vendredi 22 juin 2018

Faits et interprétations


Que sais-je vraiment ?

Le vie intérieure est parsemée d’événements merveilleux.

Par exemple : - être
- être conscient d'être. 
- voir une immense ouverture ici, là où une (relativement)
petite tête est censée occuper l'espace.

- ressentir, aussi. Ressentir l'amour, l'unité avec tout.
Un sentiment de sens, de valeur, d'harmonie.

- le silence, une impression de netteté, comme un ciel limpide. Et d'immensité, de transparence.

Sans parler du sentiment de tout savoir, de tout avoir en soi, de tout pouvoir, ainsi que les visions, des lévitations, télépathie, visites, messages et autres signes ou explosions d'énergie, etc., etc.

Mais tout cela est-il du même ordre ?

Ne faut-il pas distinguer les faits et les interprétations ?

Sans doute les faits se donnent rarement à l'état brut : il y a toujours un peu d'interprétation, même subconsciente, même dans ce qui ressemble à une perception directe.
Cependant, quand je regarde au-dessus de mes épaules, je vois qu'il n'y a pas de tête. Ça n'est pas une supposition.
Je perçois directement le silence. En fait, je peux même affirmer que cette expérience est encore plus simple que ça : il y a comme une sorte de présence simple, sans "je" qui percevrait un silence séparé. Mais bon, c'est déjà de l'interprétation. Beaucoup dépend du sens que je donne à ces expériences brutes.
De même, je sens une sorte d'unité avec tout, de même qu'une impression que "tout" est bien".

En revanche, quand je dis que "l'univers me répond", que "je crée ma réalité" ou que "je crois au karma", là je suis clairement dans l'interprétation. Je ne suis plus dans la perception directe, ni dans l'intuition, ni même dans le raisonnement solide, mais dans les conjectures, les vœux pieux, voire les fantasmes. J'y crois peut-être, mais au fond je n'en sais rien. La preuve en est que si l'on interroge ces opinions, je réagirai comme on réagi quand on est à court d'arguments : je dirais que celui qui critique mes opinions na pas d'expérience, qu'il est perdu dans le mental, qu'il est orgueilleux, que sont cœur n'est pas ouvert, etc.

Il n'est pas nécessaire pour autant de tomber dans le scepticisme ("je ne peux rien savoir"). Au contraire, il faut réfléchir, raisonner, examiner les opinions. C'est comme faire un inventaire, un bilan, ou un examen médical, pour voir où l'on en est, faire le point : qu'est-ce que je sais vraiment ? qu'est-ce qui n'est qu'hypothèse ? et qu'est-ce que je perdrais si telle hypothèse s'avérait fausse ?

Les lecteurs de ce blog savent que, bien qu'inspiré par des traditions mystiques, je porte régulièrement un regard critique sur les gourous, les croyances occultes et les prétentions pseudo-scientifiques qui prolifèrent dans les milieux dits spirituels.

Par exemple, il y a une opinion prédominante selon laquelle "il faut écouter son ressenti". Mais est-ce vrai ? Peut-on avoir toutes les réponses en écoutant la "voix intérieure" ? Cette voix est-elle intuition mystérieuse, ou bien la voix des préjugés ? Et le ressenti est vague, instable : puis-je tout savoir ainsi ? Puis-je "ressentir" le dosage adéquat d'un anti-bio ou que la terre est ronde ? Tous les prophètes et gourous prétendent avoir été connecté à une source intérieure et transcendante de connaissance : mais leurs "connaissances" se sont avérées presque toutes fausses. C'est quand même frappant. Aujourd'hui, n'importe quel gamin en sait plus sur le monde que Mahomet ou le Bouddha. Comment expliquer cela, si vraiment nous avons en nous la source de tout savoir ? Enfin, écouter notre ressenti nous rend anxieux et capricieux : il est bien connu que la conscience psychologique de soi tend à augmenter le sentiment d'insécurité, jusqu'à l'hypocondrie ; et capricieux, car le ressenti est instable : comment construire une vie adulte sur une base si... inconstante ? Voilà. Ça n'est qu'un exemple, mais significatif de la quantité d'opinions qui se mélange aux expériences brutes.

