lundi 18 octobre 2021

La Lampe du bonheur

Matsyendra, révélateur du Tantra Kaula dans le monde des hommes, dans l'attitude (mudrâ) de la méditation de Shiva, Hampi, Inde

 

Quand on pratique la méditation de Shiva (shiva-mudrâ), les yeux et les sens grands ouverts, on ressent comme une lumière qui brille en soi et qui sort par tous les pores de la peau, par les yeux et la bouche.

Cette pratique est ainsi évoquée dans le Jeu de la conscience (Saṃvidullāsa), un hymne de Maheshvarânanda, maître du Sud de l'Inde :

avināśini maṅgalapradīpe manasi prajvalite mahāprakāśe |
bahirindriyagolakairgavākṣairaviśeṣādavabhāsyate trilokī ||

Brille la Lampe du bonheur, l'esprit,
lumière intégrale que rien ne peut éteindre !
Alors, les trois mondes sont manifestés sans séparation,
[alors même que tout se manifeste] à travers les fenêtres des sens,
dans les champs sensoriels externes !

______________________________

Quand le mental (manas) reste silencieux à l'intérieur, les cinq sens grands ouverts vers l'extérieur, un miracle (camatkâra) se produit : le monde apparaît dans ses moindres détails, mais sans plus de séparation, sans l'idée que le monde est "à l'extérieur" et séparé de moi, Lumière intégrale qui l'éclaire et le manifeste. 

On se ressent alors comme une lumière, comme une lampe qui brille, comme un projecteur qui projette le monde en soi, comme un soleil dans un ciel radieux. C'est la Lampe du bonheur, la grande lumière (mahâ-prakâsha) qui brille en brûlant la peur et ses blessures. C'est l'expérience directe de la présence qui guérit, qui répare, qui console, qui guide et qui nourrit. C'est elle, le Guide primordial (âdi-nâtha), le refuge originel (âdi-nâtha), la pratique essentielle (âdi-yâga).

Comme le dit un maître tibétain, dans une tradition très proche du Tantra : "le monde, cette assiette ici, cette souris là, n'ont pas besoin de disparaître". C'est juste la conscience qui s'éveille à elle-même.

P.S. : mise à jour. En lisant l'explication que donne l'Auteur de ce verset lui-même, je réalise que je me suis trompé dans ma traduction. J'ai en effet traduit manasi par "dans l'esprit", influencé en cela par Lilian Silburn qui traduit par "dans le cœur". Or, ce faisant, on commet un grave contresens. On donne en effet l'impression qu'il s'agit de rejeter le mental (manas) à la faveur du "coeur" (?) ou de faire taire le mental. Mais l'Auteur explique au contraire qu'il n'est pas nécessaire de renoncer au mental ! Il dit : tataśca manovimarśasyāvarjanīyatvam "Et donc, il n'est pas nécessaire de renoncer au mental, à la pensée". L'Auteur justifie cette affirmation en disant que la "roue des organes externes" dépend de l'organe interne - le mental et que, donc, il faut "nécessairement admettre" que la "Lampe du bonheur" est le mental.
Le mot vimarśa signifie "pensée". Silburn traduit par "prise de conscience", occultant ainsi le fait que le Tantra affirme que l'absolu est Lumière (prakâsha) ET pensée (vimarsha). Toute la doctrine du Tantra à l'égard de la pensée, développée en particulier par Utpaladeva, devient incompréhensible si l'on traduit systématiquement vimarsha par "prise de conscience". De manière générale, les traductions de Silburn occultent toujours cette dimension et rendent l'enseignement du Tantra incompréhensible. Même si son œuvre fut pionnière, on ne peut donc la recommander. J'ai donc modifié ma traduction en conséquence. Manasi est apposé au reste de la première ligne du verset, l'ensemble de la clause constituant ce que l'on appelle, dans le jargon, un "locatif absolu" : "quand... alors...".

samedi 16 octobre 2021

Pas de déesse sans dieu ?

 


citirdrṣṭimayī nityā sadasadrūpakāraṇam |

dhyānā'nurodhavapuṣā dayayā dṛśyatāṃ gatā || 54 ||

"Conscience, tu es vision éternelle,

cause de la présence et de l'absence [des choses],

[mais] tu deviens visible par ta bonté,

incarnée sous la forme que l'on visualise."

yoṣidrūpadharā devī vinā puruṣasaṃśrayam |

nā'tyartha śobhate lokavigānāditi manmahe || 55 ||

"Je crois que dire que la Déesse est

femme sans aucun homme,

n'est guère brillant,

car cela contredit le monde."

na kvacillokavitatau nārī narasamāśrayam |

ṛte sambhavate vallī taruhīnā yathā bhuvi || 56 |

"Dans le monde entier,

une femme sans un homme

est impossible, 

tout comme une liane sans arbre.

Le Secret de la Déesse Tripourâ (Tripurârahasya), Célébration de sa grandeur, chapitre 55

_______________________


Et vous, qu'en pensez-vous ? Le féminin peut-il exister, ou vivre, ou avoir un sens, sans le masculin ?

mercredi 13 octobre 2021

Le secret de la parole


Révélation du Chemin du silence éloquent vers la parole audible :

tat kramaṃ te pravakṣyāmi sarvatraiva sugopitam |

tripurākhyā hi yā śaktiḥ svacchasaṃvedanāmayī || 10 ||

"Je vais te dire ce Chemin

à jamais caché !

Oui, cette Énergie nommée Tripourâ

est conscience très transparente."

na tatra vāgindriyāṇi mano vā'pyasti sarvathā |

sarvāstisārabhūtā'tmarūpī parameśvarī || 11 ||

"Là, il n'y a pas d'organe de la voix,

aucun mental, non plus.

Elle est l'essence de tout et de tous,

car elle est le Soi,

cette suprême Souveraine !"

na dharmo dharmavān vā'pi sarvadharmavivarjanāt |

sarvā'śrayacitiḥ svacchā kevalā vāgagocarā || 12 ||

"Elle n'est ni sujet, ni objet,

car il n'y a pas d'objet en elle.

Conscience fondement de tout,

elle est transparente, absolue,

au-delà de la parole."

tasya caitanyamātmeti na tato vidyate'dhikam |

tadeva sarvasvātantryamato māyākhyamīritam || 13 ||

"Il n'y a rien d'autre qu'elle :

'Le Soi est la conscience libre' [citation de Shiva-sûtra I, 1 !!!].

Cela seul est liberté universelle,

liberté aussi nommée 'Magie'".

atarkyā'paryanuyojyamāhātmyamakhilā'śrayam |

svayaṃ svātmānamamalaṃ vikalpayati bhūriśaḥ || 14 ||

"Elle n'est pas un objet logique,

elle est une majesté singulière,

fondement de tout.

Notre Soi intime, immédiat,

pur, qui imagine le Multiple."

līlayaiva sarvajagajjālameṣa samīrataḥ |

vikalpa eva śabdātmā sthūlamadhyavibhedataḥ || 15 ||

"Seulement par jeu !

elle anime ce tour de magie

qu'est le monde entier !

L'imagination elle-même, le bavardage,

est fait de mots.

