jeudi 27 mars 2025

Le Yoga de la Vitalité du Mantra selon le Tantra


D’où les mantras tirent-ils leur efficacité et, au fond, à quoi servent-ils ?

Selon l’enseignement du Spanda, la vibration, les mantras peuvent prendre plusieurs formes : une seule syllabe, plusieurs syllabes, ou bien même des mots. La syllabe unique la plus connue est "Om". Les mantras constitués de plusieurs syllabes ou de mots, comme Om Namah Shivaya, sont également courants.

Dans la tradition tantrique, le mantra se définit par manana et trāṇa, c’est-à-dire "réflexion, pensée" et "transcendance, protection". Un mantra est donc une pensée qui transcende. Pourquoi transcende-t-il ? Parce qu’il est rendu puissant par la résonance naturelle qu’est la conscience elle-même. Cette résonance est aham—"Je", ou plus exactement "Je suis"—, une pulsation cardiaque subtile qui constitue l’âme de toutes nos pensées, de tous nos mouvements, de toutes les vibrations, ondulations et palpitations qui font notre vie.

C’est parce qu’ils sont animés par cette énergie fondamentale, par l’âme de notre âme, que les mantras sont puissants. Lorsque l’on récite un mantra avec ardeur, attention et révérence, comme l’enseigne le Tantra, alors il devient efficace. Il accomplit sa fonction, à l’image des organes des êtres vivants. Le secret des mantras réside dans cette dynamique naturelle : un mantra peut permettre de guérir ou d’apaiser un mal, tout comme l’œil permet de voir ou l’oreille d’entendre.

L’œil voit parce qu’au moment où je désire voir quelque chose—par exemple, une personne qui s’approche mais que je ne perçois pas encore—il y a une plongée spontanée de mon attention dans sa source : la conscience universelle. Cette source, pleine de puissance et d’énergie, est l’origine de toute chose. C’est de là que je puise l’énergie qui me permet de voir. De la même manière, un mantra tire son efficacité du fait que, lorsqu’on le récite, on s’immerge dans cette source toute-puissante, dans la vibration naturelle de la conscience.

La tradition parle de sahajā-nāda, la résonance innée, qui est la conscience véritable, le mantra fondamental dont tous les autres découlent. C’est pourquoi un mantra est une pensée, mais pas une pensée ordinaire tournée vers l’extérieur. Il s’agit d’une pensée qui se retourne vers sa propre source, à l’écoute de cette vibration toujours présente.

Ainsi, l’efficacité d’un mantra repose sur le même principe que l’efficacité de la vie elle-même. Voir, entendre, parler, marcher, bouger—toutes ces actions impliquent une plongée spontanée vers la source de l’énergie vitale. De même, un mantra est efficace parce qu’il existe un mantra naturel, un mantra inné, qui n’est autre que la vibration de la conscience.

Comme le dit un Tantra :

"Lorsqu’un yogi réalise la Réalité suprême, sans forme, qui transcende les sons, alors tous les mantras deviennent efficaces. Autrement, même avec des efforts, s’il ne touche pas cet arrière-plan vibrant, alors les mantras ne sont que des sons, de simples vibrations physiques, sans efficacité réelle."

Un mantra récité sans connexion à cette source est comme une marionnette inerte, un simple assemblage de sons sans pouvoir. Un texte ancien aujourd’hui perdu disait :

"Les mantras récités dans l’état ordinaire, dans la contraction de l’identification au corps, ne sont que des sons articulés comme n’importe quelle parole. Mais ceux qui sont récités dans le canal central deviennent tout-puissants et confèrent la maîtrise, c’est-à-dire la liberté."

Le "canal central" (madhyanāḍī) symbolise ici la conscience de cette réalité sous-jacente, l’arrière-plan infini de la conscience. C’est cette connexion qui rend les mantras efficaces.

Ainsi, il n’est pas nécessaire de se demander quel mantra est efficace pour quel objectif précis. En réalité, tout mantra devient efficace pour atteindre n’importe quel but, car la source dont il provient est toute-puissante. Cette source est l’origine de tous les mouvements, pensées et émotions. Lorsqu’on prononce un mantra avec une intention précise tout en s’immergeant dans cette source infinie, on obtient le résultat escompté.

En somme, un mantra n’est efficace que s’il est un acte d’éveil. Sinon, il n’est qu’une pensée ordinaire parmi d’autres.