En réalité, la plupart d'entre nous avons quelques expériences, sur lesquelles nous nous empressons de broder des montagnes d'interprétations toutes plus rocambolesques les unes que les autres. Nous ne nous fions pas à l'expérience donnée, sûre (silence, transparence, vibration du cœur, sentiment d'unité), et nous nous sécurisons en bâtissant des pays imaginaires. C'est le New Age, ou quelque soit le nom qu'on lui donne. Ce sont les pseudo-sciences, avec ses légions de pseudo-théories fumeuses, ce sont les gourous faiseurs de miracles, depuis ceux qui peuvent transmettre l'éveil jusqu'à ceux qui vous porte chance. C'est pratique. 

Et cela n'en reste pas à la psychologie. Cette croissance exponentielle des interprétations fantaisistes, qui nous flattent, nous rassurent et alimentent notre soif de sensations fortes, ne se limite pas à la quête du bonheur. Elle se répand jusque dans les idées sur le monde, la nature et l'énergie. Un exemple parmi mille autres est celui de l'énergie libre. Les arnaques pullulent sur You Tube à ce sujet. Ignorants et crédules, nous avons envie d'être charmés.

Voici une petite vidéo, réalisée par des étudiants, pour nous ramener à un peu de sobriété :



Ne serait-il pas salutaire de pratiquer la même sobriété dans le domaine intérieur ?

Encore une fois, je ne prône pas le scepticisme, ni le renoncement à bâtir un système, mais plus simplement la nécessité de faire régulièrement un bilan de nos opinions. Un peu comme quand on a un jardin : on cherche les mauvaises herbes et on taille, pour qu'au final l'ensemble soit plus viable.

Pour cela, il me semble indispensable de ne pas oublier la distinctions entre fait et interprétation.

jeudi 21 juin 2018

Non-dualité de la vision et du désir



Le non-dualisme réduit souvent les désirs à des objets,
des contenus de la conscience pure, comme des nuages dans le ciel.

Mais comme je l'ai soutenu ailleurs, tout ce qui peut se dire de la conscience pure peut aussi se dire du désir "pur", sans objet encore différencié, ce que la philosophie de la Reconnaissance appelle "le premier instant du désir".

Dès lors, la conscience peut être reconnue comme mouvement, et donc comme émotion. Le désir et autres élans ne sont pas des accidents dans la conscience (des âgantukas dirait-on en sanskrit, des étrangers, des intrus),
mais son coeur battant.

On a la même idée dans le christianisme, c'est-à-dire dans le platonisme, comme on pourra le voir dans ce passage d'un non-dualiste peu connu :

...ce serait une erreur d'exclure de Dieu le désir, l'effort, et même en un sens la souffrance ; car ce serait au fond exclure le monde de Dieu. Dieu n'est pas une idole de perfection impassible devant qui défileraient, chantant ou pleurant, les générations ; (...) il est mêlé à nos combats, à nos douleurs, à tous les combats et à toutes les douleurs. Mais le désir en lui n'est pas pauvreté, il est plénitude ; c'est parce qu'il est l'infini qu'il a un besoin infini de se donner, de se répandre dans les êtres et de se retrouver par leur effort. C'est parce qu'il est la vie absolue qu'il complète les joies de sa sérénité éternelle par le frisson d'une inquiétude infinie ; c'est parce qu'il est la réalité et la perfection suprême qu'il ne veut point exister à l'état de perfection brute et toute donnée, qu'il se remet lui-même en question, se livrant en quelque sorte à l'effort incertain du monde, se faisant pauvre et souffrant avec l'univers pour compléter, par la sainteté de la souffrance volontaire, sa perfection essentielle ; le monde est en un sens le Christ éternel et universel. Il y a donc pénétration du monde et de Dieu, et dans la puissance infinie de l'être qui se déploie, et dans l'intimité morale et religieuse des consciences qui se recueillent ; donc quand nous parlons de l'être, ce n'est pas une notion abstraite et vaine ; c'est l'acte de Dieu, c'est aussi sa puissance ; c'est la plénitude et c'est aussi l'aspiration ; c'est la certitude, et c'est aussi le mystère. C'est l'unité de l'acte et de la puissance dans l'infini qui donne à l'être cette profondeur et cette richesse ; par suite, les manifestations ou les phénomènes du monde qui participent à l'être : l'étendue, le mouvement, prennent aussi d'emblée une étrange profondeur de vérité et de mystère.