Il est grossier ou subtil..."

sūkṣmakāraṇabhedābhyāṃ caturvidhamiti sthitam |

tatra sthūlantu yadrūpaṃ vaikharīti prakīrtitam || 16 ||

"A partir de son état subtil,
elle passe par quatre étapes.
Sa forme grossière est la parole articulée.

Le Secret de la déesse Tripourâ, Célébration de sa majesté, chapitre 58

________________________

Notez l'emploi flottant du masculin, du féminin et du neutre.

Et le secret : même dans la parole grossière, articulée, le silence pur de la pur conscience est parfaitement présent, sans le moindre déclin.

lundi 11 octobre 2021

Weekend méditation à Paris les 30 et 31 octobre 2021

La méditation du Tantra

Un weekend pour s'initier la pratique de la méditation dans la tradition du Tantra

Lieu : Nogent-sur-Marne, près du bois de Vincennes

Accès : Lignes A ou E, 15mn des Halles, A86 et A4

Horaires Samedi 10h-12h et 13h30-16h30, dimanche même horaire, avec la séance vidéo sur Zoom inclue à 11h.

Participation : 80 euros pour les deux jours, en espèces sur place

Programme

- la méditation de Shiva, méditation de l'espace et du silence intérieur

- la méditation du Spanda, méditation de la vibration du cœur

Ces deux approches correspondent aux deux aspects du "je suis" essentiel, le masculin et le féminin. Cette pratique est accessible à toutes et à tous. Pas besoin de capacité physiques spéciales, juste le désir d'explorer une nouvelle approche de la vie.

Inscription : écrire un mail à deven_fr@yahoo.fr pour recevoir l'adresse

A bientôt dans le partage de ce trésor du Tantra,

David

samedi 9 octobre 2021

Inscription à la Formation Tantra

 Formation Tantra, traditions en liberté

OM TAT SAT: Para, Apara and Parapara
Les trois déesses, trois aspects de la conscience, de la vie.

L’automne est une saison de bon augure pour partager la connaissance amoureuse du Tantra. En en effet, en Inde le ciel d’automne est connu pour sa transparence et ses nuances rousses et ocres. La transparence exprime au dehors la pureté de la conscience intérieure. Les nuances de rouge manifestent la passion qui anime la Présence, passion qui se fait compassion et partage.

Il est temps de partager le trésor du Tantra ! Cette tradition est populaire, mais elle reste méconnue. Je marche sur ses chemins depuis plusieurs décennies et j’ai la chance d’accéder aux source du Tantra, orales et écrites. Je vous propose un parcours initiatique et de formation, basé sur les enseignement originels, mais dans un esprit de liberté. Le but est de nous relier au Tantra pour nous relier à l’essence, au cœur intime et universel. Pas d’érudition, pas d’ego, pas de compétences, seulement la douce méditation du flot du nectar du Tantra et la contemplation savoureuse de sa vérité en nous. Pointer vers ce qui, dans le Tantra, est universel, de tous les temps, de toutes les existences. Une approche libre, mais ancrée, lucide. Amoureuse mais pas aveugle. Intégrale, sans exclure aucun aspect de notre existence.

Concrètement ?

Des vidéos en direct et en replay sur Zoom, tous les dimanches à 11 heures. 40 minutes, puis une session de questions et réponses.

Un satsang chaque mois, en général le samedi matin à 11 heures. Un satsang est une réunion où l’on dialogue et où l’on communie en silence, une autre manière d’être ensemble. Prochain satsang le samedi 30 octobre 2021 à 11h, puis le samedi 27 novembre 2021. Incription gratuite : envoyez un mail et nous vous enverrons l’invitation sur Zoom.

Au programme :

-Les deux dimensions de la vie intérieure, le masculin et le féminin, Shiva et Shakti.

-Les Quatre Yogas de la connaissance, du souffle, de l’espace et du désir, le cœur du Mandala.

-Une carte claire et précise de l’Arbre du Tantra

-Une chronologie et des repères pour s’orienter-Le Yoga de la Vibration

-Le yoga de la beauté, du chant et de l’amour joyeux

-Les Shakti Soûtras

-Les Shiva Soûtras-Le Cœur de la reconnaissance du sacré en soi et en tout

-L’initiation-Les approches et les voies-Le Secret de la Déesse et ses contes initiatiques

-La voie des Mantras

-La Lumière des tantras, le Tantrâloka, le principal manuel de Tantra traditionnel, avec ses versions résumées : L’Essence des tantras, Le Résumé des tantras et La Graine des tantras

-Les 360 instructions qui pointent directement vers le Cœur

-La philosophie de la Reconnaissance, Pratyabhijnâ

-Le Yoga de la Vibration, Spanda

-La tradition de la musique et de la danse du Tantra

-Les Cycles de la vie intérieure

-La tradition Kaula, intégrer la Famille divine

-La discipline quotidienne, effort et grâce

-La Voie de l’union primordiale

-La tradition de Kâlî et la Voie du Temps

-La tradition de Parâ et la Voie de l’Espace

-La Voie des Sanctuaires (pîtha) et du voyage

et bien d’autres trésors…

En parallèle, je propose à celles et ceux qui le souhaitent, d’autres formations :

-La redécouverte du shamanisme : la voie du cerf et du ciel

-La redécouverte des traditions méditerranéennes à la lumière du Tantra

-Plonger au cœur des traditions païennes et chrétiennes -La pratique du massage de soin yogique-La danse de la Mâtrikâ, la Matrice de tous les langages

-L’alphabet des poses et des regards divins

-La grammaire sacrée du sanskrit

-La calligraphie dans les écritures sanskrites (Devanâgarî, Siddham, Ranjanâ…)

-L’art de la récitation du sanskrit

-L’étude d’extraits de textes-clés (Bhagavad-gîtâ, Yoga-sûtra, Upanishads…)

-La marche du souffle et la course de libération (prâna-bhâvanâ)

– Voyages et séjours de découverte spirituelle dans les lieux les plus sacrés et les moins connus de l’Inde, ainsi qu’à Bali et en Thaïlande

et bien d’autres disciplines à découvrir ou a redécouvrir…

Les tarifs et la participation :

Pour chaque vidéo Zoom en directe sans abonnement : 20 e

Abonnement mensuel, inclus l’accès aux vidéos en direct et en replay : 50 e

Cours particulier ou séance de conseil ou de pratique sur un thème : 30 e

Les paiements se font par Paypal, avec mon numéro de téléphone ou mon adresse email. Vous recevez ensuite l’invitation pour la vidéo Zoom en direct les dimanches à 11h, ainsi que le mot de passe mensuel pour l’accès aux vidéos en replay sur ce site.

Premier cours le dimanche 10 octobre 2021 à 11h.

Pour s’inscrire : 1) Envoyer un mail à deven_fr@yahoo.fr ; 2) Effectuer le paiement sur Paypal à cette même adresse mail. En retour vous recevrez l’invitation pour la vidéo Zoom en direct, puis le mot de passe mensuel pour accéder aux vidéo sur ce site.