C’est là le principe fondamental de l’efficacité des mantras, selon la tradition. Leur but ultime n’est pas seulement d’atteindre tel ou tel objectif matériel, mais de rendre hommage à la source créatrice de toute chose, en nous y reconnectant profondément.

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mardi 25 mars 2025

Le Yoga du Troisième Oeil


 Il existe différentes sortes de yoga. L’une d’elles est enseignée dans le Netra Tantra, le Tantra du Troisième Œil :

"Maintenant, je vais révéler l’éternelle et suprême victoire sur la mort, la Munjaya."

Vous savez, Mrityunjaya est aussi le nom du célèbre verset que l’on récite : Tryambakam yajamahe... Celui qui atteint cet état ne revient plus dans le samsara, le cycle des réincarnations. Il s’éveille et se délivre définitivement. Le yogi devient omniprésent : il voit tout, il fait tout, il est Shiva.

Cela ne signifie pas qu’il connaît tous les détails et les numéros du prochain loto ! Cela signifie qu’il réalise qu’il est cela qui voit en chaque être. Il réalise qu’il est la conscience (sākṣī-caitanya), la conscience témoin de tout. Il est ce qui agit en chaque être.

Et Shiva poursuit :


"Je vais maintenant t’enseigner cela, car il n’existe rien d’autre."


Celui qui atteint cette réalisation devient immortel, éternel. Il ne peut être exprimé par la parole, ni perçu par l’œil, ni entendu par l’oreille, ni senti par le nez, ni goûté par la langue, ni touché par la peau, ni vu par l’esprit. Dépourvu de toute forme et de toute saveur… et pourtant, ajoute-t-il, empli de toutes les formes et de toutes les saveurs. Il ne peut être mesuré. Il est au-delà des facultés physiques et mentales.


Comment l’atteindre ?


Par une grande pratique constante, par une pratique totale, immense. Par un renoncement absolu, un dépassement des attachements et des aversions. Par la destruction de la cupidité et de l’illusion. Par le renoncement à l’orgueil et à l’arrogance. Alors, on devient Shiva, éternel et immuable.


Il peut être réalisé en un seul instant si on le perçoit véritablement : nimīlanena – en une simple fermeture et ouverture des yeux, en un clin d'œil.


C’est intéressant, car le mot unmīlana signifie à la fois "ouvrir les yeux", "éclore" et "s’éveiller", "entrer en expansion". Celui qui atteint cet état est libéré à jamais.


Ici, il ne s’agit pas du célèbre Aṣṭāṅga Yoga codifié par Patañjali, mais d’un autre yoga. L’arrêt du cycle des réincarnations est le yama suprême, la règle éthique ultime. Et la contemplation du principe ultime est la discipline éternelle, le véritable niyama.


Dans le yoga, il y a des règles, des prescriptions et des interdictions – comme manger végétarien et ne pas voler. Mais ici, la prescription est bien plus radicale : il s’agit tout simplement de l’arrêt du cycle des réincarnations, c’est-à-dire de l’arrêt de cette souffrance existentielle. La contemplation de l’Être, la réalisation de l’Être, est la véritable règle, le véritable niyama.


De même, on parle du prāṇāyāma, la discipline du souffle. Mais ici, Shiva enseigne :


"Celui qui s’établit dans le souffle médian, dans l’espace entre prāṇa et apāna, dans l’intervalle entre l’expire et l’inspire, s’appuyant sur la puissance de la connaissance, obtient alors la posture parfaite."

Ayant abandonné l’état grossier du souffle, il perçoit l’état subtil et intérieur. Puis, transcendant même cette subtilité, il atteint la vibration suprême. Voilà la véritable discipline du souffle, la véritable posture.


Ici, la posture (āsana) signifie s’installer dans l’intervalle entre l’expire et l’inspire, là où se déploie la vibration suprême, la vibration de la vie pure, la source de toute vie.


De même, l’activité des sens orientée vers les sons et autres objets est expérimentée intérieurement par le mental. Mais si l’on lâche prise, si l’on abandonne ces perceptions, alors on pénètre dans la splendeur suprême, dans notre propre conscience. Voilà ce qu’on appelle pratyāhāra, le retour vers soi, celui qui tranche les liens du monde.


Puis, dépassant les qualités de l’intellect, nous méditons sur l’indicible, l’indestructible, l’omniprésent, notre propre conscience. Voilà ce qui est appelé dhyāna, la méditation.


Ensuite, celui qui soutient en lui-même son attention sur l’Absolu, constamment, à chaque instant, atteint dhāraṇā, la concentration qui détruit les liens du devenir.


