En Inde, la flûte de Krishna. En Europe, les roseaux de Pan. En Chine et au Japon, le Shakuhachi du "moine du vide" (komusô). Cette méditation par le son aurait été transmise de la Chine au Japon au XIIIe siècle. L'Ordre komusô a été interdit à l'ère impériale, mais la pratique s'est transmise jusqu'à nos jours.
Bienvenue dans les pâturages de la Vache cosmique. Philosophie et mystique, voie de la connaissance et de l'amour. Philo-sophia, amour de la sagesse, désir de vérité, expérience et réflexion. Yoga ou union du cœur et de la tête. La philosophie comme yoga, la philosophie comme pratique, éclairée et nourrie par la tradition du Tantra et autres sources que nous ont léguées nos ancêtres. Cours Tantra traditionnel.
lundi 23 août 2021
vendredi 30 avril 2021
Les fausses notes, essentielles ?
Chacun aspire à l'harmonie. Pas de fausse note, des accords fluides.
Cependant, certaines fausses notes semblent nécessaires pour exprimer une plus vaste beauté. Ainsi la beauté en musique, comme ailleurs, ne se réduit pas à l'harmonie. Il y a aussi un charme du rugueux, du sensible, du chaloupé, du contre-temps, de la tension créée par la disharmonie, avant un retour final à l'harmonie. Une mélodie est toujours un écart par rapport à l'harmonie, de même que toute histoire est un bouleversement, avant un retour ultime à l'équilibre. Personne n'écouterait un accord perpétuel, ni ne regarderait un film où tout irait toujours parfaitement bien.
Dans cet article fascinant, l'Auteur explore ces thèmes à la lumière du débat, dans la musique européenne, entre une vision arithmétique et une vision sensualiste. Si la beauté musicale est affaire de justes proportions, comme l'enseignait Pythagore, comment expliquer que certaines fausses notes participent à la beauté d'une mélodie ?
C'est un point très important et qui ne concerne pas que la musique, mais aussi la morale individuelle et la politique. Quelle est la place du Mal ou du mauvais dans l'univers ?
Voici un râga indien, Jog, qui joue justement sur des variations entre tierce majeure et mineure :
mercredi 21 avril 2021
Quand le vide se met à vibrer
Rilke chante, inspiré par on ne sait quel mystère :
"Est-ce en vain qu'on raconte que jadis, dans la plainte chantée pour Linos,
une musique audacieuse, la première, traversa la rêche fixité,
et qu'alors seulement, dans l'espace effrayé, d'où soudain s'échappait
pour toujours un jeune homme quasi divin,
le vide se mit à vibrer,
de cette vibration qui maintenant nous emporte, nous console, nous aide."
Rilke, Première élégie de Duino, trad. Lefebvre
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Linos, fils de la Muse Calliope fut, dit-on, le plus grand joueur de lyre de tous les temps, tué par Apollon ou Héraclès.
L'espace, sans la Vibration (spanda), sans conscience, sans émerveillement, demeure "rêche", morne, stérile (sushka en sanskrit), aveugle et, à vrai dire, n'accède même pas à l'absence, car l'absence présuppose encore le cri muet, l'étonnement (camatkâra) "Ah, il n'y a rien !"
Or, l'espace qui ne vibre pas, solide pour ainsi dire, se sent rien. Il peut donc bien tout accueillir, il n'en sait rien, il n'en sent rien. Il n'est pas encore - ou plus - capacité, puissance et pouvoir. Il n'est pas néant. Il est l'indicible par défaut, ce Multiple pur qu'évoque Proclus, le terme ultime des débordements de l'Un, ce dernier étant l'ineffable par excès. Certes, il échappe, mais par manque d'unité, ou plutôt par manque de sensibilité dirai-je, avec Abhinavagupta. Cet espace n'a pas de cœur, ce cœur battant qui, seul, "nous emporte, nous console, nous aide".
Espace et miroir illustrent la Conscience universelle. Mais partiellement, tant il est vrai que comparaison n'est pas identification. Le grand miroir universel, cœur de tout, possède lui-même un cœur, âme de l'âme, âme des âmes, vie de toute vie.
L'espace, n'en déplaise, est "fixe", déterminé ; non par son ouverture accueillante, mais par son défaut de conscience, de ce pouvoir de frémir qui anime les libertés, qui fait l'imprévisible et l'évolution - qui fait l'Histoire. Il n'en sait rien. Mais justement, dans le "savoir" gît le cœur, la braise précieuse entre toutes. L'espace est "fixe" : il n'est que ce qu'il est. Dès lors, l'espace reste déterminé, délimité. Sa simplicité est close, et Pascal à eu raison de célébrer la supériorité de la "pensée" sur l'espace, car l'espace dépasse certes, mais il n'en sait rien. L'espace conscient, en revanche, n'est pas seulement ce qu'il est. Il n'est pas seulement ceci ou cela, mais pouvoir inépuisable de s'épancher en un ceci, en un cela, en leur séparation, en leur réunion, puis en leur annulation simultanée. L'espace conscient, "clairière" de l'être, n'est pas clôture, le Soi n'est pas pure identité, mais bien pouvoir de se réaliser sans jamais être confiné. Il est ce qui échappe en manifestant, tout l'opposé de l'espace qui, malgré son absence de limites, demeure foncièrement limité par son inertie.
"Quand l'espace se met à vibrer". Cette main-là, posée ici, n'est rien. Puis un je-ne-sais-quoi l'anime, avant tout mouvement visible. Là s'entrouvre la chambre nuptiale. La lyre se met à chanter, n'en déplaise à A-pollon, à cette caricature de l'Un que l'Un reste trop souvent dans nos spiritualités.
mercredi 3 juin 2020
Vijnâna Bhairava Tantra 71 72 73