Il y a aussi des vidéos en accès libre sur la chaîne You Tube à cette adresse :

https://www.youtube.com/channel/UC3iwO_xwYinenpR4fPosmhA

Par ailleurs, un weekend de méditation aura lieu à Paris près de Vincennes le 30 et le 31 octobre 2021. La participation est de 80e. Horaires : Samedi 10h-12h et 13h30-16h30, dimanche même horaire, avec la séance vidéo inclue. Au programme de ce weekend : la découverte des Quatre Yogas du shivaïsme du Cachemire et de la tradition Kaula. Conscience, souffle, espace et désir.

Posez vos questions :

mail : deven_fr@yahoo.fr

tel: 0603330558

A bientôt ! David Deven Dubois

mercredi 6 octobre 2021

Noblesse du désir


Le mouvement n'est pas un problème. Le mouvement est désir de paix, amour du centre, de l'origine et de la fin de toute chose. Le mouvement n'est pas vain. Il a sa raison d'être, la plus haute qui soit : réunir chaque être à sa source.

"Que Dieu soit immuable, cela fait que toutes choses sont en mouvement. Il y a quelque chose de si désirable, qui fait se mouvoir toutes choses pour qu'elles retournent à ce dont elles sont venue, et cela demeure pourtant immuable en soi-même, et plus une chose est noble, plus elle se meut avec désir."

Maître Eckhart

L'émotion n'est pas indigne. Elle est, comme son nom l'indique, mouvement. 

Mais mouvement vers quoi ?

Vers le Bien, vers ce qui est désirable. Non pas ce qui est désirable en vue d'autre chose, comme je désire la santé pour vivre, et non pour la santé elle-même. Mais ce qui est désirable absolument, sans autre but. 

Cela demeure immuable et immobile, mais cela met tout en mouvement. Tout ce qui bouge est à la recherche de cela. La pierre même, à sa manière, qui son poids. Et la plante, et l'animal, et l'ange. Et en moi, l'amour. "L'amour est mon poids". Ce désir au fond de tout désir, cet amour aveugle mais insatiable, qui m'entraîne vers je-ne-sais-quoi, qui est plus évident que le jour.

Le désir est ma boussole, mon guide. Le désir pur, le désir gratuit, aveugle, le désir si fort que je ne peux exprimer ce que je désire. Le désir sans second, unique pour l'unique, du plus profond vers le Sans-fond.

Le désir est noble, même quand son objet apparent ne l'est pas. Le désir de vivre, d'être, d'avoir même. Le désir de paraître, et jusqu'au désir du mal. Il n'y a, au fond, que cet élan. 

La vie intérieure, c'est remonter à la source du désir, au désir nu, où la Source se donne à nu. C'est peut-être cela, "méditer". C'est peut-être cela, "plonger".

Remonter ici, à la source de tout mouvement. A l'aube de l'émoi, quand le Moi n'est pas encore ego face aux autres. A la racine, à la souche vivante, grosse de ce qu'il y a de meilleur.

Il y a une noblesse dans le désir.

Et plus le désir est intense, plus il passe pour un repos. A l'image d'une toupie, le mouvement infini vers l'Infini semble immobile. Or, cette inaction apparente est in-action divine, action à l'intérieur, dans l'invisible intime.

Puissions-nous reconnaître la noblesse du désir.

dimanche 3 octobre 2021

Formation Tantra Traditionnel



Bonjour les amies et les amis !

L'automne est une saison de bon augure pour partager la connaissance amoureuse du Tantra. En en effet, en Inde le ciel d'automne est connu pour sa transparence et ses nuances rousses et ocres. La transparence exprime au dehors la pureté de la conscience intérieure. Les nuances de rouge manifestent la passion qui anime la Présence, passion qui se fait compassion et partage.

Il est temps de partager le trésor du Tantra. Cette tradition est populaire, mais elle reste méconnue. 

Je marche sur ses chemins depuis plusieurs décennies et j'ai la chance d'accéder aux source du Tantra. 


Je vous propose donc un parcours initiatique et de formation, basé sur les enseignement originels, mais dans un esprit de liberté. 

Le but est de nous relier au Tantra pour nous relier à l'essence, au cœur intime et universel. Pas d'érudition, pas d'ego, pas de compétences, seulement la douce méditation du flot du nectar du Tantra et la contemplation savoureuse de sa vérité en nous. Pointer vers ce qui, dans le Tantra, est universel, de tous les temps, de toutes les existences. Une approche libre, mais ancrée, lucide. Amoureuse mais pas aveugle. Intégrale, sans exclure aucun aspect de notre existence.


Concrètement ?

Des vidéos en direct sur Zoom, tous les dimanches.

Un satsang chaque mois. Un satsang est une réunion où l'on dialogue et où l'on communie en silence.

Des vidéos hors-ligne, des modules.


Au programme :

-Les deux dimensions de la vie intérieure, le masculin et le féminin, Shiva et Shakti.

-Les Quatre Yogas de la connaissance, du souffle, de l'espace et du désir, le cœur du Mandala.

-Une carte claire et précise de l'Arbre du Tantra

-Une chronologie et des repères pour s'orienter

-Le Yoga de la Vibration

-Le yoga de la beauté, du chant et de l'amour joyeux

-Les Shakti Soûtras

-Les Shiva Soûtras

-Le Cœur de la reconnaissance du sacré en soi et en tout

-L'initiation

-Les approches et les voies

-Le Secret de la Déesse et ses contes initiatiques

-La voie des Mantras

-La Lumière des tantras

-L'Essence des tantras

-Le Résumé des tantras

-La Graine des tantras

-Les 360 instructions qui pointent directement vers le Cœur

-Les Cycles de la vie intérieure

-La tradition Kaula, intégrer la Famille divine

-La discipline quotidienne, effort et grâce

-La Voie de l'union primordiale

-La tradition de Kâlî et la Voie du Temps

-La tradition de Parâ et la Voie de l'Espace

et bien d'autres trésors...


En parallèle, je propose à celles et ceux qui le souhaitent :

-La redécouverte du shamanisme : la voie du cerf et du ciel

-La redécouverte des traditions méditerranéennes à la lumière du Tantra

-Plonger au cœur des traditions païennes et chrétiennes 

-La pratique du massage de soin yogique

-La danse de la Mâtrikâ, la Matrice de tous les langages

-L'alphabet des poses et des regards divins

-La grammaire sacrée du sanskrit

-La calligraphie

-L'art de la récitation du sanskrit

-L'étude d'extraits de textes-clés

-La marche du souffle et la course de libération

et bien d'autres disciplines à découvrir ou a redécouvrir...


Les tarifs :

Pour chaque vidéo Zoom en directe : 20 e

Abonnement mensuel : 50 e

Les satsangs sont gratuits.

Cours particulier ou séance de conseil ou de pratique sur un thème spécifique : 30 e

Les paiements se font par Paypal, avec mon numéro de téléphone ou mon adresse email. Vous recevez ensuite l'invitation pour la vidéo Zoom en direct les dimanches à 11h. 

Premier cours le dimanche 10 octobre 2021 à 11h.


Par ailleurs, un weekend de méditation aura lieu à Paris près de Vincennes le 30 et le 31 octobre 2021. La participation est de 80. Samedi 10h-12h et 13h30-16h30,

Dimanche de même, avec la séance vidéo inclue. 

Au programme de ce weekend : la découverte des Quatre Yogas du shivaïsme du Cachemire et de la tradition Kaula. Conscience, souffle, espace et désir.