Et enfin, l’état d’égalité envers tous les êtres, l’assise dans le contrôle du mental, est le véritable samādhi.


Être égal envers tous les êtres, voilà le véritable contrôle du mental, du citta, de l’âme, du psychisme. Voilà ce qu’on appelle véritablement "se poser dans l’Être". Tout autre état n’est que prétention mondaine.


Celui qui voit tous les êtres en soi et soi en tous, dans une vision d’unité, celui-là est Shiva, l’Unique sans second.


"Śivoham advayam" – "Je suis Shiva, sans second."


Tel est le samādhi suprême, transcendant. Voilà l’expérience parfaite de notre essence, l’essence même de la conscience, notre propre conscience. Voilà le samādhi suprême.


Et ainsi donc, par l’aṣṭāṅga yoga, ce yoga en huit parties, on perçoit l’état suprême immuable, en sa propre nature. Celui qui le réalise, qui le voit directement, transcende le temps, dépasse la mort et devient le maître de l’immortalité.


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dimanche 23 mars 2025

Hommage à Lilian Silburn

 Un bref hommage à Lilian Silburn, et une entrevue avec Jacqueline Chambron.

Rester connecté, plongé dans le cœur. 

Simple, naturel et infini.

Une vie nouvelle, invisible et inexplicable.

Comme dit Jacqueline, puissions-nous oublier, et le cœur se souvenir.




vendredi 7 mars 2025

A-t-on besoin d'un maître ?

 


A-t-on besoin d'un maître ? La réponse du Tantra en bref

L’image du gourou n’est pas brillante. Ce mot est devenu péjoratif, synonyme de charlatanisme, de manipulation et de scandales en tout genre. Il faut dire que les abus n’ont pas manqué depuis quelques décennies… depuis toujours, en fait. Car le pouvoir corrompt, tout simplement. Lorsqu’une personne détient du pouvoir, les tentations ne sont jamais loin. C’est une loi de la nature humaine, et rares sont ceux qui la transcendent – surtout ceux qui prétendent la transcender.

Faut-il pour autant renoncer à l’idéal du maître ?

J’ai eu beaucoup de gourous dans ma vie. Certains ont tenté de me manipuler, mais la plupart étaient des êtres droits et généreux. Ce qui est difficile dans la relation au maître, c’est de concilier la tête et le cœur. Quand on se laisse séduire, on devient aveugle. Et pourtant, le cœur est vital : sans émotion, rien ne bouge, rien ne change, aucune transformation n’est possible. Comment concilier émotion et lucidité ? Ce n’est pas facile. C’est un peu comme dans les relations amoureuses : vivre à la fois du cerveau gauche et du cerveau droit est un art qui s’apprend.

D’où l’importance d’une spiritualité qui affirme la complémentarité entre la connaissance et l’amour.

Si, dès le départ, on vous conditionne en vous disant que l’intellect est mauvais et qu’il faut s’abandonner aveuglément, la catastrophe n’est pas loin. Il existe plusieurs modèles de maîtres : à côté de l’avatar suprême et du culte de la personne, dont il faut se méfier, il y a l’ami, le guide, le conseiller, l’aîné, le frère, l’enseignant, l’instructeur, l’exemple, le partenaire de discussion, le maître artisan, l’expert.

Mais alors, que devient l’idéal de l’abandon inconditionnel, de la dissolution totale dans le maître ?

Cet idéal est bon et beau… à condition de ne pas s’adresser à la personne du maître, mais au maître vivant en nous-mêmes. Certes, cette lumière brille à travers une personne, mais dès que l’on se focalise uniquement sur elle, il y a projection – et la porte s’ouvre à tous les abus. Se donner entièrement à Krishna ? Très bien. Mais accorder une confiance aveugle à une personne qui prétend être Krishna, explicitement ou non ? Le danger est là.

Le véritable amour vit au fond de nous et n’attend que notre consentement. Pourtant, la tentation de projeter notre divinité intérieure sur un être extérieur est forte. C’est un jeu dangereux. J’ai rencontré tant de personnes qui pensaient pouvoir jouer avec le feu sans se brûler… Mais elles ont presque toutes été blessées et déçues.

Les projections psychologiques héritées de l’enfance et de nos ancêtres sont des forces qui nous dépassent. Génération après génération, les chercheurs l’apprennent à leurs dépens. Lorsqu’une personne a du charisme et de l’ascendant, il est très difficile de ne pas en devenir dépendant. Les promesses de liberté au bout du tunnel de l’obéissance sont bien souvent des pièges.

