lundi 28 décembre 2015

Suspendu

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Nous sommes dans un intervalle, un entre-deux : 
avant n'est plus, après n'est pas encore.
L'année a expiré. L'inspir, l'influx du printemps n'est pas encore.
Nous touchons le fond. 
La lune a décrût, presque disparue. 
Il ne lui reste qu'un doigt de nectar. 
Mais ces quelques gouttes sont immortelles.

Nous expirons pour renaître. 
A condition de ressentir cet intervalle. 
Autrement, on renaît quand même, bien sûr, mais... Je ne sais pas, en fait, car il n'y a rien à gagner à s'offrir à la présence qui suit l'expir, ou une pensée, ou un "om", ou le son d'un avion résonnant dans le ciel. 
Rien et tout.

Un expir. Qu'y a-t-il après ?
On se sens comme un aigle qui s'élance. 
Qui plane, bien au-delà d'un seul battement d'aile. 
De même, l'intervalle, ou ce qui se dévoile en lui, continue bien au-delà de l'inspir qui suit. 
Mais à chaque expire, quelque chose lâche, comme si l'on était un château de sable léché par les vagues, s'effondrant par morceaux, soudainement. 
Le sable rejoint l'eau. 
Le souffle s'unit à l'air. 
La conscience se fond en l'espace.
Cela peut en rester là.
Planer dans l'infini.

Mais parfois, au cœur de ce silence, une étoile naît, comme suite à une implosion de matière. 
On se sent comme crocheté par le cœur, vers l'intérieur. C'est une émotion introvertissante (?). 
Un ravissement. 
Là, on se sent comme un bébé aigle emporté vers le haut, puis lâché dans les cieux, puis planant dans des courants aussi subtils qu'imprévisibles. 
Une autre vie commence.

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