Inscriptions aux cours vidéo, paiement sur Paypal et inscription au weekend de méditation :

david-dubois.com

deven_fr@yahoo.fr

0603330558


A bientôt !

David Deven Dubois

lundi 27 septembre 2021

Comment garder l'attention vers le centre ?


 Le trésor se trouve ici. Au centre de mon être. Je n'ai qu'à pointer mon attention vers le centre, le cœur des choses, ici, ce cœur plus proche de moi que tout le reste.

Mais comment faire ? Comment garder l'attention centrée, alors que l'attention est sans cesse distraite, fragmentée, tiraillée de-ci de-là ?

En disant "je". 

Le centre a bien des noms. Tous les noms vont à cet espace, ce vide, cette lumière. On peut certes le comparer à tout. Une pierre, un éclair, une vague, une épée, un aigle... Mais le meilleur de ces noms est "je". C'est le nom qui pointe directement vers le centre. Or, nous sommes naturellement "égoïstes". Nous sommes naturellement égocentrés. Le mot, le mantra "je" est donc un nom précieux. Il pointe naturellement vers la Source.

Nous n'aimons par l'argent pour l'argent. Nous n'aimons pas le pouvoir pour le pouvoir. Nous aimons tout cela parce que nous nous aimons. Il y a cet amour de soi derrière tout amour. Mais cet égoïsme est le signe que notre essence, notre Moi, notre Soi, désigné par le mot "je". 

C'est donc vers "je" que j'oriente mon attention. L'ego est ce Soi, mais confus, mélangé, confondu, dispersé. Quand je plonge de toute mon attention vers moi, alors ce Moi se clarifie et ce n'est plus un ego que je trouve, mais le Soi. Un moi, oui, mais vaste, immense, spacieux. Et surtout, une joie sans forme, qui ne dépend de rien. Un Moi qui n'est plus rien, ouvert pour tout, un Moi-mystère de joie. 

Quand je me tourne vers "je", je découvre la paix et l'amour. "Je" est le premier nom du mystère. Il n'est pas le seul. Mais il est le premier. 

"Je suis je" : que se passe-t-il alors ? Quelle est mon expérience ? Quelle est votre expérience ?

Je récite, en quelque sorte mentalement "je.. je..." comme une pulsation. Puis très vite, il n'y a plus de mots. Seule une résonance d'amour et de félicité. L'ego est éclaté. Demeure un silence vibrant, un silence habité, dans lequel le corps frémit de joie.

Quel secret incroyable ! La source est ici. En amont. Pour détruire l'ego, source de tous les malheurs, il suffit de plonger en soi ! Dire mentalement "je", c'est rejoindre l'essence, se rejoindre, reconnaître ce qui a toujours été présent. C'est se réveiller.

Je dis" je". Pleinement. Doucement. Et irrésistiblement, une énergie s'éveille, qui dissout l'ego et ses mille soucis. Mais, comme c'est moi, c'est aussi moi, encore plus moi, et que je suis naturellement égocentré, eh bien l'attention est naturellement orientée vers moi, vers le Soi... Ainsi, l'attention devient continue. Pourquoi ? Parce que je suis naturellement aimanté vers moi, vers ce Moi est est en réalité pur amour, pur silence, pure joie.

S'éveiller à soi, c'est s'oublier. S'oublier, c'est se retrouver nu dans la lumière qui unit tout. Une mort et une renaissance. Perdre un rien pour un tout.

Plonger dans la sensation d'être, "je suis je", c'est faire éclater ses limites. 

Ramana dit "même si vous ne faites rien de plus que réciter sans cesse 'je...je'...' en plongeant votre attention en cela, cette pratique vous mènera à la source de l'ego illusoire..."

Oui, cela suffit. Que cela soit notre mantra, notre prière, notre méditation, notre pratique, notre vie.

jeudi 23 septembre 2021

La merveille, merveille des merveilles

David Taylor


 Il n'existe rien en dehors de la conscience. Rien de séparé de la conscience.

Mais peut-être la conscience est-elle divisée par ce qu'elle contient ? Peut-être la conscience est-elle déchirée, divisée, séparée d'elle-même ? Toute conscience, en étant "conscience de", n'implique-t-elle pas une différence indépassable ?

Abhinavagupta répond, en substance, dans sa Grande Méditation :

L'idée d'une division dans la conscience ne peut pas non plus être prouvée. En effet, dans la conscience, qui n'est que lumière/manifestation, les 'différences' engendrées par des entités autres que la conscience, c'est-à-dire des choses qui seraient plus que la seule et unique conscience, sont nécessairement autres que manifestes, puisqu'elles ne sont pas la Lumière/manifestation qu'est la conscience. Il s'ensuite fatalement que ces différences intérieures à la conscience ne sont pas conscience. Dans ce cas, comment pouvez-vous affirmer qu'elles existent ? Elles ne se manifestent pas ; ou alors, elles ne sont que des concepts dans la conscience. 

Et si ces objets, ces différences, sont bel et bien conscience, alors elles peuvent certes apparaître, et nous pouvons en parler. Mais, dans ce cas, elles ne peuvent être autre chose que conscience, l'acte même de leur manifestation. Les rayon du soleil ne sont que lumière, sans quoi ils ne seraient rayons ni soleil.

La seule explication aux différences est donc que c'est la conscience elle-même qui se manifeste comme divisée, mais sans se diviser en elle-même, sans quoi cette division elle-même ne pourrait se manifester, ni être, ni exister, ni apparaître, ni même être illusion, concept, imagination ou n'importe quoi d'autre.

La conscience n'est donc pas divisée par les objets qu'elle manifeste en son sein.

Plus encore : la conscience reste une juste dans sa manifestation de la dualité. Elle n'est pas séparée des différences, bien qu'elle englobe et dépasse ces différences. 

    ________________________________________________________

Elle se révèle jusque dans son absence et s'absente au moment même de sa pleine présence.

Voilà pourquoi la conscience est dite "libre" et source d'émerveillement, de joie et d'ivresse pour elle-même, et pour chacun des individus en qui elle multiplie son unité primordiale.

C'est en ce fond frémissant qu'il s'agit pour moi (le Moi qui dit "moi" en vous, en nous) de replonger. Encore et encore, et encore. Et encore. A jamais.

C'est comme le passage de l'écoute d'une mélodie à l'écoute de son arrière-plan. Revenir au murmure, au silence, à l'au-delà, si loin qu'il n'est plus ailleurs mais au cœur de tout bruit comme de toute parole.

La conscience est généreuse, la merveille des merveilles, l'extase à portée de chaque instant.

Les choses ne s'ajoutent pas à la conscience. Elles ne sont pas DANS la conscience. Elles SONT conscience, lumière, présence, acte d'être, extase de s'éprouver sans jamais pouvoir se prouver en rien de limité ni de définitif. 

Les choses ne cachent donc pas la lumière qu'elles sont. Et pourtant : si, comme un joyau enveloppé dans son propre éclat. Elle se révèle en se cachant, se cache dans son apparaître même. 

Nourri de ce pain de vie, il n'y a plus qu'à s'abandonner en éternelle gratitude.