C’est comme en amour : il faut savoir à la fois ouvrir son cœur et garder raison. Il y a le coup de foudre, mais aussi les affinités profondes, celles qui se révèlent avec le temps.

En vérité, ce que nous cherchons est en nous. Il nous dépasse, mais il est en nous – caché dans nos sensations, nos émotions, nos pensées, au centre, au cœur, à la source. Trouver le maître, c’est répondre à l’appel, se souvenir et ainsi s’éveiller, réveiller le désir divin en nous – un amour qui répond à un amour.

Alors oui, le chercheur a besoin d’un maître… Mais qui est le chercheur ? Qui est le maître ?

Le maître est la vérité du chercheur. Le trouver, c’est se trouver. S’éveiller à ce qui, en nous, est plus vaste que nous. Dans ce rappel atemporel se révèle l’union, le yoga toujours déjà accompli, mais comme voilé par nos croyances, notre indifférence et notre manque d’attention.

Les maîtres extérieurs sont des guides temporaires qui doivent pointer vers le maître intérieur, éternel. Abhinavagupta, le grand maître du Tantra, conseille de questionner les maîtres comme une abeille butine de fleur en fleur. Mais le miel est à l’intérieur.

Le discernement est vital à l’amour, dit Advaita. Sinon, c’est l’impasse.

L’abandon, oui… Mais à qui ?

Au maître intérieur, à la déesse du cœur, à l’amour, à ce mystère insaisissable qui attend patiemment notre écoute.

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mardi 25 février 2025

Weekend Initiation au Yoga du Troisième Oeil à Paris 29 et 30 mars 2025

 

Initiation rencontre Tantra du Troisième Œil 29 et 30 mars à Paris

 ✨ Weekend d’Initiation au Yoga de la Guérison de Shiva Victoire-sur-la-mort, Mrityun Jaya ✨

(dessin : Amritesha et Amriteshî, par Ekabhumi Ellik)


🗓️ Dates : Samedi 29 et dimanche 30 mars 2025
📍 Lieu : Nogent-sur-Marne (94) ligne A du RER


Le Yoga de la Guérison et de la Lune : Un voyage vers la Source immortelle

Un weekend de découverte du Yoga de la Guérison (Mrityun Jaya) dans la tradition tantrique du Tantra du Troisième Œil (Netra Tantra) avec David Dubois. Plongez dans une expérience immersive où méditation, rituel et pratiques tantriques se rencontrent pour la santé physique, énergétique et spirituelle.

En sanskrit, "santé se dit sva-sthâ "état propre", naturel.

Revenir à soi, revenir au Soi pour être mieux avec les autres, mieux dans le monde.


Programme :

Samedi : 14h - 20h

  • Rituel tantrique unique avec MantraMudrâ et Mandala.
    ➡️ Apportez des poudres de couleur, épices, pétales de fleurs et bougies pour enrichir le rituel.
  • Méditations guidées : Statique et en mouvement.
  • Exploration des manifestations bienfaisantes de Shiva et Shakti  :
    • Le yoga extérieur : Mandala, Rituel
    • Le yoga subtil : Mantra, Koundalinî
    • Le yoga ultime : Méditation, Silence
    • Intégration de l’éveil spirituel dans la vie quotidienne.
  • Dîner en commun : Chacun apporte de quoi partager.

Dimanche : 10 h - 13h

  • Chant de Mantra de guérison : savourer le nectar immortel
  • Enseignement traditionnel : Transmission directe des pratiques tantriques pour approfondir votre connexion à la Lune sacrée, source d'ambroisie,
  • basé sur les Enseignements de Shiva Seigneur du Nectar d'Immortalité, Amritesha Bhairava, basé sur trois chapitres du Netra Tantra, directement traduit du sanskrit
  • Ce Tantra et ses pratiques sont uniques : ouvertes à toutes les religions, toutes les traditions, le Mantra de la Vie peut être pratiqué par tous.
  • Vous en connaissez peut-être la version populaire : "Om tryambakam yajâmahe..."
  • Venez découvrir la version originelle de cette pratique !

✨ Un weekend d’exploration spirituelle ✨
Accessible à tous, que vous soyez débutant ou expérimenté.


Participation :

💶 70 € sur place.

📩 Inscriptions et informations : deven_fr@yahoo.fr
🌐 Site web : www.david-dubois.com


Rejoignez-nous pour ce voyage unique au cœur de la tradition atemporelle du Seigneur et de la Souveraine de l'Immortalité !

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