mardi 29 décembre 2015

Plonger dans le coeur

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Quand on vit un moment de silence, ou même sans cela, il arrive parfois que l'on se sente touché par une vague de douceur venue de l'intérieur de soi, des entrailles.
On peut ressentir cela précisément quand on s’assoit en silence et que l'on s'apprête à se laisser tomber en arrière, mais sans le faire physiquement. On explore ce seuil, où l'énergie s'accumule, à en devenir presque comme une démangeaison. 
Puis on lâche, comme un cerf-volant une fois gonflé de vent. On se laisse prendre par ce courant, ces courant, ces vagues, ces vibrations, on ne sait comment dire.
On se ressaisit soi-même, et pourtant on est emporté au-delà de soi-même. Loin du moi superficiel, fait d'artifices et autres masques.
C'est un voyage. En un instant, on y vit des myriades d'expériences, on y sent des centaines de saveurs, des souvenirs, des avenirs, des respirations, des cycles, des hauts et des bas...
Parfois la paix règne, au-delà de tout ce qui est concevable.
D'autres fois on est ainsi emporté, comme ballotté dans un torrent puissant, comme un bébé condor ravi par des vents ascendants.
Mais quand cette vibration de félicité s'éveille, il est difficile de dire ce qui se passe, en dehors de la félicité. C'est comme si l'on vivait en accéléré. Milles vies, mais aussi on y savoure, on y tête mille facettes de la Source. Comme si l'on voyageait plus vite que la lumière. Plus vite que le temps. Des vérités sont dévoilées, mais elles se révèlent en nous comme elles se révèlent à Dieu en Dieu : sans moyen, directement, comme une sorte de saisissement de soi. Et tout cela est oublié ensuite, ou presque. C'est trop. Ce qu'il reste, c'est un parfum et, surtout, un désir ardent de replonger, encore et encore, jusqu'à faire corps avec cette immensité d'amour et de douceur. On sent, on sait sans savoir, que là est le salut, la consolation, la justification, le sens, la valeur, le but et la fin de toute chose.
Souvent aussi, il y a de la douleur, différentes sortes de souffrances. On apprend à lâcher. A se laisser faire. On se sent parfois comme un grain de blé sous la meule. mais dans un silence infini goûté au centre de l'âme, comme dans l’œil d'un cyclone. 
La vie intérieure est une vie, non un événement qui a lieu une fois pour toutes à telle heure, telle date. C'est une évolution, une respiration. Une quête, un voyage incroyable. C'est une école de vie merveilleuse, où tout nous est donné de l'intérieur, en don gratuit, au prix seulement de nous-même, ou de ce que nous croyons êtres nous-mêmes. 
Là, dans ce silence vivant, tout nous est donné, révélé, dévoilé. 
Et nous devenons cela, comme un aigle apprend à se laisser porter.
Parfois, on plane sans bruit. On se sent alors espace, un, simple, nu et net comme un ciel sans nuages. Parfois, on a l'impression de mille choses sont injectées en nous, des lieux, des temps, des vies, des vérités, des parfums, des murmures.
Morts et renaissances ascendantes.
Communion.
Liberté.

"...les enfants de l'éternité se sentent dégagés de tous liens bons et mauvais, leur pays est celui du parfait repos et de l'entière liberté."


1 commentaire:

Karen a dit…

Bonjour,

cela évoque mes expériences psychédéliques (avec du lsd)de ma jeunesse (ça fait lgtps!). Mais à la différence, c'est que j'ai compris que cela était une belle illusion et que toutes les expériences psychiques, même celles induites par la méditation, sont de cette nature. Les Sages nous l'enseignent, mais il faut peut-être l'expérimenter pour en prendre la mesure et le savoir tout en le goûtant. Toi qui est un fin connaisseur du Yoga Vasistha, tu sais de quoi je parle.

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