L'artiste, c'est elle : la conscience, la déesse, le danseur, le maître des saveurs et des émotions, l'origine, la moelle et la fin de toutes choses. L'un qui se multiplie en unité, qui s'unifie en des multiplicités toujours plus multiples et, pourtant, à jamais plus fortes en unité. 

Elle est le plus haut et le plus bas. Nul ne peut s'élever si haut qu'il ne la découvre encore plus haute. Nul ne peut s'abaisser si bas qu'il ne la trouve encore plus humble.

Elle est avant l'avant, après l'après, au centre du centre, plus une que toute unité, plus différente encore que toute différence, plus éloignée que le plus lointain, plus intime que le plus proche.

Inépuisable, elle épuise toutes les langues en les fécondant des gouttes de son océan bouillant. Insatiable, elle n'en finit jamais de créer et d'engloutir, de donner et de reprendre, de s'oublier et de se réveiller. Son existence est un jeûne perpétuelle, une grossesse de chaque instant et une imprenable virginité.

La merveille des merveilles.

jeudi 16 septembre 2021

Le Clair de lune - 2


 Suite et fin sur un petit texte extraordinaire : Le Clair de lune (Candrāvalocana), sur la principale pratique de méditation du Tantra traditionnel, la méditation de Shiva (shâmbhavî, shiva-mudrâ).

Cet enseignement s'inscrit clairement dans la tradition du Kaula Tantra, une tradition ésotérique à l'intérieur du Tantra, une tradition qui met l'accent sur le corps, le souffle, l'expérience intérieure et la spontanéité. Elle aurait été révélée aux humains par Matsyendra, un pêcheur de l'Assam en Inde. Selon la légende, il aurait été avalé par un poisson qui l'aurait amené jusque sur une île fabuleuse où il aurait entendu l'enseignement de Shiva à propos de la liberté en cette vie même (jîvan-mukti), idéal de liberté spirituelle incarnée.

Après avoir décrit la méditation de Shiva, le dieu révèle à présent d'autres aspects de cette pratique, mais à travers le langage initiatique du Kaula Tantra. Ce texte, abîmé par le temps, n'est pas toujours clair. 

Les termes Kaula à propos desquels Matsyendra interroge le dieu sont d'abord ceux qui concernent la pratique de l'union rituelle :

- kâma-tattva, le principe du désir. C'est l'expérience du plaisir jusqu'au moment de l'orgasme.

- visha-tattva, le principe du poison. C'est l'expérience qui suit l'orgasme, pendant laquelle les variations hormonales entraînent un sentiment de paix, de repos, voire de mélancolie et d'absence de désir. C'est le "poison" de la tristesse qui suit l'orgasme ordinaire.

- niranjana-tattva, le principe du transparent. C'est l'expérience de la présence qui englobe les deux expérience précédentes du goût et du dégoût, de la passion et de la désillusion.

De manière générale, une clé du Kaula Tantra est de réaliser l'harmonie des aspects opposés ou en conflit. Ici, réaliser l'harmonie de la passion sexuelle, avec sa part d'aveuglement, et de la lucidité qui suit l'orgasme, avec sa part de désillusion. La passion n'est pas la vérité. Mais le dégoût qui conduit à un dégoût passager non plus !

Ceci est vrai pour tous les couples d'opposés : forme et sans forme, bruit et silence, activité et repos, veille et sommeil, vie et mort, élan et découragement, etc.

Le dieu révèle ce même chemin de l'harmonisation à travers un autre schéma symbolique, celui de la lune, qui s'applique ordinairement à l'écoute de la respiration.

Mais ici, ces deux schémas traditionnels, celui de l'union rituelle et celui de l'écoute du souffle, sont interprétés dans le cadre de la pratique de la méditation de Shiva. C'est donc cette pratique qui est décrite principalement ici.

"Le Grand Seigneur dit :

La nouvelle lune, la lune sombre et la pleine lune

sont cachées [de part leur sens ésotérique].

[De même], le désir, le poison et le transparent

sont le contexte de toute [la pratique].

Matsyendra demanda :

Ô Bienfaisant !

Comment donc est dévoilé le sens symbolique

et l'explication [des mots comme] la nouvelle lune, 

la lune sombre et la nouvelle lune ?

Le Grand Seigneur répondit :

La lune sombre, c'est rester les yeux grands ouverts.

La lune nouvelle, c'est garder les yeux vers le bas.

La pleine lune, c'est regarder droit devant soi.

Matsydenra demanda :

Que signifie le mot 'désir' ?

Et le mot 'poison' ?

Explique en vérité le sens du 'transparent' !

Le Seigneur répondit :

La lune sombre et la nouvelle lune

dévorent le temps.

La pleine lune stabilise [le temps ?].

Tel est l'unique voie.

Le 'désir' désigne le désir des objets des sens. 

Le 'poison' est ce en quoi le désir se résorbe.

Quand on se détache des deux, 

on s'en remet assurément au transparent.

Que l'on renonce à tout l'inférieur,

si l'on aspire à la réalisation du Soi.

Autrement, même si l'on est immortel (...).

On doit poser l'attention au centre de la Shakti,

et la Shakti au centre de l'attention.

Quand on contemple l'attention avec attention,

on contemple l'état ultime.

Matsyendra demanda :

Qu'est-ce que le germe ?

Qu'entend-on par 'cible du bindu' ?

Comment expliquer véritablement

ce qu'est le 'bindu' ?

Le Seigneur répondit :

Le germe, c'est l'attention/le mental,

cause de l'apparition et de la subsistance [des expériences].

Ce qui est engendré par l'attention/le mental,

c'est le bindu, comme le beurre est extrait du lait.

Matsyendra demanda :

Du sommet de la tête à la pointe du nez,

il n'y a que plaisir et douleur.

Comment donc trancher le lien 

de la cavité du palais et le faire fondre ?

Le Seigneur répondit :

Cela n'est pas au centre du lien 

ni relatif au mental comme cause (?).

Là où se trouve la Shakti depuis le centre de la lune,

là se trouve le lien.

L'ayant repéré, il faut percer le canal central

et aller (?) à gauche et au centre.

Il faut ensuite stopper le bindu

au-dessus de la tête.

Matesyendra demanda :

Explique-moi le principe et la nature

du bindu et révèle-moi les six chakras !

Le Seigneur répondit :

Le Support, le Fondement de soi, la Cité de joyaux,

le Son spontané, le Pur, le Commandement :

tels sont les six chakras.

Le Support est l'anus, le Fondement de soi est le sexe,

la Cité des joyaux est le nombril,

le Son spontané est le cœur, le Pur est dans la gorge

et le Commandement est dans le front.

Une fois familiarisé avec les six chakras,

que l'on entre dans le Mandala éternel.

On y pénètrera en recueillant le souffle

et en l'unissant vers le haut.

C'est ainsi que les yogis vont vers l'immortalité,

grâce à un unique samâdhi.

Le feu préexiste dans le bois.

Mais il ne s'enflamme pas si on ne le frotte.

De même, grâce à l'exercice du yoga,

la lampe de la connaissance s'allume.

C'est comme une lampe allumée dans un vase,

qui ne brille pas au dehors.

De même, le corps/vase possède cette nature [de luminosité],

il est [comme] une lampe [qui symbolise] cet état [de liberté spirituelle].

Sans l'enseignement du maître, 

cette connaissance de l'absolu ne peut être élucidée.

