Présence, source de toutes les présences et de toutes les absences, au-delà de l'absence comme de la présence, acte infini à la racine de toutes les actions, mouvement total dont tous les mouvements sont comme les ornements. 

Et cela se révèle dans l'Intervalle. L'alchimie commence ainsi, là, dans cet Équinoxe. Le souffle Égal s'éveille alors, devient le Vertical qui consume tout ce qui doit l'être, jusqu'à l'Omniprésent, origine du mental, par-delà le mental. Et tout cela est félicité.

Ce passage transmet ainsi, en bref, tout l'enseignement du Tantra.

mardi 31 janvier 2017

Un double mouvement

Quand j'énonce un Mantra, il part du bas du corps,
de la terre, comme si la Terre elle-même était 
la source de la vibration du Mantra, tel un ange sorti du sol.

En remontant, le Mantra emporte tout avec lui,
vers le haut, comme un feu,
pour que tout soit sauvé dans l'espace de la Présence.

Mais le mouvement du Mantra 
ne va pas seulement du bas vers le haut,
car simultanément à ce Feu ascendant,
une pluie de nectar de Lune
s'écoule du haut vers le bas,
allant me remplir jusqu'au bout des doigts
et au-delà,
régalant chaque parcelle de ma chair.



La vibration du Mantra
est double,
pour faire en bas comme en haut,
et en haut comme en bas,
en une union sans confusion.

L'humain se divinise.
Le divin s'incarne.

Je m'élève en la Déesse,
la Déesse descend en moi.
Un seul et double mouvement.

Jean disait :

Dieu est amour,
qui demeure dans l'Amour
demeure en Dieu
et Dieu demeure en lui.

samedi 1 janvier 2011

Hymne à la Déesse-Année

Kâlî, palais royal de Pâtan

Bonne année à tous !

Voici quelques extraits d'un hymne à la Déesse-qui-engendre-et-qui-dévore-le-temps, Kâlî, pulsation de la conscience.


(1) Ô déesse, gloire à ta forme sans forme,

Forme des trois mondes,

Affranchie des concepts d'être et de non-être,

Inconditionnée,

Qui peut être atteinte par une conscience parfaitement limpide.

Gloire à ta forme non-duelle, une et pourtant multiple dans ses aspects,

Qui imprègne le monde qui s'écoule (en elle), sans (pourtant) l'altérer,

Qui est vraiment pure et (digne d'être) appelée "essence consciente".


(3-4) Gloire à ton acte miraculeux par lequel tu t'incarnes

Selon (ton) désir,

Surgi de l'intérieur,

Manifestation de la conscience dont l'essence est spontanée et insurpassable (à travers le cycle des Cinq Flots).

Puis tu diffuses la totalité des temps (à travers les roues de la Lumière et de la Félicité),

Et tu diffuses aussi ta forme terrible qu'est l'ego à travers (la roue de) l'Incarnation.

Alors, tu détruis cet (ego grâce à la roue de la Multitude), octroyant ainsi la grâce.


(5) Ô Kālī, gloire à toi qui

Divise de corps du temps en douze parts,

Tout en le manifestant en toi-même,

Sans séparation.


(8-9) (Ta) forme essentielle, une,

Comporte trois aspects : jaillissement, subsistance et résorption.

Chacun de ces aspects comporte quatre aspects : lever, durée, résorption et repos.

Gloire à ta forme dans laquelle tu multiplies ta vraie nature en ces treize (aspects),

Mise en branle du tourbillon de l'illusion (vivarta) universelle.


(16) Gloire à la mère,

Salut du monde,

Elle qui déverse le courant divin

en divisant chacun de (ses) treize aspects de cinq manières.


(17) Gloire à ta forme (incarnée dans) le sublime sanctuaire,

Débordante de la puissance de la gnose

Qui rayonne dans les roues (des yoginī) de la terre, des directions, de la parole et de l'espace,

Qui consiste en un repos incomparable.


(18) Je salue la déesse plus que suprême

Dans le royaume de la résorption résorbée,

Affranchie du bavardage (prapañca) sur l'être et le non être qu'elle manifeste (par jeu),

Toujours évidente en tout.


(19-20) Ô mère, que par ta grâce

Ce triple monde repose dans l'essence transcendante

De la déesse que j'ai contemplée

Dans le grand champ de crémation.

Ainsi, moi, Śiva, j'ai chanté cette louange de notre vraie nature

En vertu d'une parfaite et véritable absorption (en elle).

Ô Maṅgalā, puisse-t-il être bienfaisant pour moi (Śiva)

Ou pour tous (les êtres) qui sont (aussi) moi-même.


Kālikāstotra de Śivānandanātha



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