vendredi 18 mai 2018

Atelier Le Yoga du souffle à Paris

Le Yoga du souffle
avec David Dubois
à Paris les 16 et 17 juin 2018


Le souffle est le lien entre le corps et l'esprit

Dans la tradition du shivaïsme du Cachemire,
le yoga du souffle est la voie du corps vers le silence et la plénitude

Grâce à cette pratique, on découvre concrètement
comment calmer l'angoisse, le stress, le mental,
mais aussi la fatigue et la boulimie.

Le yoga du souffle est la base de toutes les voies d'éveil
Il développe naturellement la concentration, l'écoute, l'équilivre

Dans cet atelier, je vous propose de découvrir 
pourquoi la respiration est la clé de l'épanouissement intérieur,
pourquoi la plupart d'entre nous respirons si mal,
quels sont les approches de la respiration dans les traditions spirituelles,
et surtout, nous pratiquerons dans l'esprit du shivaïsme du Cachemire

Chaque respiration est une vie complète
Chaque inspir, une renaissance

Avec l'expir, aller toucher l'espace
Avec l'inspir, rejoindre le coeur

Il n'y aura pas de postures de yoga.
Juste une assise simple et confortable,
sur chaise pour ceux qui en ont besoin

Ce weekend aura lieu au centre de Paris,
dans une petite salle conviviale située non loin des grandes gares.

participation : 140 euros
samedi 16 juin et dimanche 17 juin 2018
10h-17h
Lieu : Espace Divyan
1 passage du Jeu de Boules 
75011

Infos et inscriptions :
deven_fr@yahoo.fr
0603330558


La philosophie de la Reconnaissance, voie d'éveil

Beaucoup de gens intéressés par le Tantra ignorent encore
qu'il existe une philosophie inspirée par le tantrisme,
une philosophie proposée comme une voie complète
vers l'éveil à soi.

Manuscrit cachemirien du Vijnâna Bhairava Tantra, avec des notes


D'autres croient que cette philosophie, nommée "reconnaissance", consiste à s'administrer des massages ou à recevoir une mystérieuse énergie d'un être spécial appelé "gourou" ou "siddha".

La Reconnaissance (pratyabhijnâ) n'enseigne rien de tout cela. Elle est une philosophie, c'est-à-dire un examen rationnel et attentif (carcâ, anveshanâ) de l'expérience ordinaire. Elle ne fait appel à aucune expérience spéciale,
en plus de l'expérience commune de l'état de veille. Selon cette philosophie, les états induits par la pratique du yoga ne sont pas nécessaires pour s'éveiller. Il suffit de bien observer ce qui nous est donné ici et maintenant.
De plus, aucune croyance préalable n'est requise. Nul besoin de grâce, d'initiation ou de préparation morale. Il n'est pas nécessaire de manger bio, ni de croire à quoi que ce soit, même si chacun est laissé libre de croire à ce qu'il croit avoir choisi de croire. 
Contrairement à d'autre spiritualité, il n'y a pas de prérequis, en dehors du fait d'être un être conscient qui se pose des questions et qui aspire à une sorte de plénitude, sans trop savoir de quoi il s'agit au juste.
Contrairement au bouddhisme, il n'est pas nécessaire de croire en la réincarnation.
Contrairement au védânta, il n'est pas nécessaire d'être un mâle brahmane, ni d'adhérer au système des castes ni à l'idéologie des Védas. 
Contrairement au Néotantra, il n'est pas nécessaire de croire à... toutes sortes de choses plus ou moins crédibles.
En revanche, il faut être audacieux, curieux, ouvert d'esprit et capable de se concentrer suffisamment pour comprendre plusieurs phrases d'affilée, ce qui n'est plus si courant, apparemment. 

L'enseignement de la Reconnaissance est simple. On pourrait l'exprimer ainsi :
"Nous sommes tous une seule et même conscience
qui joue librement et gratuitement
à se manifester sous toutes les formes".
Pour parvenir à cette certitude, il faut interroger nos croyances et regarder de plus près notre expérience, ici et maintenant.