Jean Jaurès, La réalité du monde sensible

Abhinava Goupta n'aurait pas dit mieux...

mercredi 20 juin 2018

Le développement personnel : un miroir aux alouettes ?

joli miroir aux alouettes 


C'est bien connu :
dans la vie intérieure, tout ce qui brille n'est pas d'or.
Connu ?
Pas vraiment.
Ou connu, mais pas reconnu, pas vraiment connu.

Les attrapes-gogos prospèrent plus que jamais.
Le marché du bien-être connaît un essor sans précédent.
J'ai moi-même participé à l'élaboration d'un "guide" sur le sujet. Il ne couvrait qu'une infime partie de la chose.

En fait, je crois que nous avons affaire à une nouvelle religion, qui ne dit pas son nom : New Age ? Développement personnel ? Écologisme ? Chatterie (culte du chat) ? Foutage-de-gueulisme ? peu importe...

Car il s'agit bel et bien d'une religion, informelle, non instituée certes, mais avec ses dogmes et ses pratiques. 

Qu'est-ce qui permet de parler de religion ? 
Son dogmatisme, le refus de faire l'effort d'argumenter, le rejet massif du rationnel, l'obsession du ressenti, du flou, du vague, les impressions prises pour de divines intuitions, l'inculture confondue avec la liberté du sage, la régression infantile adorée comme une forme de transcendance, l'aveuglement aux enjeux politiques (en dehors d'un peu d'écologie et d'une juste indignation pour le triste sort des hérissons) et la fascination pour les pseudo-sciences. Il y a, en plus, quelques traits originaux : la lâcheté tolérante, l'immaturité morale, l'individualisme et le culte du Moi, l’obsession pour le corps et le bien-être, ainsi que le fantasme du Bon Sauvage, la haine de l'Occident et l'idolâtrie du féminin ainsi que de l'enfance.

Pourtant, des enquêtes sérieuses nous ont confirmé, encore et encore, la nocivité de la mentalité religieuse (en plus du retour en force des formes les plus létales de l'abrahamisme). La méditation ne rend pas forcément heureux. Le yoga peut exacerber le narcissisme, surtout quand il se mélange aux technologies des réseaux sociaux, vecteurs de la crétinite béate (et donc aiguë) en phase de pandémie mondiale. La quête du bonheur elle-même rend malheureux, affirment moultes recherches scientifiques sérieuses

Quel est le point commun à tous ces travers ?
Ils ne sont pas sans certains avantages, bien évidemment.
Mais quel est leur ressort essentiel ?

- La fascination pour les apparences, prises pour la réalité
- Et le défaut de réflexion, la débilité mentale plus ou moins profonde

La vie intérieure est pleine d'impasses, comme dans un labyrinthe. Il y a des miroirs aux alouettes, des pièges brillants qui attirent et retiennent le regard. Des promesses énormes. Je confesse toujours une certaine naïveté relativement à la puissance de ces méthodes. Je suis optimiste. Je crois en l'humanité. Je crois que les humains réfléchissent. Mais je constate que les grosses ficelles restent les meilleures. Le monde spirituel reste un monde d'apparences, de rhétorique, de dynamiques de tribus, dont les trucs et astuces ne sont guère différents de ceux des vendeurs de tapis. 

Pourtant, parler pour séduire et parler pour dire le vrai, cela a rarement été compatible. Mais nous sommes faibles, crédules, affamés de réconfort et de consolations. Non que toute consolation soit une illusion. Mais quand même, les illusions se parent toujours de promesses de consolation. Et cela n'épargne pas les formes les plus profondes de spiritualité. Les gens veulent du merveilleux, des pouvoirs, de l'occulte, de l'inexpliqué, du "puissant", du "vibrant", du "qui me parle", etc... comme s'ils regardaient Cloclo.