Le maître l'a reçue au creux de son oreille,

[car] elle est très subtile.

Ces paroles font traverser l'océan du samsâra

si on les pratique assiduement.

Matsyendra dit :

Par ta grâce, 

je suis délivré des liens de l'existence !

Tu es le salut, ô Souverain des dieux,

je n'en ai pas d'autre que toi.

- Ayant entendu ces paroles, Matsyendra s'absorba dans le seigneur Shiva.

[Shiva lui dit ensuite :]

Va, fils ! Va jusqu'aux confins de la terre, va sauver [les êtres] dans les trois mondes.

Telle est ce Clair de lune composé par le Grand Seigneur.

______________________________________________

Comme on voit, cet enseignement n'est pas toujours clair dans son détail. Mais l'essentiel est limpide : méditer les yeux ouverts, afin que la lumière intérieure, cachée dans le corps, se mette à briller en lui et dans le monde.


mardi 14 septembre 2021

Comment intégrer la pensée dans le silence ?

 


Pour vivre le silence plus intensément, continument, vivement, un conseil :

Restez silencieux mentalement. Et quand vous pensez, pensez "à voix haute", comme si vous articuliez distinctement, comme si vous parliez vraiment, même si c'est seulement "dans votre tête". Bannissez les pensées marmonnées, pâteuses, inarticulées. Seulement un silence cristallin et des pensées clairement articulées. 

Le silence devient plus vivant, réconcilié avec le bruit des pensées.

Il est étonnant de constater à quel point cela intensifie le silence. 

Jamais sans mon consentement

 


Se fondre dans l'action divine, quelque soit le nom qu'on lui donne, c'est plonger dans un état sans effort, un état de grâce, un état fluide. Pourquoi tout baser sur nos efforts ? Plutôt laisser faire cette force infiniment plus forte.

Mais cette légèreté n'est possible que si nous nous rendons disponibles, si nous nous tournons vers cette Source, si nous nous laissons faire. Autrement, la transparence évidente demeure inaccessible.

L'œuvre du mystère demande un consentement de notre part.

La Source est toute-puissante. Elle est la force sans laquelle aucune force n'existe. Mais elle ne nous forcera jamais. Tout repose donc sur notre libre consentement. Nous pouvons nous laisser envahir, laisser cette force s'emparer de nous, la laisser remplacer notre néant par son tout. 

Nous ne pouvons rien sans elle. Mais elle ne peut rien sans notre libre consentement. Là encore, liberté. Nous dépendons entièrement de ce qui est plus vaste et plus fort que nous. Alors, une lumière se met à transformer nos ténèbres. Si nous l'acceptons.

lundi 13 septembre 2021

Une étrange cécité


 Où est Dieu ?

Un disciple de maître Eckhart répond par "l'art de la logique" en remontant vers Dieu à partir de ses noms. Or, le premier de ces noms est Être :

"Tourne tes yeux vers l'Être dans sa pure simplicité, et laisse tomber l'être participé, qui est ceci ou cela. Considère seulement l'être en soi, l'être non mêlé de non-être. Car de même que le non-être est la négation de tout être, de même l'être en soi est la négation de tout non-être. Une chose encore soumise au devenir, ou qui a été [mais qui n'est plus] n'est pas maintenant dans une présence essentielle. Or on ne peut bien connaître l'être composite, ou le non-être, qu'en connaissant l'être universel. Ce n'est pas un fragment d'être composant telle ou telle créature, car l'être particulier est tout mêlé d'un élément étranger qui est la possibilité de recevoir quelque chose.

Voilà pourquoi l'Être divin sans nom doit être en soi un être universel, qui maintient par sa présence tous les fragments d'être". (Henri Suso, Tel un aigle, trad. Wackernagel un peu modifiée).

Où est Dieu ? Dieu n'est ni seulement en ceci, ni seulement en cela. Il est l'Être en qui tous les "ceci" et tous les "cela" ont leur être. Les choses et les êtres tiennent leur être de l'Être. Dieu est le fondement de l'être des choses, il est l'être universel qui ne tient pas son être d'un autre être : il est "en soi". Il est donc indépendant. 

Mais, plus que cela, il est "ce qui maintient ensemble les fragments d'être". Dieu est l'espace vivant qui relie les chose, qui les met en relation et les unifie.

Cette thèse est aussi celle du tantra, pour qui Dieu est le ciment des choses. Utpaladeva montre que Dieu est l'essence même de toute relation, sachant que la relation est l'essence des choses. L'Être est donc unité, unification, c'est-à-dire relation. Sans l'Être, non seulement les choses n'existeraient pas, mais encore chacune serait isolé et aveugle.

Cependant, le tantra ajoute que cet unifiant des choses est la conscience, cette lumière vivante qui est notre essence, qui est le plus intime. Telle est la philosophie tantrique de la Reconnaissance : reconnaître le divin transcendant dans la conscience immanente.

La conscience, comprise en ce sens, ne semble pas être au coeur de la théologie chrétienne. Il y a cependant une exception. Et c'est précisément cette mémorable exception, dans l'Itinéraire de l'esprit vers Dieu, de Saint Bonaventure, que Suso va maintenant paraphraser :

"C'est une étrange cécité de l'intelligence humaine qu'elle ne puisse vérifier [=reconnaître] ce sans quoi elle ne peut ni connaître, ni voir. 

Il en va comme de l'oeil : quand ils 'applique à distinguer la multiplicité des couleurs, il ne prête pas attention à la lumière grâce à laquelle il voit toutes les autres choses. Ou s'il voit la lumière, il n'y prête pas attention pour autant."

On se dit : "Oui, c'est la conscience ; et alors ?" Nous ne reconnaissons pas dans cet ordinaire l'extraordinaire. Nous sommes comme ce pauvre qui va chercher un trésor au loin, alors qu'il habite sur un tel trésor.

"Il en va de même pour notre oeil spirituel : quand il regarde tel ou tel être, il néglige et ne discerne pas l'Être qui est absolument pur et simple par lequel il distingue les autres.

C'est pourquoi un maître de sagesse dit que l'oeil de notre connaissance, en raison de sa faiblesse, se tient face à l'Être qui est en soi le plus connaissable, comme l'oeil d'une chauve-souris face à la claire lumière du soleil."

Ainsi le plus évident devient obscur, le jour devient nuit. Nous cherchons partout le collier que nous portons au cou, ce joyau qui est pourtant plus proche de nous que n'importe quelle pensée, que n'importe quelle émotion.

Suso en conclut que ce sont les "êtres particuliers" qui nous détournent de l'Être, qui nous aveuglent et nous empêchent de voir "la divine ténèbre qui est en soi la plus lumineuse clarté". 

Ici cependant, le tantra dit autre chose : Ce ne sont pas les êtres et les choses qui nous empêchent de voir l'Être par lequel on voit. Mais c'est plutôt l'absence de reconnaissance pour cet être. Nous croyons qu'il est banal. Et cette croyance entraîne le manque d'attention à son égard, et la vaine recherche de notre bonheur dans les "fragments d'être". C'est donc cette croyance qu'il faut remettre en question, et non la présence des choses, même si le calme et le silence extérieur peuvent nous aider à être attentifs. Autrement dit, la présence des choses est compatible avec la présence essentielle, avec la présence de l'Être. En effet, comment des fragments, des reflets évanescents, pourraient-ils cacher la lumière qui les éclaire, l'Être qui les fait être ? Comment les reflets pourraient-ils cacher le miroir ? 

