vendredi 21 novembre 2014

L'individu est libre


I'm free !

L'individu est doué de libre-arbitre. Il n'est pas comme une pierre, privé de conscience propre.
Pourquoi ?
Parce que, comme Dieu, il est doué de conscience. 
Conscience et liberté sont inséparables.

L'individu est conscience "contractée", mais conscience quand même. Il possède donc tous les pouvoirs de Dieu, mais limités. En fait, il est Dieu, mais Dieu qui s'est librement fait homme dans l'oubli de sa vraie nature, pour pouvoir ensuite se retrouver.

L'individu est Dieu déguisé. Il n'existe pas indépendamment de Dieu. Mais il existe. De même, la vague n'existe pas indépendamment de l'océan. Mais il y a des vagues.
Le but de la vie n'est donc pas de supprimer notre individualité, mais de reconnaître notre essence pour nous dilater à nouveau à l'infini.

Tel est la doctrine du tantra non-duel.

Ceci dit, même dans les doctrines non tantriques, comme le Vedânta, qui semblent donner plus de place à une approche impersonnelle, l'individualité et ses pouvoirs ne sont jamais niés. A ma connaissance, les seules doctrines qui, en Inde, nient vraiment l'individu et son libre-arbitre, les seules doctrines fatalistes donc, sont celles des Âjîvikas, et puis les Astrologues (kâlavâdî, ceux qui disent que tout est régit par le Destin, par exemple dans le Mahâbhârata) et... et c'est tout.

Mais le tantra non-duel est le seul courant qui affirme l'unité de tout et de tous sans nier tout et tous. Il reconnaît dans le corps et l'esprit les pouvoirs créateurs qui sont ceux de la Source, mais contractés, en version incomplète. La parole, l'imagination, la mémoire sont les pierres philosophales de la liberté pour l'individu qui sait les reconnaître. Krishna le dit :
 "Perception, mémoire et exclusion [=langage] viennent de Moi seul".

C'est ce que dit aussi la philosophie tantrique de la Reconnaissance :

"Tout individu
Est manifestement doué
D'omniscience et d'omnipotence
Car tout individu
Peut manifester et sculpter
Selon ses désirs".

Stances pour la reconnaissance (Pratyabhijnâkârikâ, I, 6, 11))

Mais l'individu vit d'ordinaire dans la croyance en ses limites, dans la résignation et l'abattement (glâni). Sa liberté est donc limitée. Elle dépend de la Nécessité, des lois de la nature, (niyati), lesquelles ne sont que la liberté de Dieu. Mais quand on découvre la Source en soi, notre Soi, alors :

"Quand la (croyance en notre propre) misère,
Si profondément enracinée,
Est rejetée au loin,
Quand on resplendit manifestement 
Du pouvoir d'agir et de créer,
Alors nos résolutions
Deviennent (comme) l'arbre qui exauce les souhaits !"

Hymne à la Matrice (Tattvagarbha)

Alors l'individu, véritable "Seigneur déguisé" (channa-parameshvara dit Kshemarâja) "fait et connaît tout ce qu'il désire". Sa volonté ne fait plus qu'une avec celle de la Source, parce qu'il a reconnu qu'en vérité, il est la Source, la Source qui joue librement à être un individu doué d'une liberté limitée. 
L'individu est Dieu qui limite librement sa propre liberté. 
Dieu est l'individu qui recouvre librement sa propre liberté.

jeudi 20 novembre 2014

Résumé

On me demande un résumé.
Voici :

Oui

En sanskrit :

Om


Une autre version, magnifique et sublime illustration de La Voie Directe :





mardi 18 novembre 2014

Des ronds dans l'eau


Méditer, c'est comme faire des ronds dans l'eau. 
En lançant de petits cailloux.
Plouf !
Chaque pensée, chaque sensation est 
comme une sphère d'énergie 
qui emporte et dilate la conscience.
Comme un grand sourire.
Ou un bâillement.
Un inspir silencieux.





vendredi 14 novembre 2014

Weekend de méditation le 22 et 23 novembre 2014



Qu'est-ce que la méditation ?

Dans la tradition du tantra non-duel, il y a deux approches complémentaires, masculine et féminine.

Il y a le yoga de Shiva : 
se laisser aller dans la pure présence, les sens grands ouverts comme une maisons aérée, comme un ciel limpide et net, comme un cristal transparent, comme l'espace sans limites, comme de l'eau dans de l'eau.

Il y a le yoga de Shakti : 
se laisser fondre dans le ressenti du cœur, "je suis", dans le courant de félicité et d'amour qui ne fait qu'un avec notre être, mais que nous négligeons d'ordinaire. Se laisser aller comme un enfant dans les bras de sa mère, comme un fleuve vers l'océan, comme une étreinte, comme on écoute un chœur d'enfants.