Tout cela, bien sûr, dans le contexte d'un "marché" en plein boum. Tous le monde devient thérapeute médium tantrique channel coco cosmico machin bidule chouette, complétez comme vous voudrez. A moi les sous-sous dans les popoches. Humain sans doute... 
Mais tout ça, ce sont des pièges. 

Le développement personnel, pris au sens large, très large,
est une vaste nef des dingues, un supermarché sans issue de secours, sauf à passer par la case réflexion et à y passer un long temps.

Pour finir ces remarques pas si pessimistes qu'il n'y paraît, voici les mots d'adeptes zen plus ou moins anonymes, qui s'écriaient déjà, dans les déserts de la route de la Soie au Xe siècle :

"N'étudiez pas le dharma des dieux, des esprits, des fantômes et des démons : cela n'apporte que souffrance...
Mon dharma est précieux et secret. Il n'est pas pour l'oreille de l'imbécile ordinaire... Seul, un sur cent comprend... certains pratiquent pour l'argent et faire bouillir la marmite, d'autres pour la réputation... D'autres pour leur maître ou pour eux-mêmes, l'âme pleine d'envie..."
(Tibetan Zen, p. 80)

Mais alors quelle est la voie véritable ?
Elle est unique à chacun, mais elle a toutefois un moteur commun :
la réflexion (prajnâ, en sanskrit bouddhique). 
Apprendre à penser juste et par soi-même, voilà le tronc commun, et voilà pourquoi il n'y a pas de vie intérieure authentique qui ne soit philosophique.




vendredi 15 juin 2018

Le silence et les pensées

Souvent, on vit un moment de silence,
puis on a le sentiment que "le mental"
nous le dérobe.
Comment intégrer les pensées dans une pratique de méditation ?

Une pensée se meurt dans le silence,
comme la résonance d'une cloche.

Présence vide.
Puis une autre pensée surgit du vide,
comme un poisson sort de l'eau
avant d'y replonger.



Voici une pratique simple,
en séance de méditation formelle
ou dans le quotidien.
L'attention de pose sur un mouvement, 
n'importe lequel : un son, une pensée,
un mouvement dans le corps...
et elle se laisser porter jusqu'au silence,
jusque dans l'espace.
Comme surfer une vague
jusqu'au grand large.

Le silence et les pensées : c'est le yoga essentiel de l'espace,
décrit par un tibétain dans ce beau passage, remarquable de clarté,
passage d'ailleurs traduit plusieurs fois déjà,
mais que je cite ici dans la traduction française de Mathieu Ricard :

Lorsque les pensées passées ont cessé
et que les pensées futures n'ont pas encore surgi,
n'y a-t-il pas, dans cet intervalle une perception du présent,
une fraîcheur claire, éveillée, nue, qui n'a jamais changé,
ne serait-ce que d'un cheveu ?
Voilà !
Cela, c'est l'état naturel de la conscience éveillée.
Or cet état ne durera pas : une pensée ne surgit-elle pas soudain ?
C'est le pouvoir de manifestation même de la conscience éveillée.
Mais si vous ne le reconnaissez pas comme tel dès que surgit une pensée,
et si les pensées ordinaires se mettent à proliférer,
c'est ce que l'on appelle "l'enchaînement de l'illusion",
la source même du samsara.
Si, au moment même où les pensées surgissent,
vous vous contentez de les reconnaître 
en les laissant à elles-mêmes,
sans que d'autres viennent s'y greffer,
toutes les pensées se libéreront naturellement
et sans difficulté dans l'espace de la conscience éveillée...
(Chemins spirituels, p. 273)

