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dimanche 23 mars 2025

Hommage à Lilian Silburn

 Un bref hommage à Lilian Silburn, et une entrevue avec Jacqueline Chambron.

Rester connecté, plongé dans le cœur. 

Simple, naturel et infini.

Une vie nouvelle, invisible et inexplicable.

Comme dit Jacqueline, puissions-nous oublier, et le cœur se souvenir.




vendredi 22 mai 2020

La spirale sans fond du vide et du plein

On oppose souvent vide et plénitude.
Mais le vide est plénitude.
Vide de vaines paroles,
plein de Verbe.
Vide de peurs,
plein de foi.
Vide de soi,
plein du Soi.
Vide d'illusions,
plein de réalité.



Plus concrètement, le vide désigne le silence intérieur, une sorte de sensation 
de transparence, de pure, d'extrême sensibilité, d'écoute
de ce qui se dit dans ce silence.
La plénitude, c'est justement "ce qui se dit" dans ce silence,
le désir, l'élan, l'énergie, comme un courant... 
on pourrait multiplier les métaphores à l'infini.
Entre les deux, une relation dynamique. Ils se complètent, d'appellent
et s'approfondissent mutuellement.
En contexte shaïva, on parlera de la relation entre
Shiva et Shakti, ainsi qu'avec l'individu (anu en sanskrit).
Le vide est ressenti comme énergie,
l'énergie s'affine,
de plus en plus diaphane. 
Aussi, le silence prépare à la plénitude.
Ou plutôt, il la révèle,
comme une image apparaît
sur une plaque photographique,
ou comme un silence révèle un bruit.

Un moine le dit très bien :

"Plénitude et pureté, tels sont les deux aspects de la grâce, et ils se retrouvent tout au long de sa croissance dans l'âme qu'elle anime d'une vie nouvelle, la comblant d'une paix, d'une joie toujours plus profonde, plus assurée, mais plus pure aussi, plus secrète, et qui suppose un dépouillement intérieur de plus en plus total. Tantôt, sans doute, l'action purifiante de la grâce semblera dominer, tantôt au contraire l'âme aura davantage conscience des richesses qu'elle reçoit, mais les deux ne se peuvent séparer : la grâce ne saurait se faire plus profonde sans devenir en même temps plus pure, plus parfaitement simple."

Dom George Lefèbvre, Prière pure et pureté du cœur

Vous pouvez lire l'ensemble de ce très beau texte
en cliquant ici. 
Avec, en plus, les annotations de Lilian Silburn,
qui a, semble-t-il, été profondément marquée
par ce passage, auquel elle fait sans doute écho
dans les premiers mots de son célèbre essai
sur la vie intérieure "Le vide, le rien, l'abîme" :

"L'expérience spirituelle est bien plus une expérience de plénitude qu'une expérience de vide ; pourtant l'une n'est pas possible sans l'autre, la vie mystique étant constituée par une alternance ininterrompue de vides et de pleins s'approfondissant de concert."

mercredi 3 octobre 2018

La "conscience-témoin" est-elle un obstacle à la vie intérieure ?


En parcourant Lilian Silburn, une vie mystique, je tombe sur ce passage (p. 258) :

Abhinavagupta et Ruysbroeck s'élèvent violemment contre ce quiétisme vide sans élan ni spontanéité, et je comprend maintenant pourquoi la mauvaise vacuité, fausse attitude dès le début, devient un obstacle infranchissable, [celle du] témoin également, par contre tout ce qui est '"vie", passion, obstacles naturels ne sont pas infranchissables.

Ici, elle semble dire que la conscience comme "témoin" de tout, est un obstacle, une impasse.

C'est le Védânta qui s'est fait une spécialité de développer cet enseignement, très simple et clair :
tout apparaît et disparaît dans une Lumière qui, elle, n’apparaît ni ne disparaît. C'est la conscience, Lumière immuable qui illumine tout ce qui change, c'est-à-dire...tout.