Mais comme dit Outpala Déva, le fondateur de cette voie nouvelle :
"Cette voie est facile".
Abhinava Goupta explique que cette voie nouvelle est facile parce qu'il n'est pas besoin de s'y exercer au yoga tel que l'enseigne Patanjali. La réalisation, l'éveil, n'est rien d'autre la reconnaissance de notre essence. Point de règles quant à la manière de vivre. Pas de conditions préalables. Ni yama, ni niyama, etc., c'est dit explicitement : "ils ne sont d'absolument aucune aide" (anupayoga eva, Pratyabhijnâ-vimarshinî IV, verset 16).

La Reconnaissance est une voie d'éveil,
un chemin complet basé sur l'expérience et la réflexion.
Pas d'autre autorité, pas de gourou, rien d'autre
que la lumière naturelle et la richesse de ce qui est donné à chaque instant.

Pour celles et ceux qui seraient curieux de regarder plus avant dans cette direction,
je conseille la lecture de La Doctrine secrète de la déesse Tripurâ, très abordable, sous forme de fables. Par ailleurs, j'ai traduit plusieurs textes de cette philosophie, traductions que vous trouverez sur cette page, à droite.

A mon sens, la Reconnaissance est un véritable yoga de la connaissance, bien adapté à la vie moderne.

mercredi 16 mai 2018

Dhyâna - méditation ?

La méditation n'a jamais été aussi populaire 
dans l'histoire de l'humanité.
C'est un engouement sans précédent.


Tous s'accordent à dire que la méditation vient d'Orient.

Mais comment dit-on "méditation" en sanskrit ?

Le mot souvent invoqué est dhyâna,
nom d'action formé sur la racine -dhî
"voir", "regarder", "contempler", "considérer", "comprendre",
"avoir l'intelligence de".

Dhyâna désigne donc l'acte de porter attention à une chose, sur le modèle de la vision. Dhyâna, c'est regarder avec attention. Par extension, c'est contempler avec admiration.
L'exemple le plus ancien est la Gâyatrî, un verset du Véda des Hymnes :

bhargo devasya dhîmahi
"nous contemplons le rayon du dieu"
dhiyo yo nah praccodayât
"puisse-t-il accroître notre vision/intelligence"

L'idée est que la lumière permet de voir,
et donc on prie le soleil, source de lumière,
de nous aider à voir.
Au sens figuré, c'est la lumière de l'intellect,
dhî, qui permet de voir clairement, de devenir
un "visionnaire" (dhîman).
Mais il n'y a pas là l'idée de la pratique de la méditation.
Dans certaines Oupanishads, comme la Katha
si ma mémoire est bonne,
il est question de dhyâna-yoga pour réaliser le Soi.
Mais le contexte montre que ce dhyâna-yoga n'est pas la pratique de la méditation au sens où nous l'entendons aujourd'hui : il s'agit plutôt de contempler l'enseignement des Oupanishads, d'y réfléchir en profondeur et d'absorber ces vérités de tout son être. Il n'y est pas question d'atteindre un état de conscience spécial par la méditation, car pour les Oupanishads, la réalité n'est pas un état, mais l'arrière-plan immuable de tous les états.  

Du côté du bouddhisme, on voit quelque chose qui ressemble à la méditation. Il faut pratiquer shamatha, "rester calme" d'abord, puis dhyâna, qui est une concentration plus stable, laquelle atteint sa perfection dans le samâdhi. 
Toutefois, là encore, il n'est pas question de "faire le vide",
mais plutôt de se concentrer pour, ensuite, réfléchir aux enseignements du Bouddha et comprendre la vérité.
C'est vipashyanâ, la "vision approfondie".
L'essentiel n'est pas de maîtriser les pensées, mais bien de comprendre. On compare la concentration au fait de stabiliser la flamme d'une bougie. Ensuite, on se sert de sa lumière pour voir. La stabilité n'est pas un but en soi.