vendredi 15 mai 2020
Vijnâna Bhairava Tantra 41
mercredi 18 mars 2020
Un film magnifique sur la musique indienne
vendredi 31 janvier 2020
Les yeux fermés

mardi 28 janvier 2020
Le grain de la voix
vendredi 3 janvier 2020
Fausses notes

mercredi 24 juillet 2019
Un autre maître de musique dans le shivaïsme

Tout le monde sait que la flûte de bambou (bansurî) est l'instrument de Krishna.
Mais un autre conte indien offre une autre version de l'origine de cet instrument.
Il était une fois un jeune homme, Matanga, qui allait dans la forêt rassembler du bois pour les rituels du brahmane qu'il croyait être son père. Mais en chemin, il croisa un âne qui lui révéla qu'il était le fils d'un barbier qui avait eu une aventure avec sa mère, une vraie brahmane. Etant issu d'une union "à rebrousse-poil", l'âne juge donc que Matanga est un intouchable, un Tchandâla. Matanga débute alors une quête surhumaine pour devenir brahmane. Il pratique l'ascèse et le yoga pendant des millénaires. Indra, le chez des dieux, lui accorde n'importe quel voeux, mais lui explique qu'il est impossible de changer de nature : un intouchable ne peut en aucun cas devenir brahmane. Matanga demande alors le pouvoir d'assumer n'importe quelle forme et d'être adoré par les brahmanes à jamais.
Matange devient un grand yogi et un savant en gnose shivaïte. Un tantra important passe par lui, qui le décrit comme "un tigre parmi les sages". Son ashram est sur le mont Himavat, où toutes les créatures vivent en harmonie, illuminées par le feu de sa Gnose et la profondeur de son absorption yogique.
Alors qu'il pratiquait ainsi, le vent soufflait dans des bambou. Il se trouva que, dans certain d'entre eux, les trous faits par des abeilles et l'inclinaison par rapport au vent était parfaite pour les faire vibrer. Or ce chant distraiyait Matanga de sa méditation sur Shiva. Il prit donc un bambou parfait, en fit une flûte et en fit sortir les septs sons de la gamme. Charmés par ce son inouïe, Shiva et Pârvatî apparurent à Matanga qui se mit à pleurer à leurs pieds. Il demanda alors à Shiva la Gnose qui permet de téruire toute souffrance, et Shiva lui répondit en lui transmettant un tantra "salutaire, facile à comprendre et clair, au sens profond". C'est le tantra de Matanga-pârameshvara, un des textes importants du shivaïsme dualiste.
Matanga est aussi l'auteur d'un traité de musique, la Brihaddeshî, qui est le premier à parler des râgas et à décrire les douze intervalles de la gamme. Il y distingue aussi différents genre musicaux. Ce traité est le plus important après celui de Bharata et son commentaire par Abhinava Goupta. La musique et la danse sont depuis toujours présents dans le shivaïsme. Le fait que Matanga soit un intouchable est également significatif. Matanga est aussi le gourou de Shabarî, un des premiers dévots de Râma. Il écrit :
"Il n'y a pas de dance sans son (nâda).
Le son est donc l'essence du monde.
Le son est la Tradition,
il est Brahmâ. Vishnou est son,
de même que la Shakti suprême et Shiva."
mardi 26 juin 2018
Décadence de la musique ?
vendredi 16 février 2018
Yoga et musique
jeudi 19 décembre 2013
La musique atonale a-t-elle un sens ?
mercredi 18 décembre 2013
Quand la musique fait silence
mardi 17 septembre 2013
mardi 3 septembre 2013
Viola da gamba
Vijnâna Bhairava Tantra, 41