Il ne nous reste donc plus qu'à nous tourner vers l'Être, dans la reconnaissance de sa juste valeur, qui est infinie. Où est Dieu ? Dans le plus évident et le moins reconnu.

Le Clair de lune - 1


 La méditation de Shiva (śivamudrāśāṃbhavī, bhairavīya, etc.) est la principale pratique de méditation dans la tradition du tantra traditionnel. Cela est vrai en particulier dans le tantra ésotérique, le Kula-dharma révélé aux humains par le légendaire Matsyendra. Cette pratique est si importante qu'on la retrouve dans le tantra bouddhiste, et jusque dans sa tradition réputée la plus puissante et profonde, le dzogchen.

J'ai déjà publié plusieurs articles sur ce sujet, mais surtout un manuel et une anthologie qui offre de nombreux extraits décrivant cette pratique considérée comme "secrète" et pourtant essentielle. J'y renvoie les lecteurs qui voudraient davantage de détails concrets.

Or, voici un petit texte trouvé dans la Government Oriental Library of Madras, centré sur cette pratique. Intitulé le Clair de lune (Candrāvalokana), il se présente comme un dialogue entre Shiva et Matsyendra (source).

Le début intègre quatre versets que l'on retrouve au Cachemire attribués à Abhinavagupta, sous le titre d'Offrande de l'expérience (Anubhavanivedana). Ensuite, la théorie de la méditation de Shiva est décrite, le lien entre souffle, regard et attention. Puis, dans un passage malheureusement corrompu, Shiva évoque le déploiement visionnaire qui découle de cette pratique quand on médite "face" à un ciel limpide, etc. Enfin, une brève description des chakras permet de situer ce texte dans la tradition de Kujikā, où dans celle dite "śāṃbhava", qui semble bien avoir joué un rôle important dans la formation du hatha yoga tel que nous le connaissons.

Voici la première moitié de ce texte extraordinaire, sachant qu'il est très corrompu :

Le Grand Seigneur dit : 

La cible est à l'intérieur,

le regard vers l'extérieur,

sans ouvrir ni fermer les yeux :

telle est cette 'Expression de Shiva'

cachée dans tous les tantras.

Quand, souffle et attention absorbés 

dans la cible intérieure,

le yogî reste avec son regard 

extérieur immobile,

alors il voit sans voir.

Telle est, en vérité, 

cette Expression de l'énergie de l'espace (khecarî),

que l'on pratique par la grâce du maître.

Libre de l'absence comme de la présence des choses,

l'état de Shiva se manifeste alors clairement.

Les yeux à demi ouverts,

l'attention immobile dans la direction de l'arrête du nez,

dans l'instant soleil et lune se résorbent.

La forme essentielle sans vibration

est la forme de lumière,

vide de tout ce qui est extérieur.

Elle s'allume alors,

principe transcendant, état suprême :

que dire de plus ?

Quand tout s'est résorbé

dans cette très secrète résorption intérieure :

c'est cela la 'résorption' qu'il faut reconnaître

grâce au maître satisfait.

Cette conscience dynamique qui,

dans tous les êtres,

est le témoin de l'apparition et de la disparition 

(des phénomènes), c'est elle qu'il faut voir,

masse de nectar et de pleine félicité

présente en ce corps.

Tant que Shiva est considéré comme autre que l'attention,

autre que la Shakti, autre que le souffle,

il est impossible d'atteindre la réalisation,

ô toi dont le corps est gracieux [au féminin], 

même en des millions d'éons !

Déesse ! s'il est vrai que la Connaissance

est impossible tant que le mental/l'attention fragmentée

est vivant, de même il est certain que,

tant que le souffle est vivace,

le mental/attention est vivace.

L'attention et le souffle se résorbent ensemble.

C'est alors que l'individu 

atteint la délivrance,

jamais autrement !

Celui qui pose son regard sur les 'signes'

avec une attention ininterrompue,

(... ?).

La où se pose le regard,

là se pose le mental/ l'attention,

maître des organes.

En effet, cette énergie des êtres

est le regard qui se résorbe 

dans la cible.

Là où se pose le regard,

l'attention se stabilise,

de même que le souffle.

Peu importe celui qui pratique ainsi,

il devient libre des passions, 

à l'égal des êtres réalisés. 

Les yeux orientés devant soi,

immobile à l'intérieur comme à l'extérieur,

ce qui est vu

n'est pas vu par les yeux.

Les yeux orientés devant soi,

on voit assurément

une sorte de radiance pareille

à celle d'un joyau.

Quand on la voit,

on voit le divin omniprésent

et on est délivré des liens de l'existence.

On ne voit ni lumière du Soi, ni lumière du mental,

ni lumière des yeux :

je dis que cette lumière à la fois intérieure et extérieure

est Dieu.

Tant que le souffle ne pénètre pas

dans le canal central,

tant que la sphère (bindu) ne devient pas immobile... ?,

tout ce que l'on dit

n'est que bavardage trompeur.

Celui qui s'adonne sans cesse à la pratique

et qui est dévoué au maître sans varier

et qui ne connaît pas l'Inné (sahaja),

celui-là pratique à l'aveugle.

__________________________________

Comme on voit, il y des termes et des expressions qui font penser au tantrisme bouddhique : le canal central, l'Inné. De plus, sans le contexte, on pourrait croire qu'il s'agit d'une pratique sexuelle, puisqu'il est question de "semence" (bindu). Mais bindu signifie aussi "sphère", "orbe", et notamment l'orbe du champ visuel ou l'orbe du ciel. Un même vocabulaire peut être employé pour décrire différentes pratiques. Cette hypothèse sera confirmée dans la seconde partie de notre texte, dans un prochain article.

samedi 11 septembre 2021

Il y a toujours de la place

Feynman et Dirac

Tout est conscience.

Par "conscience", il ne faut pas comprendre ici "point de vue", "conscientisation" ou "pensée", mais plutôt la lumière dynamique qui se manifeste en toutes choses.

Cependant, la conscience ne se réduit pas à être la somme des choses, ni des pensées.

Une analogie :

Les vagues ne sont rien de plus que l'océan. Mais l'océan ne se réduit pas aux vagues. Il est quelque chose de plus que les vagues, si grandes et nombreuses soient-elles.

De même, la conscience est quelque chose de plus que les pensées, elle les transcende, elle les enveloppe. Elle n'est pas enveloppée par elles, ni pas aucune sensation ou situation objective.

Un maître anonyme de la tradition de Kâlî (kâlîkrama) dit :

jñānādhikatvāt siddhestu na māyā nāpi vāsanā || 3/7 ||
digdeśakālākārādikalātaṅkavivarjitam |
kalpyaviśvātmakatve'pi taduttīrṇatayā sthitam || 3/8 ||

"Rien n'existe en plus de la conscience,
rien ne peut être prouvé en dehors d'elle.
[La cause et l'explication des choses]
n'est donc ni la Mâyâ, ni les habitudes.
Mais, même si elle est l'essence
de cet univers qu'elle engendre,
elle transcende tout cela,
car elle est libre des restrictions
du moment, du lieu et de la situation."
(Lumière du chemin intégral, Mahânayaprakâsha, Anonyme)
_____________________________________
Et tout cela est basé sur l'expérience directe, immédiate, commune,
non sur des révélations réservées à quelques élus.

