samedi 9 juin 2012

Lumières sur lumière

On entend beaucoup parler de "vibrations". En Inde, il a existé une tradition animée par l'expérience de la vibration en sa forme propre : la conscience, l'étonnement, le saisissement et ses mille facettes.
Difficile de comprendre Abhinavagupta et le tantrisme en général sans sa musique. Bien sûr il est tout autant impossible de savoir exactement quels airs ces gens écoutaient il y a mille ans. Cependant, la musique était au centre de leur vie, comme en témoigne le commentaire qu'Abhinavagupta a composé sur le traité des arts de la scène (le Nâtya-shâstra). Impossible de comprendre, aussi, les pratiques sur le mantra. A la fin de chaque mantra important, comme hûm par exemple, le point essentiel est l'écoute du son qui se perd dans le Son spontané, cette vibration que nul ne peut émettre ni faire taire (anâhata).  De fait, on retrouve cette notion de la vibration (nâda, spanda) qui devient de plus en plus subtile, jusque dans la musique classique indienne contemporaine. Écoutons ce morceau de rudra vînâ. Il est une illustration extraordinaire de cette tradition de la vibration, et une illustration sonore du "shivaïsme non dualiste du Cachemire". Parfait pour ceux qui n'aiment pas lire :
Une interprétation au sitar - l'instrument est bien plus récent, il n'existait pas à l'époque d'Abhinavagupta.  Mais son "âme" (jîva) est la même que celle de la rudra vînâ ; il s'agit d'un chevalet plat, légèrement courbe. Le musicien joue à l'extrême sur les prolongements de cette vibration, dans un style plus léger que le morceau précédent :

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