Mais dans le bouddhisme plus tardif, les choses ont changé. 
A côté du courant "intellectualiste" est apparu un autre courant, pour qui la méditation-concentration est tout.
Selon cette perspective, un esprit serein, silencieux,
est un esprit qui voit, nécessairement, la réalité,
et qui est donc délivré des illusions.
Ce courant s'oppose donc à la séparation entre la concentration et la compréhension. 
Pour eux, la vraie concentration-méditation est la vraie compréhension. 
Ce courant s'illustre par exemple dans le zen 
(ce mot venant du sanskrit dhyâna).
Et c'est de là que vient l'idée de la méditation comme expérience profonde et libératrice, débouchant sur la réalisation, l'éveil, ou comme étant l'éveil lui-même.

Dans le bouddhisme tantrique, on trouve ces deux courants.
Dans les tantrismes shaiva et vaishnava aussi.
Mais dans le tantrisme en général,
dhyâna acquiert un sens nouveau :
il désigne la visualisation d'une divinité, d'un mantra
ou d'un "palais" divin (un mandala).
C'est pourquoi, bien que le mot dhyâna soit courant dans les tantras, il y est rarement question de méditation.
Dans le tantrisme, l'imagination (bhâvanâ) remplace la méditation, qui y tient une place marginale.
D'où la surprise des gens qui, par exemple, vont dans les centre tibétains "de méditation" et qui se retrouvent à faire des rituels, des récitations, le tout accompagné de visualisations.

Dans la philosophie tantrique de la Reconnaissance, 
pas de dhyâna au sens de méditation.
En revanche, il y a de la méditation.
En effet, à côté de la voie de la connaissance, 
qui ne dépend pas de la maîtrise du mental, 
il y a la voie du yoga. Mais ça n'est pas le yoga de Patanjali avec sa "suppression des affects" (qui reste l'idéal de la méditation dans la vision populaire, malgré l'évolution réelle des mentalités). Le yoga proposé dans la philosophie de la Reconnaissance est un yoga de la détente. La vision y joue un rôle important. C'est la méditation de Shiva (shiva-mudrâ),
où l'expérience est induite par les points-clé de la posture (regard, mains, bouche...), 
plutôt que par un effort intérieur de concentration.
Et pour finir, voici une image traditionnelle 
de cette approche de la méditation :


vendredi 11 mai 2018

Tantra - sexe ?

Quand vous googlez tantra, vous tomber sur des massages, voire des sites d'"escort",
un genre de prostitution de luxe.


C'est quoi "le tantra" ?
Le tantra vient d'Inde.
Le mot tantra, en langue sanskrite, désigne un tissu et, par extension,
un textile et, finalement, un texte, un livre.

"Le" tantra ? Les tantras : les livres.
Alors que les traditions indiennes plus anciennes mettaient l'accent sur la transmission orale,
le tantrisme met l'accent sur le livre comme outil et support spirituel.

Vient de la racine tan- "tendre", "étendre", "tisser", "prolonger", "déployer". 
S'y ajoute le suffixe -tra "instrument de".

tantra signifie, littéralement, "livre".
Mais aussi le fait de se déployer, d'agir.
D'où para-tantra "qui de déploie par un autre", donc qui est dépendant.
Et sva-tantra "qui est à soi-même l'instrument de son propre déploiement", 
donc indépendant, libre.
Qu'est-ce qui est dépendant ?
Tout.
Qu'est-ce qui est libre ?
La conscience.
L'acte conscient.

