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samedi 9 juin 2012

Lumières sur lumière

On entend beaucoup parler de "vibrations". En Inde, il a existé une tradition animée par l'expérience de la vibration en sa forme propre : la conscience, l'étonnement, le saisissement et ses mille facettes.
Difficile de comprendre Abhinavagupta et le tantrisme en général sans sa musique. Bien sûr il est tout autant impossible de savoir exactement quels airs ces gens écoutaient il y a mille ans. Cependant, la musique était au centre de leur vie, comme en témoigne le commentaire qu'Abhinavagupta a composé sur le traité des arts de la scène (le Nâtya-shâstra). Impossible de comprendre, aussi, les pratiques sur le mantra. A la fin de chaque mantra important, comme hûm par exemple, le point essentiel est l'écoute du son qui se perd dans le Son spontané, cette vibration que nul ne peut émettre ni faire taire (anâhata).  De fait, on retrouve cette notion de la vibration (nâda, spanda) qui devient de plus en plus subtile, jusque dans la musique classique indienne contemporaine. Écoutons ce morceau de rudra vînâ. Il est une illustration extraordinaire de cette tradition de la vibration, et une illustration sonore du "shivaïsme non dualiste du Cachemire". Parfait pour ceux qui n'aiment pas lire :
Une interprétation au sitar - l'instrument est bien plus récent, il n'existait pas à l'époque d'Abhinavagupta.  Mais son "âme" (jîva) est la même que celle de la rudra vînâ ; il s'agit d'un chevalet plat, légèrement courbe. Le musicien joue à l'extrême sur les prolongements de cette vibration, dans un style plus léger que le morceau précédent :

jeudi 10 mars 2011

Art of Dhrupad

Vous n'entendez rien à ces traductions dont je vous inonde ?
Alors écoutez :


vendredi 1 octobre 2010

La bîn est-elle condamnée à disparaître ?

La bîn, ou roudra vînâ, fût le plus prestigieux des instruments à cordes de l'Inde classique et médiévale. Aujourd'hui en voie d'extinction en Inde, elle intéresse de plus en plus d'Occidentaux.
Des luthiers se sont même mis à la facture de cet instrument d'une redoutable complexité. Mais le résultat est encourageant. Regardez cette bîn réalisée par un Anglais, Chris Doddridge :




Comme quoi, l'artisanat est une chose universelle. N'en déplaise à ceux qui veulent faire de la culture indienne (ou de n'importe quelle autre culture) une exclusivité de ses indigènes, quand la passion est là, tout est possible.

lundi 13 septembre 2010

Sublime

Il y a... plein de belles choses. Et puis il y a lui. Zia Mohiuddin Dagar. Bare Ustad. Great among the greats. Shabad ka naad, aftaab e avaaz, etc., bref, quand même, on y revient toujours. Sublime.


dimanche 4 avril 2010

Musique et sanskrit

Les versets en sanskrits sont censés être chantés ou récités en suivant quelques mélodies simples. Aujourd'hui, un schéma s'est imposé dans presque toute l'Inde (à cause des média ?), illustré par cet exemple :



Ce schéma consiste à chanter sur la tonique (shadja, en sanskrit), en ajoutant une note au-dessus, et une autre au-dessous, en variant parfois les intervalles pour distraire l'oreille. Mais les intervalles les plus populaires sont : un demi-ton au-dessus (komal rishabh), et un ton au-dessous (komal nishad)de la tonique.

A côté de cela, on peut encore entendre d'autres styles, comme le chant sâman, plus complexe que la récitation de versets :



La musique classique indienne a également intégré quelques éléments du chant religieux. La tradition Dagar, en particulier, a adopté des éléments de récitation sanskrite pour chanter des compositions en langues vulgaires. Dans les deux documents qui suivent, Z.M. Dagar et son fils, Bahoddin, expliquent la genèse et les bases de l'utilisation des phonèmes (varna), selon une règle mise au point par leur grand ancêtre du XIXe, Behram Khan. On voit d'abord le jeune Bahoddin et on entend son père chanter les syllabes. Dans le deuxième extrait de ce premier document, on voit ZM Dagar faire une démonstration des syllabes :



Dans ce second document, on peut voir et entendre (en anglais cet fois) Bahoddin Dagar devenu adulte, expliquer l'usage des phonèmes, sur le même râg todi que son père avait choisi dans l'extrait précédent :



Au passage, je vous signale une excellente liste de vidéos de rituels faits par des brahmanes kéralites, avec notamment ce rituel de la Shrîvidyâ, particulièrement élégant. Le mandala est tracé à la poudre, comme chez les Tibétains, et l'adepte appose les hiérarchies divines (nyâsa) qui ont fait la réputation de la tradition de la Shrîvidyâ :

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