Et donc, quand je me sens envahi par les pensées, quand je me sens confiné
dans une situation, je me souviens que je suis l'espace lumineux, infini,
l'espace qui ne se laisse enfermer dans aucune forme, car c'est
justement cet espace qui permet aux formes d'exister.
Je suis la lumière sans limites qui donne vie aux limites,
l'espace au-delà des lieux qui donne lieu aux lieux,
l'éternité affranchie de tous les temps qui se manifeste
en tous temps.

vendredi 10 septembre 2021

Tel un aigle


Sicut aquila, etc.

"Tel un aigle" :

Tel est l'exergue du Discernement de la vraie spiritualité de Henri Suso, huit chapitres annexés à la fin de sa "Vie" et adressés à Elsbeth Staglin.

Leur thème est l'opposition entre la fausse spiritualité de"la chose sauvage sans nom" (daz namelos wilde) et la vraie spiritualité de la "montagne sauvage".

Après cet exergue tiré du Deutéronome, il commence ainsi :

"Bienheureuse fille, le temps est venu de te rapprocher [de la sagesse sans images] et de t'élever hors du nid des images consolatrices nécessaire à ceux qui débutent. Tel un aiglon qui a grandi et dont les ailes - je veux dire les puissances supérieures de ton âme - ont pris de l'ampleur, il faut que tu t'élances vers la qualité de l'aigle : la noblesse contemplative d'une vie bienheureuse et accomplie." (trad. Wackernagel)

Telle est la véritable spiritualité sauvage, loin de la prétendue "omniscience" d'un corps idolâtré jusqu'à l'absurde par les faux spirituels que combat Suso dans ce livre, sans pour autant sombrer dans la vile calomnie. 

Ce message est précieux aussi à notre époque, où l'on divinise les pulsions irrationnelles, où le bien et le mal sont inversés, où la droite raison est conspuée au profit des régressions infantiles prises pour des révélations spirituelles, où la victimisation à tout-va fait de chacun le délateur de son prochain au mépris de toute rationalité. 

La spiritualité de Suso, comme celle de son maître Eckhart, n'incite pas à une régression dans l'infra-rationnel, mais à une "traversée du désert d'ignorance", par-delà une raison pleinement intégrée, à l'apex d'une culture nourrie des humanités. 

La ténébreuse lumière de "l'un de l'âme" ne brille pas dans les marécages d'une rhétorique puérile, mais dans la nudité d'un esprit bien formé. Tel un aigle.

mercredi 8 septembre 2021

Preuve que tout est conscience


 "Tout est conscience" est la thèse centrale du shivaïsme du Cachemire. 

Mais qu'est-ce qui me prouve qu'elle est vraie ? Ne s'agit-il pas simplement d'une affirmation d'autorité ? Ou bien de la description d'une intuition surnaturelle ? Ou d'une révélation réservée à quelques êtres exceptionnels ?

Selon Abhinavagupta et les autres philosophes de cette tradition, il n'en est rien : n'importe qui peut arriver à cette conclusion, simplement en s'appuyant sur l'expérience ordinaire et la raison. Il existe donc une démonstration que "tout est conscience". 

En voici un exemple :

इह भावानां सत्त्वं, असत्त्वं वा व्यवतिष्ठमाणं संविद्विश्रान्तिमन्तरेण न उपपपद्यते। संविद्विश्रान्ता हि भावाः प्रकाशमाना भवन्ति। प्रकाशमानता च, एषां संविदभेद एव। प्रकाश एव संविद्यतः। तत्प्रकाश्दतिरिच्यन्ते च, प्रकाशान्ते चेति उच्यमाने नीलं स्वरूपात् व्यतिरिक्तम्, अथच नीलमितिउच्यते। तदमी संविदि तावत् विश्रान्ता भावाः संविदनधिकवृत्तयः इति आयातम्।

iha bhāvānāṃ sattvaṃ, asattvaṃ vā vyavatiṣṭhamāṇaṃ saṃvidviśrāntimantareṇa na upapapadyate| saṃvidviśrāntā hi bhāvāḥ prakāśamānā bhavanti| prakāśamānatā ca, eṣāṃ saṃvidabheda eva| prakāśa eva saṃvidyataḥ| tatprakāśdatiricyante ca, prakāśānte ceti ucyamāne nīlaṃ svarūpāt vyatiriktam, athaca nīlamitiucyate| tadamī saṃvidi tāvat viśrāntā bhāvāḥ saṃvidanadhikavṛttayaḥ iti āyātam| (Vivritivimarshinî, vol. I, p. 4)

"En ce monde, l'existence des choses ou même leur inexistence, leur présence actuelle et évidente, ne peut être expliquée séparément de la conscience. En effet, les phénomènes reposent dans la conscience. C'est ainsi qu'il deviennent actuellement manifestes. Et le fait qu'ils sont actuellement manifestes est précisément leur identité avec la conscience, car la conscience n'est rien d'autre que lumière/manifestation. Et dire à qu'ils sont à la fois manifestes, et qu'ils sont autre chose que la manifestation, c'est comme dire que le bleu est bleu sans être bleu ! Par conséquent, on en conclut que ces phénomènes reposent assurément dans la conscience, ils sont des mouvements qui ne sont rien de plus que conscience."

En traduisant ce passage, je réalise qu'il est plus difficile à comprendre en français qu'en sanskrit.

Pourquoi ?

Parce qu'en sanskrit, le mot "conscience", samvit, équivaut au mot "manifestation", prakâsha. Mais il s'agit à la fois de la manifestation au sens de l'acte de manifester (= la conscience comme lumière manifestante, qui révèle) et du résultat de cet acte, le contenu de la manifestation, de la conscience. A cause de cette ambiguïté du mot "manifestation" ou "manifeste" en français, la démonstration perd en clarté et, donc, en force.

Il serait peut-être préférable de traduire autrement, ainsi :

"Ici (le philosophe montre du doigt les choses devant lui), l'existence ou l'inexistence des choses, leur présence en cet instant même, ne peut pas être justifiée rationnellement en tant que séparées du fait de reposer dans la conscience. Car en effet, les phénomènes brillent en cet instant même parce qu'il reposent dans la conscience. Et le fait, pour les phénomènes, de briller en cet instant même, est précisément leur non-différence avec la conscience, car la conscience n'est rien d'autre que cette illumination/manifestation. Et dire à la fois que les phénomènes] brillent et qu'ils sont autre que la lumière, c'est dire [une absurdité, comme dire que] le bleu est bleu et que pourtant il est autre que son être-bleu. Et donc il advient qu'il est certain que ces phénomènes [que le philosophe montre du doigt] reposent dans la conscience, car leur mouvement n'est rien de plus que conscience."

Essayez de relire plusieurs fois et vous comprendrez. 

Comprendre ce point, c'est comprendre le premier point de l'enseignement du shivaïsme du Cachemire.

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