"les pensées se libéreront" signifie simplement qu'elles disparaîtront.
Vous me direz, une pensées finit toujours pas disparaître.
Oui, mais d'ordinaire, l'attention n’accompagne pas cette disparition.
Elle est déjà tournée vers une autre pensée, en état d'attente.
Du coup, cette pensée qui n'est pas pleinement vécue
va ressurgir sous forme de doute, regret, nostalgie, espoir, crainte, etc.
Alors que dans cette pratique, la pensée apparaît et disparaît,
mais "en conscience" et comme consumée par le feu de la présence éveillée,
de l'attention qui accompagne, ou plutôt qui raccompagne
cette pensée vers le silence. 
Au lieu de conduire à une autre pensée qui "s'enchaîne"
et qui ainsi nous enchaîne, cette pensée retourne au silence,
à jamais. 
Bien sûr, d'autre pensées surgissent, mais elles sont de plus en plus senties
comme des manifestations du silence.
Chaque pensée est une manifestation du silence.
Chaque mouvement est une manifestation de l'espace immobile.

Tel est ce yoga des manifestations de l'espace,
qu'ailleurs je nomme "méditation de Shiva".

jeudi 14 juin 2018

"Encore et encore je célèbre la Déesse..."


Encore et encore 
je célèbre la Déesse
- miracle et délectation de notre vraie nature -,
qui est désir,
qui est cette grande Puissance
en forme de "je", parfaite souveraine.

Râmeshvar Jhâ, La Liberté de la conscience,  423, Arfuyen

Le yogi ou la yogini ne pratiquent pas seulement à certains moments, mais bien à chaque instant.
Chaque instant est surgissement d'une perception ou d'une conception. Et ce surgissement, loin de me distraire de l'espace de la présence, m'y ramène.
Pourquoi ? Parce que tout en provient.
Les vagues viennent de l'océan et retournent à l'océan.
L'apparition de la perception libère de la torpeur, de la lourdeur, comme une lampe qui s'allume, une vague de clarté. La disparition de la perception délivre de l'attachement, des limites et renvoie l'attention au sans-forme. 
"Encore et encore" : chaque moment est une "célébration". La pratique est célébration, car car moment manifeste l'infini. Quand la chose apparaît, la présence est libérée d'elle-même, elle se révèle comme souveraine, capable de s'incarner sans cesser d'être ce qu'elle est. Quand la chose disparaît, la présence s'affranchit des limites. 
Ainsi, chaque moment est naissance et mort, un moment de pratique complet, un yoga parfait.
La Déesse est la conscience, la vibration qui accompagne toutes nos expériences, perceptions ou conceptions, "nom et formes".
Mais nous la négligeons, prisonniers du cliché de la banalité.
Pourtant, quand la présence s'éveille à elle-même, c'est 
"miracle et délectation", camat-kâra en sanskrit, littéralement "faire camat". "tchamatte" est une onomatopée, l'équivalent de nos "slurp" ou "miam". L'expérience, toute expérience, est délectation, miracle d'être, étonnement d'être, vertige d'être, mystère qui se découvre, réalisation de l'inconnu, inépuisable. 
"Notre vraie nature", cet immensité dans laquelle tout apparaît et disparaît, se révèle à elle-même en révélant les choses.
Elle est "désir", élan créateur, mouvement de soi en soi, de soi vers soi, frémissement, ébullition, tournoiement, jaillissement fixe, qui s'éprouve à nu à l'orée de toute émotion.
Elle est la "grande Puissance" (shakti), car ce pouvoir de prendre "conscience de" est le plus grand des pouvoirs. Sans lui, rien n'est possible.
Comment se présente cette Déesse ?
Elle est le vrai sens du pronom personnel "je".
Ce bleu est "je". Cette sensation de plaisir est "je".
Chaque perception est perception de soi, réalisation de soi.
Chaque conception est conception de soi, réalisation de soi.
Mais partielle.
Grâce à cette pratique de la célébration, je me réalise pleinement "je suis", "je suis je", "je suis tout". 
"Je suis" est silence et plaisir, intuition d'être un avec tout et tous.
Tel est le yoga de l'adoration, le yoga royal,
le yoga ordinaire de la vie quotidienne,
l'alchimie intime de la vie intérieure.
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