Pourquoi ce fait serait-il un obstacle ?
Car c'est bien un fait, donné, constaté, vu, et non pas une construction ni le résultat d'un choix ou une "posture" parmi d'autres. Comme dit Shankara, l'éveil à la conscience dépend de la réalité, et non de ce que l'on fait ou ne fait pas. Le seul choix est de m'intéresser ou pas au discours qui me parle de cette conscience-témoin.
Mais en quoi serait-ce un obstacle ?

Peut-être parce qu'elle nous met en retrait, à distance de la vie, du quotidien ?

Mais je crois qu'il est possible de vivre cette conscience-témoin sans fuir dans une abstraction coupée de la vie. Pour moi, la conscience-témoin est une réalité. La "réaliser" me conduit au silence, une netteté soudaine, comme un coup d'essuie-glace sur le pare-brise. Tout est plus clair, net, limpide, vif, coloré, présent. Je ne constate pas de fuite.
Et surtout, ce silence n'empêche pas le ressenti profond, la vibration du cœur. Si je n'avais jamais entendu parler de ce ressenti, peut-être serait-ce le cas... Mais, une fois informé, je ne vois pas d'obstacle.

Pour moi, l'enseignement du Védânta sur ce point est une aide précieuse. On le trouve aussi dans la Reconnaissance, mais moins accentué. 

vendredi 13 octobre 2017

Vide et plénitude

On oppose souvent vide et plénitude.
Mais le vide est plénitude.
Vide de vaines paroles,
plein de Verbe.
Vide de peurs,
plein de foi.
Vide de soi,
plein du Soi.
Vide d'illusions,
plein de réalité.


Plus concrètement, le vide désigne le silence intérieur, une sorte de sensation 
de transparence, de pure, d'extrême sensibilité, d'écoute
de ce qui se dit dans ce silence.
La plénitude, c'est justement "ce qui se dit" dans ce silence,
le désir, l'élan, l'énergie, comme un courant... 
on pourrait multiplier les métaphores à l'infini.
Entre les deux, une relation dynamique. Ils se complètent, d'appellent
et s'approfondissent mutuellement.
En contexte shaïva, on parlera de la relation entre
Shiva et Shakti, ainsi qu'avec l'individu (anu en sanskrit).
Le vide est ressenti comme énergie,
l'énergie s'affine,
de plus en plus diaphane. 
Aussi, le silence prépare à la plénitude.
Ou plutôt, il la révèle,
comme une image apparaît
sur une plaque photographique,
ou comme un silence révèle un bruit.

Un moine le dit très bien :

Plénitude et pureté, tels sont les deux aspects de la grâce, et ils se retrouvent tout au long de sa croissance dans l'âme qu'elle anime d'une vie nouvelle, la comblant d'une paix, d'une joie toujours plus profonde, plus assurée, mais plus pure aussi, plus secrète, et qui suppose un dépouillement intérieur de plus en plus total. Tantôt, sans doute, l'action purifiante de la grâce semblera dominer, tantôt au contraire l'âme aura davantage conscience des richesses qu'elle reçoit, mais les deux ne se peuvent séparer : la grâce ne saurait se faire plus profonde sans devenir en même temps plus pure, plus parfaitement simple.

Dom George Lefèbvre, Prière pure et pureté du cœur

Vous pouvez lire l'ensemble de ce très beau texte
Avec, en plus, les annotations de Lilian Silburn,
qui a, semble-t-il, été profondément marquée
par ce passage, auquel elle fait sans doute écho
dans les premiers mots de son célèbre essai
sur la vie intérieure "Le vide, le rien, l'abîme" :

L'expérience spirituelle est bien plus une expérience de plénitude qu'une expérience de vide ; pourtant l'une n'est pas possible sans l'autre, la vie mystique étant constituée par une alternance ininterrompue de vides et de pleins s'approfondissant de concert.

