vendredi 22 mai 2015

Pur désir de voir, élan de vision



au tout premier instant
quand le désir 
de voir
de reconnaître 
une personne au loin
est encore indistinct
il est pur désir
où l'on ne fait qu'un avec l'objet désiré
pur désir non-duel
non séparé en un sujet et un objet
c'est la volonté pure
source créatrice universelle
où l'on reconnait que tout est en soi
dans cet élan
tout est un
pas dans le détail
mais vivant
savouré ressenti vraiment
tout est dans cet élan
tout est dans la conscience
pur émerveillement
premier instant du désir de voir
la conscience est désir de créer
elle se reconnait ainsi dans ce premier instant
avant toute bifurcation
avant les mots
avant de voir ceci cela
après aussi
mais c'est moins évident
tout est en soi devient ainsi
une expérience vivante
dilatation
expansion
immensité
fraîcheur absolue
(le meilleur des après-rasage ?)


Sinon, si l'on reconnaît seulement que tout est conscience car tout est dans la conscience, on ne goûte pas la même plénitude : tout est dans la conscience, mais ce que l'on vit est limité du côté de l'objet. Dans l'expérience du premier instant du désir, en revanche, on savoure véritablement que tout est en soi, l'être sans limite. 

Râmakantha, un disciple d'Utpaladeva, le dit :

"Telle est la volonté de Shiva, inséparable de lui. 
La réaliser, c'est réaliser l'union (yoga), c'est reconnaître notre liberté. 
On l'appelle désir car elle est semblable au désir de l'homme ordinaire. 
Ainsi le désir est le moyen de réaliser (la liberté de la conscience) :

Quand on infuse toute chose (à la fois)
Par le désir de voir (quelque chose en particulier),
Alors...
Mais à quoi bon tant de mots ?
On ne peut le savourer que par soi-même !

Quand quelqu'un désire quelque chose, l'objet désiré ne fait qu'un avec sa propre essence."

Explication des stances sur le frémissement (Spandakarikavivriti), 1, par Râmakantha

mercredi 20 mai 2015

Jeu de cache-cache




Quoi de plus évident que la conscience ?
Si vous ne comprenez pas :
elle est la lumière qui éclaire cette incompréhension,
soi-même.
Elle infuse tout, jusqu'au néant.

Abhinava dit :

Pas de serpent dans la corde !
Pourquoi cette peur du serpent ?
De même
l'illusion engendrée par les fictions dualistes,
les dilemmes,
les pensées qui posent en opposant
tout cela est aveuglement
absence de vision claire
rien de réel !

L'espace conscience 
se déploie soi-même
dans un infini de choses
comme les sensations :
un spectacle de magie !
Puis il résorbe tout en soi-même
comme un jeu.

Dieu joue il semble
à se tromper
par sa propre magie :
dualité.
Par là il se découvre
le Soi
le plus secret
l'Esprit

La Quintessence de l'absolu, (Paramârthasâra) 28, 30, 32

mardi 19 mai 2015

Le ventre du poisson... et de l'ânesse

La conscience est le cœur de tout,
et son cœur est frémissement,
palpitation,
ravissement de soi en soi,
une sortie qui est une absorption,
un mouvement immobile.
Traditionnellement,
le palpitement du ventre du poisson
en est le symbole.
Mais il y a d'autres illustrations,
plus exotiques :


Une ânesse éprouve, (dit-on), du plaisir quand ses parties intimes palpitent. 
De même, quand (un yogi et une yogini) s'unissent, ils ressentent un ravissement dans leur cœur à l'occasion de cette union. 
Ils ressentent cette dilatation au cœur du canal central sushumnâ, débordant d'une suprême félicité. 
Et au cœur de ce flux (intérieur) bat un cœur palpitant, qui se contracte et se dilate simultanément, 
essence de la création. 
Méditez cela ! 

Abhinavagupta, Méditation sur le Trident de la Déesse

samedi 16 mai 2015

Comme un bâton d'encens


Comme un bâton d'encens
le corps droit dans l'espace
sans haut ni bas
ni évanouissement vers l'intérieur
ni dispersion vers l'extérieur
tout coule comme l'eau dans l'eau
énergies mouvements de l'attention
comme volutes de fumée
la conscience brûle tout
espace rendu à l'espace
pensées comme des coups de silence
dans le bruit
le bâton d'encens est la colonne
la braise est le cœur


Abhinava dit :

Soi-même, pure présence,
comme espace partout infus
sans nulle séparation
sans dilemme
n'exclut rien
ne s'oppose à rien
transparent
éveillé
sans âge
limpide immaculé
c'est conscient
pleinement donnée
sans moyen

La Quintessence de l'absolu, 25

En images :




Version sonore :



jeudi 14 mai 2015

Et la tendresse bordel ?



Rares sont les voies spirituelles qui font de la relation de couple une voie spirituelle à part entière.
Le plus souvent, les mystiques emploient des images sentimentales, mais jamais, ou presque, la réalité de cette relation. Ou bien cela reste platonique, idéalisé. Ce qui n'est pas toujours un mal. Ou bien il y a relation charnelle (comme dans le tantra), mais sans sentiments.Toujours est-il que les sentiments humains, ordinaires, ne sont pas présentés comme une voie possible.

Sauf dans le tantra non-duel. Une citation tantrique anonyme dit :

"C'est à travers la tendresse que l'on pointera 
l'énergie divine"

Snehât kaulikam âdishet, en sanskrit. Sneha désigne l'affection, le sentiment affectueux, mais aussi la tendresse. L'amour-sentiment.

Le seul équivalent occidental de cette voie, à ma connaissance, est le mouvement médiéval, peu connu et encore décrié par "Eglise la grande", des Frères et Sœurs du Libre-Esprit.

Petite musique New Age :


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