Je vous propose d'explorer et de partager ces deux approches qui se complètent et de nourrissent mutuellement, dans le cadre simple d'une petite salle au cœur de Paris. Il y aura une succession de méditations guidées, assez brèves (15-20mn) mais nombreuses, quelques lectures d'instructions traditionnelles, et des moments d'échange. 

Lieu :
1 passage du Jeu de Boules
Paris 11e
Métro Obberkampf près de République

Horaire :
10h-18h samedi et dimanche

Tarif : 80 euros pour les deux jours

Renseignements et inscription:
deven_fr@yahoo.fr
06 03 33 05 58


mercredi 12 novembre 2014

La merveille des merveilles


Nous voyons, mais nous ne voyons pas ce par quoi nous voyons.
Nous vivons, mais nous ne vivons pas ce par quoi nous vivons.
Nous ressentons, mais nous ne ressentons pas ce par quoi nous ressentons.

Il y a une incommensurable différence entre réaliser ceci est dire que l'absolu, Dieu ou la source sont inconnaissables. Il existe dans le platonisme et le christianisme une tradition de connaître Dieu en connaissant qu'on ne le peut connaître. La la docte ignorance ou théologie négative. On ne peut connaître Dieu, mais seulement ce que Dieu n'est pas. Mais cela reste une connaissance objective. La source demeure un objet au-delà de notre portée. 
En Occident, la réalisation de la source comme Soi reste rare. J'ai mentionné dans le passé quelques textes chrétiens, mais cela reste marginal.
Cependant, voici un exemple récent de réalisation de la source comme Soi, tiré de Dieu existe. L'auteur veut montrer que l'on peut découvrir Dieu en soi, non pas comme on découvre une chose, mais comme on reconnaît la conscience, comme on reconnaît que c'est la lumière blanche qui rend possible la vision des couleurs :

"La perception implicite de l'infini est la condition de possibilité de la perception explicite du fini. Que cette vision, cette perception soient non thétique [non objectives] est une nécessité. Si elles ne l'étaient pas, la vision de la lumière blanche, prise réflexivement comme objet, ferait obstacle à la vision des couleurs particulières [objectives]. L'erreur serait en effet de penser que la lumière et l'infini doivent d 'abord être vus thétiquement, comme des choses, comme des objets, pour permettre ensuite la vision des choses colorées et des choses finies".

Autrement dit, il ne faut pas mettre sur le même plan le sujet et les objets, et ne pas vouloir que la connaissance du sujet, de la conscience, du Soi, relève du même niveau que celle des objets. Un sujet qui deviendrait objet ne serait plus sujet. Conscience chosifiée n'est plus conscience, mais chose.

"Une telle interprétation "chosifiante" nous conduirait à des absurdités psychologiques, et à une mécompréhension profonde... 
Mais de même qu'il est possible dans un second temps d'acquérir, par une variation de l'attention, une vision explicite de la lumière, il est possible, par un mouvement de retour sur soi, de prendre l'ouverture à l'infini de notre subjectivité comme un objet propre de considération. 
Cette remontée vers les conditions de possibilité de l'expérience la plus anodine constitue à coup sûr le point de départ de l'aventure métaphysique. C'est à partir de cette réflexion que l'intelligence philosophique en viendra à théoriser clairement l'idée selon laquelle cette ouverture elle-même présuppose l'existence d'un être infini qui en soit l'origine. 
Malheureusement, cette réflexion peut n'avoir jamais lieu. Absorbés par le spectacle bariolé des couleurs, certains restent aveugles à la lumière, qui pourtant les leur fait voir, et se privent ainsi du plus grand émerveillement qui soit, celui qui naît non du contenu du spectacle, mais de la merveille des merveilles : qu'il y ait un spectacle

Saint Bonaventure, au XIII e siècle, s'en étonnait :

Quel étrange aveuglement pour notre esprit de ne point apercevoir ce qui s'offre d'abord à nos regards, ce sans quoi il lui est impossible de rien connaître.
Mais il arrive que notre oeil, fixé sur diverses couleurs, ne voit pas la lumière qui les lui rend visibles ou, s'il la voit, il ne la remarque pas. Il en va de même pour l’œil de notre âme : fixé sur les êtres particuliers et généraux, il n'aperçoit pas l'être lui-même, qui est au-delà de tout genre, bien qu'il s'offre d'abord à sa pensée et lui fasse voir tout le reste. Ainsi la formule se vérifie pleinement [la formule d'Aristote] : "semblable à l’œil du hibou aveuglé par la lumière, l’œil de notre âme et ébloui par trop d'évidence". Habitué aux ténèbres du créé et aux fantômes du sensible, dès qu'il regarde la lumière de l'être souverain, il lui semble ne plus rien voir. Il ne comprend pas que cette obscurité suprême opère l'illumination de notre esprit. Ainsi, l'oeil du corps en face de la pure lumière a l'impression de ne rien voir".

Quoi de plus simple que cette vision qui se voit elle-même, comme un ciel éblouissant ?




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