samedi 28 janvier 2012

Seule brille la Conscience



"Seul existe Śiva, lumière de la conscience indifférenciée qui se manifeste sous forme de tout ce qui est. Cette lumière repose en elle-même, d'où sa béatitude ; libre, parce qu'unique, il n'y à rien dont elle dépende. Préexistant à l'espace et au temps qu'elle engendre, elle est omniprésente et éternelle. Elle contient tout, pas un atome n'existe hors d'elle.
Résidant dans notre cœur en tant que Sujet universel, elle illumine notre vie, nos démarches psychiques et nous permet de percevoir le monde externe ; sans elle, nous serions insensibles, aveugles et aucune expérience ne serait possible.
C'est pourquoi Utpaladeva s'écrie : "Pour Te connaître, il n'est nul besoin d'aide ; il n'existe pas d'obstacle non plus. Tout est submergé par le flot surabondant de Ton existence !"
La Réalité infinie, en sa plénitude, mais sans jamais sortir d'elle-même, irradie le monde."

Lilian Silburn, La Bhakti, éd. De Boccard, p. 17

jeudi 27 septembre 2007

Lilian Silburn, un maître caché

Lilian Silburn, décédée en 1993, fut une pionnière dans l'étude et la traduction des textes du shivaïsme du Cachemire. C'est notamment grâce à ses traductions que moi-même et beaucoup d'autres avons découvert le Vijnâna Bhairava Tantra.

Certains érudits ont critiqué sa méthode et son manque de rigueur. Cependant, elle vivait de l'intérieur ce dont elle parlait. Ses œuvres, à la fois traductions et explorations de l'expérience mystique, sont à cet égard uniques et précieuses.

A côté du shivaïsme du Cachemire, elle avait rencontré dans les années cinquante un maître hindou lui aussi assez original, puisqu'il appartenait à la fois à une lignée soufie, et à la tradition si particulière des "sant", parmi lesquels on trouve le célèbre tisserand poète, Kabîr.

L'enseignement de ce maître, Radha Mohan Saksena, était axé sur une transmission silencieuse d'énergie, de cœur à cœur. Concrètement, le disciple s'assoit face au maître et reçoit à travers lui un courant d'amour et de félicité. C'est alors le début d'un cheminement intérieur d'autant plus intense et riche en surprises que tout se passe dans le plus profond silence.


Radha Mohan "Adhauliya" Saksena


L'oncle de Radha Mohan, Ramchandra, fut le premier Hindou de la lignée soufie. Il était fort charismatique au vu du grand nombre de disciples qu'il eut. Il composa une œuvre assez importante, en hindi et en urdu. Il désigna plusieurs disciples pour perpétuer le Courant. L'un d'eux fut le fondateur de la "Ramchandra Mission", dont l'histoire est étudiée sur ce blog. Cette branche est devenue assez mondaine, voire s'est transformée en une sorte de multinationale, très éloignée dans l'esprit de la discrétion et de la simplicité chères aux maîtres de Lilian Silburn.

D'autres branches existent encore dans le Nord de l'Inde, dont quelques une ont leur site internet. Certaines ont franchement "hindouisé" leur vocabulaire, d'autres sont restées plus proches des formulations soufies. Mais tout cela reste assez semblable, car cette tradition ésotérique de l'islam, à savoir la naqshbandiyya, a toujours mis l'accent sur "la science des centres subtils", équivalente à la science tantrique des cakra-s.

Quoi qu'il en soit, Lilian Silburn finît par être, elle aussi, autorisée à transmettre ce Courant. Un cercle de disciples et d'amis se forma autour d'elle dans sa demeure à l'ouest de Paris. Elle guidait ainsi dans le plus grand anonymat. On pourra lire quelques témoignages de disciples à la fin du volume "Le maître spirituel", coll. Hermès, vol. 3, Les deux océans (série par ailleurs d'une grande richesse).

Aujourd'hui, ce Courant ne s'est pas interrompu. Il se perpétue à travers des êtres parfaitement inconnus des milieux "spirituels", mais bien vivants !
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