Les tantras sont donc d'abord des textes.
Les premiers apparaissent au IVe siècle.
Ce sont d'abord des textes de rituel.
Car le tantrisme, c'est d'abord et avant tout
une expression à travers des rituels.
Vidhi "procédure"
kalpa "rituel"
Krama "ordre"
Homa "rituel du feu"
Yajna "sacrifice"
Pûdjâ "offrande de fleurs"
etc.
Peu à peu, ces rituels s'intériorisent.
Ce qui donna naissance au yoga tantrique,
ancêtre des yogas d'aujourd'hui.
Puis des doctrines apparurent.
Mais secondaires.
Le tantrisme, concrètement, c'est d'abord vivre une vie
faite de rituels, de symboles,
d'images, de mandalas, de mantras.

Dans le bouddhisme, qui a récupéré le tantrisme
comme "moyen habile" pour "dompter les êtres",
tantra désigne, en plus, la conscience profonde, permanente et indestructible qui se cache au fond de nous.

Les tantras sont de tailles variables.
En général, plusieurs tantras forment un système complet de pratique, comme un mandala.
Ainsi, on a un tantra principal
et des tantra "annexes"
qui complètent, expliquent tel rituel, 
comment organiser sa journée, etc..
Un tantra peu faire quelques versets,
ou quelques dizaines de milliers de versets.

La grande période de révélation des tantras, 
c'est entre les VIIIe et XIIe siècles.
Le tantrisme existe dans toutes les grandes religions de l'Inde,
dont il forme la matière principale.
Il y a un tantrisme shaiva, un vaishnava, un bauddha, un djaïna...
Comme un arbre immense.
C'est comme cela que des pratique tantriques
se sont propagées jusqu'au Japon et en Mongolie,
à Bali et en Asie Centrale (avant l'islam).

Le tantrisme est très riche.
Plein de traditions et sous-traditions, comme les branches d'un arbre.
Au centre : l'initiation et les mantras.
Beaucoup de mantras.
Pas de tantra sans mantra.
Un rituel, c'est principalement s'identifier à une manifestation du divin et faire des choses à partir de là.
Guérir, séduire, s'enrichir, faire la guerre...

Aujourd'hui en Asie, tantra est synonyme de sorcellerie,
comme le maraboutisme.

Dans le tantra en général, pas de sexe, mais souvent des symboles sexuels.
Dans quelques traditions ésotériques,
des pratiques sexuelles.
Mais jamais de massage.
Des rituels, comme un langage.
Des langues, des dialectes.
Le tantra, en général, peut être ascétique (pour les sâdhous)
ou domestique. Mais dans tous les cas, il a tendance à être sensuel, au sens où il emploie tout ce qui est coloré, parfumé, les huiles, les liquides, le feu, la danse, les chants.
Comme dit Abhinava "tout ce qui épanouit le coeur
peut être employé".
Le tantra n'est pas sobre.
Son esthétique est plutôt baroque. 

Le tantra ne prône pas non plus la libération des émotions,
sauf les courants secrets.
Souvent, des pratiques extrêmes : vivre parmi les cadavres
sans soucis du pur et de l'impur, par exemple.

En gros, deux extrêmes du tantrisme :
la face publique, les temples, les fêtes, les pûdjâs...
la face cachée, magie, occultisme, yoga...

Le tantra est une tradition d'une richesse incroyable,
loin d'avoir été explorée.

Le néo-tantra mondialisé
est inspiré par les idées de thérapeutes comme W. Reich,
qui croyait que tous nos problèmes viennent de la répression des émotions. On trouve des idées parallèles dans certaines traditions tantriques, mais pas dans toutes.
Le tantrisme a toujours été étrange, mystérieux, controversé,
lié au pouvoir et à l'argent.
C'est une voie qui reflète la vie,
ombres et lumières.
On y trouve des approches très différentes,
mais beaucoup de superstitions
et beaucoup de dérives possibles.

Il y a des courants plus raffinés :
mahâmudrâ dans le bouddhisme
shivaïsme du Cachemire dans le shivaïsme

Dans ces approches-là, chaque idée correspond à une expérience, toujours. Rien de vraiment ésotérique.
Tout est là, mais il faut apprendre à voir.
Chakras, koundalini, siddhi, prâna...
Tout est déjà là.
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