samedi 26 mars 2011

Des libertés mondaines vers la liberté ultime


Râga Yamana par Uday Bhawalkar

Une fois atteinte l'indépendance nationale,

On doit atteindre les autres (formes d'indépendance)

Par des voies nobles et véridiques,

Puis l'on dit développer droitement

L'attachement pour cette liberté qui est notre vraie nature. 24


C'est alors que Dieu, toujours bon,

Se dévoile un peu à l'être vivant.

Dès lors, celui-ci s'intéresse à l'enseignement,

Désire entendre les maîtres et met en pratique (leurs préceptes). 25


Il s'élève étape par étape,

Anéantissant lentement son effroyable imperfection fondamentale.

Il obtient la parfaite pureté

Et s'éveille en un instant au fait qu'il est lui-même Śiva. 26


Par la force de cet éveil,

Il perçoit toute chose

Comme créée par son jeu inné.

Jouissant de la liberté, comblé de toutes parts,

Il triomphe alors même qu'il conserve son corps. 27


C'est précisément pour cela

Que le Vaiśeṣika[1] enseigne que

Le devoir[2] a deux fruits[3].

Et l'Īśavāsya Upaniṣad le dit aussi clairement. 28


Fin du chapitre 8. Il en reste deux : l'un sur les niveaux d'être; l'autre sur les méthodes de réalisation spirituelle.

Balajinnātha Paṇḍita, Le Miroir de la liberté (Svātantrya-darpaṇaḥ), Munshiram Manoharlal, Delhi, 1993



[1] Une école philosophique théiste, réaliste et dualiste, complémentaire du Nyāya. On peut affirmer que cette doctrine tient le même rôle que l'aristotélisme en Occident.

[2] Le dharma : l'ordre naturel et moral à la fois. Chacun doit s'y conformer selon les circonstances et selon sa condition.

[3] Deux fruits : les biens relatifs (la santé, l'argent...) et le Souverain Bien. L'A. veut dire que les bien relatifs et le bien ultime doivent être visés ensemble. C'est une forme de théorie de la connaissance combinée à l'action (jñāna-karma-samuccaya-vāda) assez courante, mais ici prise en un sens politique.

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